LA DOCTRINE SECRETE VOL 3 https://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-3 Sun, 18 Nov 2018 16:01:39 +0000 Joomla! - Open Source Content Management fr-fr bon.christo@free.fr (MAITRE M) LA DOCTRINE SECRETE - VOLUME III - PREMIERE PARTIE ANTHROPOGENESE https://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-3/166-la-doctrine-secrete-volume-iii-premiere-partie-anthropogenese https://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-3/166-la-doctrine-secrete-volume-iii-premiere-partie-anthropogenese

LA DOCTRINE SECRETE

VOLUME III

 

  

Synthèse de la Science, de la Religion et de la Philosophie

 

 H. P. BLAVATSKY

 

 PREMIERE PARTIE ANTHROPOGENESE

 

TABLES

 DIAGRAMMES

Evolution des Races-Racines durant la Quatrième Ronde....................................................................................................... 423

Arbre généalogique de la cinquième Race-Racine.................................................................................................................... 606

 

LIVRE

 [III 1]

΄Η εµὴ διδαχὴ ου̉κ έ̉στιν έµή, α̉λλὰ τού̉ πε̉µψκντός µε.

Ma doctrine n'est pas mienne, mais celle de celui qui m'envoie.

St Jean, VII, 16.

 La science MODERNE insiste sur la doctrine de l'évolution ; la raison humaine et la Doctrine Secrète font de même et l'idée est corroborée par les anciennes légendes et les anciens mythes, voire même par la Bible, lorsqu'on lit entre les lignes. Nous voyons un bouton s'épanouir lentement en une fleur et le bouton naître de la semence. Mais, d'où vient cette dernière, avec son programme de transformations physiques arrêté à l'avance et ses forces invisibles et, par conséquent, spirituelles, qui développent graduellement sa forme, sa couleur et son odeur ? Le mot évolution parle de lui-même. Le germe de la race humaine actuelle doit avoir préexisté dans la race dont elle descend, comme la semence, dans le sein de laquelle se cache la fleur de l'été prochain, fut développée dans la capsule de la fleur qui lui a donné naissance. Le générateur peut n'être que légèrement différent, mais il n'en diffère pas moins de sa future progéniture. Les ancêtres antédiluviens de l'éléphant et du lézard actuels furent peut-être le mammouth et le plésiosaure ; pourquoi les ancêtres de notre race humaine ne seraient-ils pas les "géants" des Védas, de  la Völuspaet du Livre de la Genèse ? Alors qu'il est positivement absurde de croire que la "transformation des espèces" s'est effectuée suivant l'une des vues les plus matérialistes des Evolutionnistes, il n'est que naturel  de penser que chaque genre, depuis les mollusques jusqu'à l'homme-singe, s'est modifié en partant de sa propre forme primordiale et distinctive.

Isis Dévoilée, I. 285.

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bon.christo@free.fr (Super User) LA DOCTRINE SECRETE VOL 3 Fri, 16 Jan 2015 19:37:10 +0000
NOTES PRELIMINAIRES SUR LES STANCES ARCHAÏQUES ET SUR LES QUATRE CONTINENTS PREHISTORIQUES https://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-3/167-notes-preliminaires-sur-les-stances-archaiques-et-sur-les-quatre-continents-prehistoriques https://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-3/167-notes-preliminaires-sur-les-stances-archaiques-et-sur-les-quatre-continents-prehistoriques

NOTES PRELIMINAIRES SUR LES

STANCES ARCHAÏQUES ET SUR LES

QUATRE CONTINENTS PREHISTORIQUES

 

Facies totius universi, quamvis infinitis modis variet, Manet tamen semper eadem.

Spinoza 1.

 

Les STANCES que contient ce volume, ainsi que leurs Commentaires, sont tirées des mêmes Archives Archaïques que les STANCES sur la Cosmogonie, que renferment les deux premiers volumes. Nous en donnons une traduction aussi littérale que possible, mais quelques-unes des STANCES sont trop obscures pour pouvoir être comprises sans explication, aussi, de même que dans ces volumes, nous les donnons d'abord textuellement, telles qu'elles sont, puis nous les reprendrons, verset par verset, avec leurs Commentaires, nous chercherons à les rendre plus claires, au moyen de mots ajoutés dans des notes, en attendant l'explication plus complète du Commentaire.

En ce qui concerne l'Evolution de l'humanité, la DOCTRINE SECRETE postule trois nouvelles propositions, qui sont en complète opposition avec la Science Moderne, comme aussi avec les dogmes religieux qui ont cours. Elle enseigne : (a) l'évolution simultanée de sept Groupes humains, sur sept différentes parties de notre globe ; (b) la naissance du corps astral avant le corps physique, le premier servant de modèle au second, et (c) elle enseigne enfin que, durant cette Ronde, l'homme a précédé tous les mammifères – y compris les anthropoïdes – dans le règne animal 2. [III 4]

 1 ["Le visage (apparence) de tout l'univers, quoiqu'il varie d'une infinité de manières reste pourtant toujours le même." Lettres de Spinoza, LXIV].

2 Voyez la Genèse, II, 19. Adam est formé dans le 7ème verset, et dans le 19ème, il est dit : "Le Seigneur Dieu forma, de la terre, toutes les bêtes des champs et tous les oiseaux des cieux ; puis il les fit venir vers Adam afin de voir comment Il les nommerait." Ainsi l'homme fut créé avant les animaux, car les animaux mentionnés au chapitre I sont les signes du Zodiaque, tandis que l'homme "mâle et femelle" n'est pas l'homme, mais la Légion des Séphiroth, des FORCES ou des Anges "créés à son image [celle de dieu] et selon sa ressemblance". L'homme Adam n'est pas créé selon cette ressemblance et la Biblene parle pas de cela. De plus, le second Adam est, au point de vue ésotérique, un septénaire qui représente sept hommes ou plutôt sept groupes d'hommes. Car le premier Adam, Kadmon, est la synthèse des dix Séphiroth. Sur ces dix, la triade supérieure reste dans le Monde Archétype, comme la future "Trinité", tandis que les sept Séphiroth Inférieurs créent le monde matériel manifesté ; c'est ce septénaire qu'est le second Adam. La Genèseet les mystères sur lesquels elle est construite, viennent d'Egypte. Le "Dieu" du premier chapitre de la Genèse est le Logos, et le "Seigneur Dieu" du deuxième chapitre les Elohim Créateurs, les Puissances Inférieures.

3 Pymandre s'exprime ainsi : "Voici le mystère qui était caché jusqu'à ce jour. La Nature, étant mélangée avec l'Homme Céleste [Elohim ou Dhyânis], donna naissance à une merveille... sept Hommes, tous mâles et femelles [Hermaphrodites]... selon la nature des sept Gouverneurs" (II, 29), ou les sept Légions de Pitris ou d'Elohim qui le projetèrent ou le créèrent. Cela est très clair, mais voyez pourtant les Interprétations de nos théologiens modernes eux-mêmes, hommes supposés intellectuels et instruits. Dans Theological and Philosophical Works of Hermes Trismegistus, Christian [?] Neoplatonist, ouvrage compilé par John David Chambers du collège Oriel, à Oxford, le traducteur se demande "ce que sept hommes sont supposés représenter" ? Il résout la difficulté en concluant que "l'homme-modèle original [Adam Kadmon de la Genèse I] était masculin féminin... les sept peuvent signifier les patriarches successifs nommés dans la Genèse" (p. 9). Moyen vraiment théologique de trancher le nœud Gordien !

4 Chaldean Account of Genesis, de George Smith, p. 103.

 

La DOCTRINE SECRETE n'est pas seule à parler de la naissance simultanée des HOMMES primordiaux sur sept divisions de notre Globe. Dans le Divin Pymandre d'Hermès Trismégiste, nous retrouvons les mêmes sept hommes primordiaux 3 qui évoluent de la Nature et de l'Homme Céleste, dans le sens collectif du mot, c'est-à-dire des Esprits Créateurs ; et dans les fragments des tablettes chaldéennes, rassemblés par George Smith, sur lesquelles est inscrite la Légende Babylonienne de la Création, dans la première colonne de la tablette de Cutha, on fait mention de sept Etres humains "avec des figures de corbeaux", c'est-à-dire avec  un teint basané, Etres que "les [sept] Grands Dieux ont créés". Ou bien, suivant l'explication donnée dans les 16ème, 17ème et 18ème lignes 4  :

Au milieu de la terre ils se développèrent et devinrent grands,

Et augmentèrent en nombre,

Sept Rois, frères de la même famille.

 Ceux-ci sont les sept Rois d'Edom dont parle la Cabale; la Première Race qui était imparfaite, c'est-à-dire qui était née avant que la "balance" (les sexes) n'existât et qui fut, en conséquence, détruite 5. [III 5]

"Sept Rois, frères, apparurent et procréèrent des enfants ; leur lignée comprenait 6.000 membres. Le Dieu Nergas [la mort] les détruisit. "Comment les détruisit-il ?" En mettant en équilibre [ou balance] ceux qui n'existaient pas encore." 6

Ils furent "détruits", en tant que Race, en étant fondus dans leur propre descendance (par exsudation) ; c'est-à-dire que la race sans sexe se réincarna dans la Race (potentiellement) bisexuelle ; cette dernière dans les androgynes et enfin ceux-ci dans la Race sexuelle, la Troisième Race plus tardive. Si les tablettes avaient été moins endommagées, on y aurait trouvé mot pour mot le même récit que celui qui existe dans les Archives archaïques et dans Hermès, sinon en ce qui concerne les détails, tout au moins en ce qui concerne les faits fondamentaux, attendu qu'Hermès a été sensiblement défiguré par des traductions erronées.

Il est tout à fait certain que le super-naturalisme apparent de ces enseignements, bien qu'il soit allégorique, est si diamétralement opposé à la lettre des récits que contient la Bible 7, de même qu'aux hypothèses les plus récentes de la Science, qu'il provoquera des oppositions passionnées. Les Occultistes savent cependant que les traditions de la Philosophie Esotérique doivent être les vraies, simplement parce qu'elles sont les plus logiques et qu'elles aplanissent toutes les difficultés. De plus, nous avons le Livre de Thoth et le Livre des Morts des Egyptiens, ainsi que les Pourânas des Hindous, avec leurs sept Manous et les comptes rendus Chaldéo-Assyriens, sur les tuiles desquels se trouvent mentionnés sept Hommes, ou Adams primitifs, nom dont on peut contrôler la signification au moyen de la Cabale. Ceux qui savent quelque chose des Mystères de Samothrace, se souviendront aussi que le nom générique des Kabires  était les "Feux Sacrés", qui créèrent dans sept localités de l'île d'Electria, ou Samothrace, le "Kabir né de la Sainte Lemnos" – île consacrée à Vulcain.

5 Comparez avec le Zohar, la Siphrah Dzeniouta, l'Idvah Suta, 2928 et la Kabale, de Franck, p. 205.

6 Siphra Dzenioutha.

7 Comme on a maintenant la certitude que les tables chaldéennes, qui donnent une description allégorique de la Création, de la Chute et du Déluge, voire même la légende de la Tour de Babel, ont été écrites "avant l'époque de Moïse" (Chaldean Account of Genesis, de Smith), comment peut- on appeler le Pentateuque une "révélation" ? C'est tout bonnement une autre version du même récit.

 

Suivant Pindare, ce Kabir, dont le nom était Adamas 8, était, d'après la tradition de Lemnos, le type de l'homme [III 6] primitif né du sein de la Terre. C'était l'archétype des premiers mâles dans l'ordre de la  génération et il était l'un des sept ancêtres ou progéniteurs autochtones de l'humanité 9. Si nous rapprochons de cela le fait que la Samothrace fut colonisée par les Phéniciens et, avant eux, par les mystérieux Pélages qui vinrent de l'Orient, et si nous nous souvenons de l'identité des Dieux des mystères des Phéniciens, des Chaldéens et des Israélites, il sera facile de découvrir d'où ont été tirés les récits confus au sujet du Déluge de Noé. On ne peut désormais plus nier que les Juifs, qui doivent leurs premières idées sur la création à Moïse, qui les tenait lui-même des Egyptiens, ont composé leur Genèse et leurs premières traditions cosmogoniques, lorsqu'elles furent rédigées à nouveau par Ezra et autres, en se servant du compte rendu Chaldéo-Akkadien. Il suffit donc d'étudier les inscriptions cunéiformes ou autres des Babyloniens et des Assyriens, pour y trouver également, disséminée de-ci, de-là, non seulement la signification originale du nom d'Adam, d'Admi ou d'Adami, mais aussi la création de sept Adams, ou racines d'Hommes, nés, physiquement, de la Mère Terre et, spirituellement ou astralement, du Feu Divin des Progéniteurs. Les Assyriologues ignorant les enseignements Esotériques, on ne pouvait guère s'attendre à les voir prêter plus d'attention au mystérieux nombre sept, qui est sans cesse mentionné sur les cylindres babyloniens, qu'ils ne lui en accordèrent lorsqu'ils le rencontrèrent dans la Genèseet dans le reste de la Bible. Pourtant les nombres des esprits ancestraux et des sept groupes de leur progéniture humaine existent sur les cylindres malgré l'état de délabrement dans lequel se trouvent leurs fragments et on les y retrouve  aussi clairement que dans Pymandre et dans le Livre du Mystère Caché de la Cabale. Dans cette dernière, Adam Kadmon, est trouvé l'ARBRE Séphirotal, ainsi que "l'Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal". Cet ARBRE, dit le verset 32, "a autour de lui sept colonnes" ou palais des sept Anges créateurs, qui opèrent dans les Sphères des sept Planètes, sur notre Globe. De même qu'Adam Kadmon est un nom collectif, celui de l'homme Adam, l'est aussi. George Smith dit dans son Chaldean Account  of Genesis :

Le mot Adam, employé dans ces légendes pour désigner le premier être humain, n'est évidemment pas un nom propre mais est simplement employé pour désigner l'humanité. Adam est mentionné comme nom propre dans la Genèse, mais certainement, dans quelques [III 7] passages, il n'est employé que dans le sens qui est donné au mot assyrien. 10

8 Philosophomena, V. 7 ; édition de Miller, p. 98.

9 Ibid., p. 108.

 10 Philosophomena, p. 86.

11 Voyez Pline, IV, c. 12 ; Strabon, 10 ; Hérodote, VII c. 109 ; Pausanias, VII, c. 4, etc.

 

De plus, ni le Déluge Chaldéen, ni le Déluge Biblique, avec leurs histoires de Xisuthrus et de Noé, ne sont basés sur le Déluge universel ou même sur le Déluge Atlantéen, rapportés dans l'allégorie indienne de Vaivasvata Manou. Ce sont des allégories exotériques basées sur les Mystères Esotériques de Samothrace. Si les anciens Chaldéens connaissaient la vérité Esotérique que voilaient les légendes Pourâniques, les autres nations ne connurent que le Mystère de Samothrace et l'allégorisèrent. Ils l'adaptèrent à leurs notions astronomiques et anthropologiques, ou plutôt phalliques. La Samothrace est historiquement connue comme ayant été célèbre dans l'antiquité, en raison d'un déluge qui submergea la contrée et atteignit le sommet des plus hautes montagnes, événement qui se produisit avant l'époque des Argonautes. Elle fut très soudainement submergée par les eaux du Pont-Euxin, qui, jusqu'à cette époque, avait été considéré comme un lac 11. Les Israélites possédaient, en outre, une autre légende sur laquelle ils pouvaient baser leur allégorie, celle du déluge qui transforma pour la dernière fois le désert actuel de Gobi en une mer, il y a quelque 10.000 ou 12.000 ans, et qui poussa un grand nombre de Noés à se réfugier avec leurs familles sur les montagnes qui l'entourent. Comme ce n'est que maintenant que l'on reconstitue les récits Babyloniens, grâce à des centaines de mille de fragments brisés – le mont Kouyounjik seul a fourni plus de vingt mille fragments d'inscriptions à la suite des fouilles dirigées par Layard – les preuves que nous citons ici sont relativement rares ; néanmoins, telles qu'elles sont, elles corroborent presque tous nos enseignements : du moins trois d'entre elles, très certainement. Les voici :

  

  1. La première race qui tomba dans la génération fut une race sombre (Zalmat Qaqadi), qu'ils appelaient la Race d'Adamou, ou Race Sombre ; la Race de Sarkou, ou Race Claire, resta encore pure pendant longtemps.
  2. Les Babyloniens admettaient l'existence, à l'époque de la Chute, de deux Races principales, qui avaient été précédées toutes deux par la Race des Dieux, des Doubles Ethérés des Pitris : c'est l'opinion de Sir H. Rawlinson. Ce sont nos Seconde et Troisième Races-Racines.
  3. Les sept Dieux, dont chacun créa un Homme ou Groupe [III 8] d'hommes, étaient "les Dieux emprisonnés ou incarnés". Ces Dieux étaient : le Dieu Zi ; le Dieu Zi-Kou (Noble Vie, Directeur de la Pureté), le Dieu Mir-Kou (Noble Couronne), "Sauveur de la mort des Dieux emprisonnés [plus tard]" et créateur des "races sombres que sa main a faites" ; le Dieu Libzou, "sage parmi les Dieux" ; le Dieu Nissi ; le Dieu Souhhab ; et Héa ou Sa, leur synthèse, le Dieu de la Sagesse et de l'Abîme, identifié avec Oannès-Dagon, à l'époque de la Chute et collectivement appelé le Démiurge ou Créateur 12.

Il existe deux prétendues "Créations" dans les fragments babyloniens, et comme la Genèsea adhéré à ce principe, nous constatons que ses deux premiers chapitres font mention l'un de la Création Elohite et l'autre de la Création Jéhovite. L'ordre correct n'y est pourtant pas observé, pas plus que dans tous les autres comptes rendus exotériques. Or, ces "Créations", suivant les Enseignements Occultes, ont respectivement trait à la formation des sept Hommes primordiaux, par les Progéniteurs, les Pitris ou  Elohim, et à celle des Groupes humains, après la Chute.

Tout cela sera étudié à la lumière de la Science, à mesure que nous avancerons, et des comparaisons seront tirées des Ecritures de toutes les nations antiques, y compris la Bible. En attendant, et avant d'aborder l'Anthropogenèse des Races préhistoriques, il serait peut-être bon de se mettre d'accord au sujet des noms à donner aux continents sur lesquels les quatre grandes Races qui précédèrent notre Race Adamique, naquirent, vécurent  et  moururent. Leurs noms archaïques et Esotériques furent nombreux et varièrent avec la langue parlée par la nation qui en faisait mention dans ses annales et dans ses Ecritures. L'endroit que, dans la Vendidad, par exemple, on désigne sous le nom de Airyana Vaêjo 13 et où naquit le Zoroastre original 14, est appelé dans la littérature pouranique Shveta Dvîpa, Mont-Mérou, Demeure de Vishnou, etc., et dans la Doctrine Secrète on l'appelle simplement la "Terre des Dieux", sous la direction de leurs chefs, les "Esprits de cette Planète".

12 Chaldean Account of Genesis, p. 82.

 

Aussi, en raison de la confusion possible et même très probable qui pourrait naître, nous croyons qu'il est préférable [III 9] d'adopter, pour chacun des quatre Continents dont on a constamment à faire mention, un nom qui soit plus familier au lecteur cultivé. On propose donc de donner au premier continent, ou plutôt à la première terre ferme sur laquelle la Première Race fut évoluée par les divins Progéniteurs, le nom de :

  1. Terre Sacrée Impérissable.

Ce qui motive le choix de ce nom, c'est qu'il est dit que cette "Terre Sacrée impérissable" n'a jamais éprouvé le sort des autres continents, car c'est la seule qui soit destinée à subsister, depuis le commencement jusqu'à la fin du Manvantara, durant chaque Ronde. C'est le berceau du premier homme et la demeure du dernier mortel divin choisi comme Sishta pour la future semence de l'humanité. Sur cette terre mystérieuse et sacrée, on ne peut dire que peu de choses, sauf, peut-être, suivant la poétique expression employée dans un des Commentaires, que "l'Etoile polaire la surveille d'un œil vigilant, depuis l'aurore jusqu'à la fin du crépuscule d'un jour du GRAND SOUFFLE 15".

  1. Le continent Hyperboréen.

Tel sera le nom choisi pour le second Continent, la terre qui étendait ses promontoires au sud et à l'ouest du Pôle Nord, pour recevoir la Seconde Race qui englobait tout ce qu'on appelle aujourd'hui l'Asie du Nord.  C'était  le  nom  que  les  plus  anciens Grecs donnaient à cette région lointaine et mystérieuse, où, suivant leur tradition,  Apollon  l'Hyperboréen  se  rendait  tous  les ans.  Astronomiquement,  Apollon  est,  cela  va  sans  dire,  le  Soleil qui,  abandonnant  ses  sanctuaires  Hellènes,  se  plaisait  à  visiter annuellement  son  lointain  pays,  où  l'on  dit  que  le  soleil  ne  se couche jamais pendant la moitié de l'année. "Έγγὺς γὰρ νυκτός τε κα̉ὶ ήµατός ει̉σι κέλευθοι", dit un vers de l'Odyssée 16.

13 Voyez Bund, 79, 12.

14 Par le mot "original", nous entendons désigner l'Amshaspend appelé "Zarathustra, le seigneur et souverain du Vara fait par Yima dans ce pays". Il y a eu plusieurs Zarathustras ou Zertusts et le Dabistan en énumère à lui seul treize, mais tous furent des réincarnations du premier. Le dernier Zoroastre fut le fondateur du temple du Feu d'Azareksh et l'auteur des ouvrages qui traitent de la religion primordiale et sacrée des Mages détruite par Alexandre.

15 Appelé aux Indes, "Jour de Brahmâ".

16 X, 86. ["Si Proches sont les sorties de la nuit et du jour". Traduction de Butcher et Lang].

17 Voyez Volcker, Mythological Geography, pp. 145 à 170.

 

Pourtant, au point de vue historique, ou mieux, peut-être, au point de vue ethnologique et géologique, la signification est différente. La terre des Hyperboréens, la contrée qui s'étendait au-delà de Borée, le Dieu des neiges et des ouragans au cœur glacé, qui aimait à dormir lourdement sur la chaîne du Mont  Rhipæus, n'était ni une contrée idéale, comme le croient les Mythologues, ni même une contrée voisine de la [III 10] Scythie et du Danube 17. C'était un continent réel, une terre bona fide, qui ne connaissait pas d'hiver à cette époque primitive et dont les tristes restes n'ont maintenant encore pas plus d'une nuit et d'un jour durant l'année. Les ténèbres nocturnes ne s'abattent jamais sur cette terre, disaient les Grecs, parce que c'est la "Terre des Dieux", la  demeure favorite d'Apollon, le Dieu de la lumière, et que ses habitants étaient ses prêtres et serviteurs bien-aimés. Cela peut être considéré comme une fiction poétisée, maintenant ; c'était une vérité poétisée, à cette époque.

  1. La Lémurie.

Nous proposons d'appeler le troisième continent, Lémurie.  Ce nom est une invention ou une idée de M. P.L. Sclater, qui, entre 1850 et 1860, affirma, en s'appuyant sur des faits zoologiques, l'existence réelle aux époques préhistoriques d'un continent qui s'étendait, d'après lui, de Madagascar à Ceylan et Sumatra. Il comprenait quelques parties de ce qui est, aujourd'hui, l'Afrique, mais à part cela ce gigantesque Continent, qui s'étendait depuis l'Océan Indien jusqu'à l'Australie, a aujourd'hui complètement disparu sous les eaux du Pacifique, ne laissant voir, disséminés ça et là, que quelques-uns des sommets de ses hauts plateaux, qui sont aujourd'hui des îles. Le naturaliste A.R. Wallace, dit M. Charles Gould,

Etend l'Australie des périodes tertiaires jusqu'à la Nouvelle Guinée et aux îles Salomon et, peut- être, jusqu'aux îles Fidji, et déduit de ses types de marsupiaux une liaison avec le continent du nord durant la période secondaire. 18

Cette question est longuement traitée ailleurs 19. [III 11]

  1. L'Atlantide.

C'est le nom que nous donnons au quatrième continent. Ce serait la première terre historique, si l'on prêtait aux traditions des Anciens plus d'attention qu'on ne l'a fait jusqu'à présent. La fameuse île de Platon, connue sous ce nom, ne constituait qu'un fragment de ce grand continent 20.

  1. L'Europe.

Le cinquième Continent était l'Amérique, mais comme elle est située aux antipodes, ce sont l'Europe et l'Asie Mineure, presque ses contemporaines, qui sont généralement désignées par les Occultistes Indo-Aryens sous le nom de cinquième continent. Si leurs enseignements signalaient l'apparition des continents dans l'ordre géologique et géographique qui leur appartient, il y aurait lieu de modifier cette classification ; mais comme on a établi la succession des continents d'après l'ordre de l'évolution des  Races, depuis la Première jusqu'à la Cinquième, notre Race-Racine Aryenne, c'est l'Europe qu'on doit appeler le cinquième grand Continent. La Doctrine Secrète ne tient aucun compte des îles et des péninsules, ne suit pas la distribution géographique moderne des terres et des mers. Depuis l'époque de ses premiers enseignements et de la destruction de la grande Atlantide, la surface de la terre a changé plus d'une fois. Il fut un temps où le delta de l'Egypte et l'Afrique du Nord faisaient partie de l'Europe, avant que la formation du détroit de Gibraltar et le soulèvement ultérieur du continent n'eussent entièrement modifié l'aspect de la carte de l'Europe. Le dernier changement sérieux s'est produit il y a quelque 12.000 ans 21 et fut suivi de la submersion de la petite île de l'Atlantique à laquelle Platon donnait le nom d'Atlantis à cause du continent dont elle avait fait partie. La géographie faisait partie des Mystères, aux temps jadis. Le Zohar dit :

Ces secrets [des terres et des mers] furent divulgués aux hommes de la science secrète, mais non aux géographes 22. [III 12]

18 Mythical Monsters, p. 47.

19 Il est cependant bon de remarquer que M. Wallace n'accepte pas l'idée de M. Sclater, et même la combat. M. Sclater suppose une terre ou un continent qui unissait jadis l'Afrique, Madagascar et les Indes, mais non pas l'Australie et les Indes, et M. A.-R. Wallace établit, dans sa Geographical Distribution of animals, et dans Island Life, que l'hypothèse d'un tel continent n'a pas de raison d'être, si l'on se base sur de prétendues raisons zoologiques. Il admet cependant qu'un voisinage plus immédiat entre les Indes et l'Australie a dû certainement exister et cela à une époque si lointaine qu'elle était "certainement pré-tertiaire", et il ajoute dans une lettre particulière "qu'aucun nom n'a été donné à ce supposé continent". Il a cependant existé et était, cela va sans dire, "pré-tertiaire", attendu que la Lémurie, si toutefois nous adoptons ce nom pour le troisième continent, avait péri avant le développement complet de l'Atlantide et que ce dernier continent avait été submergé et que ses parties principales avaient disparu, avant la fin de la période Miocène.

20 Voyez Le Bouddhisme Esotérique.

 21 Encore une "coïncidence" :

"Il est aujourd'hui établi qu'à une époque récente au point de vue géologique, cette région du Nord de l'Afrique constituait, en fait, une péninsule de l'Espagne et que son union avec l'Afrique (proprement dite) fut réalisée, au Nord, par la déchirure de Gibraltar et au Sud par un exhaussement qui a donné naissance au Sahara. Les rivages de cette ancienne mer du Sahara sont encore indiqués par les coquilles des mêmes gastéropodes qui vivent sur les rivages de la Méditerranée." Professeur Oscar Schmidt, Doctrine of Descent and Darwinism, p. 244.

22 III, fol. 10 a.

 

L'affirmation que l'homme physique fut, à l'origine, un colossal géant pré-tertiaire, et qu'il existait, il y a 18.000.000 d'années, doit sembler déraisonnable aux admirateurs et aux fidèles de l'enseignement moderne. Tout le posse comitatus des Biologistes se détournera de la conception de cette Troisième Race de Titans de l'Ere Secondaire, de ces êtres bien faits pour lutter, avec succès, contre les monstres gigantesques de l'air, de la mer et de la terre; quant à leurs ancêtres, les prototypes éthérés de l'Atlantéen, ils n'avaient guère à craindre ce qui ne pouvait leur faire de mal. L'Anthropologue moderne peut bien se moquer de nos Titans, comme il se moque de l'Adam Biblique et comme le Théologien se moque de l'ancêtre pithécoïde de l'anthropologue. Les Occultistes et leurs critiques sévères peuvent éprouver l'impression d'avoir aujourd'hui réglé leurs comptes mutuels d'une manière assez satisfaisante. En tout cas, les Sciences Occultes prétendent moins et donnent plus que l'Anthropologie Darwiniste ou la Théologie Biblique.

La chronologie Esotérique ne devrait, du reste, effrayer personne, attendu qu'en ce qui concerne les chiffres, les plus grandes autorités actuelles sont aussi changeantes et aussi incertaines que les vagues de la Méditerranée. En ce qui a seulement trait à la durée des périodes géologiques, les savants de la Société Royale perdent désespérément pied et sautent d'un million à cinq cents millions d'années avec la plus grande facilité, ainsi que nous le constaterons plus d'une fois pendant cette comparaison.

Prenons en guise d'exemple, pour le moment, les calculs du Dr James Croll F.R.S. 23. Que le temps qui s'est écoulé depuis le commencement de l'Ere Tertiaire ou période Eocène, soit, d'après ce savant, de 2.500.000 ans, comme le lui fait dire un géologue américain 24, ou que M. Croll "assigne une durée de quinze millions d'années au temps qui s'est écoulé depuis le commencement de la période Eocène",  comme  le  dit  un  géologue anglais 25, les deux chiffres concordent avec les dires de la  Doctrine Secrète 26. En effet, comme elle assigne [III 13] une durée de quatre à cinq millions d'années à la période qui s'est écoulée entre les débuts de l'évolution finale de la Quatrième Race-Mère, sur les continents Lémuro- Atlantéens, une durée d'un million d'années à la Cinquième Race ou Race Aryenne, jusqu'à nos jours, et une durée d'environ 850.000 ans depuis la submersion de la dernière vaste péninsule de la grande Atlantide, tout cela peut facilement s'être passé durant les 15 millions d'années allouées par M. Croll pour l'Ere Tertiaire. Néanmoins, au point de vue chronologique, la durée de la période est d'importance secondaire, puisque après tout nous pouvons retomber sur certains Savants Américains. Ces messieurs, très peu émus de ce que leurs assertions soient proclamées non seulement douteuses, mais encore absurdes, n'en maintiennent pas  moins que l'homme existait durant l'Ere Secondaire. Ils ont découvert des empreintes de pieds humains sur des rocs datant de cette époque et, en outre, M. de Quatrefages ne trouve aucune bonne raison scientifique pour établir que l'homme n'a pu exister durant l'Ere Secondaire.

23 [Membre de la Royal Society].

24 A. Winchell, professeur de géologie, World Life, p. 399.

25 M. Charles GouId, ancien géologue Inspecteur de la Trasmanie, dans Mythical Monsters, p. 84.

26 Sir Charles Lyell, dont on dit qu'il a "heureusement inventé" les termes Eocène, Miocène et Pliocène, pour marquer les divisions de l'Epoque Tertiaire, aurait réellement dû assigner une longueur approximative aux "fruits de son imagination". Comme il a cependant abandonné la fixation de la durée de ces périodes aux recherches des spécialistes, cette heureuse pensée a eu pour résultat de faire naître la confusion et la perplexité, les plus grandes. Il semble vraiment impossible de pouvoir citer un chiffre tiré d'un ouvrage, sans courir le risque de le trouver contredit par le même auteur dans un volume antérieur ou postérieur. Sir William Thomson, une des plus éminentes autorités modernes, a changé à peu près une demi-douzaine de fois d'opinion au sujet de l'âge du Soleil et de la date de la consolidation de la croûte de la Terre. DansNatural Philosophy de Thomson et Tait, nous constatons que l'on n'assigne qu'une durée de dix millions d'années à la période qui s'est écoulée depuis que la température de la Terre a permis à la végétation d'y faire son apparition (App. D et seq. ; aussi Trans. Roy. Soc. Edin., XXIII. Pt. I, 157, 1862, où 847 est supprimé). M. Darwin cite l'estimation de Sir William Thomson comme variant entre "un minimum de 98 et un maximum de 200 millions depuis la consolidation de la croûte". (Voir Ch. Gould, op. cit., p. 83). Dans le même ouvrage (Nat. Phil.), on donne 80 millions d'années depuis le commencement de la formation de la croûte jusqu'à l'état actuel du monde, et dans sa dernière conférence, comme nous l'indiquions autre part, Sir William Thomson déclare (1887) que le Soleil n'a pas plus de 15 millions d'années ! En attendant, M. Croll, basant son argumentation au sujet de la limite de l'âge de la chaleur du Soleil, sur les chiffres précédemment fixés par Sir William Thomson, admet 60 millions d'années depuis le commencement de la période Cambrienne. Tout ceci est plein d'espoir pour ceux qui aiment la connaissance exacte. Ainsi, quels que soient les chiffres que donne la Science Occulte, ils seront certainement corroborés par ceux d'un savant quelconque parmi ceux qu'on tient pour des autorités.

27 Voyez Proceedings de la Société Royale, Londres, XXVIII, 281.

 

Les ères et les périodes en Géologie ne constituent, à vrai dire, que des termes purement conventionnels, attendu qu'elles ne sont encore qu'à peine délimitées et que l'on ne peut trouver deux Géologues ou deux Naturalistes qui soient d'accord sur les chiffres. La savante fraternité laisse donc une grande marge au choix qui est offert à l'Occultiste. Choisirons-nous M. T. Mellard Read pour l'un de nos soutiens ? Ce monsieur, dans une brochure sur "La pierre calcaire considérée comme un index du Temps Géologique", qu'il a lue en 1878 devant la Société Royale, prétend que le temps minimum qu'il faut [III 14] pour la formation des couches sédimentaires et pour l'élimination de la matière calcaire, est de 600 millions d'années 27 en chiffres ronds. Ou chercherons-nous à étayer notre chronologie sur les œuvres de Darwin, dans lesquelles, suivant sa théorie, il réclame de 300 à 500 millions d'années pour les transformations organiques ? Sir Charles Lyell et le professeur Houghton se contentaient de placer le commencement de l'époque Cambrienne l'un à 200 et l'autre à 240 millions d'années en arrière. Les Géologues et les Zoologistes réclament le maximum de temps, bien qu'à une époque M. Huxley ait placé à 1.000 millions d'années en arrière le commencement de la formation de la croûte terrestre et n'ait pas voulu faire grâce d'un millénaire.

Le point capital pour nous ne réside pas dans l'accord ou le désaccord des Naturalistes au sujet de la durée des périodes géologiques, mais dans le fait qu'ils sont, par extraordinaire, en parfait accord sur un point qui est de très grande importance. Ils déclarent tous que, durant le Miocène – que ce soit il y a un million ou dix millions d'années – le Grœnland et même le Spitzberg, c'est-à-dire ce qui reste de notre second continent ou continent Hyperboréen, "jouissait d'un climat presque tropical". Or, les Grecs pré- Homériques avaient conservé la tradition très vivace de cette "Terre du Soleil Eternel", où leur Apollon se rendait annuellement. La Science nous dit :

 Durant le Miocène, le Grœnland (par 70° de Lat. N.) était couvert d'une grande quantité d'arbres tels que l'if, l'érythroxyle, le sequoia, alliés aux espèces de la Californie, le hêtre, le platane, le saule, le chêne, le peuplier et le noyer, de même qu'un genre de magnolia et de zamia. 28

28 Gould, Mythical Monsters, p. 91.

 

Bref, le Grœnland renfermait des plantes du Sud, inconnues dans les régions du Nord.

Une question bien naturelle surgit alors. Si les Grecs de l'époque d'Homère avaient connaissance d'une contrée Hyperboréenne, c'est-à-dire d'une terre bénie hors de l'atteinte de Borée, le Dieu de l'hiver et de l'ouragan ; région idéale que les Grecs des générations suivantes et leurs écrivains ont vainement essayé de localiser au-delà de la Scythie ; contrée où les nuits étaient courtes et les journées longues, et au-delà de [III 15] laquelle se trouvait un pays où le soleil ne se couchait jamais et où le palmier croissait librement, s'ils savaient cela, dis-je, qui donc le leur avait dit ? A leur époque et bien des siècles auparavant, le Grœnland devait certainement être déjà couvert de neiges et de glaces éternelles comme il l'est maintenant. Tout tend à prouver que la contrée aux nuits courtes et aux longues journées était la Norvège ou Scandinavie, au-delà de laquelle se trouvait le pays béni de la lumière et de l'été perpétuels. Pour que les Grecs aient su cela, il faut que la tradition leur ait été transmise par un peuple plus ancien qu'eux, qui connaissait ces détails climatériques, dont les Grecs eux-mêmes ne pouvaient rien savoir. Même de nos jours, la science soupçonne, au-delà des mers polaires, sur le cercle polaire arctique lui-même, l'existence d'une mer qui ne gèle jamais et d'un continent toujours verdoyant. Les enseignements archaïques, de même que les Pourânas – pour celui qui comprend les allégories – renferment les mêmes affirmations. Cela suffit alors à nous faire considérer comme très probable que, durant la période Miocène de la science moderne, à une époque où le Grœnland était presque une contrée tropicale, un peuple, aujourd'hui inconnu de l'histoire, y vivait.

 AVIS

 

Le lecteur voudra bien se rappeler que les chapitres de cet ouvrage ne se suivront pas strictement dans l'ordre chronologique. Dans la première partie, les Stances qui forment l'ossature de l'exposé et certains points importants sont commentés et expliqués dans les chapitres de la deuxième et de la troisième partie, diverses données additionnelles sont groupées et on tente une explication plus complète du sujet.

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bon.christo@free.fr (Super User) LA DOCTRINE SECRETE VOL 3 Fri, 16 Jan 2015 19:39:43 +0000
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PREMIERE PARTIE

L'ANTROPOGENESE

DOUZE STANCES TIREES DU "LIVRE DE DZYAN" AVEC COMMENTAIRES

 

[III 18]


 

Durant les époques primordiales, une vierge, Splendide fille de l'Ether,

Passa son existence durant des siècles, Dans l'immense étendue du Ciel.

.....................................................

Elle erra, durant sept cents ans.

.....................................................

Elle fut en travail durant sept cents ans Avant que le premier-né ne fût délivré.

......................................................

Avant qu'un beau cygne ne descendît, Se hâtant vers l'eau-mère,

......................................................

Il s'assit légèrement sur ses genoux, Trouva un nid convenable

Pour y pondre ses œufs en sûreté.

......................................................

Il y plaça ses œufs à son gré,

Six furent les œufs d'or qu'il y pondit, Puis un septième, un œuf de fer.

 

Kalevala (Crawford).

 

[III 19]

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bon.christo@free.fr (Super User) LA DOCTRINE SECRETE VOL 3 Fri, 16 Jan 2015 19:40:26 +0000
L'ANTHROPOGENESE TIREE DES STANCES DU LIVRE DE DZYAN https://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-3/169-l-anthropogenese-tiree-des-stances-du-livre-de-dzyan https://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-3/169-l-anthropogenese-tiree-des-stances-du-livre-de-dzyan L'ANTHROPOGENESE TIREE

DES STANCES DU LIVRE DE DZYAN

 

 Voir 29

  STANCE I

 

1.    Le Lha qui fait tourner le Quatrième est Serviteur des Lha(s)des Sept, ceux qui tournent, conduisant leurs Chariots autour de leur Seigneur, l'Œil Unique [de notre Monde]. Son Souffle donna la Vie aux Sept. Il donna la Vie au Premier.

2.     La Terre dit : "Seigneur à la Face Lumineuse, ma Maison est vide... Envoie tes Fils pour peupler cette Roue. Tu as envoyé tes Sept Fils au Seigneur de Sagesse. Sept fois il te voit plus près de lui, sept fois plus il te sent. Tu as défendu à tes Serviteurs, les petits Anneaux, de s'emparer de la Lumière et de ta Chaleur,  d'intercepter ta grande Bonté à son passage. Envoie-les maintenant à ta Servante."

3.    Le Seigneur à la Face Lumineuse dit : "Je t'enverrai un Feu quand ton travail sera commencé. Elève ta voix vers d'autres Lokas ; fais appel à ton Père, le Seigneur du Lotus, pour ses Fils... Ton Peuple sera sous la loi des Pères. Tes hommes seront mortels. Les Hommes du Seigneur de Sagesse sont immortels et non les Fils de Soma. Mets fin à tes plaintes. Tes Sept Peaux te couvrent encore... Tu n'es pas prête. Tes Hommes ne sont pas prêts." [III 20]

4.    Après de grandes douleurs, elle se débarrassa de ses Trois anciennes et revêtit ses Sept nouvelles Peaux et resta vêtu de sa première.

 

29 Nous ne donnons ici que quarante-neuf Shlokas, pris parmi plusieurs centaines, et tous les versets ne sont pas traduits mot à mot ; nous employons parfois une périphrase, dans l'intérêt de la clarté, là où une traduction littérale serait tout à fait inintelligible. [Note de l'auteur.]

 

STANCE II

 

5.    La Roue tourna encore pendant trente crores 30. Elle construisit des Roupas : des Pierres tendres qui durcirent, des Plantes dures qui s'amollirent. Le visible sortit de l'invisible, les Insectes et les petites Vies. Elle les secoua et les rejeta de son dos toutes les fois qu'ils devancèrent la Mère... Après trente crores, elle se retourna. Elle gisait sur le dos ; sur le côté... Elle ne voulait appeler aucun Fils du Ciel, elle ne voulait interroger aucun Fils de la Sagesse. Elle engendra de son propre Sein. Elle évolua des Hommes-Aquatiques, terribles et mauvais.

6.    Les Hommes-Aquatiques, terribles et mauvais, elle les créa elle-même avec les restes d'autres. Elle les forma avec le rebut et le limon de ses Premier, Second et Troisième. Les Dhyanis vinrent et regardèrent... les Dhyanis vinrent de chez le brillant Père-Mère, des Régions Blanches, ils vinrent des Demeures des Mortels Immortels.

7.   Ils furent mécontents. "Notre chair n'est pas là. Aucun Roupa convenable pour nos Frères de la Cinquième. Aucune Demeure pour les Vies. Elles doivent s'abreuver d'Eaux pures et non d'eaux troubles. Desséchons-les."

8.     Les Flammes vinrent. Les Feux avec les Etincelles ; les Feux-Nocturnes et les Feux-Diurnes. Ils desséchèrent les Eaux troubles et sombres. Avec leur chaleur, ils les épuisèrent. Les Lhas d'En-Haut et les Lhamayin d'En-Bas, vinrent. Ils égorgèrent les Formes qui étaient à double et à quadruple face. Ils combattirent les Hommes- Boucs, [III 21] les Hommes à tête de Chien et les Hommes à corps de poissons.

9.    L'Eau-Mère, la Grande Mer, pleura. Elle se souleva, elle disparut dans la Lune, qui l'avait élevée,  qui lui avait donné naissance.

10.     Quand ils furent détruits, la Terre-Mère resta nue. Elle demanda à être séchée.

30 [Terme employé au Bengale pour exprimer dix millions. (Note du traducteur.)]

 

STANCE III

 

11.   Le Seigneur des Seigneurs vint. Il sépara les Eaux de son Corps, et cela fut le Ciel au-dessus, le Premier Ciel.

12.    Les grands Chohans appelèrent les Seigneurs de la Lune, aux Corps Aériens : "Amenez des Hommes, des Hommes de votre nature. Donnez-leur leurs Formes internes. Elle édifiera les Revêtements  externes. Ils seront Mâles-Femelles. Seigneurs de la Flamme aussi..."

13.    Ils se rendirent chacun sur le Territoire qui lui fut alloué ; ils étaient Sept, chacun sur son Lot. Les Seigneurs de la Flamme restèrent derrière. Ils ne voulaient pas aller, ils ne voulaient pas créer.

 

STANCE IV

 

14.    Les Sept Légions, les "Seigneurs nés de la Volonté", poussés par l'Esprit de donner la Vie, détachèrent des Hommes d'eux-mêmes, chacun sur sa propre Zone.

15.     Sept fois sept Ombres d'Hommes Futurs naquirent, chacune de sa propre Couleur et de sa propre Espèce. Chacun inférieur à son Père. Les Pères, les Sans-Os, ne pouvaient donner la vie à des Etres pourvus d'Os. Leurs [III 22] descendants furent des Bhoutas, sans Forme ni Mental. C'est pourquoi on les appela la Race Chhâyâ.

16.    Comment les Manoushya sont-ils nés ? Les Manous avec leur mental, comment sont-ils faits ? Les Pères appelèrent à leur aide leur propre Feu, qui est le Feu qui brûle dans la Terre. L'Esprit de la Terre appela à son aide le Feu Solaire. Ces Trois, grâce à leurs efforts réunis, produisirent un bon Roupa. Il pouvait se tenir debout, marcher, courir, se courber ou voler. Pourtant ce n'était toujours qu'un Chhâyâ, une Ombre ne possédant pas de Sens...

17.     Le Souffle avait besoin d'une Forme ; les Pères la donnèrent. Le Souffle avait besoin d'un Corps Grossier ; la Terre le moula. Le Souffle avait besoin de l'Esprit de Vie ; les Lhas Solaires l'insufflèrent dans sa Forme. Le Souffle avait besoin d'un Miroir de son Corps : "Nous lui donnâmes le nôtre, dirent les Dhyanis." Le Souffle avait besoin d'un Véhicule des Désirs : "Il l'a", dirent les Draineurs des Eaux. Mais le Souffle a besoin d'un Mental pour embrasser l'Univers : "Nous ne pouvons donner cela", dirent les Pères. "Je ne l'ai jamais eu", dit l'Esprit de la Terre. "La Forme serait consumée, si je lui donnais le mien", dit le Grand Feu... L'homme resta un Bhouta vide et dépourvu de sens... Ainsi les Sans-Os ont donné la Vie à ceux qui devinrent des Hommes pourvus d'Os dans la Troisième.

 

 

STANCE V

 

18.    Les premiers furent les Fils du Yoga. Leurs fils, les enfants du Père Jaune et de la Mère Blanche.

19.   La Seconde Race fut produite par bourgeonnement et expansion, l'A-sexuel tiré du Sans-Sexe. Ainsi, ô Lanou, fut produite la Seconde Race 31. [III 23]

 

20.       Leurs Pères furent les Auto-générés. Les Auto- générés, les Chhâyâ issus des brillants Corps des Seigneurs, les Pères, les Fils du Crépuscule.

21.   Lorsque la Race devint vieille, les Eaux anciennes se mêlèrent aux Eaux plus fraîches. Lorsque ses Gouttes devinrent troubles, elles s'évanouirent et disparurent dans le nouveau Courant, dans le Courant chaud de la Vie. L'Extérieur du Premier devint l'Intérieur du Second. L'ancienne Aile devint la nouvelle Ombre et l'Ombre de l'Aile.

 31 L'idée et l'esprit de la phrase sont seuls donnés ici, attendu qu'une traduction littérale ne dirait pas grand chose au lecteur.

 

STANCE VI

 

22.        La Seconde évolua alors les Nés-de-l'Œuf, la Troisième. La Sueur augmenta, ses Gouttes grossirent et les Gouttes devinrent dures et rondes. Le Soleil la chauffa ; la Lune la rafraîchit et la modela ; le Vent la nourrit jusqu'à maturité. Le Cygne Blanc de la Voûte Etoilée couva la grosse Goutte. L'Œuf de la Future Race, l'Homme-cygne de la fin de la Troisième. D'abord mâle- femelle, puis Homme et Femme.

23.      Les Auto-générés furent les Chhâyâs, les Ombres tirées des Corps des Fils du Crépuscule. Ni l'eau, ni le feu ne pouvaient les détruire. [Leurs fils le furent.]

 

STANCE VII

 

24.     Les Fils de la Sagesse, les Fils de la Nuit, prêts à renaître, descendirent. Ils virent les viles formes de la Première Troisième. "Nous pouvons choisir, dirent les Seigneurs, nous avons la sagesse." Certains entrèrent dans les Chhâyâs. D'autres projetèrent une Etincelle. D'autres encore différèrent jusqu'à la Quatrième. Avec leur propre Roupa ils remplirent le Kama. Ceux qui entrèrent devinrent les Arhats. Ceux qui ne reçurent qu'une Etincelle [III 24] restèrent dépourvus de savoir, l'Etincelle brillait faiblement. Les Troisièmes restèrent sans mental. Leurs Jivas n'étaient pas prêts. Ceux-ci furent mis à part parmi les Sept. Ils devinrent les Têtes étroites. Les Troisièmes étaient prêts. "Dans  ceux-ci nous habiterons", dirent les Seigneurs de la Flamme [et de la Sombre Sagesse].

25.        Comment agirent les Mânasa, les Fils  de  la Sagesse ? Ils repoussèrent les Auto-générés. Ils ne sont pas prêts. Ils dédaignèrent le Nés-de-la-Sueur. Ils  ne sont pas tout à fait prêts. Ils ne voulurent pas entrer dans les premiers Nés-de-l'Œuf.

26.   Lorsque les Nés-de-la-Sueur produisirent les Nés-de- l'Œuf, les doubles, les forts, les puissants pourvus d'os, les Seigneurs de Sagesse dirent : "Maintenant nous créerons."

27.   La Troisième Race devint le Vâhan des Seigneurs de Sagesse. Elle créa les "Fils de la Volonté et du Yoga", elle les créa par Kriyâshakti, les Pères Saints, Ancêtres des Arhats...

 

STANCE VIII

 

28.     Des gouttes de sueur, des résidus de la substance, matière provenant des corps morts des hommes et des animaux de la Roue précédente, et de la poussière rejetée, les premiers animaux furent produits.

29.   Des animaux pourvus d'os, des dragons de l'abîme et des Sarpas volants furent ajoutés aux choses rampantes. Ceux qui rampent sur le sol furent pourvus d'ailes. Ceux des eaux qui avaient de longs cous devinrent les progéniteurs des oiseaux de l'air.

30.        Durant la Troisième, les animaux sans os se développèrent et changèrent : ils devinrent des animaux pourvus d'os, leurs Chhâyâs devinrent solides. [III 25]

31.         Les animaux se séparèrent les premiers. Ils commencèrent à reproduire. L'homme double se sépara aussi. Il dit : "Faisons comme eux, unissons-nous et faisons des créatures." Ils le firent...

32.   Et ceux qui n'avaient pas d'Etincelle prirent pour eux d'énormes animaux femelles. Ils engendrèrent avec eux des races muettes. Eux-mêmes étaient muets. Mais leurs langues se délièrent. Les langues de leurs descendants demeurèrent muettes. Ils donnèrent naissance à des monstres. Une race de monstres contrefaits et couverts de poils rouges, qui marchaient à quatre  pattes. Une race muette pour que la honte ne fût pas dite.

 

STANCE IX

 

33.   Voyant cela, les Lhas qui n'avaient pas construit des hommes, pleurèrent, disant :

34.   "Les Amânasa ont souillé nos futures demeures. C'est Karma. Habitons dans les autres. Instruisons-les mieux, de peur qu'il n'arrive pire." Ils le firent...

35.     Alors tous les hommes furent doués de Manas. Ils virent le péché des dépourvus de mental.

36.   La Quatrième Race développa le langage.

37.       L'Un devint Deux ; de même toutes les choses vivantes et rampantes qui étaient encore unies, les poissons géants, les oiseaux et les serpents à têtes couvertes d'écailles.

 

STANCE X

 

38.       Ainsi, deux par deux, dans les sept Zones, la Troisième Race donna naissance à la Quatrième ; les Soura devinrent A-soura. [III 26]

39.   La Première, dans chaque Zone, fut de la couleur de la lune ; la Seconde, jaune comme de l'or ; la Troisième, rouge ; la Quatrième, brune, qui devint noire par le péché. Les sept premiers rejetons humains eurent tous le même teint. Les sept suivants commencèrent à se mêler.

40.         Alors les Troisième et Quatrième grandirent d'orgueil. "Nous sommes les rois ; nous sommes les dieux."

41.     Ils prirent des épouses belles à voir. Des épouses prises parmi les privés de mental, les têtes étroites. Ils donnèrent naissance à des monstres, de méchants démons, mâles et femelles, et aussi à des Khado (dâkini) au petit mental.

42.     Ils élevèrent des temples pour le corps humain. Ils adorèrent les mâles et les femelles. Alors le Troisième Œil cessa de fonctionner.

 

STANCE XI

 

43.    Ils édifièrent des villes colossales. Ils les édifièrent avec des terres et des métaux rares. En se servant des feux vomis, de la pierre blanche des montagnes et de la pierre noire, ils taillèrent leurs propres images en grandeur naturelle et à leur ressemblance, et ils les adorèrent.

44.   Ils érigèrent de grandes images, hautes de neuf yatis, taille de leur corps. Des feux intérieurs avaient détruit le pays de leurs Pères. L'Eau menaça la Quatrième.

45.   Les premières Grandes Eaux vinrent. Elles avalèrent les Sept Grandes Iles.

46.    Tous les Saints furent sauvés et les Impies détruits. Avec eux la plupart des énormes animaux produits par la sueur de la Terre. [III 27]

 

STANCE XII

 

47.     Peu restèrent. Quelques jaunes, quelques bruns et noirs et quelques rouges restèrent. Ceux de la couleur de la lune étaient partis pour toujours.

48.   La Cinquième, issue du troupeau Saint, resta, elle fut gouvernée par les premiers Rois Divins.

49.     ... [Les Serpents] qui redescendirent, qui firent la paix avec la Cinquième, qui l'enseignèrent et l'instruisirent...

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bon.christo@free.fr (Super User) LA DOCTRINE SECRETE VOL 3 Fri, 16 Jan 2015 19:41:23 +0000
STANCE I - COMMENCEMENT DE LA VIE SENSIBLE https://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-3/170-stance-i-commencement-de-la-vie-sensible https://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-3/170-stance-i-commencement-de-la-vie-sensible

COMMENTAIRES

SUR LES DOUZE STANCES ET LEURS TERMES, SUIVANT LEUR

ORDRE NUMERIQUE, EN STANCES ET EN SHLOKAS

 

 STANCE I

COMMENCEMENT DE LA VIE SENSIBLE

 

  1. Le Lha, ou Esprit dela Terre
  2. Invocation de la Terre au Soleil
  3. Ce que répond le Soleil
  4. Transformation de la Terre

 

Shloka 1. Le Lha, ou Esprit de la Terre

 

Le Lha (a), qui fait tourner la Quatrième 32, est Serviteur des Lha(s) des Sept 33 (b), ceux qui tournent, conduisant leurs chariots autour de leur Seigneur, l'Œil Unique 34 de notre monde. Son Souffle donna la Vie aux Sept 35, Il donna la Vie au Premier (c). "Ce sont tous des Dragons de Sagesse", ajoute le Commentaire (d).

32 Le Quatrième Globe, ou notre Terre. Toutes les gloses sur la traduction du texte des STANCES et des Commentaires sont l'œuvre de l'auteur. Elles peuvent être parfois incomplètes et même inadéquates au point de vue Hindou, mais elles sont correctes au point de vue de la signification que leur donne l'Esotérisme trans-himalayen. Dans tous les cas, l'auteur en assume toute la responsabilité. Comme elle n'a jamais eu aucune prétention à l'infaillibilité personnelle, ce qu'elle donne de sa propre autorité peut laisser beaucoup à désirer, particulièrement dans les cas très abstraits qui impliquent une métaphysique trop profonde. L'enseignement est présenté tel qu'il est compris ; et comme chaque symbole et chaque allégorie comportent sept clefs d'interprétation différentes, telle signification qui ne serait pas satisfaisante, par exemple au point de vue psychologique ou astronomique, se trouvera être néanmoins tout à fait correcte au point de vue physique ou métaphysique.

33 Les Esprits Planétaires.

34 Loka Chakshus.

35 Les Planètes.

 

(a)        "Lha" est l'ancien terme employé dans les régions [III 30] Transhymalayennes pour désigner un "Esprit" ou un Etre quelconque céleste ou super-humain, et il s'applique à toute la série des hiérarchies célestes, depuis l'Archange ou Dhyâni, jusqu'à l'Ange des ténèbres ou Esprit terrestre.

(b)    Cette expression indique, en termes clairs, que l'Esprit-Gardien de notre Globe, qui est le quatrième de la Chaîne, est subordonné à l'Esprit (ou Dieu) des Sept Génies ou Esprits Planétaires. Comme cela a été déjà expliqué, les anciens avaient, parmi leur kyrielle de Dieux, sept principaux Dieux-de-Mystères, dont le chef était, exotériquement, le Soleil visible, ou le huitième, et, ésotériquement, le Second Logos, le Démiurge. Les Sept – qui dans la religion chrétienne sont maintenant devenus les "Sept Yeux du Seigneur" – étaient les Régents des sept principales planètes ; mais on ne les comptait pas d'après l'énumération inventée, plus tard, par ceux qui avaient oublié les réels Mystères ou en avaient une notion imparfaite, et elles ne comprenaient, ni le Soleil, ni la Lune, ni la Terre. Le Soleil était, au point de vue exotérique, le chef des douze Grands Dieux ou constellations zodiacales ; et, au point de vue Esotérique, il était le Messie, le Christos – l'être oint par le Grand Souffle, ou l'UN – entouré des douze puissances qui lui sont subordonnées, subordonnées à tour de rôle à chacun des sept Dieux-des-Mystères des planètes.

"Les Sept Supérieurs font créer le monde aux Sept Lhas", dit un Commentaire ; ce qui veut dire que notre Terre – sans parler du reste – fut créée ou façonnée par des Esprits Terrestres, les Régents n'étant que les surveillants. C'est là le germe de ce qui devint plus tard l'Arbre de l'Astrologie et de l'Astrolâtrie. Les Etres Supérieurs furent les Cosmocrates, les fabricateurs de notre Système Solaire. Cela est mis en évidence par toutes les anciennes Cosmogonies, telles que celles d'Hermès, des Chaldéens, des Aryens, des Egyptiens et même des Juifs. Les Signes du Zodiaque – les "Animaux sacrés" ou la "Ceinture du Ciel" – sont tout aussi bien les B'ne-Alhim – Fils des Dieux ou les Elohim – que les Esprits de la Terre, mais ils leurs sont antérieurs. Soma et Sin, Isis et Diane, sont tous des Dieux ou des Déesses lunaires, appelés les Pères et Mères de notre Terre qui leur est subordonnée. Mais eux-mêmes, à leur tour, sont subordonnés à leurs "Pères" et "Mère" – ces derniers  étant interchangeables et variant avec chaque nation – les Dieux et leurs Planètes, telles que Jupiter, Saturne, Bel, Brihaspati, etc.

(c)      "Son Souffle donna la vie aux Sept." Cette phrase se rapporte autant au Soleil, qui donne la vie aux Planètes, qu'à [III 31] "l'Etre Supérieur", au Soleil Spirituel, qui donne la vie au Cosmos tout entier. La clef astronomique et la clef astrologique, qui ouvrent la porte conduisant aux mystères de la Théogonie, ne peuvent être trouvées que dans les glossaires postérieurs qui accompagnent les STANCES.

Dans les Shlokas apocalyptiques des Archives Archaïques, le langage, s'il est moins mythique, est tout aussi symbolique que dans les Pourânas. Sans l'aide des Commentaires ultérieurs, composés par des générations d'Adeptes, il serait impossible d'en comprendre correctement le sens. Dans les anciennes Cosmogonies, le monde visible et le monde invisible constituent deux anneaux d'une seule et même chaîne. De même que l'Invisible Logos avec ses Sept Hiérarchies – dont chacune est représentée et personnifiée par son Ange principal ou Recteur – forme une unique PUISSANCE, l'intérieure et l'invisible ; de même, dans le monde des Formes, le Soleil et les sept principales Planètes constituent la puissance visible et active ; cette dernière "Hiérarchie" étant, en quelque sorte, le Logos visible et objectif des Anges Invisibles et – sauf dans les rangs les plus inférieurs – toujours subjectifs.

Ainsi – en anticipant un peu sur notre sujet pour fournir un exemple – on dit que chaque Race dans son évolution est née sous l'influence directe de l'une des Planètes ; la Première Race aurait reçu son souffle vital du Soleil, ainsi que nous le verrons plus tard ; tandis que la Troisième Humanité – ceux qui sont tombés dans la génération ou qui d'androgynes devinrent des entités séparées, l'une mâle et l'autre femelle, – serait sous l'influence directe de Vénus, "le petit soleil dans lequel l'orbe solaire emmagasine sa lumière".

Le Résumé des STANCES du Volume I nous a montré la genèse 36 des Dieux et des hommes prenant naissance dans un seul Point, et  en jaillissant, qui est l'UNITE, Unique, Universelle, Immuable, Eternelle et Absolue. Dans son aspect primaire et manifesté, nous l'avons vue devenir : 1° dans la sphère de l'objectivité et de la physique, la SUBSTANCE et la FORCE PRIMORDIALES – centripète et centrifuge, positive et négative, mâle et femelle, etc. ; 2° dans le monde de la métaphysique, l'ESPRIT DE L'UNIVERS ou Idéation Cosmique, que certains  appellent  le LOGOS. [III 32]

36 Suivant la savante définition du docteur A. Wilder, Genèse, (....) ne veut pas dire génération, mais "le fait de jaillir du sein de ce qui est éternel dans le Cosmos et le Temps" ; "un passage de esse à existere" ou de "l'Etreté" à "l'Etre" – comme dirait un Théosophe.

 

Ce Logos est le sommet du Triangle de Pythagore. Lorsque le Triangle est complet, il devient la Tétraktys ou le Triangle dans le Carré, et est le double symbole du Tétragrammaton aux quatre lettres, dans le Cosmos manifesté, et de son triple Rayon radical dans le non-manifesté – son Noumène.

La classification des Eléments Cosmiques Ultimes que nous donnons ici, considérée d'un point de vue plus métaphysique, est plutôt pour la commodité que d'une exactitude philosophique absolue. Au début d'un grand Manvantara, Parabrahman se manifeste comme Mûlaprakriti et ensuite comme le logos. Ce Logos équivaut au  "Mental Universel Inconscient", etc., des Panthéistes Occidentaux. Il constitue la Base du côté subjectif de l'Etre manifesté, et il est la source de toutes les manifestations de conscience individuelle. Mûlaprakriti, ou la Substance Cosmique Primordiale, est la base du côté objectif des choses – la base de toute évolution objective et de toute cosmo-genèse. La Force n'émerge donc pas avec la Substance Primordiale de ce qui est latent en Parabrahman. C'est la transformation en énergie de la pensée super-consciente du Logos, infusée, pour ainsi dire, dans l'objectivation de celui-ci, hors du sein de la potentialité latente dans l'unique Réalité. De là découlent les merveilleuses lois de la Matière ; de là naît "l'empreinte primordiale" si vainement discutée par l'évêque Temple. La Force n'est donc pas synchrone avec la première objectivation de Mûlaprakriti. Néanmoins, comme, sans elle, cette dernière est absolument et nécessairement inerte – une simple abstraction – il est inutile de tisser un réseau de subtilités au sujet de l'ordre de succession des Eléments Cosmiques Ultimes. La Force  succède à Mûlaprakriti, mais sans la Force, Mûlaprakriti est non-existante pour tout dessein ou toute fin pratiques 37.

L'Homme Céleste ou Tétragrammaton, qui est le  Protogonos, Tikkoun, le Premier-né de la Divinité passive et la première manifestation de l'Ombre de cette Divinité, est la Forme et l'Idée Universelles qui engendrent le Logos Manifesté, Adam-Kadmon ou, dans la Cabale, le symbole en quatre lettres de l'Univers lui-même appelé aussi le Second Logos. Le Second surgit du Premier et développe le Troisième Triangle 38, du sein de ce dernier (les légions inférieures des Anges) [III 33] les HOMMES sont générés. C'est de ce troisième aspect que nous allons traiter pour le moment.

37 Pour trouver une explication plus claire des origines, telle qu'elle existe dans l'Esotérisme de la Bhagavad Gitâ, consultez les notes sur cet ouvrage publiées dans les numéros de février, mars, avril et juillet 1887 du Theosophist.

38 Voyez l'Arbre Séphirothal.

 

Le lecteur doit se souvenir qu'il existe une grande différence entre le Logos et le Démiurge, car l'un est Esprit et l'autre Ame ou, comme le dit le docteur Wilder :

∆ιανοια et Λογος sont synonymes, tandis que Νους est supérieur et a une très grande affinité pour Τὸ Αγαθὸν, l'un est l'être supérieur qui possède l'appréhension, tandis que l'autre possède la compréhension – l'un est noëtique, l'autre phrénique.

En outre, dans plusieurs systèmes, l'Homme était considéré comme le Troisième Logos. La signification Esotérique du mot Logos – Parole ou Mot, Verbe – est la traduction en expression objective, comme dans une photographie, de la pensée cachée. Le Logos est le miroir qui reflète le MENTAL DIVIN et l'Univers est le miroir du Logos, bien que ce dernier soit l'esse de cet Univers. De même que le Logos reflète tout  dans l'Univers du Plérôme, de même l'Homme reflète en lui tout ce qu'il voit et trouve dans son Univers, la Terre. Ce sont les Trois Têtes de la Cabale – "unum intra alterum et alterum super alterum" 39. "Chaque univers (Monde ou Planète) a son Logos", dit la Doctrine. Le Soleil a toujours été appelé "l'Œil d'Osiris" par les Egyptiens, et était lui-même le Logos, le Premier- Né, ou la Lumière manifestée au monde "et qui est le Mental et l'Intellect divin du Caché". Ce n'est que par les septuples Rayons de cette Lumière que nous pouvons avoir connaissance du Logos par l'entremise du Démiurge, en regardant ce dernier comme le "Créateur" de notre planète et de tout ce qui en fait partie, et le premier comme la Force dirigeante de ce "Créateur" – bon et mauvais à la fois, origine du bien et origine du mal. Ce "Créateur" n'est ni bon ni mauvais per se, mais ses aspects différenciés dans la Nature lui font assumer l'un ou l'autre caractère. Aucun des Dieux- Solaires n'a rien à faire avec des Univers invisibles et inconnus qui sont disséminés dans l'Espace. Cette idée est très clairement exprimée dans les Livres d'Hermès et dans tout le folklore antique. Elle est généralement symbolisée par le Dragon et le Serpent – le Dragon du Bien et le Serpent du Mal, représentés sur la Terre par la Magie de droite et la Magie de gauche. Dans le poème épique de la Finlande, la Kalevala 40, l'origine du Serpent du Mal est donnée : il est né de la salive de Suoyatar et a été doué d'une Ame Vivante par [III 34] le Principe du Mal, Hisi. On y décrit une lutte entre les deux, la "chose du mal", le Serpent ou Sorcier, et Ahti, le Dragon ou Magicien blanc, Lemminkainen. Ce dernier est l'un des sept fils d'Ilmatar, la vierge "fille de l'air", celle "qui tomba du ciel dans la mer", avant la Création, c'est-à-dire l'Esprit transformé en la matière de la vie sensible. Il y a tout un monde de significations et de pensée Occulte dans les quelques lignes qui suivent, admirablement rendues par le docteur J.-

M. Crawford de Cincinnati. Le héros Lemminkainen : Eventre le mur par sa puissance magique, Brise en miettes la palissade,

Réduit en atomes sept piquets, Hache le mur-serpent en fragments.

39 Zohar, Idra Suta, Sec. VII.

40 J.-B. Alden ; New-York, 1888 ; II, 432, 434.

 

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Lorsque le monstre, sans prendre garde,

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Fond avec sa bouche venimeuse Sur la tête de Lemminkainen.

Mais le héros, se remémorant vivement, Prononce les maîtresses paroles du savoir, Paroles datant d'époques lointaines,

Paroles que ses ancêtres lui avaient apprises.

(d)    En Chine, les hommes de Fohi ou "l'Homme céleste", sont appelés les douze Tien-Hoang, les douze Hiérarchies de Dhyânis ou Anges, aux faces humaines et aux corps de Dragon ; le Dragon représentant la Divine Sagesseou l'Esprit 41 et ils créent les hommes en s'incarnant dans sept images [III 35] d'argile – terre et eau – ayant la forme de ces Tien-Hoang, une troisième allégorie 42. Les douze Aesers des Eddas Scandinaves font de même. Dans le Catéchisme Secret des Druses de Syrie – légende qui est répétée mot à mot par les anciennes tribus des environs de l'Euphrate – les hommes furent créés par les "Fils de Dieu", qui descendirent sur la Terre, et, après avoir cueilli sept Mandragores, en animèrent les racines qui devinrent des hommes par la suite 43.

41 Il a été répété à maintes reprises que le Serpent est le symbole de la sagesse et du Savoir Occulte. "Le Serpent a été rattaché au dieu de la sagesse depuis l'époque la plus reculée au sujet de laquelle nous ayons des données historiques", écrit C. Staniland Wake. "Cet animal était le symbole spécial de Thoth ou Taut... et de tous ces dieux, tels que Hermès [?] et Seth, qui peuvent lui être rattachés. Cela est également vrai pour le troisième membre de la triade Chaldéenne primitive, Héa ou Hoa." D'après Sir Henry Rawlinson, "les plus importants titres de cette divinité se rapportent à ses fonctions comme source de tout savoir et de toute science. Il est non seulement le 'poisson intelligent', mais encore son nom peut être aussi bien traduit par 'vie' et 'serpent' [un Adepte Initié], et l'on peut le considérer comme représenté par le grand serpent qui occupe une place si importante parmi les symboles des dieux, sur les pierres noires rappelant les bienfaits de Babylone." (The Great Pyramid, p. 75) Esculape, Sérapis, Pluton, Esmun et Kneph, sont tous des dieux ayant l'attribut du serpent, dit Dupuis. Ils sont tous guérisseurs, donneurs de santé, spirituelle et physique et d'illumination. La couronne formée par un aspic, le Thermuthis, appartient à Isis, Déesse de la Vie et de la Guérison. LesUpanishads renferment un traité sur la Science des Serpents – en d'autres termes sur la Science du Savoir Occulte ; et les Nâgas du Bouddhisme exotérique ne sont pas "les créatures fabuleuses, de la nature des serpents... supérieures à l'homme et considérées comme les protectrices de la loi de Bouddha", comme le croit Schlagintweit, mais des hommes vivants, réels, dont quelques-uns supérieurs aux hommes en vertu de leur Savoir Occulte et les protecteurs de la loi de Bouddha dans la mesure où ils en interprètent correctement les doctrines métaphysiques, tandis que d'autres sont moralement inférieurs comme étant des "magiciens noirs". C'est pourquoi l'on a assuré avec raison que Gautama Bouddha "leur a dit avoir enseigné un système religieux plus philosophique que celui qu'il a enseigné aux hommes qui n'étaient pas suffisamment avancés pour le comprendre, à l'époque où Il fit son apparition." (ibid., p. 72)

42 Comparez avec les Symboles des Bonzes.

43 Cette Mandragore n'est autre que la Mandrake de la Bible, celle de Rachel et de Léa. Les racines de la plante sont charnues, couvertes de duvet, fourchues et représentent grossièrement  les membres, le corps et même la tête d'un homme. Les mystérieuses propriétés magiques de cette plante ont été proclamées dans des fables et des pièces dès la plus haute antiquité. Depuis Rachel et Léa qui s'en servirent pour se livrer à la sorcellerie, jusqu'à Shakespeare [Roméo et Juliette, IV. 3] qui parle de "crier"

  

Toutes ces allégories laissent deviner une seule et même origine – la double et triple nature de l'homme ; double, comme mâle et  femelle ; triple, comme ayant une essence spirituelle et psychique intérieure et un tissu matériel extérieur.

 "Comme des mandragores arrachées de la terre.

De telle sorte que les mortels deviennent fous en les entendant", la mandragore a toujours été la plante magique par excellence.

Ces racines ne possèdent aucune tige apparente et de larges feuilles poussent au sommet de la racine comme une gigantesque touffe de cheveux. Elles ne ressemblent que très peu à l'homme lorsqu'on les trouve en Espagne, en Italie, en Asie Mineure ou en Syrie, mais dans l'Ile de Candie ou en Karamanie [autrefois territoire d'Asie Mineure], près de la cité d'Adan, elles ont une forme merveilleusement humaine et sont très appréciées comme amulettes. Les femmes les portent aussi comme un charme contre la stérilité et à d'autres fins encore. Elles sont surtout efficaces en Magie Noire.

 

Shloka 2. Invocation de la Terre au Soleil

 

La Terre dit : "Seigneur à la Face Lumineuse 44, ma Maison est vide... Envoie tes Fils  pour  peupler  cette [III 36] Roue 45. Tu as envoyé tes Sept Fils au Seigneur de Sagesse (a). Sept fois il te voit plus près de lui, sept fois plus il te sent (b). Tu as défendu à tes Serviteurs, les petits Anneaux, de s'emparer de ta Lumière et de ta Chaleur, d'intercepter ta grande Bonté à son passage. Envoie-les maintenant à ta Servante !"

44 Le Soleil.

45 La Terre.

46 Copernic a écrit ses théories sur la "Révolution des Corps Célestes" durant le seizième siècle,  et le Zohar, même s'il a été compilé par Moïse de Léon durant le treizième siècle, dit que :

"Dans le livre de Hammannunah, le Vieux (ou l'Antique), nous apprenons... que la Terre tourne sur elle-même suivant un cercle ; que quelques-uns sont au sommet et d'autres en dessous : que... quelques contrées de la Terre sont éclairées, tandis que d'autres sont dans les ténèbres ; pour les uns il fait jour, tandis que pour les autres il fait nuit, et Il y a des contrées où il fait constamment jour, où dans lesquelles, tout au moins, la nuit ne dure que quelques instants." (Zohar, III, fol. 10 a, cité dans la Qabbalahde Myers, p. 139.)

 

(a)    Le "Seigneur de Sagesse" est Mercure, ou Boudha.

(b)    Le Commentaire moderne explique ces mots comme une référence à ce fait astronomique bien connu que Mercure reçoit du Soleil sept fois plus de lumière et de chaleur que la Terre et même que la magnifique Vénus, qui ne reçoit que le double de la quantité qui tombe sur notre Globe insignifiant. Que ce fait ait été connu dans l'antiquité peut être déduit de la prière adressée par "l'Esprit de la Terre" au Soleil, telle qu'elle est donnée dans le texte 46. Le Soleil, toutefois, refuse de peupler le globe, parce qu'il n'est pas encore prêt à recevoir la vie.

Mercure, comme Planète astrologique, est encore plus Occulte et mystérieux que Vénus. Il est identique au Mithra Mazdéen, le Génie ou Dieu "établi entre le Soleil et la Lune, perpétuel compagnon du "Soleil" de Sagesse". Pausanias (Livre V) nous le montre comme ayant un autel en commun avec Jupiter. Il était pourvu d'ailes pour marquer son assiduité auprès du Soleil durant sa course et on l'appelait le Nuntius et le Loup- Soleil, "solaris luminis particeps" [qui partage la lumière du Soleil]. Il était le   conducteur   et   l'évocateur   des   Ames,   le   grand   Magicien et le Hiérophante.  Virgile  nous  le  dépeint  comme  prenant  sa  baguette  pour évoquer de l'Orcus les âmes qui y sont plongées – tum virgam capit, hac animas  ille  evocat  Orco 47.  C'est  Mercure  à  la  couleur  d'or,  [III 37] Χρυσοφαὴς  Ερµὴς,  que  les  Hiérophantes  interdisaient  de  nommer.  Il  est symbolisé dans la mythologie grecque par l'un des "chiens" (vigilance) qui veillent sur le troupeau céleste (la Sagesse Occulte) ; ou Hermès Anubis ou encore l'Agathodæmon. Il est l'Argus qui veille sur la Terre et que celle-ci confond  avec  le  Soleil  lui-même.  C'est  au  moyen  de  l'intercession  de Mercure que l'Empereur Julien adressait chaque soir des prières au Soleil Occulte ; en effet, comme le dit Vossius :

Tous les théologiens affirment que Mercure et le Soleil ne font qu'un... C'était le plus éloquent et le plus sage des Dieux, ce qui n'a rien d'étonnant, puisque Mercure est si proche voisin de la Sagesse et du Verbe de Dieu [le Soleil], qu'on le confondait avec les deux. 48

47 [Il prend alors son bâton et par lui fait sortir les âmes de l'Orcus]. Voyez aussi le 21ème Fargard de la Vendidâh, sur les milices Célestes.

48 Idolat, II, 373.

 

Vossius exprime là une vérité occulte plus grande qu'il ne le pensait. L'Hermès des Grecs a des rapports étroits avec le Saramâ Sârameya hindou, le divin gardien "qui veille sur le troupeau doré des étoiles et des rayons solaires".

Suivant les termes plus clairs du Commentaire :

Le Globe, poussé en avant par l'Esprit de la Terre et ses six Assistants, reçoit toutes ses forces vitales, sa vie  et ses pouvoirs, de l'Esprit du Soleil, par l'entremise des sept Dhyanis planétaires. Ce sont ses messagers de Lumière et de Vie.

Comme chacune des Sept Régions de la Terre, chacun des sept Premiers-Nés [les Groupes Humains primordiaux] reçoit sa lumière et sa vie de son Dhyâni spécial – spirituellement, et du Palais [la Maison, la Planète] de ce Dhyâni – physiquement ; de même pour les sept grandes Races qui doivent y naître. La Première est  née  sous  le  Soleil ;  la  Seconde  sous  le Brihaspati [Jupiter] ; la Troisième sous Lohitânga [Mars, celui au "Corps igné", et aussi sous Vénus ou Shoukra] ; la Quatrième sous Soma [la Lune, notre Globe aussi, car la Quatrième Sphère est née sous la Lune et d'elle], et sous Shani, Saturne, le Krûra-lochana [au Mauvais-Œil] et l'Asita [le Sombre] ; la Cinquième sous Boudha [Mercure].

De même aussi pour l'homme et pour chaque "homme" [III 38] [chaque principe] dans l'homme. Chacun reçoit sa qualité spécifique de son Primaire [l'Esprit Planétaire], donc chaque homme est un septénaire [ou une combinaison de principes, dont chacun tire son origine d'une qualité de ce Dhyâni spécial]. Chaque pouvoir actif ou chaque force active de la Terre lui vient de l'un des sept Seigneurs 49. La Lumière vient par l'entremise de Shoukra [Vénus], qui reçoit une triple provision et en donne un tiers à la Terre 50. Aussi sont- elles appelées toutes deux les "Sœurs-jumelles", mais l'Esprit de la Terre est subordonné au "Seigneur" de Shoukra. Nos sages représentent les deux Globes, l'un au-dessus et l'autre au-dessous du double Signe [la Svastika primordiale privée de ses quatre bras, ou la croix, + 51].

"Le "double signe" comme le savent tous les étudiants de l'Occultisme, est le symbole des principes  mâle et femelle  dans  la  Nature,  du  positif  et  du  négatif ; la Svastika ou est, en effet, tout cela et bien plus encore. Toute l'antiquité, depuis la naissance de l'Astronomie – enseignée à la Quatrième Race par un des Rois de la Dynastie Divine – et aussi de l'Astrologie, a représenté dans ses tables astronomiques, Vénus par un Globe posé au-dessus d'une Croix et la Terre par un Globe sous une Croix. La signification Esotérique de cela c'est la chute de la Terre dans la génération ou dans la production de ses espèces au moyen de l'union sexuelle. Mais les nations occidentales plus récentes n'ont pas manqué de donner à cela une signification toute différente. Par la bouche de leurs Mystiques – guidés par les lumières de l'Eglise latine – ils interprétèrent ce signe comme voulant dire que notre Terre, avec tout ce qui se trouvait sur elle, avait été sauvée par la Croix, tandis que Vénus – autrement dit Lucifer ou Satan – la foulait aux pieds. Vénus est la plus Occulte, la plus puissante et la plus mystérieuse de toutes les Planètes ; c'est celle dont l'influence sur la Terre et dont les relations avec la Terre sont [III 39] les plus marquées. Dans le Brahmanisme exotérique, Vénus ou Shoukra – une divinité mâle 52 – est le fils de Bhrigou, l'un des Prajâpati et un sage védique, et il est Daitya-Guru ou le prêtre instructeur des géants primordiaux. Toute l'histoire de Shukra, dans les Pourânas se rapporte à la Troisième et à la Quatrième Races. Comme le dit le Commentaire :

52 Dans la Philosophie Esotérique, Vénus est mâle et femelle, ou hermaphrodite ; c'est ce qui explique la Vénus "barbue" de la mythologie.

 

C'est par l'entremise de Shoukra que les "êtres doubles" [les hermaphrodites] de la Troisième [Race-Racine] descendirent des premiers "Nés-de-la-Sueur". C'est pourquoi c'est représenté par le symbole 8 [le cercle et le diamètre], durant la Troisième [Race], et par le symbole durant la Quatrième.

Cela a besoin d'être expliqué. Le diamètre, lorsqu'on le trouve isolé dans un cercle, représente la Nature féminine, le premier Monde Idéal, auto-généré, et auto-imprégné par l'Esprit de Vie universellement répandu de sorte qu'il se rapporte aussi à la Race-Racine primitive. Il devient androgyne à mesure que les Races et toutes choses sur la Terre se développent en leurs formes physiques, et le symbole est transformé en un cercle avec un diamètre d'où part une ligne verticale, qui exprime les aspects mâle et femelle non encore séparés – c'est le premier Tau égyptien, le plus ancien, ; ensuite le symbole devient +, ou les aspects mâle et femelle séparés 53 et tombés dans la génération. Vénus (la planète) est symbolisée par un globe au-dessus d'une croix, ce qui indique qu'elle préside à la génération naturelle de l'homme. Les Egyptiens  symbolisaient Ankh, "la vie", par une croix ansée ou ☥ ce qui n'est qu'une autre forme de Vénus (Isis), ♀, et voulait dire, ésotériquement, que l'humanité et toute vie animale étaient sorties du cercle spirituel divin et étaient tombées dans la génération  physique,  mâle  et femelle. Ce signe, depuis la fin de la Troisième Race, a la même signification phallique que "l'Arbre de Vie" de l'Eden. Anouki, une forme d'Isis, est la Déesse de la Vie ; et Ankh a été pris aux Egyptiens par les Hébreux. Il fut introduit dans la langue par Moïse, qui était instruit dans la Sagesse des prêtres d'Egypte, en même temps que beaucoup d'autres mots mystiques. Le mot Ankh, en Hébreu, lorsqu'il est accompagné du suffixe personnel, veut [III 40] dire "ma vie" – mon être – qui "est le pronom personnel Anochi", tiré du nom de la Déesse Egyptienne Anouki 54.

Dans un des plus anciens catéchismes de l'Inde Méridionale, de la Présidence de Madras, la déesse hermaphrodite Ardhanâri 55 porte la croix ansée la Svastika, le "signe mâle et femelle" juste dans la partie centrale, pour indiquer l'état pré-sexuel de la Troisième Race. Vishnou que l'on représente maintenant avec un lotus poussant de son nombril – ou l'Univers de Brahmâ évoluant du point central, Nara – est représenté dans l'une des plus anciennes sculptures comme ayant deux sexes (Vishnou et Lakshmi) et se tenant sur une feuille de lotus flottant sur l'eau, eau qui s'élève en demi-cercle et qui coule à travers la Svastika, "la source de la génération" ou de la descente de l'homme.

53 C'est pourquoi, si nous laissons de côté son aspect métaphysico-religieux, la Croix des Chrétiens est un symbole bien plus phallique que la Svastika Païenne. Comparez avec le vol. I, p. 72 (Adyar Edition.)

54 La croix ansée est le signe astronomique planétaire de Vénus, "signifiant l'existence de l'énergie parturiante dans le sens sexuel et c'était un des attributs d'Isis, la Mère, d'Eve, Hauvah ou la Terre- Mère et était admis parmi tous les anciens peuples sous un mode d'expression ou un autre". (Extrait d'un manuscrit Cabalistique moderne.)

55 Voyez le Hindû Pantheon, de Edward Moor. [Voir les Notes Additionnelles.]

 

Pythagore appelle Shoukra-Vénus le Sol alter, "l'autre Soleil". Parmi les "sept Palais du Soleil", celui de Lucifer-Vénus est le troisième dans la Cabale chrétienne et juive, le Zohar en faisant la demeure de Samael. D'après la Doctrine Occulte, cette Planète est le primaire de notre Terre et son prototype spirituel. Aussi le chariot de Shoukra (de Vénus-Lucifer), est, dit-on, traîné par un groupe de huit "chevaux nés sur la Terre", tandis que les coursiers des chariots des autres Planètes sont différents.

Chaque péché commis sur la Terre est ressenti par Oushanas- Shoukra. Le Gourou des Daityas est l'Esprit Gardien de la Terre et des Hommes. Tout changement dans Shoukra est ressenti sur la Terre  et reflété par elle.

Shoukra ou Vénus est donc représenté comme le Précepteur des Daityas, les Géants de la Quatrième Race qui, dans l'allégorie hindoue, obtinrent, à une certaine époque, la souveraineté de toute la Terre et vainquirent les Dieux inférieurs. Les Titans de l'allégorie Occidentale ont aussi des rapports très étroits avec Vénus-Lucifer, que les Chrétiens plus modernes identifièrent avec Satan. Et comme Vénus, de même  qu'Isis, était représentée avec des cornes de vache sur la tête, symbole de la Nature mystique – qui signifie la Lune et peut être remplacée par elle, puisqu'elles étaient toutes des Déesses lunaires – la configuration de cette Planète est maintenant placée, par les théologiens, entre les cornes de Lucifer [III 41] mystique 56.  C'est  grâce  à  cette  interprétation  fantaisiste de la tradition archaïque qui affirme que Vénus se transforme (géologiquement) en même temps que la Terre, que tout ce qui a lieu sur l'une a aussi lieu sur l'autre et que leurs changements communs ont été nombreux et importants – c'est pour ces raisons, que saint Augustin le répète, en attribuant ces changements de configuration, de couleur et même d'orbite, à ce caractère théologiquement tissé de Vénus-Lucifer. Sa pieuse imagination le pousse même jusqu'à rattacher les derniers changements de cette Planète au mythique déluge de Noé censé avoir eu lieu 1796 ans avant J.-C. 57.

 56 Athénæus nous montre que la première lettre du nom de Satan était représentée, au temps jadis, par un arc et un croissant, et certains Catholiques Romains, braves et bonnes gens, voudraient persuader au public que c'est en l'honneur des cornes en forme de croissant de Lucifer, que les Musulmans ont choisi le croissant pour leurs armes nationales. Vénus, depuis l'établissement du dogmatisme Catholique Romain, a toujours été identifiée à Satan et à Lucifer, ou au Grand-Dragon, contrairement à toute logique et à toute raison. Comme le démontrent les symbologistes et les astronomes : "L'association établie entre le Serpent et l'idée de ténèbres, possède une base astronomique. La position que la constellation du Dragon a occupée à une certaine époque, prouvait que le Grand Serpent était le roi de la nuit. Cette constellation se trouvait autrefois an centre même des cieux et elle était si étendue qu'on l'appela le Grand-Dragon. Son corps s'étend sur sept signes du Zodiaque, et Dupuis, qui voit dans le Dragon de l'Apocalypse une allusion au serpent céleste, dit : Il n'est pas étonnant qu'une constellation aussi étendue soit représentée par l'auteur de ce livre comme un grand dragon à sept têtes, qui arrachait du ciel le tiers des étoiles et les jetait sur la Terre." (Staniland Wake, The Great Pyramid, p. 79 ; Dupuis, III, 255.)

 

Comme Vénus n'a pas de satellites, l'allégorie expose qu'Asphujit (cette "Planète") a adopté la Terre, progéniture de la Lune, "qui surpassait sa mère et donnait beaucoup de mal" – c'est une allusion aux rapports Occultes qui existent entre les deux. Le Régent (de la Planète) Shoukra 58 aima tant son enfant d'adoption, qu'il s'incarna sous la forme d'Oushanas et lui donna des lois parfaites, qui furent méconnues et repoussées plus tard. Une autre allégorie, dans le Harivamsha, est que Shoukra  alla trouver Shiva et lui demanda [III 42] de protéger ses pupilles, les Daityas et Asouras, contre les Dieux combattants ; et que, pour l'obtenir, il accomplit un rite de Yoga "en absorbant de la fumée de paille hachée, en ayant la tête en bas, durant 1.000 ans". Cela est une allusion à la grande inclinaison de l'axe de Vénus – cinquante degrés – et au fait qu'elle est enveloppée de nuages éternels. Mais cela ne se rapporte qu'à la constitution physique  de la Planète. C'est avec son Régent, le Dhyân Chohan qui l'anime, que le Mysticisme Occulte a affaire. L'allégorie d'après laquelle Vishnou fut condamné par Shoukra à renaître sept fois sur la Terre en guise de châtiment pour le meurtre de sa mère (celle de Shoukra), est pleine de signification philosophique Occulte. Cela ne se rapporte pas aux Avatars de Vishnou, puisque ceux-ci sont au nombre de neuf – car le dixième est Seulement Dupuis n'a jamais su pourquoi le Dragon, jadis étoile polaire – le symbole du Guide, du Gourou et du Directeur – a été ainsi dégradé par la postérité. "Les Dieux de nos pères sont nos diables", dit un proverbe asiatique. Lorsque le Dragon cessa d'être "l'étoile polaire", la divinité sidérale dirigeante, elle partagea le sort de tous les Dieux déchus. A une certaine époque, nous dit Bunsen,  Seth  ou  Typhon  était  un  grand  dieu  universellement  adoré  dans  toute  l'Egypte, qui conférait aux souverains des 18ème et 19ème dynasties les symboles de la vie et de la puissance. Mais plus tard, durant la 20ème dynastie, il fut soudain traité comme un mauvais démon, si bien que ses effigies et ses noms sont effacés sur tous les monuments et dans toutes les inscriptions qui peuvent être atteintes." La véritable raison Occulte de cela sera donnée dans ces pages.

57 De civitate Dei, LXXI, VIII.

58 Shoukra est le fils de Bhrigou, le grand Richi et l'un des Sept Prajâpatis, fondateur de la Race des Bhârgavas dans laquelle Parashou Râma est né.

 

encore à venir – mais aux Races de la Terre. La Planète Vénus ou Lucifer – aussi Shoukra et Oushanas – est le porte-flambeau de notre Terre, dans le sens physique comme dans le sens mystique. Les Chrétiens le savaient bien jadis, puisque l'un des premiers papes de Rome est connu, comme pontife, sous le nom de Lucifer.

Chaque monde a son Etoile mère et sa Planète sœur. Ainsi la Terre est l'enfant d'adoption et le jeune frère de Vénus, mais ses habitants sont d'un genre qui leur est propre... Tous les êtres sensibles complets [les hommes septénaires complets ou les êtres supérieurs], reçoivent, à leur début, des formes et un organisme en complète harmonie avec, la nature et l'état de la Sphère qu'ils habitent 59.

Les Sphères de l'Etre, ou Centres de Vie, qui sont des noyaux isolés produisant leurs hommes et leurs animaux, sont innombrables ; aucune de ces sphères n'a la moindre ressemblance avec sa compagne-sœur ou avec tout autre, dans sa propre progéniture spéciale 60. [III 43]

Toutes ont une double nature, physique et spirituelle.

Les nucléoles sont éternelles et impérissables ; les noyaux périodiques et périssables. Les nucléoles font partie de l'Absolu. Elles constituent les embrasures de cette sombre et impénétrable forteresse qui est à jamais cachée aux yeux des humains et même des Dhyânis.  Les noyaux constituent la lumière de l'éternité qui s'en échappe.

C'est cette LUMIERE qui se condense dans les Formes des "Seigneurs de l'Etre" – dont les premiers et les plus élevés sont, collectivement JIVATMA ou Pratyagâtmâ [que l'on dit jaillir, au figuré, du sein de Paramâtmâ. C'est le Logos des philosophes grecs – apparaissant au début de chaque nouveau Manvantara]. De ceux-ci, et en descendant, procèdent les nombreuses Hiérarchies des Forces Créatrices – formées par les ondes de cette Lumière qui se consolident sans cesse et deviennent, sur le plan objectif, de la Matière grossière ; les unes sans formes, d'autres ayant leurs propres formes distinctes, d'autres encore, les plus basses [les Elémentals], n'ayant aucune forme qui leur soit propre, mais revêtant toutes les formes, suivant les conditions ambiantes.

Il n'y a donc, dans le sens spirituel, qu'un seul Oupâdhi  [Base] Absolu, sur et dans lequel sont édifiés, pour des fins manvantariques, les innombrables centres basiques sur lesquels s'appuient les Evolutions universelles, cycliques et individuelles, durant la période active.

Les Intelligences qui animent ces divers Centres d'Etre sont indistinctement citées par les hommes d'au-delà de la Grande Chaîne 61 comme les Manous, Rishis, Pitris 62, Prajâpati, etc. ; et, de ce côté-ci comme Dhyâni-Bouddhas, Chohans, Methas [Dieux  de  Peu], Bodhisattvas 63 et autres. Ceux qui sont vraiment ignorants les appellent Dieux ; les profanes instruits disent le Dieu Unique ; et les sages, les Initiés, n'honorent en eux que des manifestations manvantariques de CELA, sur lequel nos Créateurs [les Dhyân Chohans], pas plus que leurs [III 44] créatures, ne peuvent jamais discuter, ni jamais rien savoir. L'ABSOLU ne peut être défini, et nul mortel ni immortel ne l'a jamais vu ni compris durant les périodes d'Existence. Le changeant ne peut connaître l'Immuable ni ce qui vit concevoir la Vie Absolue.

"C'est pourquoi l'homme ne peut connaître des Etres plus élevés que ses propres Progéniteurs." "Il ne devra pas les adorer non plus", mais il devrait apprendre comment il est venu au monde.

59 Cela est en complète contradiction avec Swedenborg, qui vit dans "la Première Terre du monde astral", des habitants habillés comme les paysans d'Europe et sur la Quatrième Terre des femmes vêtues comme le sont les bergères dans un bal masqué ! Le fameux astronome Huygens partait lui- même de l'idée erronée que les autres mondes et les autres planètes sont habités par des espèces d'êtres identiques à ceux qui vivent sur notre Terre, possédant les mêmes formes, les mêmes sens, le même pouvoir intellectuel, les mêmes arts, les mêmes sciences, les mêmes habitations et jusqu'à des tissus identiques pour leurs vêtements ! (Théorie du monde.) Pour une compréhension plus claire de l'affirmation que la Terre "est la progéniture de la Lune", voir Vol. I. STANCE 6.

60 C'est un commentaire moderne. Il est ajouté aux anciens commentaires afin d'être plus clairement compris par ceux des disciples qui étudient la Cosmogonie Esotérique après avoir reçu une Instruction Occidentale. Les Gloses primitives sont trop pleines d'adjectifs redondants et de figures de rhétorique pour être facilement comprises.

 61 "Au-delà" de la Grande Chaîne, veut dire dans ce cas l'Inde qui, pour le Tibet, est la région trans- himalayenne.

62 Nous employons le terme Pitris dans ces Shlokas pour en faciliter la compréhension, mais ce n'est pas celui qui est employé dans les STANCES originales, où ils sont désignés par des appellations qui leur sont propres, outre les noms de "Pères" et de "Progéniteurs" qui leur sont donnés.

63 Il est erroné d'interpréter littéralement le culte des Bodhisattvas humains ou Manjoushrî. Il est vrai qu'au point de vue exotérique, l'école Mahâyâna enseigne à les adorer sans distinction, et que Huien-Tsang parle de quelques disciples de Bouddha comme étant l'objet d'un culte. Mais au point de vue Esotérique, ce n'est pas le disciple ou le savant Manjoushrî qui reçoit personnellement ces honneurs, mais bien les divins Bodhisattvas et Dhyâni-Bouddhas qui animent (amilakha, comme disent les Mongols) les formes humaines.

 

Le nombre Sept, le chiffre fondamental entre tous, dans tous les systèmes religieux nationaux, depuis la Cosmogonie jusqu'à l'homme, doit avoir sa raison d'être. On le trouve, chez les anciens Américains, aussi en évidence que chez les antiques Aryens et Egyptiens. Cette question sera traitée à fond dans une autre partie de l'ouvrage, mais, en attendant, quelques faits peuvent être cités ici. L'auteur 64 de Sacred Mysteries among the Magas and the Quichés, 11.500 years ago, dit :

Sept, semble avoir été le nombre sacré par excellence parmi toutes les nations civilisées  de l'antiquité. Pourquoi ? On n'a jamais répondu d'une manière satisfaisante à cette question. Chaque peuple séparé a donné une explication différente, suivant les données de sa religion [exotérique]. Qu'il ait été le nombre des nombres pour ceux qui étaient initiés aux mystères sacrés, cela ne peut faire aucun doute. Pythagore... l'appelle le "Véhicule de vie", contenant l'âme et le corps, puisqu'il est formé d'un quaternaire, savoir : la Sagesse et l'Intellect et une Trinité, ou l'action et la matière. L'Empereur Julien, dans Matrem et dans Oratio 65 s'exprime ainsi : "Si j'abordais la question de l'initiation à nos mystères sacrés, que les Chaldéens ont voués à Bacchus à cause du dieu aux sept rayons qui éclaire l'âme par son entremise, je dirais des choses inconnues de la populace, très ignorées mais très familières aux Théurgistes bénis." 66  [III 45]

Quel est celui qui, connaissant les Pourânas, le Livre des Morts, le Zendavesta, les Inscriptions Assyriennes et enfin la Bibleet ayant observé la présence constante du nombre sept dans ces recueils provenant, depuis des temps très reculés jusqu'à des époques plus récentes, de  peuples n'ayant  aucun  rapport  entre  eux  et  séparés par de grandes distances, pourrait considérer comme une coïncidence le fait suivant, cité par le même scrutateur des anciens Mystères ? Parlant de la prédominance du nombre sept comme nombre mystique, chez les habitants du "Continent Occidental" de l'Amérique, il ajoute que ce fait n'est pas moins remarquable, attendu que :

On le rencontre fréquemment dans le Popul-Vuh. Nous le retrouvons en outre, dans les sept familles qui, d'après Sahagun et Clavigero, auraient accompagné le personnage mystique appelé Votan, fondateur réputé de la grande ville de Nachan, que certains identifient avec Palenque. Dans les sept cavernes 67 d'où on raconte que les ancêtres des Nahualts ont émergé. Dans les sept cités de Cibola, décrites par Coronado et Niza... Dans les sept Antilles ; dans les sept héros qui, nous dit-on, échappèrent au Déluge.

On retrouve, du reste, ce même nombre de "Héros" dans tous les récits de Déluges – depuis les sept Richis qui furent sauvés avec Vaivasvata Manou, jusqu'à l'Arche de Noé dans laquelle les bêtes, les volailles et les créatures vivantes furent rassemblées par groupes de "sept". Nous considérons donc les chiffres, 1, 3, 5, 7 comme parfaits, parce qu'ils sont complètement mystiques et que ce sont des nombres qui ont un rôle important dans toutes les Cosmogonies et dans l'évolution des Etres vivants. En Chine, les chiffres 1, 3, 5, 7 sont qualifiés de "nombres célestes" dans l'ouvrage canonique intitulé "le Livre des Changements"  – Yi King ou transformation dans le sens "d'évolution".

La raison en devient évidente, lorsque l'on examine les anciens Symboles ; tous ont pour base et pour point de départ les chiffres tirés du Manuscrit Archaïque qui sont donnés dans la Préface du premier volume. symbole de l'évolution et de la chute dans la génération ou Matière, se reflète dans les [III 46] anciennes sculptures ou peintures Mexicaines, comme dans les Séphiroth cabalistiques et le Tau Egyptien. Etudiez le manuscrit mexicain (Add. MSS. Brit. Mus. 9789 68). Vous y retrouverez ce symbole dans un arbre dont le tronc porte dix fruits, prêts à être cueillis par un être mâle et un être femelle se tenant de chaque côté, tandis que du sommet du tronc deux branches se dirigent horizontalement vers la droite et vers la gauche, formant ainsi un parfait T (Tau) ; de plus l'extrémité de chacune des deux branches porte une triple grappe, tandis qu'un oiseau – l'oiseau de l'immortalité, Atmâ ou l'Esprit-Divin, – se tient entre les deux branches et remplit ainsi le rôle de septième. Cela symbolise la même idée que l'arbre Séphirotal, qui est de dix en tout, mais qui devient sept lorsqu'il est séparé de sa triade supérieure. Ce sont les fruits célestes, le dix, ou   , 10, né des deux invisibles semences mâle et femelle et formant le 12, ou le Dodécaèdre  de  l'Univers.  Le  système  mystique  contient  le  •,  le point central ; le 3, ou !:: ; le 5, ou  , le 7, ou   ou bien encore   , le triangle dans le carré et le point synthétique dans les doubles triangles entrelacés. Cela, pour le monde des Archétypes. C'est dans l'HOMME que le monde phénoménal reçoit son degré le plus élevé et le reflet de tout. C'est pourquoi il est le carré mystique – dans son aspect métaphysique – la Tétraktys, et devient le Cube sur le plan créateur. Son symbole est le  cube développé 69 et le 6 devenant 7, ou  la  ,  3  horizontalement  (aspect femelle) et 4 verticalement. C'est l'homme, le point culminant de  la divinité sur la Terre, dont le corps est la croix de chair, sur laquelle, par laquelle et dans laquelle il crucifie sans cesse et met sans cesse à mort le divin Logos ou son SOI SUPERIEUR. Toutes les Philosophies et toutes les Cosmogonies disent :

L'univers a un Régent [des Régents collectivement]  qui le gouverne et qui est appelé le VERBE (LOGOS) ; l'Esprit fabricateur est sa Reine. Ces deux constituent la Première Puissanceaprès L'UNIQUE.

64 L'auteur de cet ouvrage est Augustus Le Plongeon. Lui et sa femme sont bien connus aux Etats- Unis, pour leurs infatigables travaux dans l'Amérique Centrale. Ce sont eux qui découvrirent le sépulcre du royal Kan Coh, à Cichen-Itza. L'auteur semble croire et chercher à prouver que le savoir Esotérique des Aryens et des Egyptiens a été emprunté aux Mayas. Mais, bien que certainement contemporains de l'Atlantide de Platon, les Mayas appartenaient au Cinquième Continent, qui fut précédé par l'Atlantide et la Lémurie.

65 Plus correctement, In Matrem Deorum, Oratio V.

66 p. 143.

 67 Ces sept cavernes, ces sept cités, etc., représentent, dans tous les cas, les sept centres ou zones sur lesquels les sept groupes primitifs de la Première Race-Racine naquirent.

68 La gravure est reproduite dans les Sacred Mysteries of the Mayas and the Quiches, à la p. 134.

69 Voyez Source of Measures, pp. 50-53.

 

Ce sont l'Esprit et la Nature qui forment ensemble notre Univers Illusoire. Ces deux inséparables restent dans l'Univers des Idées tant que celui-ci dure, puis rentrent ensuite de nouveau en Parabrahman, l'Unique toujours immuable. [III 47] "L'Esprit dont l'essence est éternelle, une et soi-existante", émane une pure Lumière éthérée – une lumière double imperceptible aux sens élémentaires – suivant les Pourânas, la Bible, le Sepher Yetzirah, les Hymnes grecs et latins, le Livre d'Hermès, le Livre des Nombres Chaldéen, l'Esotérisme de Lao-tse et partout ailleurs. Dans la Cabale, qui explique la signification secrète de la Genèse, cette Lumière est l'HOMME-DOUBLE ou les Anges Androgynes (sans  sexe, plutôt), dont le nom générique est ADAM KADMON. Ce sont eux qui complètent l'homme, dont la forme éthérée est émané par d'autres Etres divins, mais très inférieurs, qui solidifient le corps avec de l'argile ou avec la "poussière du sol" – allégorie, en vérité, mais aussi scientifique qu'une évolution darwinienne quelconque et plus vraie.

L'auteur de Source of Measures dit que la base de la Cabale et de tous les livres mystiques repose sur les dix Séphiroth, ce qui est une vérité fondamentale. Il représente ces Dix Séphiroth ou les dix Nombres de la façon suivante :

5

6

4

3

7

8

2     9

 Le cercle est le zéro ; son diamètre vertical est l'Un premier ou primordial [le Verbe ou Logos], d'où jaillissent le 2, le 3 et ainsi de suite, jusqu'à 9, la limite des chiffres. Le 10 est la  première  Manifestation Divine 70, qui contient tout pouvoir possible d'exacte expression des proportions – le Iod sacré. Cette Cabale nous enseigne que les Sephiroth étaient les nombres ou émanations de la Lumière céleste (20612 à 6561) c'étaient les dix Mots DBRIM, 41224, la lumière dont ils étaient le flux était l'Homme-Céleste, l'Adam-KDM (le 144-144) et la Lumière, selon le Nouveau Testament ou Alliance (41224) créa Dieu ; exactement comme d'après l'Ancien Testament, Dieu (Alhim, 31415) crée la Lumière (20612 à 6561) 71.

70 Voyez Isis Dévoilée, III, pp. 401 et seq., pour la preuve de l'antiquité du système décimal de chiffres.

71 Voyez Masonic Review, Cincinnati, juin 1886. Art. II. "The Cabbalah n° VI", p. 10.

 

Or, il existe trois sortes de Lumière en Occultisme, comme dans la Cabale : 1° La Lumière Abstraite et Absolue, qui est [III 48] les Ténèbres, 2° La Lumière du Manifesté-Non-manifesté, que certains appellent le Logos et, 3° Cette dernière Lumière reflétée dans les Dhyân-Chohans, les Logoï mineurs – les Elohim, collectivement – qui, à leur tour, la répandent sur l'Univers objectif. Toutefois, dans la Cabale – rééditée et soigneusement arrangée pour cadrer avec les dogmes chrétiens par les Cabalistes du treizième siècle, – les trois Lumières sont dépeintes comme : 1° Celle qui est claire et pénétrante, celle de Jéhovah, 2° la lumière reflétée, et 3° la lumière dans l'abstrait.

La lumière, considérée de façon abstraite (dans le sens métaphysique ou symbolique), est Alhim (Elohim, Dieu), tandis que la Lumière claire et pénétrante est Jéhovah. La lumière d'Alhim appartient au monde en général, dans son entier et sa plénitude générale, mais la lumière de Jéhovah est celle qui se rapporte à la production principale, à l'homme, que cette lumière a pénétré et a créé. 72

70 Voyez Isis Dévoilée, III, pp. 401 et seq., pour la preuve de l'antiquité du système décimal de chiffres.

71 Voyez Masonic Review, Cincinnati, juin 1886. Art. II. "The Cabbalah n° VI", p. 10.

 72 Masonic Review, loc. cit.

 

L'auteur de Source of Measures renvoie avec raison le lecteur à Ancient Faiths Embodied in Ancient Names d'Inman, II, 648. On y voit une gravure représentant :

La vesica piscis, Marie et l'emblème femelle, copiée sur un Rosaire de la bienheureuse Vierge Marie, qui fut imprimé à Venise en 1542, – et par conséquent, comme le fait remarquer Inman, "avec l'assentiment de l'Inquisition et, de ce fait, orthodoxe", qui montrera au lecteur ce que l'Eglise Latine entendait par ce "pouvoir pénétrant de la lumière et ses effets". Combien les plus nobles, les plus grandes et les plus sublimes idées de la Philosophie Orientale, au sujet de la Divinité, n'ont-elles pas été défigurées, lorsqu'on les a appliquées aux plus grossières conceptions anthropomorphiques par l'interprétation chrétienne !

Les Occultistes d'Orient appellent cette Lumière Daivi-prakriti et ceux d'Occident l'appellent la Lumière de Christos. C'est la Lumière  du LOGOS, la réflexion directe du toujours Inconnaissable, sur le plan de la Manifestation Universelle. Voici l'interprétation que  les chrétiens modernes en donnent, d'après la Cabale. Ainsi que le déclare l'auteur que nous venons de citer :

 Le terme Elohim-Jéhovah s'applique à la plénitude du monde en général, avec son principal contenu, l'homme. Dans des extraits du Sohar, le Rev. docteur Cassell [un Cabaliste], dit, afin de prouver que la Cabale exprime entre autres choses, la doctrine [III 49] de la Trinité : "Jéhovah est Elohim (Alhim)"... En trois pas, Dieu (Alhim) et Jéhovah devinrent le même et, bien que séparés, chacun et ensemble sont du même Unique. 73

73 Masonic Review, p. 11.

74 Voyez Source of Measures, pp. 276 et seq., App. VII.

 

De même Vishnou devient le Soleil, le symbole visible de la Divinité Impersonnelle. On décrit Vishnou comme "enjambant les sept régions de l'Univers en trois pas", mais, pour les Hindous, c'est une représentation exotérique, une donnée de surface et une allégorie, tandis que les Cabalistes la donnent comme une signification Esotérique et finale. Continuons cependant :

Or, la Lumière, comme nous l'avons démontré, est 20612 à 6561, comme la vraie énonciation de la relation intégrale et numérique du diamètre à la circonférence d'un cercle. Dieu (Alhim, c'est-à-dire 31415 à Un, forme modifiée de la précédente), est la réduction de ceci, de façon à obtenir une unité type Un, comme la base en général de tout calcul et de toute mesure. Toutefois, pour la production de la vie animale et pour la mesure spéciale du temps, ou année lunaire, cette influence qui provoque la conception et le développement embryonnaire, les nombres de la mesure de Jéhovah (la mesure  de "l'homme même Jéhovah"), c'est-à-dire 113 à 355, doivent être spécialisés 74. Ce dernier rapport n'est pourtant qu'une forme modifiée de la Lumière, ou 20612 à 6561, comme valeur de π, n'en étant qu'une variation (c'est-à-dire que 20612 est à 6561 comme 31415 est à un, et que 355 sur 113 est à 31415 ou Alhim, ou Dieu), de telle sorte qu'on peut le faire couler l'un dans l'autre ou l'en faire dériver : tels sont les trois pas par lesquels l'Unité et l'identité des noms Divins peuvent être démontrées. C'est-à-dire que les deux ne sont que des variations d'un même rapport, celui de π. Le but de ce commentaire est d'établir que les mêmes mesures symboliques sont employées dans la Cabale, comme on l'enseigne, avec celle des Trois Alliances de la Bible, et, comme nous venons de le voir, dans la Maçonnerie.

Les Séphiroth sont donc décrits, d'abord, comme Lumière, c'est-à-dire qu'ils sont eux-mêmes vraiment une fonction d'Ain Soph, qu'ils sont identiques à lui, et en sont la manifestation. Et il en est ainsi du fait que la "Lumière" représente le rapport 20612 à 6561, comme faisant partie des "Mots" DBRIM, 41224, ou pour le Mot, Dabar, 206 (= 10 coudées). La "Lumière" constitue si bien le refrain de la Cabale pour expliquer les Séphiroth, que le plus célèbre livre sur  la Cabale s'appelle Sohar ou "Lumière". Nous y trouvons des expressions comme celle-ci : "L'infini était entièrement inconnu et ne diffusait aucune lumière, avant que le point lumineux n'eût jailli violemment pour devenir [III 50] visible." "Lorsqu'Il assuma pour la première fois la forme (de la couronne ou première Séphira), Il en fit émaner 9 splendides lumières qui, rayonnant à travers elle, diffusèrent une brillante lumière dans toutes les directions" ; – c'est-à-dire que ces 9, avec la sienne (qui était  l'origine,  ainsi  qu'on  l'a  vu, des 9), formèrent ensemble le 10, soit , ou ⊗ ou les Dix sacrés  (nombres ou Séphiroth) ou Iod – et ces nombres étaient "la Lumière". Exactement comme dans l'Evangile de saint Jean, Dieu (Alhim, 31415 à un) était  cette Lumière (20612 à 6561) au moyen de laquelle (Lumière) toutes choses furent faites. 75

75 Art. Masonic Review, pp. 11, 12.

 

Dans le Sepher Yetzirah ou "Nombre de la Création", tout le processus de l'évolution est donné en nombres. Dans ses "trente-deux Sentiers de Sagesse" le nombre 3 est répété quatre fois et le nombre 4 cinq fois. En conséquence, la Sagesse de Dieu est contenue dans des nombres (Sephrim ou Séphiroth), car Sepher (ou S-ph-r quand les voyelles sont retranchées) veut dire "chiffrer". C'est pourquoi nous voyons aussi Platon dire que la Divinité "géométrise" en construisant l'Univers.

L'ouvrage Cabalistique intitulé Sepher Yetzirah débute par un exposé de la sagesse cachée d'Alhim dans Sephrim, c'est-à-dire des Elohim dans les Séphiroth.

Dans trente-deux sentiers, la sagesse cachée établit Jah, IHVH, Tzabaoth Eholi d'Israël, Alhim de Vie, El de Grâce et de Compassion – Habitant d'en haut, exalté, élevé et Roi de l'Eternel et Son nom – Saint ! dans Trois Sephrim, savoir : B – S' ph-r, V – S' ph-r, V – Siph-o-r.

M. Ralston Skinner continue ainsi :

Ce commentaire met en lumière la "sagesse cachée" du texte original, par la sagesse cachée, c'est-à-dire par l'emploi de mots contenant une série spéciale de nombres et une phraséologie spéciale qui exprimeront le système explicatif même, que nous voyons s'adapter avec tant de précision à la Bible hébraïque... En exposant son plan, pour lui donner plus de force et pour clore son exposé détaillé par un postulat général, savoir, le mot unique de "Sephrim" (Séphiroth), du Nombre Jézirah, l'auteur explique la séparation de ce mot en trois mots subordonnés, sorte de jeu sur un mot commun, s-ph-r, ou nombre.

Le prince Al-Chazari 76 dit au Rabbi : "Je souhaite maintenant que tu consentes à me communiquer quelques-uns des plus importants principes généraux de la Philosophie Naturellequi, ainsi que tu le dis, furent jadis élaborés par eux (les anciens sages)." [III 51] A quoi le Rabbi répond : "A ces principes appartient le Nombre de Création du père de notre race, Abraham" (c'est-à-dire Abram et Abraham, ou les nombres 41224 et 41252). Il dit ensuite que ce livre de nombre traite de l'enseignement de "l'Alhim-ité et de l'Un-ité par l'entremise de DBRIM", soit les nombres du mot "Mots".

 C'est-à-dire qu'il enseigne l'emploi du rapport 31415 à Un, par 41224, nombre qui, dans la description de l'Arche d'Alliance fut divisé en deux parties par les deux tables de pierre, sur lesquelles ces DBRIM, ou 41224 furent écrits ou gravés – ou 20612 × 2. Il se livre alors à des commentaires sur ces trois mots subordonnés qui sont employés, et a soin, pour l'un d'eux, d'ajouter, "et Alhim (31415 à Un) dit : Que la Lumière (20612 à 6561) soit".

76 Dans le livre Al-Chazari, par Jéhuda-ha-Lévi, traduit par le Docteur Cassel.

 

Les mots, tels qu'ils sont donnés dans le texte, sont :

 

ךרבּדמ רבּמ רבּמ

 

et le Rabbi, en les commentant, dit : "Cela enseigne l'Alhim-ité (31415) et l'Un-ité (le diamètre à Alhim), par les mots (DBRIM = 41224), par lesquels il y a, d'un côté une expression infinie dans des créations hétérogènes, et de l'autre une tendance finale harmonieuse à l'Un-ité" (qui, ainsi que chacun le sait, est la fonction mathématique du (...) des écoles, qui mesure, pèse et dénombre les étoiles du ciel et pourtant les ramène à l'unité finale de l'Univers), "par des Mots". Leur accord final se parfait dans cette Un-ité qui les coordonne et qui consiste en

 

ךרבּמ רבּמ רבּמ

 

c'est-à-dire que le Rabbi, dans son premier commentaire, omet le jod ou i dans l'un des mots, tandis qu'ensuite il le réintègre. Si nous prenons les valeurs de ces mots subordonnés, nous trouvons qu'elles sont  représentées par 340,340 et 346 ; au total, cela fait 1026, et le mot général a été subdivisé en ceux-ci pour produire ces nombres, qui, au moyen de T'mura peuvent être  changés de différentes façons à diverses fins. 77

 77 Art. cité, pp. 12, 13.

 

Le lecteur est prié de se reporter à la STANCE IV du Volume I, Shloka 3, et au Commentaire, pour trouver que les 3, 4 (7) et le trois fois sept ou 1065, le nombre de Jéhovah, est le nombre des 21 Prajâpati mentionnés dans le Mahâbhârata, ou les trois Sephrim (mots en glyphes ou chiffres). Cette comparaison entre les Pouvoirs Créateurs de la Philosophie Archaïque et le Créateur anthropomorphique du Judaïsme exotérique (puisque l'Esotérisme des Juifs montre son identité avec la Doctrine Secrète) amènera le chercheur à constater et à reconnaître que Jéhovah n'est, en vérité, qu'un Dieu "lunaire" [III 52] et "de la génération". C'est un fait bien connu de tout étudiant consciencieux de la Cabale que plus il plonge dans ses profondeurs, plus il se sent convaincu, qu'à moins de la lire à l'aide de la lumière que répand la Philosophie Esotérique Orientale, l'étude de la Cabale – ou de ce qui en reste – n'a pour résultat que de faire constater que, suivant les lignes tracées par le Judaïsme et par le Christianisme exotérique, leur monothéisme à tous deux n'est rien de plus grand que l'antique Astrolâtrie, aujourd'hui justifiée par l'Astronomie moderne. Les Cabalistes ne cessent jamais de répéter que l'Intelligence Primordiale ne peut jamais être comprise. Elle ne peut être ni saisie, ni localisée, de sorte qu'elle doit rester sans nom et négative. Aussi l'Aïn Soph – l' "INCONNAISSABLE" ou l' "INNOMMABLE" – ne pouvant être rendu manifeste, a été imaginé comme émanant des Pouvoirs Manifestants. Ce n'est donc qu'avec ses Emanations que l'intellect humain a affaire et peut avoir affaire. La théologie chrétienne, ayant repoussé la doctrine des Emanations et l'ayant remplacée par les Créations directes et conscientes des Anges et du reste créés de rien, se trouve maintenant désespérément échouée entre le Supernaturalisme, ou Miracle, et le Matérialisme. Un Dieu extra-cosmique est fatal à la Philosophie ; une Divinité intra-cosmique – c'est-à-dire l'Esprit et la  Matière inséparables l'un de l'autre – constitue une nécessité philosophique. Séparez-les et il ne restera qu'une superstition grossière, sous un masque d'émotionalisme. Mais, pourquoi "géométriser", suivant l'expression de Platon, pourquoi représenter ces Emanations sous l'aspect d'une  immense  table arithmétique ? L'auteur qui vient d'être cité répond bien à cette question lorsqu'il dit :

La perception mentale, pour devenir perception physique doit avoir le principe cosmique de la Lumière; et,  grâce à cela, notre cercle mental doit devenir visible par la lumière ; ou, pour sa manifestation complète, le cercle doit être celui de la visibilité physique, ou la Lumière elle-même.

De pareilles conceptions, ainsi formulées, sont devenues le champ de la philosophie du Divin se manifestant dans l'univers. 78

C'est de la philosophie. Il en est autrement lorsque nous voyons le Rabbi dire dans Al-Chazari :

S'ph-r doit s'entendre dans le sens de – calculer et peser les corps créés. En effet, le calcul, au moyen duquel un corps doit être construit d'une manière harmonieuse et symétrique, au moyen [III 53] duquel sa  construction doit être bien réglée, de façon à répondre au but poursuivi, est constitué en fin de compte par le nombre, l'étendue, la masse, le poids ; – un rapport coordonné des mouvements, puis l'harmonie de la musique, doivent être entièrement constitués par le nombre, c'est-à-dire s'ph- r... Par Sippor (s'phor), on doit entendre les mots d'Alhim [206 – 1 de 31415 à un] auquel le projet se joint ou s'adapte dans la charpente ou forme de construction ; par exemple – il a été dit : "Que la Lumière soit." Le travail s'accomplit comme les mots mêmes furent articulés, c'est-à-dire comme les nombres du travail se présentèrent. 79

78 Art. cité, p. 2.

79 Art. cité, p. 14.

 

C'est matérialiser, sans scrupule, le spirituel. Mais la Cabale ne fut pas toujours si bien adaptée aux conceptions anthropo-monothéistes. Comparez cela avec une quelconque des six écoles de l'Inde. Par exemple, dans la Philosophie Sânkhya de Kapila, à moins que Purusha ne monte, allégoriquement, sur les épaules de Prakriti, cette dernière reste irrationnelle, tandis que, sans elle, Purusha demeure inactif. C'est pourquoi la Nature (dans l'homme) doit devenir un composé d'Esprit et de Matière, avant qu'il devienne ce qu'il est, et l'Esprit latent dans la Matière doit être graduellement éveillé à la vie et à la conscience. La Monade doit passer par ses formes minérale, végétale et animale, avant que la Lumière du Logos soit éveillée dans l'homme-animal. C'est pourquoi, jusqu'à ce moment-là, ce dernier ne peut être appelé "HOMME", mais doit être considéré comme une Monade emprisonnée dans des formes qui changent sans cesse. C'est l'Evolution et non pas la Création, au moyen de MOTS, que reconnaissent les Philosophies Orientales, même dans leurs recueils exotériques. Ex oriente lux [La lumière vient de l'Est]. Le nom du premier homme dans la Bible mosaïque avait lui-même une origine indienne, en dépit de la négation du professeur Max-Müller. Les Juifs ont emprunté leur Adam à la Chaldée ; et Adam-Adami est un mot composé et, par suite, un symbole multiple, qui prouve les dogmes Occultes.

Des dissertations philologiques ne seraient pas ici à leur place, mais il est permis de rappeler au lecteur que le mot Adi veut dire, en sanscrit, "le premier" ; en araméen, "un" (Ad-ad, "le seul") et, en assyrien, "Père", d'ou Ak-ad ou "père créateur" 80. Or, dès  que  cette  affirmation  est reconnue [III 54] correcte, il devient assez difficile de reléguer Adam dans la Biblemosaïque seule et de ne voir dans ce mot qu'un nom Juif 81.

80 Le terme Ak-ad (ou Akkadiens) appartient à la même catégorie que Ad-m, Ha-va (Eve), Æd-en (Eden) ; Ak-Ad veut dire "Fils de Ad", comme les fils d'Ad dans l'Antique Arabie. Ad-ad, "le seul" et le "premier" était le Ad-on ou "Seigneur" de Syrie et l'époux de Ad-ar-gat ou Aster't, la Déesse Syrienne. De plus, le Gan-Æden (Eden) ou Gandunia était la Babylonie et la Mésopotamie. En Assyrien, Ak voulait dire Créateur, en prononçant le k guttural, comme Kh (ah). Dans le mysticisme de Swedenborg, Adam n'était pas un homme, mais une église (?) de primitive lumière. Dans les Védas, Ad-iti est la lumière primordiale, l'Akâsha du monde phénoménal.

81 Voir Vol. 4, Part. 2, Sect 2, un Adam-Adami.

 

De fréquents éléments de confusion se glissent au milieu des attributs et des généalogies des Dieux, dans leurs Théogonies, l'Alpha et l'Oméga de recueils de cette science symbolique, telles qu'elles sont données au monde par les auteurs à demi initiés, Brahmaniques et Bibliques. Pourtant de pareilles confusions ne pouvaient se produire chez les premières nations, composées des descendants et des élèves des Divins Instructeurs, car les attributs, comme les généalogies, étaient inséparablement liés aux symboles cosmogoniques, les "Dieux" étant la vie et le "principe d'âme" animateur des différentes régions de l'Univers. Nulle part et chez aucun peuple, on ne laissait aller les spéculations au-delà de ces Dieux manifestés. L'Unité, sans limites et infinie, restait pour tous les peuples un terrain vierge interdit, sur lequel la pensée de l'homme ne s'aventurait pas, que n'effleuraient pas de stériles spéculations. La seule allusion qu'on y faisait était la conception sommaire de ses propriétés de diastole et de systole, d'expansion ou dilatation périodique et de contraction. Dans l'Univers, avec ses incalculables myriades de Systèmes et de Mondes qui disparaissent et reparaissent dans l'éternité, les Puissances anthropomorphisées, ou Dieux, qui sont leurs Ames, devaient disparaître avec leur Corps. Comme le dit notre Cathéchisme :

"Le Souffle qui retourne dans le Sein Eternel qui les exhale et les inhale."

La Nature Idéale, l'Espace Abstrait, dans lequel tout ce que renferme l'Univers est mystérieusement et invisiblement généré, est le même côté femelle de la puissance procréatrice de la Nature, dans la Cosmogonie Védique, comme dans toutes les autres. Aditi est Séphira, et la Sophia des Gnostiques, et Isis, la Vierge-Mère d'Horus. Dans toutes les Cosmogonies, derrière la Divinité "Créatrice" et au-dessus d'elle, il existe une Divinité Supérieure, un Dessinateur, un Architecte, dont le Créateur n'est  que l'agent exécutif. Plus haut encore, au-dessus et autour, au-dedans et au- dehors, existe l'Inconnaissable et l'Inconnu, la Source et la Cause de toutes ces Emanations.

Il devient ainsi facile de s'expliquer la raison pour laquelle [III 55] Adam-Adami se trouve dans les écritures Chaldéennes, antérieurement, certes, aux Livres Mosaïques. En Assyrien, Ad est le "père" et, en Araméen, Ad est "un" et Ad-ad "le seul", tandis qu'en Assyrien Ak veut dire "créateur". De la sorte, Ad-am-ak-ad-mon devient Adam-Kadmon, dans la Cabale (Zohar), avec la signification de "Unique (Fils) du divin Père ou du Créateur", car les mots am et om voulaient dire en même temps, dans presque toutes les langues, le divin ou la divinité. C'est ainsi qu'Adam-Kadmon et Adam-Adami finirent par signifier "la première Emanation du Père-Mère ou de la Nature Divine", et littéralement, "le premier Etre Divin". Il est facile de voir que Ad-Argat (ou  Aster't, la Déesse syrienne, l'épouse de Ad-on, le Seigneur Dieu de Syrie ou l'Adonaï juif), ainsi que Vénus, Isis, Ister, Mylitta, Eve, etc., sont identiques à Aditi et Vâch des Hindous. Elles sont toutes les "Mères de tous les vivants" et "des Dieux". D'autre part, cosmiquement et astronomiquement – tous les Dieux mâles devinrent d'abord des "Dieux Solaires", puis théologiquement les "Soleils de Justice" et les Logoï, tous symbolisés par le Soleil 82. Ce sont tous des Protogonoi – des Premiers-nés – et des Microprosopoi. Pour les Juifs, Adam-Kadmon était le même que Athamaz, Tamas, ou l'Adonis des Grecs – "l'Unique avec son Père et de son Père" – le "Père" devenant durant les dernières Races, Hélios, le Soleil, comme Apollon Karneios 83, par exemple, qui était le "né-du-Soleil" ; Osiris, Ormazd, etc., furent tous suivis par des types plus terrestres encore, en lesquels ils se trouvèrent transformés plus [III 56] tard : comme Prométhée, le crucifié du mont Kajbi, Hercule et tant d'autres Dieux-Solaires et Héros, jusqu'au moment où tous n'eurent plus de meilleure signification que d'être des symboles phalliques.

Dans le Zohar, il est dit :

L'homme fut créé par les  Séphiroth (Elohim-Javeh, aussi), et ils engendrèrent par leur pouvoir commun l'Adam terrestre.

C'est pourquoi, dans la Genèse, les Elohim disent : "Voyez ! l'Homme est devenu comme l'un de nous" : mais, dans la Cosmogonie ou "Création" hindoue, Brahmâ-Prajâpati crée Virâj et les Richis, spirituellement ; c'est pourquoi ces derniers sont clairement dénommés les "Fils de Brahmâ nés- du-Mental", et cette manière déterminée d'engendrer excluait toute idée de Phallisme, tout au moins chez les premières nations humaines. Cet exemple illustre bien la spiritualité respective des deux peuples.

82  Adam-Jéhovah, Brahmâ et Mars sont, dans un sens, identiques ; ce sont tous des symboles des puissances génératrices primitives ou initiales destinées à la procréation humaine. Adam est  rouge, comme le sont aussi Brahmâ-Virâj et Mars – Dieu et Planète. L'Eau est le "sang" de la Terre ; c'est pourquoi tous ces noms ont un rapport avec la Terre et l'Eau. "Il faut de la terre et de l'eau pour créer une âme humaine", dit Moïse. Mars est identique à Kârttikeya, Dieu de la Guerre (dans un sens) – lequel Dieu est né de la Sueur de Shiva, de Shivagharmaja et de la Terre. Dans le Mahâbhârata on le représente comme né sans l'intervention d'une femme. On l'appelle aussi Lohita, rouge comme Adam et les autres "premiers hommes". Aussi l'auteur de The Source of Measures a-t- il tout à fait raison de penser que Mars (et tous les autres Dieux ayant les mêmes attributs), étant le dieu de la guerre et de l'effusion du sang, n'était qu'une idée secondaire découlant de l'idée primordiale d'effusion du sang dans la première conception". C'est pourquoi Jéhovah devint plus tard un Dieu combattant, "Seigneur des Armées" et celui qui dirige la guerre. Il est l'agressif Zodh – ou Caïn, par permutation, qui égorgea son frère (femelle), dont "le sang cria de la Terre", la Terreayant ouvert la bouche pour recevoir le sang. (Genèse IV, 10-11.)

83 Apollon-Karneios est certainement une transformation grecque du Krishna-Kirana hindou. Kirana veut dire rayonnant, et Karneios, qui était l'un des titres d'Apollon chez les Celtes comme chez les Grecs, voulait dire "né-du-Soleil".

 

Shloka 3. Ce que répond le Soleil

 

Le Seigneur à la Face Lumineuse dit : "Je t'enverrai un feu quand ton travail sera commencé. Elève ta voix vers d'autres Lokas ; fais appel à ton Père, le Seigneur du Lotus 84 (a), pour ses Fils... Ton Peuple sera sous la loi des Pères 85. Tes hommes seront mortels. Les Hommes du Seigneur de Sagesse 86 et non les fils de Soma 87, Sont immortels. Mets fin à tes plaintes (b). Tes Sept Peaux te couvrent encore... Tu n'es pas prête. Tes hommes ne sont pas prêts (c)."

84 Kumuda-Pati. [Kumuda = le nénuphar blanc qu'on dit s'ouvrir au lever de la lune ; Pati = Seigneur.]

85 Pitri-Pati.

86 Boudha, Mercure.

87 La Lune.

 

(a)     Kumuda-Pati est la Lune, la mère de la Terre, dans sa région de Soma-Loka. Bien que les Pitris, ou Pères, soient des Fils des Dieux, ailleurs des Fils de Brahmâ et même des Richis, on les connaît généralement sous le nom d'Ancêtres Lunaires.

(b)    Pitri-Pati est le Seigneur ou Roi des Pitris, Yama, le [III 57] Dieu de la mort et le Juge des mortels. Les hommes de Boudha, Mercure, sont, métaphoriquement, "immortels" grâce à leur Sagesse. Telle est la croyance générale de ceux qui considèrent toutes les Etoiles ou Planètes comme étant habitées, – et il y a des savants, C. Flammarion, entre autres, qui le croient fermement, en se basant sur des données aussi bien logiques qu'astronomiques. La Lune étant un corps inférieur, même à la Terre, sans parler des autres Planètes, les hommes terrestres produits par ses Fils – les Hommes Lunaires ou Ancêtres – au moyen de sa coque ou corps, ne peuvent être immortels. Ils ne peuvent espérer devenir des hommes réels, soi-conscients et intelligents, à moins d'être "parachevés", pour ainsi dire, par d'autres créateurs. Ainsi dans la légende pouranique, le fils de la Lune (Soma) est Boudha (Mercure) l'intelligent et le sage, parce qu'il est le rejeton de Soma, Régent de la Lune [in]visible, et non pas d'Indou, la Lune physique. Ainsi Mercure est le frère aîné de la Terre métaphoriquement – son demi-frère pour ainsi dire, le rejeton de l'Esprit – tandis qu'elle (la Terre) est la progéniture du Corps. Ces allégories ont une signification plus profonde et plus scientifique – astronomiquement et géologiquement – que ne sont disposés à l'admettre nos physiciens. Tout le cycle de la première "Guerre dans le Ciel", la Târakâmaya, est aussi plein de vérités philosophiques que de vérités cosmogoniques et astronomiques. On peut y retrouver les biographies de toutes les Planètes, grâce à l'histoire de leurs Dieux et de leurs Régents. Oushanas (Shoukra ou Vénus), l'amie de cœur de Soma et l'ennemie de Brihaspati (Jupiter), "l'Instructeur des Dieux", dont l'épouse Târâ ou Tarakâ avait été enlevée par la Lune. Soma – "dont il engendra Boudha" – prit, aussi, une part active à cette guerre contre les "Dieux" et fut ensuite abaissée au rang d'une Divinité Démoniaque (Asoura), rang qu'elle conserve jusqu'à présent 88. [III 58]

Ici le mot "hommes" se rapporte aux hommes Célestes, ou à ce qu'on appelle, aux Indes, les Pitaras ou Pitris, les Pères, les Progéniteurs des hommes. Cela ne résout pas l'apparente difficulté, que présente,  par rapport aux hypothèses modernes, l'enseignement qui nous montre ces Progéniteurs ou Ancêtres créant les premiers Adams humains en les tirant de leurs côtés, comme des ombres astrales. Bien que cela soit un progrès, comparé à la côte d'Adam, on n'en opposera pas moins des difficultés géologiques et climatériques. Néanmoins, tel est l'enseignement de l'Occultisme.

(c)     Dans chaque race l'organisme de l'homme était adapté au milieu ambiant. La première Race-Racine était aussi éthérée que la nôtre est matérielle. Les rejetons des Sept Créateurs, qui évoluèrent les Sept Adams Primordiaux 89, n'avaient certainement besoin d'aucun gaz purifié pour assurer leur respiration et leur vie. Aussi, quelle que soit la vigueur avec laquelle les dévots de la science Moderne pourront affirmer l'impossibilité de cet enseignement, les Occultistes maintiennent que les choses étaient dans l'état décrit des æons d'années avant même l'évolution du Lémurien, premier homme physique qui eut lieu il y a 18.000.000 d'années.

88 Ushanas-Shukra, ou Vénus, est notre Lucifer, l'Etoile du Matin, bien entendu. Le caractère ingénieux de cette allégorie est vraiment grand, dans ses multiples significations. Ainsi Brihaspati (la planète Jupiter), ou Brahmanaspati, est, dans le Rig Véda, une divinité qui représente le symbole et le prototype du culte exotérique ou ritualiste. Il est prêtre, sacrificateur, suppliant, et il est le canal par lequel les prières des mortels atteignent les Dieux. Il est le Pourohita (Prêtre de famille ou Chapelain de Cour) de l'Olympe hindou et le Gourou spirituel des Dieux. Soma est le Dieu des mystères et préside à la nature mystique et Occulte dans l'homme et dans l'Univers. Târâ, l'épouse du prêtre, qui symbolise l'adorateur, préfère les vérités ésotériques à leur simple coquille, l'exotérisme ; aussi la représente-t-on comme enlevée par Soma. Or, Soma est le jus sacré qui porte ce nom et qui donne des visions mystiques et des révélations en transe, et le résultat de cette union est Boudha (la Sagesse), Mercure, Hermès, etc., – bref, cette Science qui, de nos jours, est proclamée Diabolique et Satanique par les Brihaspatis de la Théologie. Qu'y a-t-il d'étonnant à ce que nous voyions la Théologie Chrétienne étendre le cercle de cette allégorie, épouser la querelle des Dieux Hindous et considérer Oushanas (Lucifer), qui aida Soma contre cette antique personnification du culte ritualiste (Brahmanaspati, le Seigneur des Brahmanas, devenu maintenant Jupiter-Jéhovah), comme Satan, "l'Ennemi de Dieu" !

 89 Comme nous l'avons démontré ailleurs, c'est seulement l'Homme Céleste, l'Adam Kadmon du premier chapitre de la Genèse, qui est créé "à l'image et à la ressemblance de Dieu". L'Adam du second chapitre n'est pas représenté comme créé à cette image, ni à la ressemblance divine, avant d'avoir mangé le fruit défendu. Le premier Adam, c'est la Légion Séphirothale ; le second Adam, c'est la Première Race Racine humaine, sans mental ; le troisième Adam, c'est la Race qui se sépara, dont les yeux sont ouverts.

90 La Terre.

 

Les Ecritures Archaïques enseignent qu'au commencement de chaque Kalpa local, ou Ronde, la Terre renaît, et l'évolution préliminaire est décrite, dans l'un des LIVRES DE DZYAN et dans son Commentaire, de la façon suivante :

"De même que le Jiva humain [la Monade], lorsqu'il passe dans une nouvelle matrice, est recouvert d'un nouveau corps, il en est ainsi pour le Jîva de la Terre ; il revêt à chaque Ronde une enveloppe plus parfaite et plus solide, lorsqu'il émerge à nouveau de la matrice de l'espace, dans l'objectivité." [III 59]

Ce processus est, naturellement, accompagné par les douleurs de la nouvelle naissance, ou convulsions géologiques.

La seule allusion qui y soit faite, est contenue dans un verset du volume du LIVRE DE DZYAN que nous avons sous les yeux et qui dit :

 

Shloka 4. Transformation de la Terre

 

Après de grandes douleurs, elle 90 se débarrassa de ses Trois anciennes et revêtit ses Sept nouvelles Peaux et resta vêtue de sa première.

Cela se rapporte à la croissance de la Terre, tandis que dans la STANCE qui traite de la Première Ronde, il est dit dans le Commentaire :

 "Après que la Nature invariable [Avikâra], immuable [Essence, Sadaikaroûpa] se fut éveillée et changée [différenciée] en [un état de] causalité (Avyakta), et que de cause [Kârana] elle fut devenue son propre effet discret [Vyakta], d'invisible elle devint visible. Le plus petit des petits [le plus atomique des atomes, ou anîyânsam anîyasâm] devint l'un et le multiple [Ekânekaroûpa] ; et, produisant l'Univers, produisit aussi le quatrième Loka [notre Terre] dans la guirlande des sept lotus. L'Achyouta devint alors le Chyouta 91."

91 Achyouta est un terme presque intraduisible. Il veut dire ce qui n'est pas sujet à la chute ou au changement en pis, celui qui ne choît pas. C'est l'inverse de Chyouta, le Déchu. Les Dhyânîs qui s'incarnèrent dans les formes humaines de la Troisième Race-Racine et les dotèrent de l'intellect (Manas), sont appelée les Chyoutas, parce qu'ils tombent dans la génération.

 

On nous dit que la Terre se débarrasse de "ses trois anciennes" Peaux, parce que cela se rapporte aux trois précédentes Rondes par lesquelles elle est déjà passée : la Ronde actuelle étant la Quatrième des sept. Au début de chaque nouvelle Ronde, après une période d'Obscuration, la Terre – comme c'est aussi le cas pour les six autres Terres" – se dépouille ou est supposée se dépouiller de ses vieilles Peaux, comme le fait le Serpent : c'est pourquoi on l'appelle, dans l'Aitareya-Brâmana, la Sarpa-Râjnî, la "Reine des Serpents" et "la mère de tout ce qui se meut". Les "Sept Peaux" dans la première desquelles elle se trouve maintenant, se rapportent aux sept changements géologiques qui accompagnent l'évolution des Sept Races-Racines de l'Humanité et y correspondent. [III 60]

La STANCE II, qui parle de cette Ronde, débute par quelques mots d'explication au sujet de l'âge de notre Terre. La chronologie sera donnée au moment voulu. Dans le Commentaire qui accompagne la Stance, il est fait mention de deux personnages Nârada et Asouramaya, particulièrement de ce dernier. Tous les calculs sont attribués à cette célébrité archaïque, et ce qui suit renseignera superficiellement le lecteur sur quelques-uns de ces chiffres.

 DEUX ASTRONOMES ANTEDILUVIENS

 Dans l'esprit de l'Occultiste oriental, deux personnages se rattachent indissolublement à l'Astronomie et à la Chronologie mystiques et à leurs cycles. Deux grands et mystérieux personnages, dominant comme deux géants le Passé Archaïque, se dressent devant lui toutes les fois qu'il faut traiter de Yougas ou de Kalpas. Quand, à quelle époque préhistorique ont- ils vécu, seuls quelques rares hommes de ce monde le savent, ou  peuvent le savoir avec cette certitude qu'exige une chronologie exacte. Cela peut être il y a cent mille ans, comme il y a un million d'années pour autant que le monde extérieur le saura jamais. L'Occident mystique et la Franc- Maçonnerie parlent à haute voix d'Enoch et d'Hermès. L'Orient mystique parle de Nârada, l'antique Richi Védique et d'Asouramaya, l'Atlante.

Nous avons déjà suggéré que, parmi tous les personnages incompréhensibles du Mahâbhârata et des Pourânas, Nârada, le fils de Brahmâ, dans le Matsya Pourâna, le rejeton de Kashyapa et de la fille de Daksha, dans le Vishnou Pourâna, est le plus mystérieux de tous. Parâshara lui donne le titre respectable de Déva-Richi (Divin Richi, plutôt que Demi-Dieu) et pourtant il est maudit par Daksha et même par Brahmâ. Il informe Kansa que Bhagavân, ou Vishnou dans l'exotérisme, s'incarnera dans le huitième enfant de Dévaki, et attire ainsi la colère de l'Hérode Indien sur la mère de Krishna, puis, du haut du nuage sur lequel il est assis – invisible comme un vrai Mânasapoutra – il loue Krishna, ravi  du haut fait de l'Avatar qui vient de tuer le monstre Késhin. Nârada est ici, là et partout et pourtant aucun des Pourânas ne donne les véritables caractéristiques de ce grand ennemi de la procréation physique. Quelles que puissent être ces caractéristiques dans l'Esotérisme hindou, Nârada – que l'Occultisme cis-himalayen appelle Pesh-Hun, le "Messager" ou l'Angelos grec – est le seul confident de Karma et d'Adi-Bouddha et l'exécuteur de leurs décrets universels. C'est une sorte de [III 61] Logos actif, s'incarnant sans cesse, qui conduit et dirige les affaires humaines depuis le commencement jusqu'à la fin du Kalpa.

Pesh-Hun est une propriété générale et non pas la propriété spéciale des Hindous. C'est le pouvoir dirigeant, intelligent et mystérieux, qui donne leur impulsion aux Cycles, aux Kalpas et aux événements universels et régularise leurs énergies 92. C'est, d'une manière générale, le régulateur visible du Karma, l'inspirateur et le guide des plus grands héros de ce Manvantara. Dans les ouvrages exotériques, on fait allusion à lui sous des noms très peu flatteurs, tels que : Kali-Kâraka, faiseur de discorde, Kapi- Vaktra, à la face de Singe, et même Pishuna, l'Espion, bien qu'ailleurs il soit appelé Déva-Brahmâ. Sir William Jones, lui-même, fut fortement impressionné par ce personnage mystérieux, d'après les renseignements qu'il amassa sur son compte au cours de ses études de Sanscrit. Il le compare à Hermès et à Mercure et l'appelle "l'éloquent messager des Dieux" 93. Tout cela, en dehors du fait que les Hindous le tiennent pour un grand Richi, "qui erre sans cesse de par le monde, en donnant de bons conseils", amena feu le docteur Kenealy 94 à voir en lui un des douze Messies. Il n'était peut-être pas aussi loin de la vérité que le pensent certains.

92 C'est peut-être pour cette raison que l'on nous dit, dans la Bhagavad Gita, que Brahmâ avait fait savoir à Nârada, dès le début, que tous les hommes, sans exception, même les Mlechchhas, les sans- caste et les barbares, pourraient connaître la vraie nature de Vâsudeva et apprendre à avoir foi en cette Divinité.

93 Voyez Asiatic Researches, I, 265.

94 Book of God, 60.

 

Ce que Nârada est réellement ne peut être livré à l'impression et, du reste, les modernes générations de profanes ne gagneraient pas grand- chose à le savoir. Nous pouvons toutefois faire remarquer que s'il y a, dans le Panthéon hindou, une Divinité qui ressemble à Jéhovah, parce qu'elle tente ceux dont elle veut faire ses instruments et ses victimes, en leur "suggérant" des pensées et en "endurcissant" leurs cœurs, c'est Nârada. Seulement ce dernier n'est pas poussé par le désir de trouver un prétexte pour "tourmenter" et pouvoir prouver que : "Je suis le Seigneur Dieu", pas plus qu'il il n'obéit à un motif ambitieux ou égoïste ; en vérité, il n'agit ainsi que pour servir et diriger le progrès universel et l'évolution.

Dans les Pourânas, Nârada est, à part quelques Dieux, l'un des rares personnages en vue qui visitent les régions soi-disant inférieures ou infernales, Pâtâla. Que ce soit ou que ce ne soit pas grâce à ses relations avec Shesha aux mille têtes, – le [III 62] Serpent qui porte sur ses têtes, en guise de diadème, les Sept Pâtâlas et le monde entier et qui est le grand instructeur en Astronomie 95, – que Nârada ait appris tout ce qu'il savait, il est certain qu'il surpasse le Gourou de Garga par son savoir au sujet des complications cycliques. C'est à lui qu'est confié notre progrès, ainsi que notre bonheur ou notre malheur national. C'est lui qui provoque les guerres et y met un terme. Dans les antiques STANCES, Pesh-Hun est représenté comme ayant calculé et enregistré tous les Cycles astronomiques et cosmiques de l'avenir, et comme ayant enseigné cette Science  aux premiers contemplateurs de la voûte étoilée. Enfin, c'est Asouramaya qui, dit-on, basa toutes ses opérations astronomiques sur ces archives et détermina la durée de toutes les périodes géologiques et cosmiques du passé, ainsi que la longueur de tous les Cycles futurs, jusqu'à la fin de ce Cycle de Vie, c'est-à-dire la fin de la Septième Race.

Il y a, parmi les Livres Secrets, un ouvrage intitulé le Miroir du Futur, dans lequel sont notés tous les Kalpas contenus dans les Kalpas et tous les Cycles contenus dans le sein de Shesha ou le Temps infini. Cet ouvrage est attribué à Pesh-Hun-Nârada. Il existe aussi un autre ouvrage antique qui est attribué à divers Atlantes. Ce sont ces deux recueils qui nous fournissent les chiffres de nos Cycles et nous permettent de calculer la date des Cycles futurs. Toutefois, les calculs chronologiques que nous allons donner sont ceux des Brahmanes, comme nous l'expliquerons plus loin, mais la plupart d'entre eux sont aussi ceux de la Doctrine Secrète.

La chronologie et les computations des Initiés Brahmanes sont basées sur les archives zodiacales de l'Inde et sur les œuvres de l'Astronome et Magicien mentionné plus haut Asouramaya. Les archives zodiacales atlantes ne peuvent se tromper, puisqu'elles ont été compilées sous la direction de ceux qui furent les premiers à enseigner, entre autres choses, l'Astronomie à l'humanité.

Cependant, nous affrontons encore ici, délibérément et sans souci du résultat, une nouvelle difficulté. On nous dira que nos affirmations sont contredites par la Science, représentée par un homme que l'on considère (en Occident) comme faisant autorité dans toutes les questions de littérature sanscrite – le professeur Albrecht Weber, de Berlin. A notre grand regret, [III 63] nous n'y pouvons rien et nous sommes prêts à soutenir nos affirmations. Asouramaya, que la tradition épique désigne comme le plus ancien des astronomes de l'Aryâvarta, à qui le "Dieu Solaire communiqua la connaissance des étoiles", in propria persona, comme le déclare le docteur Weber lui-même, est identifié par lui, d'une façon quelque peu mystérieuse, avec le "Ptolemaios" des Grecs. Il n'en donne aucune raison plus sérieuse que la suivante :

Ce dernier nom (Ptolemaios), comme nous le constatons grâce à l'inscription de Piyadasi, devient le "Turamaya" Indien, nom d'où aurait pu être très facilement tiré celui de "Asoura Maya".

Assurément il "aurait pu" en être tiré, mais la question vitale est celle- ci : Existe-t-il une preuve sérieuse établissant qu'il en ait été tiré ? La seule preuve que l'on en donne, c'est qu'il faut qu'il en soit ainsi :

Puisque... ce Maya est clairement attribué à Romaka- poura en Occident. 96

95 Shesha, qui est aussi Ananta, l'infini et le "Cycle de l'Eternité" en Esotérisme, est réputé avoir communiqué ses connaissances astronomiques à Garga, le plus ancien astronome de l'Inde, qui se le rendit favorable et connut dès lors tout ce qui concernait les Planètes, ainsi que le moyen de lire les présages.

 96 Voyez The History of Indian Literature, p. 253, par le Prof. A. Weber dans les Séries Orientales de Trübner.

97 Les Indiens Maya du Guatémala eux-mêmes possédaient leur Zodiaque, depuis l'antiquité la plus reculée, et "l'homme primitif a agi de même à toutes les époques, sans distinction de temps ou de localité", fait observer un écrivain français.

 

La Maya est évidente, attendu qu'aucun des Sanscritistes Européens ne saurait dire où se trouvait cette localité de Romaka-poura, sauf, toutefois, qu'elle se trouvait quelque part "en Occident". En tout cas, comme aucun membre de la Société Asiatique, aucun Orientaliste Occidental, ne prêtera jamais l'oreille à un enseignement Brahmanique, il est inutile de tenir compte des objections des Orientalistes Européens. Romaka-poura était certainement "en Occident", puisqu'elle faisait partie intégrante du continent perdu de l'Atlantide. Et il est également certain que c'est l'Atlantide que les Pourânas hindous assignent comme lieu de naissance à Asouramaya, "aussi grand Magicien que grand Astrologue et Astronome". De plus, le professeur Weber se refuse à reconnaître une grande ancienneté au Zodiaque Indien et se montre porté à croire que les Hindous n'eurent jamais connaissance d'un Zodiaque jusqu'au jour :

Où ils en empruntèrent un aux Grecs 97.

 Cette affirmation est en contradiction avec les plus  anciennes traditions de l'Inde et n'a, par suite, aucune valeur. Nous sommes d'autant plus justifiés de n'en pas tenir compte 98, [III 64] que le savant Professeur allemand nous dit lui-même, dans l'introduction de son ouvrage, que :

Outre les obstacles naturels qui entravent les investigations [dans l'Inde], une épaisse nuée de préjugés et d'idées préconçues s'y maintient, planant sur le pays et l'enveloppant comme d'un voile. 99

Enveloppé dans ce voile, il n'est pas étonnant que le docteur Weber ait été lui-même amené à commettre d'involontaires erreurs. Espérons qu'il en sait davantage maintenant.

En tout cas, qu'Asouramaya soit considéré comme un mythe moderne, comme un personnage qui florissait à l'époque des Grecs de Macédoine, ou comme ce que les Occultistes affirment qu'il était, ses calculs concordent absolument avec ceux des Archives Occultes.

Grâce à des fragments d'ouvrages immensément anciens, attribués à l'Astronome Atlante et découverts dans le Sud des Indes, deux Brahmanes très érudits établirent, en 1884 et 1885, le calendrier mentionné ailleurs 100. Ce travail que les meilleurs Pandits proclament irréprochable – au point de vue Brahmanique – a, jusqu'à présent, trait à la chronologie des enseignements orthodoxes. Si nous comparons ses données à celles qui parurent plusieurs années auparavant dans Isis Dévoilée, aux fragments d'enseignement publiés par quelques Théosophes et aux données actuellement tirées des Livres Secrets de l'Occultisme, nous constaterons que le tout concorde parfaitement, sauf en ce qui concerne quelques détails qui ne peuvent être expliqués. En effet, pour les expliquer, des secrets d'Initiation supérieure – aussi inconnus de l'auteur qu'ils le sont du  lecteur – devraient être révélés et cela ne se peut pas.

98 Voir Vol. 2 Sec. 16. Le Zodiaque et son antiquité.

99 Ibid., p. 2.

100 Le Tirukkanda Panchanga, pour le Kali Youga 4986, par Chintamany Raghanaracharya, fils du célèbre astronome du gouvernement de Madras, et Tartakamala Venkata Krishna Rao.

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bon.christo@free.fr (Super User) LA DOCTRINE SECRETE VOL 3 Fri, 16 Jan 2015 19:43:24 +0000
STANCE II - LA NATURE, NON AIDEE, ECHOUE https://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-3/171-stance-ii-la-nature-non-aidee-echoue https://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-3/171-stance-ii-la-nature-non-aidee-echoue

STANCE II

LA NATURE, NON AIDEE, ECHOUE

 

  1. Après d'énormes périodes de temps,la Terrecrée des monstres. 
  2. Les "Créateurs" sont mécontents.
  3. Ils dessèchent la Terre.
  4. Les formes sont détruites par eux.
  5. Les premières grandes marées
  6. Le commencement de la formation de la croûte [III 65]

 

Shloka 5. Après d'énormes périodes de temps, la Terre crée des monstres.

 

La Roue tourna encore pendant trente crores 101. Elle construisit des Roupas 102, des Pierres tendres qui durcirent 103, des Plantes dures qui s'amollirent 104. Le visible sortit de l'invisible, les Insectes  et  les  petites Vies 105". Elle 106 les secoua et les rejeta de dessus son dos toutes les fois qu'ils devancèrent la Mère (a)... Après trente crores, elle se retourna. Elle gisait sur le dos, sur le côté... Elle ne voulait appeler aucun Fils du Ciel, elle ne voulait interroger aucun Fils de la Sagesse. Elle engendra de son propre sein. Elle évolua des Hommes Aquatiques, terribles et mauvais (b).

101 Trente crores "d'années" ; trois cents millions d'années ou Trois Ages Occultes. Le Rig Véda contient la même division. Dans "l'Hymne du Médecin" (X, 97-1), il est dit que "les plantes naquirent Trois Ages (Triyugam) avant les Dieux" sur notre Terre (Voyez la Chronologie des Brahmanes", la fin de cette Stance).

102 Des formes.

103 Des minéraux.

104 La végétation.

105 Sarîsrîpa, svapada.

106 La Terre.

 

(a)    Cela se rapporte à une inclinaison de l'axe – dont il y eut plusieurs exemples – à un déluge qui suivit, et au chaos sur la Terre (n'ayant, toutefois aucun rapport avec le Chaos Primordial), pendant lequel des monstres, moitié hommes, moitié animaux, furent générés. Il en est fait mention dans le Livre des Morts et aussi dans le compte rendu chaldéen de la création que l'on déchiffre sur les Cutha Tablets si mutilées qu'elles soient.

Ce n'est pas une allégorie. Nous avons ici des faits que l'on trouve répétés dans le compte rendu du Pymandre, comme dans les tables chaldéennes de la création. Les versets peuvent presque en être vérifiés au moyen de la Cosmogonie que nous a léguée Bérose ; elle a été défigurée par Eusèbe au point d'être rendue méconnaissable, mais on peut encore en retrouver  quelques  parties  dans  les  fragments  que  nous ont laissés d'anciens auteurs grecs, tels qu'Apollodore, Alexandre Polyhistor, etc. "Les hommes-aquatiques, terribles et mauvais" – qui furent le produit de la Nature physique seule, résultat de "l'impulsion évolutive" et de la première tentative de créer "l'homme", couronnement, objectif et but de [III 66] toute vie animale sur la Terre – sont décrits dans nos Stances comme constituant un échec. Ne trouvons-nous pas la même chose dans la Cosmogonie de Bérose, que l'on dénonce avec tant de véhémence comme représentant l'apogée de l'absurdité païenne ? Pourtant, quel est celui des Evolutionnistes qui pourrait affirmer, qu'au début, les choses ne se sont pas passées comme elles viennent d'être décrites ? Quel est celui qui pourrait dire qu'il n'y a pas eu, comme l'affirment les Pourânas, les fragments Egyptiens et Chaldéens et même la Genèse, deux "créations" et même plus, avant la dernière formation du Globe, qui, changeant de conditions géologiques et atmosphériques, changea aussi sa flore, sa faune et ses hommes ? Cette affirmation ne s'accorde pas seulement avec toutes les anciennes Cosmogonies, mais aussi avec la Science Moderne et même, jusqu'à un certain point, avec la théorie de l'évolution, comme on peut le démontrer en quelques mots.

Dans les plus anciennes Cosmogonies du Monde il n'y a ni "Création Ténébreuse", ni "Dragon du Mal" vaincu par un Dieu Solaire. Même pour les Akkads, le Grand Gouffre – l'Abîme des Eaux ou Espace – était le lieu de naissance et la demeure d'Ea, la Sagesse, la Divinité inconnaissable et infinie. Mais, pour les Sémites et les Chaldéens ultérieurs, l'Abîme insondable de la Sagesse devint la Matière grossière, la substance pécheresse, et Ea est changée en Tiamat, le dragon mis à mort par Mérodach, ou en Satan au milieu des vagues astrales.

Dans les Pourânas hindous, on voit Brahmâ, le Créateur, recommencer de novo plusieurs "Créations" après autant d'échecs et l'on y fait mention de deux grandes Créations 107, le Pâdma et la Vârâha, la création actuelle, lorsque la Terre fut soulevée hors des eaux par Brahmâ, sous la forme d'un sanglier, l'Avatar Vârâha. On nous y décrit la création comme un jeu, un amusement (Lîlâ) du Dieu Créateur. Le Zohar parle de mondes primordiaux qui périrent aussitôt qu'ils furent nés, et la même chose est répétée dans le Midraish où Rabbi Abahu explique nettement 108 que "le Saint Etre" avait successivement créé et détruit divers Mondes avant de réussir à créer le monde actuel. Cela ne se rapporte pas seulement à d'autres Mondes de l'Espace, mais à un mystère de notre propre Globe contenu dans l'allégorie des "Rois d'Edom". En effet, les mots "Celui-ci me plaît" sont répétés dans la Genèse109, bien qu'en termes défigurés, comme d'habitude. Les [III 67] fragments de Cosmogonie Chaldéenne, dans les inscriptions cunéiformes et ailleurs, indiquent deux créations distinctes d'animaux et d'hommes, la première ayant été détruite comme constituant un échec. Les tables Cosmogoniques prouvent que notre création actuelle fut précédée d'autres 110, et, comme le démontre l'auteur de The Qabbalah, dans le Zohar, le Siphrah Dtzenioutha, dans le Jovah Rabba, 128 a, etc. La Cabale établit le même fait.

107 On ne doit pas les confondre avec les Sept Créations ou Division de chaque kalpa. On entend parler ici de la création Primaire et de la création Secondaire.

108 Dans Bereschith Rabba, Parscha IX.

 

(b)        Oannès, ou Dagon, "l'Homme-poisson" Chaldéen, divise sa Cosmogonie et sa Genèse en deux parties. D'abord l'abîme des eaux et des ténèbres, où résidaient les êtres les plus hideux – des hommes ailés, des hommes avec deux ou quatre ailes, des êtres humains bicéphales, avec des pattes et des cornes de bouc – nos "hommes-boucs" 111 – des hippocentaures, des taureaux à têtes humaines et chiens à queue  de poisson. Bref, des combinaisons de divers animaux et d'hommes, de poissons, de reptiles et d'autres animaux monstrueux, revêtant les formes et les attitudes les uns des autres. L'élément féminin dans lequel ils résidaient est personnifié par Thalatth – la Mer ou "Eau" – qui fut finalement conquise par Bélus, le principe mâle. Polyhistor dit :

 Bélus vint et coupa la femme en deux : avec une de ses moitiés il forma la terre et avec l'autre les cieux. En même temps, il détruisit les animaux en elle. 112

 109 I. 31.

110 Voir Hibbert Lectures, 1887. Sayce, p. 390.

111 D'où vient cette identité des idées ? Les Chinois ont les mêmes traditions. D'après le commentateur Kwoh P'oh dans l'ouvrage intitulé Shan-Hai-King, "Merveilles sur Mer et sur Terre", ouvrage qui fut écrit par l'historiographe Chung Ku d'après les gravures de neuf urnes faites par l'empereur Yü (2255 av. J.-C.), on mentionne une entrevue avec des hommes ayant deux figures distinctes sur leurs têtes, une devant, l'autre derrière, des monstres ayant des corps de boucs et des figures humaines, etc. Gould, dans ses Mythical Monsters (p. 27), citant les noms de quelques auteurs ayant traité d'Histoire Naturelle, mentionne Shan-Hai-King en ces termes : "D'après le commentateur Kwoh P'oh (276-324 ap. J.-C.), cet ouvrage a été compilé trois mille ans avant l'époque où il vivait, ou à sept dynasties de distance. Yang Sun de la dynastie des Ming (commençant en l'an 1368 ap. J.-C.) déclare que l'ouvrage a été compilé par Kung-Chia et Chung- Ku (?)" – comme nous l'avons dit plus haut – "Chung-Ku, ... à l'époque du dernier empereur de la dynastie des Hia (1818 av. J.-C.), craignant que l'empereur ne fit détruire les livres traitant des anciens temps, les emporta dans sa fuite à Yin".

Comme le fait remarquer Isaac Meyer, avec beaucoup d'à-propos :

[III 68]

 

Chez les Akkadiens, tout objet et toute puissance de la Nature a son Zi ou Esprit. Les Akkadiens classaient leurs divinités en triades, généralement de mâles (plutôt sans sexe ?), et les Sémites aussi avaient des divinités en triades, mais ils y introduisirent le sexe. 113 – ou phallisme. Chez les Aryens et les premiers Akkadiens toutes les choses sont des émanations qui se produisent par l'entremise d'un Créateur ou Logos et non par Lui. Chez les Sémites, tout est engendré.

112 Ancient fragments de Cory, édition originale, p. 25.

113 Qabbalah, p. 246.

 

 

Shloka 6. Les "Créateurs" sont mécontents.

 

Les Hommes-Aquatiques, terribles et mauvais, elle les créa elle-même avec les restes d'autres 114. Elle les forma avec le rebut et le limon de ses Premier, Second et Troisième 115. Les Dhyanis vinrent et regardèrent... Les Dhyanis vinrent de chez le brillant Père-Mère, des Régions Blanches 116, ils 117 vinrent des Demeures des Mortels Immortels (a).

114 Des restes de minéraux, des végétaux et des animaux.

115 Rondes.

116 Solaires-lunaires.

117 Les Dieux et les Esprits planétaires et spécialement les Ribhous. "Les trois Ribhous" qui deviennent aussi "trois fois sept" d'après le nombre de leurs dons.

 

(a) Les explications que donnent nos Stances sont infiniment plus claires que celles que nous donnerait la table de Cutha, même si elle était complète. Toutefois, ce qui en reste les corrobore. En effet, sur cette table, le "Seigneur des Anges" détruit les hommes de l'abîme, sans "qu'il reste trace de leurs squelettes et de leurs débris" après leur massacre. Après quoi, les Dieux Supérieurs créent des hommes avec les corps des oiseaux du désert, des êtres humains, "sept rois, frères d'une même famille", etc., ce qui fait allusion aux facultés locomotrices des corps primaires éthérés des hommes, qui étaient aptes à voler aussi bien qu'à marcher 118, mais qui "furent détruits" parce qu'ils n'étaient pas "parfaits", c'est-à-dire qu'ils étaient "sans sexe, comme les Rois d'Edom".

Que dirait la science de cette idée d'une création primordiale des espèces, une fois celle-ci purgée de toute métaphore [III 69] ou allégorie ? Elle objecterait que les "Anges" et les "Esprits" n'ont rien à y voir, mais si la Nature et la loi physique de l'évolution sont les créatrices de tout ce qui existe aujourd'hui sur la Terre, pourquoi n'aurait-il pu exister "aucun abîme de ce genre" lorsque le Globe était couvert d'eaux, au sein desquelles un grand nombre d'êtres monstrueux étaient générés ? Est-ce au sujet des "êtres humains" et des animaux à têtes humaines et à double face, que l'on soulève une objection ? Pourtant, si l'homme n'est qu'un animal supérieur et s'il a évolué du sein de la brute par une série infinie de transformations, pourquoi le "chaînon manquant" n'aurait-il pas pu avoir une tête humaine fixée sur des corps d'animaux, ou bien, possédant deux têtes, avoir des têtes d'animaux et vice versa, à l'époque des premiers efforts de la Nature ? Ne nous montre t-on pas, durant les périodes géologiques, à l'époque des reptiles et des mammifères, des lézards ayant des ailes d'oiseaux et des têtes de serpents sur des corps d'animaux 119 ? Enfin, si nous discutons en nous plaçant au point de vue de la Science, notre race humaine moderne elle-même ne nous fournit-elle pas parfois des spécimens de monstres : des enfants à deux têtes, des corps d'animaux avec des têtes humaines, des enfants à têtes de chiens, etc. ? Cela prouve que si la Nature joue de tels tours, maintenant que la marche de son travail d'évolution est tracée depuis des siècles et des siècles, l'existence de monstres comme ceux que décrit Bérose était parfaitement possible au début de son travail évolutif et que cette possibilité peut avoir, à une certaine époque, constitué une loi, avant que la Nature n'eût fait un choix parmi les genres qu'elle avait produits, et qu'elle n'eût commencé un travail régulier sur eux. Cela est maintenant démontré d'une façon catégorique par le simple fait de la "Réversion", comme dit la Science.

 118 Souvenez-vous des "races ailées" de Platon et des récits que donne le Popol-Vuh de la première race humaine, qui pouvait marcher, voler et voir les objets à quelque distance qu'ils fussent.

119 Voyez Mythical Monsters, par Charles Gould.

 

Voilà ce que la Doctrine enseigne et démontre par de nombreuses preuves, mais nous allons continuer notre étude des Stances sans attendre l'approbation de la Théologie dogmatique ou de la Science Matérialiste. Ces stances parleront d'elles-mêmes, grâce à la lumière dont les éclairent les Commentaires et leurs explications ; le côté scientifique de ces questions sera étudié ultérieurement.

On montre donc que la Nature Physique a échoué, lorsqu'elle a été livrée à elle-même pour procéder à la création de l'animal et de l'homme. Elle peut créer les deux premiers règnes, ainsi que celui des animaux inférieurs, mais lorsqu'elle [III 70] en arrive à l'homme, l'intervention de puissances spirituelles, indépendantes et intelligentes devient nécessaire pour assurer sa création, en dehors des "vêtements de peau" et du "souffle de la vie animale". Les Monades humaines des Rondes précédentes ont besoin de quelque chose de supérieur aux matériaux purement physiques pour édifier leurs personnalités, sous peine de rester au-dessous même d'un animal à la "Frankenstein" 120.

 120 Dans le premier volume de l'Introduction à l'Etude des Races Humaines de M. de Quatrefages, qui vient d'être publié, il est prouvé que depuis la période Post-Tertiaire, et même depuis plus longtemps encore – puisqu'à cette Ere de nombreuses races étaient disséminées sur la surface de la Terre – la structure physique de l'homme n'a pas varié d'un iota. Or, si l'homme fut entouré durant des siècles par une faune qui s'est modifiée d'une période à l'autre ou d'un cycle à l'autre, d'une faune qui a disparu pour renaître sous d'autres formes – si bien qu'il n'existe plus aujourd'hui sur la Terre un seul animal, grand ou petit qui ait été le contemporain de l'homme d'alors – si, dis-je, tous les animaux se sont transformés à l'exception de l'homme lui-même, cela suffit à prouver, non seulement son antiquité, mais encore le fait qu'il constitue un Règne distinct. Pourquoi aurait-il, seul, échappé à la transformation ? Parce que, dit de Quatrefages, l'arme dont il a fait usage dans sa lutte contre la Nature et contre les conditions géologiques et les éléments sans cesse modifiés, n'est autre que "sa force psychique et non pas sa force ou son corps physique", comme dans le cas des animaux. N'accordez à l'homme que la dose d'intelligence et de raison dont les autres mammifères sont doués, et, dans l'état actuel de son organisme physique, il se montrera la créature la plus impuissante de la Terre. Or, comme tout concourt à prouver que l'organisme humain, avec toutes ses caractéristiques, ses propriétés et ses idiosyncrasies, existait déjà sur notre globe à l'époque de ces périodes géologiques si reculées durant lesquelles il n'y avait pas encore un seul spécimen des types de mammifères qui existent aujourd'hui, quelle est l'inévitable conclusion qui s'impose ? Celle-ci : Puisque toutes les races humaines sont d'un seul et même type, il en résulte que ce type est celui du plus ancien de tous les mammifères existant aujourd'hui. Ce type est donc le plus stable et le plus persistant de tous et se trouvait aussi complètement développé qu'il l'est aujourd'hui, quand tous les autres mammifères connus de nos jours ne se préparaient même pas encore à faire leur apparition sur cette Terre. Telle est l'opinion du grand naturaliste français, qui donne ainsi un terrible coup au Darwinisme.

 

Shloka 7. Ils dessèchent la Terre.

 

Ils furent mécontents. "Notre chair n'est pas là 121. Aucun Roupa convenable pour nos Frères de la Cinquième. Aucune Demeure pour les Vies 122. Elles doivent s'abreuver d'Eaux Pures et non d'eaux troubles (a). Desséchons-les 123". [III 71]

121 Dirent-ils.

122 Les Monades des "représentations" des hommes de la Troisième Ronde, les énormes formes simiesques.

123 Les Eaux.

 

(a) Il est dit dans le Catéchisme sur les Commentaires :

C'est des Mondes matériels que descendent ceux qui façonnent l'homme physique à chaque nouveau Manvantara. Ce sont des Lha [Esprits] inférieurs qui possèdent un double corps [un corps astral dans une forme éthérée]. Ce sont les modeleurs et les créateurs de notre corps illusoire...

Dans les formes projetées par les Lha [Pitris], les Deux Lettres 124 [la Monade, appelée aussi le "double Dragon"], descendent des Sphères de l'Attente 125. Mais elles ressemblent à une toiture qui n'a ni murs, ni piliers pour s'y appuyer...

Il faut à l'homme quatre Flammes et trois Feux pour devenir un sur la Terre, et il lui faut l'essence des quarante-neuf Feux 126  pour être parfait. Ce sont ceux qui ont déserté les Sphères Supérieures, les Dieux de la Volonté 127, qui complètent le Manou de l'illusion. En effet, le "Double Dragon" n'a aucune prise sur la simple forme. Il est comme la brise, là où il n'y a ni arbres, ni branches pour la recevoir et l'abriter. Il ne peut affecter la forme, là où il n'y a pas d'agent de transmission [Manas, le "Mental"], et la forme l'ignore.

Dans les mondes  les  plus  hauts,  les  trois  ne  font qu'un 128 ; sur la Terre [tout d'abord], l'un devient deux. Ceux-ci sont comme les deux côtés [latéraux] d'un triangle qui aurait perdu sa base – qui est le troisième Feu. 129 

124 Dans le système ésotérique, les sept "principes" de l'homme sont représentés par sept lettres. Les deux premières sont plus sacrées que les quatre lettres du Tétragrammaton.

125 Les Sphères intermédiaires où l'on dit que les Monades qui n'ont pas atteint le Nirvâna sommeillent dans une Inactivité Inconsciente, dans l'intervalle des Manvantaras.

126 Expliqués ailleurs. Les Trois Feux, Pâvaka, Pavamâna et Shouchi, qui eurent quarante-cinq Fils, lesquels avec leurs trois Pères et leur Père Agni, constituent les quarante-neuf Feux. Pavamâna, le Feu produit par le frottement, est le père du "Feu des Asouras" ; Shouchi, le Feu Solaire, est le père du "Feu des Dieux", et Pâvaka, le Feu Electrique, est le Père du "Feu des Pitris". (Voyez le Vâyou- Pourâna). Toutefois, cela est une explication sur le plan matériel et terrestre. Les Flammes sont éphémères et seulement périodiques ; les Feux sont éternels dans leur triple unité. Ils correspondent aux quatre "principes" inférieurs et aux trois principes supérieurs humains.

 

Or, cela exige quelques explications, avant que nous n'allions plus loin. Pour les donner, particulièrement dans l'intérêt de nos frères Aryens Hindous – dont les interprétations [III 72] Esotériques peuvent différer des nôtres – il nous faudra leur expliquer ce qui précède en citant certains passages de leurs propres ouvrages exotériques, c'est-à-dire des Pourânas. Dans les allégories qu'ils renferment, Brahmâ, qui est, collectivement, la Force Créatrice de l'Univers, est décrit comme suit :

A l'origine des Yougas [des Cycles]... possédé du désir et du pouvoir de créer et poussé par les potentialités de ce qui doit être créé, il donne sans cesse naissance, au début de chaque Kalpa, à une création similaire 130, à plusieurs reprises.

Nous nous proposons maintenant d'étudier le compte rendu exotérique qui se trouve dans le Vishnou Pourâna et de voir jusqu'à quel point il peut concorder ou non avec notre version Occulte.

 127 Les Souras, qui deviennent plus tard les A-Souras.

128 Atmâ, Bouddhi et Manas. Dans le Dévachan, l'élément supérieur du Manas est nécessaire, pour en faire un état de perception et de conscience pour la Monade désincarnée.

129 Catéchisme, Livre III, Sec. 9.

130 Voyez le Vishnou Pourâna, Livre I, chap. V, Shloka finale. Sens donné au texte par Fitzedward Hall, dans la traduction de Wilson, I, 88. Voyez aussi Mânava-Dharma Shâstra, I, 30.

 

CREATION DES ETRES DIVINS DANS LES RECITS EXOTERIQUES

 

Dans le Vishnou Pourâna, qui est certainement le plus ancien des ouvrages connus sous ce nom, nous voyons, comme dans tous les autres, Brahmâ, en tant que Dieu mâle, revêtir, dans le but de créer, "quatre corps doués de trois qualités" 131. On y lit :

De la sorte, ô Maitreya, Jyotsnâ (l'aurore), Râtri (la nuit). Ahan (le jour), et Sandhyâ (le soir, crépuscule), sont les quatre corps de Brahmâ. 132

Ainsi que l'explique Parâshara, lorsque Brahmâ désire créer le monde de nouveau et former une descendance par sa volonté, dans le quadruple état ou dans les quatre Ordres d'Etres, appelés Dieux (Dhyân-Chohans), Démons 133 (c'est-à-dire des Dévas plus matériels), Progéniteurs (Pitris), et Hommes, "il concentre [comme dans la Yoga] son esprit en lui-même" (Youyouge).

Chose étrange, il commence par créer les Démons, qui [III 73] précèdent de la sorte les Anges ou Dieux. Ce n'est pas là une inconvenance, ce n'est pas dû à l'inconséquence, mais cela renferme, comme tout le reste, un profond sens Esotérique, très clair pour qui est libéré de tout préjugé théologique Chrétien. Celui qui se souvient que le principe Mahat, ou l'Intellect, "l'Esprit Universel" (littéralement le "Grand", que la Philosophie Esotérique explique comme étant "l'Omniscience Manifestée" – le "premier produit" de Pradhâna, la Matière Primordiale, comme le dit le Vishnou Pourâna, mais le premier Aspect Cosmique de Parabrahman ou du Sat ésotérique, l'Ame Universelle 134, comme l'enseigne l'Occultisme – est la racine de la SOI-Conscience, on comprendra le pourquoi. Les prétendus Démons – qui sont, au point de vue Esotérique, les Principes qui s'affirment Eux-mêmes et sont, intellectuellement actifs – constituent, pour ainsi dire, le pôle positif de la création et sont, en conséquence, créés les premiers. Voici, en quelques mots, le processus, tel qu'il est allégoriquement décrit dans les Pourânas.

131 Cela dans l'Esotérisme, a une relation directe avec les sept "principes" de Brahmâ manifesté, ou Univers, et dans le même ordre que dans l'homme. Exotériquement, ce ne sont que quatre "principes".

132 Traduction de Wilson, I, 81.

133 Démon est un mot d'un emploi très vague, attendu qu'il s'applique à un grand nombre d'Esprits inférieurs ou Dieux mineurs – c'est-à-dire plus matériels – que l'on appelle ainsi parce qu'ils "luttent" contre les supérieurs, mais qui ne sont pas des diables.

134 Même ordre de principes dans l'homme : Atmâ (l'Esprit), Bouddhi (l'Ame), son véhicule, de même que la matière est le Vâhan de l'Esprit, et enfin Manas (le Mental), le troisième ou le cinquième au point de vue microcosmique. Sur le plan de la personnalité, Manas est le premier.

 

Brahmâ ayant concentré son esprit en lui-même, et la Qualité des Ténèbres envahissant le corps, qu'il avait revêtu, les Asouras, jaillissant de sa Cuisse, furent créés les premiers ; après quoi, il abandonna ce corps qui fut changé en la Nuit.

Deux points importants sont impliqués là :

  1. Dans le Rig Véda, les Asouras sont d'abord décrits comme étant des Etres divins spirituels ; l'étymologie de leur nom est dérivée de Asou, souffle, le "Souffle de Dieu", et ils ont la même signification que l'Esprit Suprême ou l'Ahoura Zoroastrien. C'est plus tard, dans un but théologique et dogmatique, qu'on  les montre jaillissant de la Cuisse de Brahmâ et que leur nom commença à être dérivé de a privatif et de Soura, un Dieu, soit "pas-Dieu", et qu'ils devinrent les ennemis des Dieux.
  2. Toutes les anciennes Théogonies, sans exception – depuis celles des Aryens et des Egyptiens, jusqu'à celle d'Hésiode – placent, dans l'ordre de la succession Cosmogonique, la Nuit avant le Jour, même la Genèse dans laquelle "les ténèbres couvrent la face de l'abîme" avant le "premier jour". La raison de cela c'est que toutes les Cosmogonies – sauf dans la Doctrine Secrète – commencent par ce que l'on appelle la "Création Secondaire" ; c'est-à-dire, l'Univers Manifesté dont [III 74] la genèse doit commencer dans une différenciation marquée entre la Lumière éternelle de la "Création Primaire", dont le mystère doit rester à jamais les "Ténèbres" pour la conception et l'intellect limités du profane qui cherche à les pénétrer, et l'Evolution Secondaire de la Nature visible manifestée. Le Véda renferme toute la philosophie de cette division, sans qu'il ait jamais été correctement expliqué par nos orientalistes, attendu qu'ils ne l'ont jamais compris.

Continuant à créer, Brahmâ revêt une autre forme, celle du Jour, et crée de son Souffle les Dieux, qui sont doués de la Qualité de Bonté (Passivité 135). Dans son corps suivant prévalut la Qualité de grande Passivité qui est aussi de la bonté (négative) et du flanc de ce personnage jaillirent les Pitris, les Progéniteurs des hommes, parce que, ainsi que l'explique le texte, Brahmâ [durant le processus] "pensa à lui-même comme au père du monde" 136. C'est la Kriyâ-shakti – le mystérieux pouvoir de Yoga, expliqué autre part. Ce corps de Brahmâ, lorsqu'il fut rejeté, devint le Sandhyâ, le Crépuscule du Soir, l'intervalle entre le Jour et la Nuit.

Finalement, Brahmâ revêtit sa dernière forme pénétrée de la Qualité d'Impureté.

Et de celle-ci, les hommes, chez qui l'impureté (ou passion) prédomine, furent produits.

Ce corps, une fois rejeté, devint l'Aurore, le Crépuscule du Matin – l'Aube de l'humanité. Ici Brahmâ tient, au point de vue Esotérique, la place des Pitris – collectivement, c'est le Pitâ, "le Père".

La véritable signification Esotérique de cette allégorie doit être maintenant expliquée. Brahmâ symbolise ici personnellement les Créateurs Collectifs du Monde et des Hommes – l'Univers avec toutes ses innombrables productions de choses mobiles  et  (en  apparence) immobiles 137. Collectivement, il est les Prajâpatis, les Seigneurs de l'Etre ; et les quatre Corps [III 75] représentent les quatre Classes de Puissances Créatrices ou de Dhyàn-Chohans, décrites dans le Commentaire de la Shloka I, Stance VII du Volume I. Toute la philosophie de ce que l'on appelle la "Création" du bien et du mal dans ce Monde, et de tout le Cycle des résultats Manvantariques en découle, et dépend de la compréhension correcte de ces Quatre Corps de Brahmâ.

 135 Ainsi, dit le Commentaire, le dire d'après lequel "durant le jour les Dieux sont les plus puissants et durant la nuit les démons", est purement allégorique.

136 Ce fait de "penser à soi-même" comme étant ceci, cela ou autre chose, est le facteur principal dans la production des phénomènes psychiques ou même physiques de toutes sortes. Les mots : "lorsqu'une personne dira à cette montagne : sois projetée dans la mer, et ne doutera pas... le fait se produira", ne sont pas de vains mots. Seulement le mot "foi" devrait être remplacé par "Volonté". La foi sans la Volonté est comme un moulin à vent, sans vent – stérile.

137  La même idée se retrouve dans les quatre premiers chapitres de la Genèseavec leur  "Seigneur" et leur "Dieu" qui sont les Elohim et l'Eloha Androgyne.

 

Le lecteur doit être maintenant prêt à comprendre la véritable signification, la signification Esotérique, de ce qui suit. De plus, il y a un point important qu'il faut éclaircir. La théologie chrétienne ayant arbitrairement décidé et convenu que Satan et ses Anges déchus appartenaient à la première création et que Satan était le premier créé, le plus sage et le plus beau des Archanges de Dieu, le mot d'ordre fut donné, la tonique choisie. Dès lors toutes les Ecritures païennes furent amenées à se plier à la même signification, toutes furent déclarées diaboliques et l'on a prétendu et l'on prétend encore que la vérité et les faits appartiennent au Christianisme et ne commencent qu'avec lui. Les Orientalistes et les Mythologues eux-mêmes, bien que quelques-uns ne soient pas du tout des Chrétiens, mais des "infidèles" ou des hommes de Science, sont entrés, inconsciemment et par la simple force de l'association des idées et des habitudes, dans l'ornière théologique.

Des considérations purement Brahmaniques, basées sur la soif du pouvoir et sur l'ambition, ont permis aux masses de rester dans l'ignorance des grandes vérités ; et les mêmes causes ont poussé les Initiés qui se trouvaient parmi les premiers Chrétiens à garder le silence, tandis que ceux qui n'avaient jamais connu la vérité défigurèrent l'ordre des choses, en jugeant la Hiérarchie des "Anges" d'après leur forme exotérique. Aussi, de même que les Asouras étaient devenus les Dieux inférieurs rebelles qui luttaient contre les Dieux supérieurs dans la croyance populaire, de même le plus grand des Archanges, en réalité, l'Agathodæmon, le plus ancien Logos bienveillant, devint, dans la théologie, "l'Adversaire" ou  Satan. Mais tout cela est-il garanti par l'interprétation correcte d'une quelconque des antiques Ecritures ? La réponse est : très certainement pas. De même que les Ecritures mazdéennes, le Zend Avesta, la Vendidadet d'autres encore, corrigent et démasquent l'ingénieuse confusion dans laquelle furent jetés plus tard les Dieux du Panthéon Hindou et rendent aux Asouras, grâce à Ahoura, leur véritable place dans la Théogonie ; de même la récente découverte des tablettes chaldéennes fait rendre justice au bon renom des premières Emanations divines. C'est facile à prouver. L'Angélologie Chrétienne est directement et uniquement dérivée de celle des Pharisiens, [III 76] qui rapportèrent leurs dogmes de Babylonie. Les Saducéens, en vrais gardiens des Lois de Moïse, ne connaissaient aucun Ange et n'admettaient même pas l'immortalité de l'Ame humaine (non pas celle de l'Esprit impersonnel). Dans la Bible, les seuls Anges dont il soit question sont les "Fils de Dieu", mentionnés au chap. VI de la Genèse VI – et qui sont aujourd'hui considérés comme les Néphilim, les Anges Déchus, – et plusieurs Anges à forme humaine, les "Messagers" du Dieu juif, dont le rang personnel a besoin d'être analysé de plus près que cela n'a été fait jusqu'à présent. Comme nous l'avons montré plus haut, les premiers Akkadiens appelaient la Sagesse Ea, nom qui fut défiguré plus tard par les Chaldéens et les Sémites et transformé en Tiamat, Tisalat et le Thalatth de Bérose, le Dragon de Mer femelle, aujourd'hui Satan. En vérité  – "Combien n'es-tu pas déchue [par la faute de l'homme], ô brillante Etoile, Fille du Matin !"

Que nous disent donc les récits Babyloniens de la "Création", tels qu'on les a trouvés sur les fragments des poteries assyriennes ; ces mêmes récits sur lesquels les Pharisiens ont établi leur Angélologie ?  Comparez les Assyrian Discoveries 138 et le Chaldean Account of Genesis 139 de M. George Smith. La Tablette sur laquelle est inscrite l'histoire des Sept Dieux ou Esprits Méchants contient le récit suivant : nous imprimons en italique les passages importants.

  1. Durant les premiers jours les Dieux méchants,
  2. les Anges qui étaient en état de rébellion et qui, dans la partie inférieure du ciel,
  3. avaient été créés,
  4. accomplirent leur œuvre mauvaise,
  5. tramant avec un mauvais esprit..., etc.

On nous montre ainsi, aussi clairement que possible, sur un fragment resté si bien intact que la lecture n'en est pas douteuse, que les "Anges Rebelles" avaient été créés dans la "partie inférieure du ciel", c'est-à-dire qu'ils appartenaient et appartiennent toujours à un plan matériel d'évolution, bien que ce plan, n'étant pas celui dont nos sens nous permettent d'avoir connaissance, reste généralement invisible pour nous et soit, par suite, considéré comme subjectif. Après cela, les Gnostiques étaient-ils tellement dans leur tort en affirmant que notre Monde Visible et particulièrement  la  Terre,  avaient  [III 77]  été  créés  par des Anges Inférieurs, les Elohim inférieurs, au nombre desquels ils enseignaient que se trouvait le Dieu d'Israël ? Ces Gnostiques étaient plus rapprochés dans le temps des archives de la Doctrine Archaïque Secrète et l'on doit, par suite, admettre qu'ils connaissaient leur contenu mieux que les Chrétiens non initiés qui prirent sur eux, des centaines d'années plus tard,  de remanier et corriger ce qui avait été dit. Voyons pourtant ce que la même Tablette dit plus loin :

7.    Ils étaient au nombre de sept [les dieux méchants].

Vient ensuite leur description ; le quatrième est un "serpent", le symbole phallique de la Quatrième Race dans l'Evolution humaine.

15.  Tous les sept des messagers du Dieu Anou, leur roi.

Or, Anou fait partie de la Trinité Chaldéenne et, sous un aspect, il est identique à Sin, la "Lune". Et dans la Cabale Hébraïque, la Lune est l'Argha de la semence de toute vie matérielle et elle est encore plus étroitement liée, au point de vue cabalistique, avec Jéhovah, qui a deux sexes, tout comme Anou. Ils sont tous deux représentés dans l'Esotérisme et étudiés sous un double aspect : mâle ou spirituel, femelle ou matériel, ou bien encore Esprit et Matière, les deux principes antagonistes. Aussi les "Messagers d'Anou", qui est Sin, la "Lune", sont-ils représentés, dans les lignes de 28 à 41, comme étant finalement dominés par le même Sin, avec l'aide de Bel, le Soleil, et d'Ishar, Vénus. Les Assyriologues considèrent cela comme une contradiction, mais ce n'est que de la métaphysique dans l'enseignement Esotérique.

Il y a plus d'une interprétation, parce qu'il y a sept clefs au mystère de la "Chute". De plus, il y a deux "Chutes" dans la Théologie : la rébellion des Archanges et leur "Chute", puis la "Chute" d'Adam et d'Eve. Ainsi les Hiérarchies inférieures tout comme les Hiérarchies supérieures sont accusées d'un crime supposé. Le mot "supposé" est le terme vrai et correct, car dans les deux cas ce crime est fondé sur une fausse interprétation. L'Occultisme considère les deux comme des effets Karmiques et tous deux appartiennent à la loi de l'Evolution – intellectuelle et spirituelle d'une part, physique et psychique de l'autre. La "Chute" est une allégorie universelle. Elle place à l'une des extrémités de l'échelle de l'Evolution la "rébellion", c'est-à-dire l'action de [III 78] l'intellection différenciatrice ou conscience, sur ses divers plans en cherchant à s'unir à la Matière ; et à l'autre, à l'extrémité  inférieure,  la  rébellion  de  la  Matière  contre  l'Esprit,  ou  de l'action contre l'inertie spirituelle. C'est là que se trouve le germe d'une erreur qui a produit de si désastreux effets sur l'intelligence des sociétés civilisées, pendant plus de 1.800 ans. Dans l'allégorie primitive, c'est la Matière – par conséquent les Anges plus matériels – qui était considérée comme ayant vaincu l'Esprit, ou les Archanges qui "tombèrent" sur ce plan.

 Ceux   de   l'épée   flamboyante   [ou   passions   animales] avaient mis en fuite les Esprits des Ténèbres.

C'étaient pourtant ces derniers qui, combattant pour la suprématie sur la Terre de la spiritualité consciente et divine, échouèrent en succombant à la puissance de la Matière. Mais dans les dogmes théologiques, c'est l'inverse que nous voyons. C'est Michel, "qui est semblable à Dieu", le représentant de Jéhovah, qui est le Chef des Légions Célestes – comme Lucifer est celui des Légions Infernales, dans l'imagination de Milton – qui l'emporte sur Satan. Il est vrai que la nature de Michel dépend de celle de son Créateur et Maître. Qui est ce dernier, c'est ce qu'on peut découvrir en étudiant soigneusement l'allégorie de la "Guerre dans les Cieux" à l'aide de la clef astronomique. Comme le montre Bentley, la "Guerre des Titans contre les Dieux", dans Hésiode et la Guerre des Asouras, ou Târakâmaya, contre les Dévas, dans la légende Pouranique, sont identiques en tout, si ce n'est les noms. L'aspect des étoiles, – Bentley ayant choisi l'an 945 av.    J.-

  1. comme la date la plus voisine d'une telle conjonction – prouve que :

Toutes les planètes, sauf Saturne, se trouvaient du même côté des cieux, comme le Soleil et la Lune.

Et, par suite, étaient ses adversaires. Pourtant c'est Saturne, ou le "Dieu-Lunaire" Juif, qu'Hésiode ainsi que Moïse désignent comme le vainqueur, sans qu'aucun des deux n'ait été compris. C'est ainsi que la véritable signification fut déformée.

138 p. 398.

139 p. 107.

 

 

STANCE II (Suite)

 

Shloka 8. Les formes sont détruites par eux.

 

Les Flammes vinrent. Les Feux avec les Etincelles ; les Feux Nocturnes et les Feux Diurnes (a). Ils desséchèrent [III 79] les Eaux troubles et sombres. Avec leur chaleur ils les  épuisèrent.  Les  Lhas 140  d'En-Haut ;  les Lhamayin 141 d'En-Bas, vinrent (b). Ils égorgèrent les Formes qui étaient à double et à quadruple face. Ils combattirent les Hommes-Boucs, les Hommes à tête de chien et les Hommes à corps de poissons.

140 Esprits.

141 Esprits aussi.

142 VI, 2-6.

 

(a)        Les "Flammes" sont une Hiérarchie d'Esprits parallèle, sinon identique, aux "brûlants" Saraph  ardents  (Séraphim)  mentionnés  par Isaïe 142 et qui, d'après la Théogonie Hébraïque, entourent le "Trône du Tout-puissant". Melha est le Seigneur des "Flammes". Lorsqu'il apparaît sur la Terre, il revêt la personnalité d'un Bouddha, dit une légende populaire. C'est un des plus anciens et des plus vénérés parmi les Lhas, un saint Michel bouddhiste.

(b)      Il ne faut pas donner aux mots "En Bas" le sens de Régions Infernales, mais simplement celui d'un Etre spirituel, ou plutôt éthéré, d'un grade inférieur, parce qu'il est plus près de la Terre ou n'est que d'un degré au-dessus de notre sphère terrestre ; tandis que les Lhas sont des Esprits des Sphères les plus hautes – de là le nom de la capitale du Tibet, Lha-ssa.

Indépendamment d'un exposé d'une nature purement physique et qui a trait à l'évolution de la vie sur la Terre, une autre signification allégorique peut être attachée à cette shloka, ou même plusieurs, comme on l'enseigne. Les FLAMMES ou "Feux" représentent l'Esprit ou élément mâle et "l'Eau" représente la Matière ou élément opposé. Ici encore, nous retrouvons, dans l'acte de l'Esprit égorgeant la forme purement matérielle, une allusion à la lutte  éternelle,  sur  les  plans  physique  et  psychique,  entre  l'Esprit  et la Matière, outre un fait scientifique cosmique. En effet, comme il est dit dans le verset suivant :

 

Shloka 9. Les premières grandes marées

 

L'Eau-Mère, la Grande-Mer, pleura. Elle se souleva, elle disparut dans la Lune, qui l'avait élevée, qui lui avait donné naissance.

Que peut donc vouloir dire cela ? N'est-ce pas une allusion évidente à l'action des marées, durant les premières phases de [III 80] l'histoire de notre planète, dans sa Quatrième Ronde ? Les recherches modernes se sont activement employées à spéculer sur les grandes marées paléozoïques. D'après la théorie de M. G.-H. Darwin, il n'y a pas moins de 52 millions d'années – et probablement beaucoup plus – la Lune sortit de la masse plastique de la Terre. Partant du point où s'étaient arrêtées les recherches de Helmholtz, de Ferrel, de Sir William Thomson et d'autres, il remonta, fort avant jusque dans la nuit des temps, la marche du retard par les marées du mouvement rotatoire de la Terre, et plaça la Lune, durant l'enfance de notre planète, à seulement "une fraction de sa distance actuelle". En somme, d'après sa théorie, c'était la Lune qui s'était séparée de la Terre. L'élévation de marée concourant avec l'impulsion de la masse globulaire – la tendance centrifuge étant alors presque égale à la gravitation – celle-ci fut vaincue et la masse soulevée par la marée put ainsi se séparer complètement de la Terre 143.

L'Occultisme enseigne l'inverse. La Lune est beaucoup plus âgée que la Terre ; et, comme nous l'avons expliqué dans le Volume I, c'est cette dernière qui doit la vie à l'autre, quelle que soit l'explication que l'Astronomie et la Géologie puissent donner de ce fait. De là viennent les marées et l'attraction vers la Lune, comme nous le constatons en voyant les parties liquides du Globe chercher sans cesse à s'élever jusqu'à leur mère. Telle est la signification de la phrase qui dit que l'Eau-Mère "se souleva et disparut dans la Lune qui l'avait élevée, qui lui avait donné naissance".

 143 Voyez pourtant les objections soulevées plus tard, dans les œuvres de divers géologues, contre cette théorie. Comparez avec les articles de Sir R. S. Ball, dans Nature ; XXV, 79-82, 103-107, 24 novembre et 1er décembre 1881.

 

Shloka 10. Le commencement de la formation de la croûte

 

Quand 144 ils furent détruits, la Terre-Mère resta nue 145. Elle demanda à être séchée 146.

L'heure de la formation de la croûte de la Terre avait sonné. Les eaux s'étaient séparées et le processus commença. Ce fut  le commencement d'une vie nouvelle. C'est là ce qu'une [III 81] clef nous divulgue. Une autre clef enseigne l'origine de l'Eau, son mélange avec le Feu – "le Feu Liquide", suivant l'expression employée – et entreprend une description Alchimique de la progéniture de ces deux – des matières solides comme les minéraux et les terres. Des "Eaux de l'Espace", le produit du Feu Spirituel mâle et de l'Eau femelle (gazeuse) devint l'étendue de l'Océan sur la Terre. Varouna est attiré en bas, du haut de l'Espace infini, pour régner comme Neptune sur les mers limitées. Comme toujours, l'on constate que l'imagination populaire s'appuie sur une base strictement scientifique.

L'eau est le symbole de l'Elément Femelle partout ; la Matièred'où provient la lettre M, est dérivée graphiquement de ΛΛΛ, hiéroglyphe de l'eau. C'est la Matrice Universelle ou le "Grand Abîme". Vénus, la Grande Vierge-Mère, jaillit du sein des vagues et Cupidon ou Erôs est son fils. Mais Vénus n'est que la plus récente variante mythologique de Gæa, Gaia, la Terre, qui, sous son aspect supérieur, est Prakriti, la Nature et, au point de vue métaphysique, Aditi et même Mûlaprakriti, la Source de Prakriti ou son noumène.

Aussi Cupidon ou l'Amour est, dans son sens primitif, Eros,  la Volonté Divine, ou le désir de se manifester au moyen de la création visible. De là Fohat, le prototype d'Eros, devient sur la Terre, la Grande Puissance, "l'Electricité Vitale" ou l'Esprit du "don de Vie". N'oublions pas la Théogonie Grecque et entrons dans l'esprit de sa Philosophie. Les Grecs nous enseignent que tout, y compris les Dieux, doit la vie à l'Océan et à son épouse Téthys, qui est Gæa, la Terre ou Nature. Mais qu'est l'Océan ? L'Océan, c'est l'Espace non mesurable – l'Esprit dans le Chaos – qui est la Divinité, et Téthys n'est pas la Terre, mais la Matière Primordiale en Voie de formation. Dans notre cas, ce n'est plus Aditi-Gæa qui engendre Ouranos ou Varouna, le principal Aditya parmi les sept Dieux Planétaires, mais Prakriti, matérialisée et localisée. La Lune, masculine dans son caractère théogonique, est, sous son aspect cosmique seulement,  le principe générateur femelle, de même que le Soleil en est l'emblème mâle. L'Eau est la progéniture de la Lune, divinité androgyne pour toutes les nations.

144 Les Roupas.

145 La Déesse qui donna naissance à ces monstres primordiaux fut, d'après Bérose, Thalatth, en grec, Thalassa, la "Mer".

146 Voyez, pour comparer, le récit de la créature par Bérose, tel qu'il est conservé dans Alexandre Polyhistor, et les êtres hideux nés du double principe – Terre et Eau – dans l'abîme de la Création Primordiale : les Nâras (les Centaures, hommes ayant des membres de chevaux et des corps d'hommes) et les Kinnaras (hommes à têtes de chevaux), créés par Brahmâ au commencement du Kalpa.

 

L'évolution se poursuit suivant les lois de l'analogie, dans le Cosmos, aussi bien que dans la formation du plus petit Globe. Aussi, ce qui est dit plus haut concernant le modus operandi à l'époque de l'apparition de l'Univers, s'applique aussi au cas spécial de la formation de notre Terre.

La STANCE que nous commentons en ce moment commence par parler de trente crores, 300.000.000 d'années. On pourrait [III 82] nous demander : "Que pouvaient savoir les anciens au sujet de la durée des périodes géologiques, alors qu'aucun Savant ou Mathématicien moderne n'est capable de calculer leur durée avec un semblant d'approximation exacte ?" Qu'ils aient ou qu'ils n'aient pas disposé de meilleurs moyens – et on maintient qu'ils en disposaient, comme le prouvent leurs Zodiaques – nous allons maintenant faire connaître la chronologie des Brahmanes avec toute la fidélité possible.

 

LA CHRONOLOGIE DES BRAHMANES

 

Il n'y a pas de plus grande énigme pour la Science, il n'y a pas de problème plus désespérément insoluble que cette question : "Quel est – même approximativement – l'âge du Soleil et de la Lune, de la Terre et de l'Homme ?" Que sait la Science Moderne sur la longueur des Périodes Géologiques ? Rien, absolument rien.

Si l'on s'adresse à la Science pour avoir des renseignements chronologiques, les savants qui sont francs et véridiques, comme l'éminent Géologue  Pengelly,  par  exemple,  vous  répondent :  "Nous  ne savons pas." 147 On apprend que, jusqu'à présent, on n'a pu établir aucune estimation numérique digne de foi des âges du Monde et de l'Homme, et que la Géologie, comme l'Anthropologie pataugent. Pourtant, lorsqu'un étudiant de la Philosophie Esotérique se permet de mettre en avant les enseignements de la Science Occulte, sa voix est immédiatement étouffée. Pourquoi doit-il en être ainsi, alors que, réduits à leurs propres méthodes physiques, les plus grands Savants ont été incapables d'arriver à un accord, même approximatif ?

Il est vrai que la Science ne mérite guère d'être blâmée à cause de cela. Dans les ténèbres Cimmériennes des âges préhistoriques, les explorateurs sont véritablement perdus dans un labyrinthe dont les vastes corridors sans portes n'offrent aucune issue conduisant vers le passé archaïque. Perdus au milieu de l'amas confus de leurs propres spéculations contradictoires, repoussant, comme ils l'ont toujours fait, le témoignage de la tradition orientale, ne disposant d'aucun indice, d'aucun jalon sûr pour les guider, que peuvent faire les Géologues ou les Anthropologues, si ce n'est de ramasser le mince [III 83] fil d'Ariane, là où ils l'aperçoivent d'abord, et de marcher ensuite au petit bonheur ? Aussi commence-t-on par nous dire que la date la plus reculée jusqu'à laquelle remontent les archives documentaires n'est généralement considérée maintenant par l'Anthropologie que comme "le point le plus reculé de la période préhistorique qui soit distinctement visible" – suivant les termes employés par l'auteur de l'article de l'Encyclopœdia Britannica. On avoue en même temps "qu'au-delà de cette période s'étend une vaste série indéfinie d'âges préhistoriques".

C'est par ces "âges"-là que nous allons commencer. Ils ne sont "préhistoriques" que pour l'œil nu de la Matière. Pour l'œil d'aigle spirituel du Voyant et du Prophète de toute race, le fil d'Ariane s'étend au-delà de cette "période historique", sans rupture ni défaut, plongeant d'une façon sûre et continue jusque dans la nuit des temps elle-même, et la main qui le tient est trop puissante pour le lâcher ou même pour le laisser se rompre. Des archives existent, bien que les profanes puissent les écarter comme imaginaires, quoique en réalité une bonne partie d'entre elles soient tacitement acceptées par des philosophes et des hommes d'un grand savoir et ne soient invariablement repoussées que par la corporation officielle et collective de la Scienceorthodoxe. Or, puisque celle-ci se refuse à nous donner une idée, même approximative, de la durée des âges géologiques – sauf dans quelques rares hypothèses contradictoires – voyons ce que peut nous enseigner la Philosophie Aryenne.

147 Consultez la Philosophy, du professeur Lefèvre, pour y trouver un aveu semblable, p. 481.

 

Les computations que nous trouvons dans Manou et  dans les Pourânas – à part des exagérations sans importance et très évidemment intentionnelles – sont, comme nous l'avons déjà dit, presque identiques à celles que fournit la philosophie Esotérique. On peut le voir en les comparant dans n'importe quel calendrier Hindou tenu pour orthodoxe.

Le plus complet et le meilleur de tous les calendriers de ce genre qui existe actuellement est, de l'aveu des savants Brahmanes de l'Inde Méridionale, le calendrier Tamil dont nous avons déjà parlé, que l'on appelle le Tiroukkanda Panchanga 148 et qui, nous dit-on, a été compilé au moyen de fragments secrets des données d'Asouramaya avec lesquelles il est en parfaite concordance. De même qu'on tient Asouramaya pour le plus grand des Astronomes, on chuchote aussi qu'il a été le plus puissant "Sorcier" de l'Ile Blanche qui était devenue NOIRE par ses péchés, c'est-à- dire des îles de l'Atlantide.

Le nom  "d'Ile  Blanche"  est  symbolique.  On  dit  qu'Asouramaya [III 84] a vécu, comme dans la tradition de la Jñânabhâskara, à Romaka- poura, dans l'Ouest ; parce que le nom est une allusion au pays et au berceau des "Nés-de-la-Sueur" de la Troisième Race. Cette terre ou continent avait disparu bien des siècles avant l'époque d'Asouramaya, puisque c'était un Atlante ; mais c'était un descendant direct de la Race Sage, la Race qui ne meurt jamais. Nombreuses sont les légendes qui ont trait à ce héros, pupille de Soûrya, le Dieu Solaire lui-même, comme le prétendent les récits indiens. Il importe peu qu'il ait vécu sur l'une ou l'autre des îles ; le tout est de prouver que ce n'est pas un mythe, comme le voudraient le Professeur Weber et d'autres. Le fait que l'on désigne Romaka-poura, dans l'Ouest, comme le lieu de naissance de ce héros des Ages Archaïques, est d'autant plus intéressant qu'il rappelle vivement l'Enseignement Esotérique au sujet des Races Nées-de-la-Sueur, les hommes nés des "pores de leurs parents". "ROMA KOUPAS" veut dire "pores pileux" en sanscrit. Dans le Mahâbhârata 149, on dit qu'un peuple appelé les Raumas aurait été créé des pores de Vîrabhadra, le terrible géant qui détruisit le sacrifice de Daksha. D'autres tribus et d'autres peuples sont aussi représentés comme étant nés de cette façon. Tout cela se rapporte à la fin de la Seconde et au commencement de la Troisième Race-Racine.

148 Voir plus haut, page 64.

149 Parva XII. Adhyâya 10. Shloka 308.

 

Les chiffres suivants sont tirés du calendrier dont nous venons de parler ; dans une note, on indique les points de désaccord avec les chiffres de l'école Arya Samâj :

  1. Depuis le commencement de l'évolution Cosmique 150 jusqu'à l'année hindoue de Tarana (ou 1887)        1.955.884.687 ans
  2. Les règnes (astrals), minéral, végétal et animal, jusqu'à l'Homme ont mis pour évoluer
  3. Temps écoulé depuis la première 300.000.000  d'années 151 [III 85] apparition de "l'Humanité" (sur notre  1.664.500.987  ans 152 Chaîne Planétaire)
  4. Le nombre d'années écoulées depuis le Manvantara de Vaivasvata 153 – ou la Période Humaine– jusqu'à l'année 1887, est juste de La période entière d'un Manvantara est de Quatorze Manvantaras, plus la période d'un Satya Youga, font un 18.618.728 ans [III 86] 308.448.000 ans

 

Jour   de    Brahmâ    ou   Manvantara

complet, soit

4.320.000.000

d'années

Donc, un Mahâ Youga comprend

4.320.000

années 154

Entre       l'année       1887       et       le commencement  du  Kali  Youga,   il

 

4.989

 

ans

s'est écoulé

 

 

  

Pour rendre ceci plus clair encore dans ses détails, les calculs suivants, de Rao Bahadur P. Sreenivas Row, sont extraits du numéro de novembre 1885 du Theosophist.

 

 

ANNEES MORTELLES

360 jours des mortels font une année

1

Le Krita Youga contient

1.728.000

Le Tretâ Youga contient

1.296.000

Le Dvâpara Youga contient

864.000

Le Kali Youga contient

432.000

Le total de ces quatre Yougas constitue un Mahâ Youga de

 

4.320.000

Soixante et onze de ces Mahâ Yougas forment la période du règne d'un Manou, soit

 

 

306.720.000

Les règnes des quatorze Manous embrassent une durée de 994 Mahâ Yougas, soit un total de

 

 

4.294.080.000

Ajoutez les Sandhis, c'est-à-dire les intervalles qui séparent les règnes de chaque Manou, intervalles qui équivalent à six Mahâ Yougas, on a

 

 

 

25.920.000

Le total des règnes et interrègnes de ces quatorze Manous est de 1.000 Mahâ Yougas, qui constituent un Kalpa, c'est-à- dire un jour de Brahmâ ou

 

 

 

4.320.000.000

Une nuit de Brahmâ a la même durée, de sorte qu'un Jour et une Nuit de Brahmâ contiendraient

 

 

8.640.000.000

360 de ces Jours et de ces nuits constituent une année de Brahmâ qui s'élève à

 

3.110.400.000.000

 

100 de ces Années constituent la période entière de l'Age de Brahmâ, c'est-à-dire  un Mahâ Kalpa, ou 311.040.000.000.000

[III 87]

Tels sont les chiffres exotériques universellement acceptés dans l'Inde, et ils s'emboîtent passablement avec ceux des Ouvrages Secrets. En outre, ces derniers les amplifient en les divisant en un certain nombre de Cycles Esotériques qui ne sont jamais mentionnés dans les écrits Brahmaniques populaires – dont entre autres, la division des Yougas en Cycles Raciaux est donnée ailleurs comme un exemple. Les autres, dans leurs détails, n'ont naturellement, jamais été rendus publics. Ils sont néanmoins connus de tous les Brahmanes "Deux fois Nés" (les Dvija ou Initiés) et les Pourânas contiennent, en termes voilés, des allusions à quelques-uns d'entre eux, allusions qu'aucun Orientaliste positif n'a encore cherché à déchiffrer et que, le voulut-il, il ne pourrait du reste pas le faire.

Ces Cycles Astronomiques sacrés sont d'une immense antiquité, et la plupart d'entre eux sont dus, dit-on, aux calculs de Nârada et d'Asouramaya. Ce dernier a la réputation d'un Géant et Sorcier. Mais les Géants Antédiluviens – les Gibborim de la bible – ne furent pas tous méchants ou Sorciers, comme le voudrait la Théologie Chrétienne, qui voit dans chaque Occultiste un serviteur du Malin, et ne furent même pas plus méchants que bien des "fidèles enfants de l'Eglise". Un Torquemada et une Catherine de Médicis firent certainement plus de mal de leur temps, au nom de leur Maître, qu'aucun Géant ou Demi-Dieu Atlantéen de l'antiquité n'en fit jamais, qu'il S'agisse des Cyclopes, de Méduse ou même du Titan Orphique, le monstre anguipède connu sous le nom d'Ephialtès. Il y avait jadis de bons "géants", exactement comme il y a maintenant de méchants "pygmées", et les Rakshasas et Yakshas de Lankâ ne sont pas pires que nos modernes dynamiteurs et que certains généraux, Chrétiens et civilisés, durant les guerres modernes. Ce ne sont pas davantage des mythes.

Celui qui se moquerait de Briarée et d'Orion devrait s'abstenir d'aller à Karnac ou à Stonehenge et même d'en parler, dit quelque part un écrivain moderne.

 Comme les chiffres Brahmaniques donnés plus haut constituent approximativement les calculs basiques de notre Système Esotérique, le lecteur est prié de les conserver soigneusement dans sa mémoire.

Dans l'Encyclopædia Britannica, nous trouvons, comme dernier mot de la Science, que l'antiquité de l'homme ne peut s'étendre que sur "des dizaines de milliers d'années". Il [III 88] devient évident que, puisque ces chiffres peuvent être amenés à varier entre 10.000 et 100.000, ils ne signifient pas grand chose, si même ils signifient quelque chose, et ne font que rendre plus denses les ténèbres qui enveloppent la question. En outre, qu'importe que la Science place la naissance de l'homme durant les "amas pré-glaciaire ou post-glaciaire", si l'on nous dit en même temps que ce que l'on appelle la "Période Glaciaire" n'est qu'une longue succession de périodes qui :

Se fondent sans changements brusques d'aucune sorte dans ce que l'on appelle la période humaine ou récente... le chevauchement des périodes géologiques l'une sur l'autre ayant été la règle depuis l'origine des temps. 155

Cette dernière "règle" a pour résultat l'information encore plus embarrassante, même si elle est strictement scientifique et correcte, d'après laquelle :

Même de nos jours, l'homme est le contemporain de l'époque glaciaire, dans les vallées des Alpes et dans le Finmark. 156

Ainsi, sans les leçons enseignées par la DOCTRINE SECRETE et même par l'Hindouisme exotérique et ses traditions, nous en serions encore réduits à flotter dans une incertitude embarrassée entre les "Epoques" indéfinies d'une école scientifique, les "dizaines de milliers d'années" de l'autre et les 6.000 ans des interprètes de la Bible. C'est là une  des multiples raisons pour lesquelles, avec tout le respect qui est dû aux conclusions des hommes érudits de nos jours, nous sommes contraints de les ignorer dans toutes ces questions d'antiquité pré-historique.

 155 Op. cit., Art. "Geology".

156 Ibid. Cela fournit une chance, même à la biblique "Chronologie d'Adam" de 6.000. ans.

 

La Géologie et l'Anthropologie modernes doivent, naturellement, être en désaccord avec nous, mais l'occultisme trouvera, contre ces deux Sciences, autant d'armes qu'il en possède contre les théories astronomiques et physiques, en dépit de M. Laing qui assure que :

Dans les calculs [chronologiques] de ce genre [se rapportant à des formations plus ou moins anciennes], il n'existe pas de théories, ces calculs sont basés sur des faits positifs limités seulement par une certaine quantité d'erreur possible [?], en plus ou en moins. 157  [III 89]

L'occultisme prouvera, les aveux scientifiques en mains, que la Géologie est dans une grande erreur, et qu'elle y est, très souvent, plus encore que l'Astronomie. Dans le passage même où M. Laing donne le pas à la Géologie sur l'Astronomie, au point de vue de l'exactitude, nous trouvons quelques lignes qui sont en contradiction flagrante avec ce qu'admettent les meilleurs Géologues eux-mêmes. L'auteur dit :

Bref, les conclusions de la géologie, au moins jusqu'à la période Silurienne 158 lorsque l'ordre actuel des choses fut vraiment inauguré, sont des faits approximatifs [en effet] et non des théories, tandis que les conclusions astronomiques sont des théories, basées sur des données si incertaines, que si, dans certains cas, elles donnent des résultats incroyablement courts... dans d'autres, elles en donnent qui sont presque incroyablement longs. 159

Après quoi, le lecteur est prévenu que "le moyen le plus sur"

Semble être de tenir pour acquis que la géologie prouve que l'ordre actuel des choses a duré un peu plus de 100 millions d'années et que l'astronomie assigne une durée énorme, bien qu'inconnue, s'étendant au-delà dans le passé comme dans l'avenir, pour la naissance, la croissance, la maturité, le déclin et la mort du système solaire dans lequel notre terre est une petite planète, traversant actuellement la phase habitable. 160

157 Modern Science and Modern Thought, 48.

158 Jusqu'à la période Silurienne, en ce qui concerne les mollusques et la vie animale – d'accord ; mais que savent-ils de l'homme ?

159 Ibid., loc. cit.

160 Ibid., 49.

161 Winchell, World-Life 180.

 

 

Si nous en jugeons par l'expérience passée, nous n'avons pas le moindre doute que si on l'invitait à répondre aux affirmations absurdes, anti-scientifiques et déraisonnables de la chronologie arienne  exotérique (et  Esotérique),  le  Savant  aux  résultats  "incroyablement  courts", soit 15.000.000 d'années seulement, et le Savant qui "exigerait 600.000.000 d'années", ainsi que ceux qui acceptent le 1.000.000.000 d'années 161 de M. Huxley, "depuis que la sédimentation a commencé en Europe", seraient tous aussi dogmatiques les uns que les autres. Ils ne manqueraient pas non plus de rappeler aux Occultistes et aux Brahmanes que ce sont les Savants modernes, seuls, qui représentent la Science exacte, dont le devoir est de combattre l'inexactitude et la superstition.

La Terre ne traverse la "phase habitable" que pour l'ordre [III 90] actuel des choses et en tant qu'il est question de notre humanité actuelle, avec ses "vêtements de peau" et du phosphore pour les os et le cerveau.

Nous sommes prêts à accepter les 100 millions d'années offerts par la Géologie, puisqu'on nous enseigne que notre humanité physique actuelle – ou Humanité Vaivasvata – n'a commencé qu'il y a dix-huit millions d'années, mais, comme nous l'avons démontré, la Géologie ne peut nous présenter aucun fait au sujet de la durée des périodes géologiques, pas plus, du reste, que l'Astronomie. La lettre authentique de M. W. Pengelly, F.R.S., citée autre part, dit :

Il est actuellement et il sera peut-être toujours impossible de réduire, même approximativement, les périodes géologiques en années, ou même en millénaires.

Et comme la Géologie n'a encore jamais exhumé un homme fossile d'un type autre que celui de la forme actuelle – que peut-elle savoir à son sujet ? Elle a reconstitué des zones ou couches et, grâce à elles, la vie zoologique primordiale jusqu'au Silurien. Lorsqu'elle aura, de la même façon, reconstitué l'homme en remontant jusqu'à sa forme protoplasmique primordiale, nous admettrons alors qu'elle peut savoir quelque chose de l'homme   primordial.   S'il   n'est   pas   très   important   pour   "l'action   des découvertes scientifiques modernes sur la pensée moderne" de déterminer Si l'homme a existé dans un état de progression constante, bien que lente, durant les dernières 50.000 années d'une période de 15 millions, ou durant les dernières 500.000 années d'une  période  de  150 millions, 162 comme M. S. Laing le dit à ses lecteurs, c'est au contraire très important pour les affirmations des Occultistes. A moins que ces derniers  ne prouvent qu'il est possible, sinon tout à fait certain que l'homme vivait il y a dix-huit millions d'années, LA DOCTRINE SECRETE eût tout aussi bien pu n'être pas écrite. Il faut donc tenter quelque chose dans ce sens et ce sont nos modernes Géologues et les Savants, en général, qui seront appelés à témoigner en faveur de ce fait dans la Partie 3 du Volume 4. En attendant, et bien que la Chronologie Hindoue soit constamment représentée par les Orientalistes comme une fiction qui ne serait basée sur aucun calcul "réel" 163, mais serait une simple "vantardise puérile", [III 91] elle n'en est pas moins souvent déformée au point de devenir méconnaissable pour être amenée à concorder avec les théories Occidentales. Aucun chiffre n'a jamais été plus tourné et retourné, n'a jamais été plus torturé, que les fameux 4, 3 et 2, suivis de zéros, des Yougas et des Mahâ Yougas.

Comme tout le Cycle des événements préhistoriques, tels que l'évolution et la transformation des Races, et l'extrême antiquité de l'homme dépendent de cette Chronologie, il devient très important d'en contrôler l'exactitude à l'aide des autres calculs qui existent. Si la Chronologie Orientale est repoussée, nous aurons au moins la consolation de prouver qu'aucune autre – qu'il s'agisse des chiffres de la Science ou de ceux de l'Eglise – n'est le moins du monde plus digne de foi. Comme le dit le Professeur Max Müller, il est souvent tout aussi utile d'établir qu'une chose n'est pas, que d'établir ce qu'elle pourrait être. Lorsque nous aurons réussi à mettre en lumière la fausseté des calculs Chrétiens, comme des calculs Scientifiques – en leur fournissant loyalement l'occasion d'être comparés à notre Chronologie – ni les uns ni les autres n'auront plus de base raisonnable pour déclarer que les chiffres Esotériques sont moins dignes de foi que les leurs.

162 Op. cit., 49.

163 Vishnou Pourâna de Wilson, 1, 51 et seq.

 164 I. 115.

 

Nous pouvons renvoyer ici le lecteur à notre premier ouvrage, Isis Dévoilée 164, pour quelques remarques au sujet des chiffres qui ont été cités un peu plus haut.

Aujourd'hui, quelques faits nouveaux peuvent être ajoutés aux renseignements qui sont donnés dans cet ouvrage, qui est déjà connu de tous les Orientalistes. Le caractère sacré du cycle de 4.320, avec des zéros additionnels, réside dans le fait que les chiffres qui le composent, pris séparément ou réunis en combinaisons diverses, sont, tous sans exception, des symboles des plus grands mystères de la Nature. En effet, que l'on prenne le 4 ou le 3 séparément, ou réunis et formant 7, ou encore le 4, le 3 et le 2 additionnés ensemble et formant 9, tous ces nombres ont leur application dans les questions les Plus sacrées et les plus Occultes, et rapportent l'action de la Nature dans ses phénomènes éternellement périodiques. Ce sont des nombres qui ne sont jamais incertains, qui reviennent perpétuellement et dévoilent à celui qui étudie les secrets de la Nature, un Système vraiment divin, un plan Cosmogonique intelligent, qui se traduit par des divisions cosmiques naturelles du temps, des saisons, des influences invisibles et des phénomènes astronomiques, avec leur action et leur réaction sur la nature terrestre et même morale ; sur la [III 92] naissance, la mort et la croissance, sur la santé et la maladie. Tous ces événements naturels sont basés sur le processus cyclique du Cosmos lui- même, processus dont ils dépendent en produisant des agents périodiques qui, agissant de l'extérieur, affectent la Terre et tout ce qui y vit et respire d'un bout à l'autre de tout Manvantara. Les causes et les effets sont ésotériques, exotériques et, pour ainsi dire, endexotériques.

Dans Isis Dévoilée, nous avons écrit ce  que  nous  répétons aujourd'hui : "Nous sommes au point le plus bas d'un cycle et évidemment dans un état transitoire." Platon partage les progrès intellectuels de l'Univers, durant chaque Cycle, en période fertile et période stérile. Dans les régions sublunaires, les sphères des divers éléments restent éternellement en parfaite harmonie avec la Nature Divine, dit Platon, "mais leurs parties", en raison de leur trop grande proximité de la Terre et de leur union avec ce qui est terrestre (c'est-à-dire avec la Matière et, par suite,  le royaume du mal), sont parfois contraires à la Notion (Divine). Lorsque ces courants – qu'Eliphas Lévi appelle des "courants de la Lumière Astrale" – qui circulent dans l'Ether universel, lequel renferme en lui tous les éléments, ont lieu en harmonie avec l'Esprit Divin, notre Terre, avec tout ce qu'elle contient, jouit d'une période fertile. Les pouvoirs Occultes des plantes, des animaux et des minéraux sympathisent d'une façon magique avec les "natures supérieures", et l'Ame Divine de l'homme est en parfaite intelligence avec ces "inférieurs". Au contraire, durant les périodes stériles, ces derniers perdent leur sympathie magique, et la vue spirituelle de la majeure partie de l'humanité est tellement frappée de cécité qu'elle perd toute notion des pouvoirs supérieurs de son propre Esprit Divin. Nous traversons une période stérile ; le dix-huitième siècle, durant lequel la fièvre maligne du scepticisme a éclaté d'une façon si irréprimable, a légué l'incroyance au dix-neuvième, comme un mal héréditaire. L'intellect divin est voilé dans l'homme ; seul, son cerveau animal s'occupe  à "philosopher". Or, s'il reste seul à philosopher, comment peut-il comprendre la "Doctrine de l'Ame" ?

Pour ne pas perdre maintenant le fil de notre récit, nous donnerons, dans la deuxième partie du Tome IV, des preuves frappantes de l'existence de ces lois cycliques. En attendant, nous continuons nos explications sur les Cycles Géologiques et les Cycles Raciaux. [III 93]

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bon.christo@free.fr (Super User) LA DOCTRINE SECRETE VOL 3 Fri, 16 Jan 2015 19:44:43 +0000
STANCE III - TENTATIVES POUR CREER L'HOMME https://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-3/172-stance-iii-tentatives-pour-creer-l-homme https://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-3/172-stance-iii-tentatives-pour-creer-l-homme

STANCE III

TENTATIVES POUR CREER L'HOMME

 

  1. La Descentedu Démiurge
  2. Les Dieux Lunaires reçoivent l'ordre de créer.
  3. Les Dieux Supérieurs refusent.

 

Shloka 11. La Descente du Démiurge

 

Le Seigneur des Seigneurs vint. Il sépara les Eaux de son 165 Corps et cela fut le Ciel  au-dessus,  le Premier Ciel 166

165 Le texte anglais dit Her, ce qui indique que le possesseur du Corps est féminin (N.D.T.).

166 L'atmosphère ou air, le firmament.

 

Ici la tradition revient de nouveau à l'Universel. Ce que contient la version primitive, reproduite dans les Pouranas, se  retrouve également dans la version postérieure ou version Mosaïque. Il est dit  dans  la première :

Lui, le Seigneur [le Dieu qui a la forme de Brahmâ], lorsque le monde ne fut plus qu'un océan, en conclut que la terre gisait dans le sein des eaux et désireux de l'élever [de la séparer], se créa lui-même sous une autre forme. De même que durant le précédent Kalpa [Manvantara], il avait pris la forme d'une tortue, durant celui-ci, il prit celle d'un sanglier, etc. 167

Dans la "création" Elohistique 168 "Dieu" crée "un firmament au milieu des eaux" et dit "que la terre ferme apparaisse". Nous en arrivons maintenant à la cheville traditionnelle qui contient la portion Esotérique de l'interprétation Cabalistique.

 167 Harivamsha, I, 36.

168 Genèse, 1, 6-9.

  

 Shloka 12. Les Dieux Lunaires reçoivent l'ordre de créer.

 

Les grands Chohans 169 appelèrent les Seigneurs de la Lune, des Corps Aériens : "Amenez des Hommes 170, des Hommes de votre nature. Donnez-leur 171 leurs Formes [III 94] internes. Elle 172 édifiera les  Revêtements externes 173. Ils seront Mâles-Femelles. Seigneurs de la Flamme aussi..."

169 Seigneurs.

170 Leur dit-on.

171 C'est-à-dire aux Jivas ou Monades.

172 La Terre Mère ou Nature.

173 Les corps externes.

 

Qui sont les "Seigneurs de la Lune" ? Dans l'Inde, on les appelle les Pitris ou les "Ancêtres Lunaires", mais, dans les écrits hébraïques, c'est Jéhovah lui-même qui est le "Seigneur de la Lune",  collectivement, comme la Légion, et aussi comme un des Elohim. L'Astronomie des Hébreux et leur "observation des temps" étaient réglées par la Lune. Un Cabaliste ayant prouvé que "Daniel... enseignait la providence de Dieu au moyen de temps fixes" et que l'Apocalypse 174 de Jean "parle d'une cité cubique, soigneusement mesurée, qui descend des cieux", etc., ajoute :

Mais le pouvoir vitalisant du ciel réside principalement dans la lune... C'était le הוהי, [Jéhovah] Hébreu – et saint Paul recommande : – "Qu'aucun homme ne vous juge sur votre observance du septième jour et du jour de la nouvelle lune – qui sont une ombre de choses à venir, mais le corps [ou substance] est du Christ", c'est-à-dire Jéhovah – la fonction de ce pouvoir qui "fit de la femme stérile une heureuse mère d'enfants", – "car ils sont le don de Jéhovah"... ce qui donne la clef de l'objection soulevée par le mari de la Shunamite qui voulait aller à l'homme de Dieu : – "mais ce n'est ni le septième jour ni le  jour de  la nouvelle  lune" 175.  Les pouvoirs spirituels vivants des constellations indiquaient de grandes guerres, par les mouvements et les positions des étoiles et des planètes et spécialement comme résultat de la conjonction de la lune, de la terre et du soleil. Bentley se livre à des commentaires sur la "guerre entre les dieux et les géants" des Hindous, comme ayant été indiquée par l'éclipse du soleil à la hauteur du nœud ascendant de la lune, en l'an 945 av. J.-C. [!], époque où naquit 176, ou sortit du sein de la mer, S-r-i (Sarai, S-r-i, la femme de l'Abram hébreu 177, qui était la  Vénus-Aphroditus [sic] des Occidentaux, l'emblème "de l'année [III 95] luno- solaire, ou la lune [puisque Srî est l'épouse de la Lune ; voyez la note], la déesse de l'accroissement 178"... [C'est pourquoi] le grand monument et le jalon de l'exacte période de l'année et du mois lunaires, au moyen de laquelle ce cycle [de 19 années tropicales du Soleil et de 235 révolutions de la Lune] pouvait être calculé, était le Mont Sinaï – le Seigneur Jéhovah y descendant... Paul parle [alors] comme un mystagogue, lorsqu'il dit, au sujet de la femme libre et de la femme esclave d'Abraham : – "Car cette Agar (la femme esclave d'Abraham) c'est le Mont Sinaï en Arabie". Comment une femme pourrait- elle être une montagne ? et une telle montagne surtout. Pourtant, dans un sens... elle l'était et dans un sens merveilleusement vrai. Son nom était Agar, en hébreu, רגה, dont le nombre est 235 ou, en mesure exacte, le nombre même des mois lunaires qui correspondent à 19 années tropicales pour compléter ce cycle et rendre bonnes la ressemblance et la similitude ; le Mont Sinaï étant, dans le langage ésotérique de cette sagesse, le monument du temps exact de l'année et du mois lunaires, au moyen desquels ce cycle spirituel vitalisant pouvait être calculé et, vraiment, cette montagne était appelée (Fuerst) "la Montagne de la Lune (Sin)". De même Sarai (SRI), l'épouse d'Abram, ne pouvait avoir aucun enfant jusqu'à ce que son nom eût été changé en celui de Sarah, הרש qui lui donnait la propriété de cette  influence lunaire. 179

176 Selon la merveilleuse chronologie de Bentley, qui écrivait à une époque où la chronologie biblique n'était pas encore discutée et aussi selon la chronologie de ces Orientalistes modernes qui rapetissent autant qu'ils peuvent les dates Hindoues.

177 Or, Shrî est la fille de Bhrigou, un des Prajâpatis et des Richis, le chef des Bhrigous, les "Consumeurs", la Classe Aérienne des Dieux. Elle est Lakshmî, l'épouse de Vichnou ; elle est Gaurî, la "fiancée de Shiva" et elle est Sarasvatî, l'épouse "aqueuse" de Brahmâ, parce que les trois Dieux et Déesses ne sont qu'une seule et même personne sous trois aspects. Lisez l'explication donnée par Parâshara, dans le Vishnou Pourâna (Trad. de Wilson I, pp. 118-120) et vous comprendrez. "Le Seigneur de Shrî est la Lune, dit-il, et Shrî est l'épouse de Nârâyana, le Dieu des Dieux". Shrî ou Lakshmî (Vénus) est Indranî comme elle est Sarasvatî, car, suivant l'expression de Parâshara : "Hari [ou Ishvara, le "Seigneur"] est tout ce qui est appelé mâle [dans l'Univers] ; Lakshmî est tout ce qui est appelé femelle. Il n'y a rien d'autre qu'eux." Ainsi elle est femelle et "Dieu" est la Nature mâle.

178 Shrî est la Déesse de la "Fortune et de la Prospérité" et elle est elle-même ces deux choses.

 179 Masonic Review (Cincinnati), juin 1886. Article "The Cabbalah n° VI". 15-17.

 

On peut appeler cela une digression qui nous éloigne de notre sujet principal, mais c'est une digression très nécessaire, en pensant aux lecteurs Chrétiens. En effet, quel est celui qui, après avoir étudié, sans passion, les légendes d'Abram ou Abraham et de Sarai ou Sarah, qui était "jolie à voir", et celle de Brahmâ et Sarasvatî, ou Shrî, Lakshmî-Vénus, ainsi que les rapports de tous ceux-ci avec la Lune et l'Eau – surtout si celui qui étudie comprend la vraie signification Cabalistique du nom de Jéhovah, et ses relations et ses rapports avec la Lune – quel est celui, dis-je, qui pourra douter que l'histoire d'Abram ne soit basée sur celle de Brahmâ, ou que la Genèsen'ait été écrite conformément aux règles suivies par toutes les nations antiques ? Dans les [III 96] antiques Ecritures, tout est  allégorique – tout est basé sur l'Astronomie et la Cosmolâtrie auxquelles tout est indissolublement relié.

 

Shloka 13. Les Dieux Supérieurs refusent.

 

Ils 180 se rendirent, chacun sur le territoire qui lui fut alloué ; ils étaient Sept, chacun sur son Lot. Les Seigneurs de la Flamme restent derrière. Ils ne voulaient pas aller, ils ne voulaient pas créer.

180 Les Dieux Lunaires.

 

Les Enseignements Secrets montrent les divins  Progéniteurs créant des hommes sur sept portions du Globe, "chacun sur son lot" – c'est-à-dire chacun sur une Race d'hommes différente extérieurement et intérieurement et sur des zones différentes. Cette affirmation polygénésique est étudiée ailleurs, dans la Stance VII. Mais qui sont "Ceux" qui créèrent et les "Seigneurs de la Flamme", qui ne voulurent pas" ? L'Occultisme divise les "Créateurs" en Douze Classes, dont quatre ont atteint la "Libération" jusqu'à la fin de la "Grande Epoque" ; la cinquième est prête à l'atteindre, mais reste encore active sur les plans intellectuels, tandis que les sept autres sont encore directement soumises à la Loi Karmique. Ces dernières agissent sur les Globes de notre Chaîne sur lesquels se trouvent des êtres humains.

Les livres hindous exotériques mentionnent Sept Classes de Pitris et, parmi elles, deux genres distincts de Progéniteurs ou Ancêtres : les Barhishad et les Agnishvâtta, c'est-à-dire ceux qui possèdent le "feu sacré" et ceux qui en sont dépourvus. Le ritualisme Hindou semble les rattacher aux feux des sacrifices et aux Brahmanes Grihasthas dans des incarnations plus reculées ; ceux qui ont pris soin, comme ils le devaient, de leurs feux sacrés domestiques, dans des incarnations antérieures, et ceux qui n'en ont pas pris soin. La distinction, comme nous l'avons dit, est dérivée des Védas. La première et la plus haute classe (ésotériquement), celle des Agnishvâtta, est représentée, dans l'allégorie exotérique, comme composée de Grihastha ou de chefs de familles Brahmanes qui, ayant manqué au devoir d'entretenir leurs feux domestiques et d'offrir des sacrifices consumés par le feu, durant leurs existences passées dans d'autres Manvantaras, ont perdu tous droits à se voir présenter des offrandes avec du feu. Tandis, qu'au contraire, les Barhishad sont des  Brahmanes qui ayant entretenu leurs feux sacrés domestiques, sont honorés de cette façon jusqu'à présent. C'est pour cette raison que les Agnishvâtta sont représentés comme dépourvus de feux et les Barhishad comme en possédant. [III 97]

Mais la Philosophie Esotérique explique les qualifications originales comme étant dues à une différence dans la nature des deux classes ; les Agnishvâtta Pitris sont dépourvus de "feu", c'est-à-dire de passion créatrice, parce qu'ils sont trop divins et purs ; tandis que les Barhishad, étant les Esprits Lunaires en rapports plus étroits avec la Terre, devinrent les Elohim créateurs de la forme ou l'Adam de limon.

L'allégorie raconte que Sanandana et d'autres Védhas, les Fils de Brahmâ, sa première progéniture,

 Etaient sans désir ou passion, inspirés par la sagesse sainte, étrangers à l'univers et ne désiraient pas de progéniture. 181

C'est aussi ce que l'on veut dire, dans la shloka, par les mots : "Ils ne voulaient pas créer" et c'est expliqué comme suit :

Les Emanations Primordiales du Pouvoir Créateur sont trop voisines des Causes Absolues. Ce sont des forces de transition, des forces latentes, qui ne se développeront que dans la prochaine étape et celles qui suivront.

Cela explique clairement la chose. Aussi dit-on que Brahmâ ressentit de la colère, en voyant que ces Esprits incarnés, tirés de ses membres [gâtra], ne voulaient pas se multiplier.

Après quoi, dans l'allégorie, il créa sept autres Fils nés du Mental 182, soit, Marichi, Atri, Angiras, Poulastya, Poulaha, Kratou et Vasishtha ; ce dernier est souvent remplacé par Daksha, le plus prolifique des Créateurs. Dans la plupart des textes, ces Sept Fils de Vasishtha-Daksha sont appelés les Sept Richis du Troisième Manvantara ; cela se rapporte aussi bien à la Troisième Ronde qu'à la Troisième Race-Racine et à ses Races-Branches de la Quatrième Ronde. Ce sont tous les Créateurs des divers Etres qui sont sur cette Terre, les Prajâpati, et ils apparaissent en même temps, sous forme de réincarnations diverses, durant les premiers Manvantaras ou Races.

On comprend maintenant pourquoi les Agnishvâtta, dépourvus du feu créateur grossier et, par suite, inaptes à créer l'homme physique, puisqu'ils n'avaient ni Double, ni Corps Astral à projeter, attendu qu'ils ne possédaient aucune forme, sont représentés, dans les  allégories exotériques, comme des Yogis et des Koumâras (chastes adolescents) qui devinrent des [III 98] "rebelles", des Asouras combattant les Dieux et leur faisant  de  l'opposition,  etc. 183.  Pourtant  eux  seuls  pouvaient  compléter l'homme, c'est-à-dire faire de lui un Etre soi-conscient, presque divin – un Dieu sur la Terre. Les Barhishad, bien que possédant le "feu créateur", étaient dépourvus de l'élément MAHAT-ique supérieur. Placés sur le même rang que les "Principes" inférieurs – ceux qui précèdent la matière objective grossière – ils ne pouvaient donner naissance qu'à l'homme extérieur, ou plutôt au modèle de l'homme physique, l'homme  astral. Aussi, bien que nous leur voyons confier cette tâche par Brahmâ – le Mahat collectif ou Mental Divin Universel – le "Mystère de la Création" est répété sur la Terre, mais en sens inverse, comme dans un miroir.

181 Vishnou Pourâna, Traduction de Wilson, I, pp. 101-102.

182 Voyez Mahâbhârata, Mokshadharma Parvan.

183 Parce que, comme le démontre l'allégorie, les Dieux qui n'avaient aucun mérite qui leur fut personnel, craignant la sainteté de ces Etres Incarnés qui, luttant par eux-mêmes, étaient devenus des Ascètes et des Yogis, et menaçaient ainsi de renverser leur pouvoir grâce à ceux qu'ils avaient acquis par eux-mêmes – les dénoncèrent. Tout cela a un sens profondément philosophique et se rapporte à l'évolution et à l'acquisition de pouvoirs divins au moyen d'efforts personnels. Dans les Pourânas, on montre que certains Richis-Yogis sont beaucoup plus puissants que les Dieux. Les Dieux Secondaires ou Puissances temporaires de la Nature (les Forces) sont condamnés  à disparaître ; il n'y a que la Potentialité spirituelle de l'homme qui puisse l'amener à ne plus faire qu'un avec l'INFINI et l'ABSOLU.

184 Le triangle devient un Pentagone (quintuple) sur la Terre. Voir Vol I, stances 3 à 5.

 

Ce sont ceux qui sont incapables de créer l'homme spirituel immortel qui projettent le modèle dénué de sens (l'Astral) de l'Etre physique ; et, comme on le verra, ce sont ceux qui ne voulurent pas multiplier qui se sacrifièrent pour le bien, et le salut de l'Humanité Spirituelle. En  effet, pour compléter l'homme septénaire, il faut deux "Principes" servant de liaison : Manas et Kâma, pour les ajouter à ses trois Principes inférieurs et les cimenter avec la Monade Spirituelle – qui ne pourrait jamais habiter une telle forme autrement que dans un état absolument latent. Cela nécessite un Feu Spirituel vivant du Principe moyen tiré des Cinquième et Troisième états du Plérôme. Mais ce Feu est possédé par les Triangles et non par les Cubes (parfaits) qui symbolisent les Etres Angéliques 184 ; les Triangles l'ont possédé depuis la Première Création, et l'on dit qu'ils se le sont approprié, comme dans l'allégorie de Prométhée. Ce sont eux qui sont les Etres actifs et, par suite – dans le ciel – les Etres qui ont cessé d'être "purs". Ils sont devenus des Intelligences indépendantes et libres, que l'on nous montre dans toutes les Théogonies comme luttant pour cette indépendance et cette liberté et, par suite – dans le sens ordinaire – comme "rebelles envers [III 99] la loi divine passive". Ce sont donc ces "Flammes" – les Agnishvâtta – qui "restèrent en arrière", comme le montre la shloka, au lieu de poursuivre leur route avec les autres pour créer des hommes sur la Terre. Mais la vraie signification Esotérique, c'est que la plupart d'entre eux étaient destinés à s'incarner comme Egos de la future moisson de l'Humanité.

L'Ego humain n'est ni Atman, ni Bouddhi, mais le Manas Supérieur ; c'est le produit intellectuel et la floraison de l'Egotisme intellectuel soi- conscient – dans le sens spirituel supérieur. Les anciens ouvrages  en parlent comme du Kârana Sharîra sur le plan de Soûtrâtmâ, ce qui est le "fil d'or" sur lequel sont enfilées, comme des perles, les diverses Personnalités de cet Ego Supérieur. Si l'on disait au lecteur, comme dans les allégories semi-ésotériques, que ces Etres étaient des Nirvânis revenant de Mahâ-Manvantaras antérieurs – Ages d'une durée incalculable qui sont passés dans l'Eternité, il y a de cela un temps plus incalculable encore – il ne comprendrait guère le texte d'une manière correcte, tandis que certains Védantins pourraient dire : "Ce n'est pas exact ; le Nirvâni ne peut jamais revenir", ce qui est vrai durant le Manvantara auquel il appartient, et faux lorsqu'il est question de l'Eternité. En effet, on dit dans  les  Shlokas Sacrées :

Le Fil Radieux, qui est impérissable et ne se dissout qu'en Nirvâna, en émerge de nouveau dans son intégrité, le jour où la Grande Loi rappelle toutes choses à réaction.

Aussi, comme les Pitris supérieurs ou Dhyanis n'ont pas pris part à sa création physique, nous trouvons l'Homme Primordial – issu des corps de ses Progéniteurs, spirituellement, "sans feu" – décrit comme étant un être aériforme, dénué de compacité et sans mental. Il ne possédait pas de Principe moyen pour lui servir d'intermédiaire entre le supérieur et l'inférieur – l'Homme Spirituel et le cerveau physique – car il n'avait pas de Manas. Les Monades qui s'incarnèrent dans ces Coques vides restèrent aussi inconscientes que lorsqu'elles furent séparées des formes et des véhicules incomplets qu'elles occupaient antérieurement. Ici-bas, sur notre plan, il n'existe pas, chez un pur Esprit, de potentialité de Création ou de Soi-Conscience, à moins que sa nature trop homogène, parfaite – parce que divine – ne soit, pour ainsi dire, fortifiée par un mélange avec une essence déjà différenciée. Il n'y a que le côté inférieur du Triangle – représentant de la première Triade qui émane de la MONADE Universelle – qui puisse fournir cette conscience indispensable sur le plan de la Nature différenciée. Mais comment [III 100] ces Pures Emanations qui, suivant ce principe doivent avoir commencé par être elles-mêmes inconscientes (à notre point de vue), pouvaient-elles être d'une utilité quelconque en vue de fournir le Principe requis, puisqu'elles ne pouvaient guère le posséder elles-mêmes ?

La réponse est difficile à saisir, à moins qu'on ne soit bien au courant de la métaphysique philosophique d'une série de Renaissances Cosmiques sans commencement et sans fin, et bien familiarisé avec cette immuable loi de la Nature qu'est le MOUVEMENT ETERNEL, cyclique et spiral – et par conséquent progressif, même dans ses régressions apparentes. L'unique Principe Divin, le CELA sans nom des Védas, est le Total Universel qui, dans ses émanations et ses aspects spirituels, pas plus que dans ses Atomes physiques, ne peut jamais être à l'état de "Repos Absolu", sauf durant les Nuits de Brahmâ. Il en résulte aussi que les "Premiers Nés" sont les premiers mis en mouvement au commencement d'un Manvantara et, par suite, ceux qui tombent les premiers dans les sphères inférieures de la matérialité. Ceux que la Théologie appelle les "Trônes" et qui sont le "Siège de Dieu", doivent être les premiers hommes incarnés sur la Terre, et il devient compréhensible, si nous songeons à la série sans fin des Manvantaras passés, de constater que les derniers devaient venir les premiers et les premiers les derniers. Bref, nous constatons que les Anges supérieurs avaient traversé, il y a de cela d'innombrables æons, les "Sept Cercles" et leur avaient ainsi dérobé le Feu Sacré ; ceci veut  dire, en termes clairs, qu'ils avaient assimilé durant leurs incarnations passées, dans les mondes inférieurs comme dans les Mondes supérieurs, toute la sagesse qui s'y trouvait – reflet de MAHAT dans ses divers degrés d'intensité. Aucune Entité, qu'elle soit angélique ou humaine, ne peut atteindre l'état de Nirvâna, ou de pureté absolue, sans passer par des æons de souffrances et par la connaissance du MAL comme du bien, sans quoi ce dernier resterait incompréhensible.

Entre l'homme et l'animal – dont les Monades, ou Jîvas, sont au fond identiques – il y a le gouffre infranchissable de la Mentalité et de la Soi- conscience. Qu'est donc le mental humain sous son aspect supérieur ; d'où vient-il, s'il n'est pas une partie de l'essence – et dans certaines incarnations assez rares, l'essence même – d'un Etre supérieur ; d'un être appartenant à un plan supérieur et divin ? L'homme – Dieu dans une forme animale – peut-il être le produit de la Nature Matérielle par l'évolution seule, comme l'est l'animal, qui diffère de l'homme par la forme extérieure, mais nullement par les matériaux dont  est  formée  son  enveloppe  physique [III 101] et qui est animé par la même Monade, bien qu'elle ne soit pas développée – est-ce possible, lorsque nous voyons que leurs potentialités intellectuelles diffèrent entre elles autant que le Soleil diffère du  ver luisant ? Qu'est-ce qui créerait une telle différence, à moins que l'homme ne soit un animal plus un Dieu vivant sous son enveloppe physique ? Arrêtons-nous un moment et posons-nous sérieusement la question à nous- mêmes, sans tenir compte des divagations et des sophismes des Sciences modernes, tant physiques que psychologiques.

Il est admis, jusqu'à un certain point, que l'Enseignement Esotérique est, lui-même, allégorique. Pour le rendre compréhensible à l'intelligence moyenne, l'emploi de symboles coulés dans une forme intelligible est nécessaire. C'est ce qui explique les récits allégoriques et semi-mythiques de l'enseignement exotérique et les explications semi-métaphysiques et objectives de l'Enseignement Esotérique. En effet, les concepts  purement et transcendantalement spirituels ne sont adaptés qu'aux modes de perception de ceux qui "voient sans yeux, entendent sans oreilles et sentent sans organes", suivant la pittoresque expression employée dans le Commentaire. L'Idéaliste par trop puritain reste libre de spiritualiser le dogme, tandis que le moderne Psychologue bornera ses efforts à déspiritualiser notre Ame humaine "déchue" et pourtant divine – divine par les liens qui l'unissent à Bouddhi.

Le mystère qui s'attache aux Ancêtres hautement spirituels de l'Homme Divin que renferme l'homme terrestre, est très grand. Une allusion à la double création de l'homme se trouve dans les Pourânas, bien que l'on ne puisse approcher de sa signification Esotérique qu'en comparant entre eux les nombreux récits divers et en les lisant dans leur sens symbolique et allégorique. Il en est ainsi dans la Bible, dans la Genèsecomme dans les Epîtres de saint Paul. En effet, le "Créateur" qui, dans le second chapitre de la Genèse, est appelé le "Seigneur Dieu", est, dans le texte original, les Elohim, ou Dieux (les Seigneurs), au pluriel ; tandis que l'un d'eux créa le terrestre Adam de Limon, l'autre lui insuffle le Souffle de Vie et le troisième fait de lui une Ame Vivante, sens divers qui sont tous impliqués par le pluriel du mot Elohim 185. Ou bien encore, comme le dit saint Paul : [III 102]

 Le premier homme étant de la terre... le second [le dernier, ou plutôt, le plus haut] est le Seigneur venant du ciel. 186

Dans l'allégorie Aryenne, les Fils rebelles de Brahmâ sont tous représentés comme de saints Ascètes et Yogis. Renaissant durant chaque Kalpa, ils cherchent généralement à entraver l'œuvre de la procréation humaine. Lorsque Daksha, le chef des Prajâpatis ou Créateurs, donne naissance à 10.000 fils dans le but de peupler le monde, Nârada – un fils de Brahmâ, le grand Richi et virtuellement un Koumâra, s'il n'en porte pas le nom – intervient et à deux reprises déjoue les projets de Daksha, en persuadant ses Fils de rester de saints Ascètes et de fuir le mariage. Pour ce motif, Daksha condamne Nârada à renaître comme homme, de même que Brahmâ l'avait condamné auparavant, pour avoir refusé de se marier et d'avoir des descendants, en disant : "Péris sous ta (forme [Déva ou Angélique] actuelle) ; et prends la matrice pour demeure" 187 – c'est-à-dire, deviens un homme.

 185 Seth, comme le démontrent Bunsen et d'autres, n'est pas seulement le  "Dieu  primitif" des Sémites – y compris les premiers Juifs – mais aussi leur ancêtre semi-divin". En effet, dit Bunsen (God in History, I, 233, 234) : "Le Seth de la Genèse, le père d'Enoch (l'homme), doit être considéré comme  allant  de  pair,  à  l'origine, avec  celui  qui est  dérivé  des  Elohim,  père  d'Adam". "Selon Bunsen, la Divinité (le Dieu Seth) était le dieu primitif, du nord de l'Egypte et de la Palestine", dit Staniland Wake dans The Great Pyramid (p. 61). Et Seth finit par être considéré comme un "méchant démon", dans la Théologie postérieure des Egyptiens, dit le même Bunsen, car Il ne fait qu'un avec Typhon et avec les Démons Hindous, comme suite logique.

186 I Corinth., XV, 47.

187 Vayou Pourâna ; ch. I XV – She 156.

 

Malgré l'existence de plusieurs versions contradictoires de ce même récit, il est facile de voir que Nârada appartient à la classe des "Premiers Nés" de Brahmâ, qui firent preuve de rébellion envers la loi de la procréation animale, rébellion à cause de laquelle ils durent s'incarner comme hommes. De tous les Richis Védiques, Nârada, comme  nous l'avons déjà montré, est le plus incompréhensible, parce que c'est celui qui a les rapports les plus étroits avec les Doctrines Occultes – spécialement avec les Cycles Secrets et les Kalpas.

Certains écrits contradictoires, à propos de ce Sage, ont beaucoup troublé les Orientalistes. Ainsi on le dépeint comme ayant positivement refusé de "créer" ou d'avoir des descendants et même comme ayant traité son père, Brahmâ, de "faux instructeur", pour lui avoir donné le conseil de se marier, ainsi que cela est raconté dans la Nârada-Pancha-Râtra et pourtant on le cite comme étant l'un des Prajâpatis ou Progéniteurs ! Dans le  Nâradîya  Pourâna,  il  décrit  les  lois  et  les  devoirs  des Adeptes célibataires et, comme ces devoirs Occultes ne se trouvent pas contenus dans le fragment, comprenant environ 3.000 Stances, que possèdent les musées Européens, les Brahmanes sont traités de menteurs : les Orientalistes oublient que l'on évalue à 25.000 le nombre des [III 103] Stances que contient le Nâradîya et qu'il n'est guère probable que de pareils manuscrits puissent se trouver entre les mains des Hindous profanes, qui sont prêts à vendre n'importe quelle chose précieuse pour un plat de lentilles. Qu'il nous suffise de dire que Nârada est le Déva-Richi par excellence, et l'Occultiste qui ne médite pas sur Nârada, qui ne l'analyse pas et ne l'étudie pas, sous ses sept aspects ésotériques, ne sera jamais capable de sonder certains Mystères anthropologiques, chronologiques et même cosmiques. Il est l'un des Feux mentionnés plus haut et joue un rôle dans l'évolution de ce Kalpa, depuis son début jusqu'à sa fin. C'est un acteur qui apparaît dans tous les actes successifs ou Races- Racines, du drame Manvantarique actuel, dans les allégories du monde qui font vibrer la tonique de l'Esotérisme et qui commencent maintenant à devenir plus familières au lecteur. Aurons-nous recours à d'autres Ecritures et à d'autres documents anciens pour corroborer l'existence des "Feux" des "Etincelles" et des "Flammes" ? Il n'en manque pas, si l'on se donne la peine de les chercher dans l'endroit voulu.

Dans l'ouvrage Cabalistique intitulé Book of the Concealed Mystery, ils sont clairement énoncés, de même que dans celui qui a pour titre Ha Idra Zuta Qadisha, ou "l'Assemblée Sainte Inférieure". Le langage est très mystique et très voilé, mais pourtant compréhensible. Dans le dernier de ces ouvrages, parmi les étincelles de Mondes Antérieurs, "Flammes et Etincelles vibrantes" provenant du divin silex, "l'Ouvrier" se met à créer l'homme "mâle et femelle" (427). Ces "Flammes et Etincelles" –  des Anges et leurs Mondes, leurs Etoiles et leurs Planètes – sont, au figuré, supposées s'éteindre et mourir, c'est-à-dire rester non-manifestées jusqu'après l'achèvement d'un certain processus de la Nature. Pour montrer jusqu'à quel point les faits les plus importants de l'Anthropogenèse sont voilés aux yeux du public, nous citons maintenant deux passages tirés de deux Livres Cabalistiques. Le premier passage est tiré de Ha Idra Zuta Qadisha :

429. – Du sein d'un Porte-Lumière [l'une des sept Planètes Sacrées] d'un éclat insupportable, sortit une Flamme Rayonnante, faisant  jaillir, comme un lourd  et puissant marteau, ces étincelles qui furent les Mondes Antérieurs.

430. – Et ceux-ci furent mélangés à l'éther le plus subtil et reliés entre eux, mais seulement lorsqu'ils étaient conjoints, même le Grand Père et la Grande Mère.

431. – De Hoa, Lui-même, est AB, le Père ; et de Hoa, Lui-même, est Ruach, l'Esprit ; qui sont cachés dans l'Ancien des Jours, et là est caché cet éther. [III 104]

432. – Et il était lié à un porte-lumière [une Planète et son Ange ou Régent] qui sortait du sein du Porte- Lumière à l'éclat insupportable, qui est caché dans le sein d'Aima la Grande Mère. 188

L'extrait ci-dessous, du Zohar 189, qui est intitulé : "Les Rois Pré- Adamites", traite aussi du même mystère :

Nous avons appris dans la Siphrah D'Tzniootha: que l'At-tee'Kah D'At-tee'Keen, l'Ancien des Anciens, avant de préparer Sa forme, construisit des rois, grava des rois et esquissa des rois [des hommes, les "rois" des animaux] et qu'ils ne pouvaient exister : jusqu'au moment où IL les renversa et les cacha pendant un certain temps, c'est pourquoi il est écrit : "Et ceux-ci sont les rois qui régnaient sur la terre d'Edom..." Et ils ne pouvaient exister, jusqu'à ce que Resha'Hiv'rah, la Tête Blanche, l'At-tee'-Kah D'At'-tee'-Keen, l'Ancien des Anciens, Se fut arrangé. Lorsqu'Il Se fut arrangé, Il façonna toutes formes en Haut et en Bas... Avant qu'il ne Se fût arrangé dans Sa Forme, tous ceux qu'Il désirait former n'avaient pas été façonnés et tous les mondes ont été détruits... Ils ne restèrent pas à leurs places, parce que la forme des rois n'avait pas été façonnée comme il l'aurait fallu et que la Cité Sainte n'avait pas été préparées. 190

 188 Voyez la Kabbalah Unveiled, de Mather, p. 302.

189 Traduit de la Qabbalah, d'Isaac Myer, pp. 386-387.

190 Zohar. III, 135 a, 292 a, Idra Zootah. Brody Ed., Idrah Zootah.

 

Or, l'explication bien claire de ces deux dissertations allégoriques et métaphysiques est simplement la suivante : Les Mondes et les hommes furent tour à tour formés et détruits, suivant la loi de l'évolution et avec des matériaux pré-existants, jusqu'au moment où les Planètes et leurs hommes dans notre Terre et ses races animales et humaines devinrent ce qu'ils sont maintenant dans le cycle actuel – des forces polaires opposées, un mélange équilibré d'Esprit et de Matière, de positif et de négatif, de mâle et de femelle. Avant que l'homme puisse devenir mâle et femelle physiquement, son prototype, l'Elohim créateur, avait à préparer astralement sa Forme sur ce plan sexuel. C'est-à-dire que les Atomes et les forces organiques, descendant sur le plan de la différenciation voulue, devaient être mis en marche dans l'ordre choisi par la Nature, de façon à obéir toujours, d'une manière immaculée, à la loi que la Cabale appelle "l'Equilibre", loi en vertu de laquelle tout ce qui existe agit ainsi, comme mâle et femelle, dans sa perfection finale, durant la phase actuelle de matérialité. Chokmah, la Sagesse, la Séphira Mâle, devait se répandre dans et à travers Binah, la Nature intelligente ou l'Entendement. C'est pourquoi les Premières Races- Racines [III 105] d'hommes sans sexe et sans mental durent être renversés et "cachés pendant un certain temps" ; c'est-à-dire que la Première Race, au lieu de mourir, disparut dans la Seconde Race, comme certains êtres inférieurs et certaines plantes le font dans leur progéniture. C'était une transformation générale. La première Race-Racine devint la Seconde, sans la mettre au monde, sans la procréer et sans mourir.

"Elles passèrent ensemble, comme il est écrit : "Et il mourut" et un autre "régna à sa place". 191

Pourquoi ? Parce que la Cité Sainte n'avait pas été préparée. Et qu'est donc la "Cité Sainte" ? Le Ma-qom – Le Lieu Secret ou le Sanctuaire – sur la Terre ; en d'autres termes, la matrice humaine, la copie microcosmique et le reflet de la Matrice Céleste, l'Espace femelle ou Chaos primordial, dans lequel l'Esprit mâle féconde le germe du Fils,  ou  de  l'Univers visible 192. C'est tellement vrai, que, dans le paragraphe sur "l'Emanation des Principes Mâle et Femelle", dans le Zohar, il est dit que, sur cette Terre, la Sagessedu "Saint Ancien", "ne brille que dans le mâle et la femelle".

 191 Genèse, XXVI, 31, et seq. ; Qabbalah, de Myer, ibid.

192 Voir Vol. 4, Sect. 3, Saint des Saints.

 

('Hokhmah, la Sagesse, est le Père et Binah, l'Entendement, est la Mère)... Et lorsqu'ils  s'unissent entre eux, ils font naître, répandent et émanent la Vérité. D'après les paroles de Rabbi Ye-yeva, Sabah, c'est-à-dire l'Ancien, nous avons appris ceci : qu'est-ce que Binah, l'Entendement ? Mais, lorsqu'ils s'unissent entre eux, le י (Yod) dans le ה (Heh), ils sont imprégnés et produisent un Fils. C'est pourquoi on l'appelle  Binah, l'Entendement. Cela veut dire BeN YaH, c'est-à-dire Fils de YaH. C'est l'achèvement du Tout. 193

Cela est aussi l' "achèvement" du phallisine par les Rabbis, sa parfaite apothéose, entraînant le divin dans l'animal, le sublime dans la grossièreté du terrestre. Rien d'aussi pittoresquement grossier n'existe, ni dans l'Occultisme Oriental, ni dans la Cabale primitive – le Livre des Nombres Chaldéen. Nous l'avons déjà dit dans Isis Dévoilée :

Nous trouvons qu'il est assez peu sage, de la part des auteurs catholiques, de déverser leur colère dans des phrases comme celles-ci : "Dans une multitude de pagodes, la pierre phallique, revêtant toujours, comme le batylos grec, la forme brutalement [III 106] indécente du Lingham... le Mahâ Déva". Avant de jeter le blâme sur un symbole dont le profond sens métaphysique dépasse les facultés de compréhension des champions modernes de cette religion sensuelle par excellence qu'est le Catholicisme Romain, ceux-ci auraient vraiment pour devoir de détruire leurs plus anciennes églises et de modifier la forme des coupoles de leurs propres temples. Le Mahadéo d'Eléphanta, la Tour Ronde de Bhagu'pore, les Minarets de l'Islam – qu'ils soient arrondis ou pointus – ne sont que les originaux du Campanile de Saint-Marc, à Venise, de la Cathédrale de Rochester et du Dôme moderne de Milan. Tous ces clochers, toutes ces tours, tous ces dômes et tous ces temples Chrétiens ne sont que la reproduction de l'idée primitive du lithos, le phallus en érection. 194

Néanmoins, et quoi qu'il en soit, le fait que tous les Elohim, toutes les Etincelles et tous les Chérubins des Hébreux, sont identiques aux Dévas, aux Richis et aux Feux, aux Flammes, aux Roudras et aux quarante-neuf Agnis des antiques Aryas, est suffisamment prouvé par la Cabale et dans la Cabale.

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bon.christo@free.fr (Super User) LA DOCTRINE SECRETE VOL 3 Fri, 16 Jan 2015 19:45:26 +0000
STANCE IV - CREATION DES PREMIERES RACES https://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-3/173-stance-iv-creation-des-premieres-races https://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-3/173-stance-iv-creation-des-premieres-races

STANCE IV

CREATION DES PREMIERES RACES

 

  1. Création des hommes
  2. Ce sont des ombres vides.
  3. Les Créateurs sont embarrassés pour créer un homme pensant.
  4. Que faut-il pour la formation d'un Homme parfait.

 

Shloka 14. Création des hommes

 

Les Sept Légions, les Seigneurs Nés de la Volonté 195, poussés par l'Esprit de donner la Vie 196, détachèrent des Hommes d'eux-mêmes, chacun sur sa propre Zone.

195 Ou Nés-du-Mental.

196 Fohat.

 

Ils, rejetèrent leurs "Ombres" ou Corps Astrals – si toutefois un être aussi éthéré que l'est un "Esprit Lunaire" peut être censé posséder un Corps Astral, en plus d'un corps à peine tangible. Dans un autre Commentaire on dit que les "Ancêtres" ont exhalé le premier homme, de même que l'on explique que Brahmâ avait exhalé les Souras, ou Dieux, lorsqu'ils devinrent les Asouras (d'Asou, souffle). Dans un troisième Commentaire, on dit que les Hommes nouvellement créés étaient les "ombres des Ombres".

En ce qui concerne cette phrase : – "Ils étaient les [III 107] ombres des ombres" – l'on peut ajouter quelques mots et tenter d'en donner une explication plus complète. Ce premier processus de l'évolution de l'humanité est bien plus facile à accepter que celui qui vient après, bien que ces deux processus doivent être repoussés, et mis en doute même, par certains Cabalistes, surtout les Occidentaux, qui étudient les effets actuels, mais ont négligé d'étudier leurs causes premières. L'auteur ne se sent pas plus capable d'expliquer un mode de procréation si difficile à apprécier, sauf pour un Occultiste Oriental. C'est pourquoi il est inutile d'entrer ici dans des détails au sujet du processus, bien qu'il soit minutieusement décrit dans les Livres Secrets, car cela aurait pour seul résultat de nous amener à parler de faits jusqu'à présent inconnus du monde profane et qui, par suite, seraient mal interprétés. Un "Adam" formé du limon de la terre semblera toujours, aux yeux d'une certaine classe d'étudiants, préférable à un Adam émergeant du corps éthéré de son créateur ; bien que l'on n'ait jamais eu connaissance du premier de ces processus, tandis que le second, comme personne ne l'ignore, est familier à un grand nombre de Spirites d'Europe et d'Amérique qui, entre tous les hommes, devraient le mieux comprendre. En effet, quel est, parmi ceux qui ont été témoins du phénomène de la matérialisation d'une forme jaillissant des pores d'un médium ou, d'autres fois, de son côté gauche quel est, dis-je, l'homme qui pourrait hésiter à admettre, tout au moins, la possibilité d'une telle naissance ? S'il existe dans l'Univers des êtres tels que les Angles ou les Esprits, dont l'essence incorporelle puisse constituer une Entité intelligente, malgré l'absence de tout organisme solide (pour nous) ; et s'il existe des gens qui croient qu'un Dieu a fait le premier homme du limon de la terre et a insufflé en lui une Ame vivante – et il y a des millions de gens qui croient cela – s'il en est ainsi, donc, quelle impossibilité notre doctrine contient-elle ? Le moment n'est pas loin où le monde aura à décider s'il acceptera la création miraculeuse de l'homme (ainsi que du cosmos) tiré du néant, en se basant sur la lettre morte de la Genèse, ou bien sa naissance due à un chaînon fantastique – absolument "manquant" jusqu'à présent – qui constituerait l'ancêtre commun de l'homme ou du "véritable singe" 197. Entre ces deux théories fausses, la Philosophie [III 108] Occulte entre en scène. Elle enseigne que le premier groupe humain fut émané par des Etres supérieurs, semi-divins, de leur propre essence. Si ce dernier processus peut sembler tout aussi anormal et même inconcevable – parce que, au point où en est l'évolution, la Nature l'a laissé tomber en désuétude – sa possibilité n'en est pas moins démontrée sur l'autorité de certains faits "spirites". Quel est donc, demandons-nous, celle de ces trois hypothèses qui est la plus raisonnable et la moins absurde ? Assurément personne – à moins que ce ne soit un Matérialiste à l'âme aveugle – ne saurait soulever des objections contre l'Enseignement Occulte.

 197 "Huxley, en se basant sur les découvertes les plus évidentes de l'Anatomie comparée, a pu articuler l'importante affirmation d'après laquelle les différences anatomiques qui existent entre l'homme et les singes supérieurs, sont moindres que celles que l'on constate entre ceux-ci et les singes inférieurs. Par rapport à notre arbre généalogique de l'homme, nous devrions nécessairement en conclure que la race humaine a évolué graduellement, avec les véritables singes pour point de départ (The Pedigree of Man, par Ernst Haeckel, traduit par Ed. B. Aveling, p. 49).

Quelles pourraient être, demanderons-nous, les objections scientifiques et logiques à opposer à cette conclusion ? Les ressemblances anatomiques, qui existent entre l'Homme et l'Anthropoïde – grandement exagérées par les Darwinistes, ainsi que le démontre M. de Quatrefages – s'expliquent très simplement lorsque l'on entreprend l'étude des origines de ce dernier.

"Nulle part, dans les couches les plus anciennes, on n'a trouvé un singe, se rapprochant davantage de l'homme ou un homme ne rapprochant davantage du singe."

"Le même abîme, qui sépare aujourd'hui l'homme du singe, se retrouve, avec la même largeur et la même profondeur, jusqu'à la période Tertiaire. Ce fait seul suffit à prouver jusqu'à l'évidence que cette théorie est insoutenable." (Docteur F. Pfaff, professeur de Sciences Naturelles à l'Université d'Erlangen.)

 Or cet enseignement nous apprend, comme nous l'avons montré, que l'homme n'a pas été "créé" l'être complet qu'il est maintenant, si imparfait qu'il soit encore. Il y a eu une évolution spirituelle, une évolution psychique, une évolution intellectuelle et une évolution animale, depuis le plus haut jusqu'au plus bas, ainsi qu'un développement physique – du simple et de l'homogène jusqu'au complexe et à l'hétérogène, sans que ce soit, toutefois, tout à fait suivant les lignes tracées par les Evolutionnistes modernes. Cette double évolution dans deux directions contraires, a nécessité plusieurs époques, différant entre elles par le degré de spiritualité et d'intellectualité, pour fabriquer l'être que l'on appelle aujourd'hui l'homme. Depuis, la loi unique et absolue, qui agit constamment sans jamais se tromper qui suit la même marche d'une Eternité (ou Manvantara) à l'autre – fournissant toujours une échelle ascendante à ce qui est manifesté ou à ce que nous appelons la grande Illusion (Mahâ-Mâyâ), mais plongeant d'une part l'Esprit de plus en plus profondément dans la matérialité, puis assurant sa rédemption par la chair et sa libération – cette loi, disons-nous, emploie pour ces fins des Etres appartenant à d'autres plans plus élevés, des hommes [III 109] ou des Mentals (Manous), en accord avec leurs exigences Karmiques.

Une fois arrivé à ce point, le lecteur est encore une fois prié de se reporter à la Philosophie et à la Religion de l'Inde. L'Esotérisme de toutes deux est d'accord avec notre DOCTRINE SECRETE, quelque différence que l'on puisse constater dans la forme.

 SUR L'IDENTITE DES PUISSANCES QUI S'INCARNENT ET LEURS DIFFERENCES

 Les Progéniteurs de l'Homme, que l'on appelle dans l'Inde les Pères, Pitaras ou Pitris, sont les "Créateurs" de nos corps et de nos principes inférieurs. Ils sont nous-mêmes, en tant que premières personnalités et nous sommes eux. L'homme primordial serait "les os de leurs os et la chair de leur chair", s'ils avaient des os et de la chair. Comme nous l'avons dit, c'était des "Etres Lunaires".

Ceux qui ont doté l'homme de son EGO conscient et immortel, sont les "Anges Solaires" – qu'on les considère comme tels métaphoriquement ou littéralement. Les mystères de l'Ego Conscient, ou Ame Humaine, sont grands. Le nom Esotérique de ces Anges solaires est, littéralement, les "Seigneurs (Nâth) d'un dévouement persévérant et sans fin" (Pranidhâna). C'est pourquoi ceux du Cinquième Principe (Manas) semblent se rattacher au système des Yogis qui font de Pranidhâna leur cinquième observance, ou semblent même lui avoir donné naissance 198. On a déjà expliqué pourquoi les Occultistes Trans-Himalayens les considèrent comme évidemment identiques à ceux que l'on appelle dans l'Inde les Koumâra, les Agnishvâtta et les Barhishad.

Combien précise et vraie est l'expression de Platon, combien profonde et philosophique sa remarque sur l'Ame (Humaine) ou Ego, lorsqu'il la décrit comme étant "un composé du même et de l'autre". Et pourtant combien peu cette suggestion a été comprise, puisque le monde a cru qu'elle voulait dire que l'Ame était le Souffle de Dieu, de Jéhovah. Elle est "le même et l'autre", comme l'a dit le grand Philosophe Initié ; car l'Ego – le "Soi-Supérieur", lorsqu'il est immergé avec et dans la Divine Monade – est l'Homme et pourtant reste le même que "l'autre" ; l'Ange incarné en lui ne fait qu'un avec le Mahat Universel. Les grands écrivains et les [III 110] grands philosophes classiques ont senti cette vérité lorsqu'ils dirent que :

Il faut qu'il y ait en nous quelque chose qui produise nos pensées. Quelque chose de très subtil ; c'est un souffle ; c'est le feu ; c'est l'éther ; c'est la quintessence ; c'est une faible ressemblance ; c'est une intellection ; c'est un nombre ; c'est l'harmonie. 199

198 Voyez la Yoga Shâstra, II, 32.

199 Voltaire.

 

Tous ceux-ci sont des Mânasas et les Râjasas ; les Koumâras, les Asouras et les autres Gouvernants et Pitris, qui s'incarnèrent dans la Troisième Race et par ce moyen, ainsi que par divers autres, dotèrent l'humanité du Mental.

Il y a Sept Classes de Pitris, comme nous le montrons plus bas, dans trois Incorporelles et quatre Corporelles ; et deux genres, l'Agnishvâtta  et le Barhishad. Nous pouvons encore ajouter que, de même qu'il y a deux genres de Pitris, il y a aussi une double et une triple catégorie de Barhishad et d'Agnishvâtta. Les premiers, après avoir donné naissance à  leurs Doubles  Astrals,  renaissent  en  qualité  de  Fils  d'Atri  et  sont, d'après Manou 200, les "Pitris des Démons" ou Etres Corporels, tandis que les Agnishvâtta renaissent en qualité de Fils de Marîchi, Fils de Brahmâ, et sont les "Pitris des Dieux" 201.

Le Vayou Pourâna déclare que les sept ordres de Pitris ont été, à l'origine, les premiers dieux, les Vairâjas, que Brahmâ contemplait, avec l'œil de la Yoga, dans les éternelles sphères et qui sont les dieux des dieux... Le Matsya... ajoute que les Dieux les adoraient. 202

Le Harivamsha distingue les Vairâjas comme constituant seulement une classe des Pitris 203, affirmation qui est corroborée dans les Enseignements Secrets qui, cependant, identifient les Vairâjas aux plus anciens Agnishvâtta 204 et aux Râjasas ou Abhoutarajasas, qui sont incorporels et n'ont [III 111] même pas un fantôme astral. Dans la plupart des manuscrits, l'on dit que Vishnou s'est incarné dans eux et par eux.

Dans le Raivata âge [Manvantara] patriarcal aussi, Hari, le meilleur des dieux, naquit de Sambhouti, en qualité de Mânasa divin – tirant son origine des divinités appelées Râjasas. 205

Sambhouti était fille de Daksha et l'épouse de Marîchi, le père des Agnishvâttas, qui, en même temps que les Râjasas, sont toujours associés avec les Mânasas. Comme le fait remarquer M. Fitzedward Hall, un sanscritiste bien plus capable que Wilson :

 200 Mânava-Dharma-Shâstra, III, 196.

201 Matsya et Padma Pourânas et Kullûka sur le Mânava-Dharma-Shâstra, III, 195. Nous savons parfaitement que le Vayou et Matsya Pourânas identifient (conformément à l'interprétation occidentale) les Agnishvâtta avec les Saisons et les Pitris Barhishad avec les mois ; en ajoutant une quatrième classe – Kâvyas – les années cycliques. Mais les Chrétiens Catholiques Romains n'identifient-ils pas leurs Anges aux Planètes et les Sept Richis ne sont-ils pas devenus les Saptarishis – une constellation ? Ce sont des Divinités qui président aux divisions cycliques. [Les quatre classes sont : (1) Fils d'Atri ; (2) Agnishvatta ; (3) Barhishad ; (4) kavyas.]

202 Vishnou Pourâna, Wilson, III, 158, 159.

203 Shloka, I. 935-6.

204 Le Vayou Pourâna nous montre la région appelée Virâja-loka comme  habitée par les Agnishvâtta.

205  Wilson, ibid., III, 17. Note de Fitzedward Hall.

 

Mânasa n'est pas un nom mal choisi pour une divinité associée avec les Râjasas. II semble que nous y trouvions mânasam – le même que manas – avec le changement de terminaison nécessaire pour exprimer une personnification mâle. 206

Tous les Fils de Virâja sont des Mânasas, dit Nilakantha. Or, Virâja est Brahmâ et, par suite, les Pitris Incorporels sont appelés des Vairâjas comme étant les Fils de Virâja, dit le Vayou Pourâna.

Nous pourrions multiplier des preuves à l'infini, mais cela est inutile. Les sages comprendront ce que nous voulons dire et, pour ceux qui ne sont pas sages, il n'est pas nécessaire qu'ils comprennent. Il y a trente-trois crores 207, ou trois cent trente millions, de Dieux aux Indes. Ils peuvent tous être des dévas, mais ne sont en aucune façon tous des "dieux" au sens élevé et spirituel qu'on attribue à ce terme. Mais, comme le faisait remarquer le savant conférencier qui parlait de la Bhagavad Gîtâ :

C'est là une regrettable erreur qui est généralement commise par les Européens. Le Déva est un genre d'êtres spirituels et, parce que le même mot est employé dans le langage usuel pour dire dieu, il ne s'ensuit nullement que nous possédions et que nous adorions trente-trois crores de dieux. Ces êtres, comme on peut naturellement s'en rendre compte, ont une certaine affinité avec  l'un des trois Oupâdhis [principes de base] constitutifs suivant lesquels nous avons divisé l'homme. 208

Les noms des divinités, appartenant à une certaine classe mystique, changent à chaque Manvantara. Ainsi les douze [III 112] Grands Dieux Jayas, créés par Brahmâ pour l'assister dans l'œuvre de la création, au commencement même du Kalpa et qui, perdus dans le Samâdhi, négligèrent de créer – faute pour laquelle ils furent condamnés à renaître successivement dans chaque Manvatara jusqu'au septième – sont respectivement  nommés :  Ajitas, Tushitas, Satyas, Haris, Vaikunthas, Sâdhyas et Adityas 209. Ce sont des Tushitas durant le second Kalpa et des Adityas durant cette Période Vaivasvata 210, sans compter d'autres noms pour chaque époque. Mais ils sont identiques aux Mânasas ou Râjasas, comme ceux-ci sont identiques à nos Dhyân-Chohans qui s'incarnent.

Oui, contre ces êtres qui, comme les Yakshas, Gandharvas, Kinnaras, etc., pris dans leurs individualités, habitent le Plan Astral, il y a de réels Dévas, et c'est à ces classes qu'appartiennent les Adityas, les Vairâjas, les Koumâras, les Asouras et tous les Etres célestes supérieurs auxquels l'enseignement Occulte donne le nom de Manasvin, les Sages, les premiers de tous, et qui auraient fait de tous les hommes les Etres soi-conscients et spirituellement intellectuels qu'ils deviendront un jour, si eux-mêmes n'avaient pas été "condamnés" à tomber dans la génération et à renaître en qualité de mortels, pour avoir négligé leur devoir.

209 Voyez Wilson, II, 26.

210 Voyez le Vayou Pourâna, cité dans le Vishnou Pourâna, vol. II, p. 226.

 

STANCE IV – (Suite)

 

Shloka 15. Ce sont des ombres vides.

 

Sept fois sept Ombres 211 d'Hommes Futurs 212 (a) naquirent 213, chacune de sa propre Couleur 214 et de sa propre Espèce (b). Chacun 215 inférieur à son Père 216. Les Pères, les Sans-Os, ne pouvaient donner la Vie à des Etres pourvus d'os. Leurs descendants furent  des Bouthas 217, sans Forme ni Mental. C'est pourquoi on les appela la Race Chhâyâ 218  (c). [III 113]

211 Chhâyâs.

212 Ou Amanasas.

213 Ainsi.

214 Teint.

215 Aussi.

216 Créateur.

217 Fantômes.

218 Image ou Ombre.

 

(a)    Manou, comme nous l'avons déjà fait remarquer, vient de la racine man, penser, et veut dire, par suite, un "penseur". C'est très probablement de ce mot sanscrit qu'a été tiré le mot Latin mens, Mental, le mot Egyptien menès, le "Mental-Maître", ainsi que la monas Pythagoréenne ou "unité pensante" consciente, aussi le mental et même notre manas ou mental, le cinquième principe de l'homme. Aussi ces Ombres sont-elles appelées Amânasa, "sans Mental".

Pour les Brahmanes, les Pitris sont très sacrés, parce que ce sont les Progéniteurs 219 ou Ancêtres de l'homme – les premiers Manoushyas sur cette terre, – et des offrandes leur sont faites par les Brahmanes lorsqu'il leur naît un fils. Ils sont plus honorés et leur rituel est plus important que le culte des Dieux 220.

219 Une allusion à cela se trouve dans Isis Dévoilée (I, p. 57), bien qu'il ne fut pas possible de donner alors l'explication complète – "les Pitris ne sont pas les Ancêtres des hommes actuellement vivants, mais ceux du [premier] genre humain, ou race Adamique ; les esprits de races humaines qui, sur la grande échelle de l'évolution descendante, précédèrent nos races d'hommes et furent, tant physiquement que spirituellement, bien supérieures à nos modernes pygmées. Dans le Mânava- Dharma-Shâstra on les appelle les ancêtres Lunaires".

 220 Voyez les "Lois de Manou" – Mânava-Dharma-Shâstra, III, 203.

 

Ne pourrions-nous pas chercher une signification philosophique à ce groupe double de Progéniteurs ?

Les Pitris étant divisés en sept Classes, nous retrouvons encore ici le nombre mystique. Presque tous les Pourânas sont d'accord pour déclarer que trois de ces classes sont Aroupa, sans formes, tandis que quatre sont Corporelles ; les premières sont intellectuelles et spirituelles, les dernières matérielles et dépourvues d'intellect. Esotériquement, ce sont les Asouras qui forment les trois premières Classes de Pitris – "nés dans le Corps de la Nuit" – tandis que les quatre autres classes sont produites du "Corps du Crépuscule". Leurs Pères, les Dieux, furent  condamnés à naître insensés sur la Terre, d'après le Vayou Pourâna. Les légendes sont intentionnellement mêlées et rendues très obscures ; dans l'une, les Pitris sont les Fils des Dieux et dans une autre, ceux de Brahmâ ; tandis qu'une troisième en fait les instructeurs de leurs propres Pères. Ce sont  les Légions des quatre Classes matérielles, qui créent simultanément les hommes sur les sept Zones.

Maintenant, en ce qui concerne les sept Classes de Pitris,  dont chacune est elle-même divisée en sept, adressons quelques mots aux étudiants et une question aux profanes. La classe des "Dhyânîs du Feu", que nous identifions, en nous basant sur des preuves indéniables, avec les Agnishvâtta, est [III 114] appelée, dans notre école, le "Cœur" du Corps des Dhyân-Chohans et l'on dit qu'elle s'est incarnée dans la Troisième Race d'hommes et les a rendus parfaits. La Mystagogie Esotérique parle des mystérieux rapports qui existent entre l'hebdomadique essence ou substance de ce Cœur angélique et celle de l'homme, dont chaque organe physique, comme chaque fonction psychique et spirituelle, est, pour ainsi dire, un reflet, une copie, sur le plan terrestre, du modèle ou du prototype d'en haut. Pourquoi, demande-t-on, y a-t-il une si étrange répétition du nombre sept dans la structure anatomique de l'homme ? Pourquoi le cœur comprendrait-il quatre cavités inférieures et trois divisions supérieures, rappelant si étrangement la division septénaire des principes humains qui sont séparés en deux groupes, le supérieur et l'inférieur, et pourquoi retrouverait-on la même division dans les diverses classes de Pitris et, particulièrement dans nos Dhyânîs du Feu ? Car, ainsi que nous l'avons déjà dit, ces Etres sont soumis à quatre "Principes" donnez-leur tout autre nom, si vous voulez Corporels ou grossiers et à trois Incorporels ou subtils. Pourquoi les sept plexus nerveux du corps émettent-ils sept rayons ? Pourquoi y a-t-il ces sept plexus et pourquoi sept couches distinctes dans la peau humaine ?

Le Commentaire dit :

Ayant projeté leurs Ombres et formé les hommes avec un seul Elément [l'Ether], les Progéniteurs remontent au Mahâ Loka d'où ils descendent périodiquement, lorsque le Monde est renouvelé, pour donner naissance à de nouveaux Hommes.

Les Corps subtils restent dépourvus d'entendement [Manas] jusqu'à l'arrivée des Souras [Dieux] que l'on appelle maintenant Asouras [Non-Dieux].

"Non-Dieux" pour les Brahmanes, peut-être, mais les "Souffles" les plus élevés pour l'Occultiste ; puisque ces Progéniteurs (Pitris), les sans- formes et les intellectuels, refusent de créer l'homme, mais le dotent du Mental ; tandis que les quatre Classes corporelles se bornent à créer son corps.

C'est clairement démontré dans divers textes du Rig-Véda – la plus haute autorité pour tous les Hindous, à quelque secte qu'ils appartiennent. Là, Asoura veut dire "spirituel, divin", le mot étant employé comme synonyme d'Esprit Suprême, et le terme d'Asoura, dans le sens de "Dieu", est appliqué à Varouna et à Indra et avant tout à Agni – les trois qui, dans les temps jadis, ont été les trois Dieux les plus hauts, avant que la Théo- Mythologie Brahmanique n'eût [III 115] déformé le véritable sens de presque tout ce que contiennent les Ecritures Archaïques. Néanmoins, comme la clef est aujourd'hui perdue, il n'est guère fait mention des Asouras.

On trouve la même chose dans le Zend Avesta. Dans la religion Mazdéenne, ou Mage, Asoura est le Seigneur Asoura Vishvavédas, celui qui "sait tout" ou le "Seigneur omniscient" : et Asoura Mazdhâ, qui devint plus tard Ahoura Mazdhâ, est, comme le démontre Benfey, "le Seigneur qui confère l'Intelligence" – Asoura Medhâ et Ahoura Mazdâo 221. Dans une autre partie de cet ouvrage on montre, en se basant sur une aussi bonne autorité, que l'Asoura Indo-Iranien était toujours considéré comme septuple. Ce fait, combiné avec le nom de Mazdhâ, comme ci-dessus, nom qui fait du septuple Asoura le "Seigneur" ou, collectivement,  les "Seigneurs qui confèrent l'Intelligence", rattache les Amshaspends aux Asouras et à nos Dhyân-Chohans qui s'incarnent, ainsi qu'aux Elohim et aux sept Dieux qui animent, de l'Egypte, de la Chaldée et de toutes les autres contrées.

La raison pour laquelle ces "Dieux" refusèrent de créer des hommes, n'a pas sa source, comme le disent les comptes rendus exotériques, dans leur orgueil, trop grand pour leur permettre de partager le pouvoir céleste de leur essence avec les Enfants de la Terre, mais s'explique par les motifs que nous avons déjà suggérés. Néanmoins, l'allégorie s'est laissée aller à des fantaisies sans fin et la Théologie en a profité, dans tous les pays, pour ouvrir un procès contre les Premiers-nés, ou Logoï, et pour l'imprimer comme une vérité sur l'esprit des ignorants et des crédules 222.

Le système Chrétien n'est pas le seul qui ait ravalé ces Dieux au rang de Démons. Le Zoroastrianisme et même le Brahmanisme ont profité de cela pour obtenir de l'empire sur l'esprit des gens. Dans l'exotérisme chaldéen lui-même, les Etres qui refusent de créer et s'insurgent ainsi contre le Démiurge sont dénoncés comme étant des Esprits des Ténèbres. Les Souras, qui conquièrent leur indépendance intellectuelle, luttent contre les Souras qui en sont dépourvus et que l'on nous montre comme consacrant leur vie à un culte cérémoniel sans profit et qui est basé sur la foi aveugle – indication ignorée aujourd'hui par les Brahmanes orthodoxes et, par la suite, les premiers deviennent des A-Souras. Les Fils Premiers- Nés et Nés du Mental de la Divinité refusent de [III 116] créer des descendants et sont condamnés par Brahmâ à naître comme hommes. Ils sont précipités sur la Terre qui, plus tard, est transformée, dans les dogmes théologiques, en Régions Infernales. Ahriman détruit le Taureau créé par Ormazd – qui est l'emblème de la vie terrestre illusoire, le "germe de la douleur" – et oubliant que la semence limitée et périssable doit mourir, afin que la plante de l'immortalité, la plante de la vie spirituelle et éternelle puisse germer et vivre, on proclame qu'Ahriman est l'ennemi, le pouvoir antagoniste, le Diable. Typhon coupe Osiris en quatorze morceaux, afin de l'empêcher de peupler le monde et de créer ainsi la souffrance, et Typhon devient, dans l'enseignement théologique exotérique, la Puissance des Ténèbres. Mais tout cela ne constitue que l'enveloppe exotérique. Ce sont les adorateurs de cette dernière qui attribuent, à la désobéissance et à la rébellion, l'effort et le sacrifice de soi de ceux qui sont désireux d'aider l'homme à regagner son état originel de divinité au moyen d'efforts soi- conscients, et ce sont ces adorateurs de la forme qui ont transformé en Démons les Anges de Lumière.

221 "Sacred Books of the East", The Zend Avesta, Intro IV p. LVIII. Traduit par James Darmesteter.

222 Comparez aussi avec ce que l'on dit de Makara et des Koumâras, par rapport au Zodiaque.

 

Cependant la philosophie Esotérique enseigne qu'un tiers 223 des Dhyânis – c'est-à-dire les trois Classes de Pitrîs Aroûpa doués d'intelligence, "qui est un souffle sans forme composé de substances intellectuelles et non pas élémentaires" – étaient simplement condamnés, par la loi de Karma et d'évolution à renaître ou à s'incarner sur la Terre 224. Quelques-uns [III 117] de ces Dhyânis étaient des Nirmânakâyas provenant d'autres Manvantaras. Par suite, nous les voyons, dans tous les Pourânas, reparaître sur ce Globe durant le Troisième Manvantara – lisez durant la Troisième Race-Racine – en qualité de Rois, de Richis et de Héros. Cette doctrine étant trop philosophique et trop métaphysique pour être comprise par la foule, fut, comme nous l'avons déjà dit, défigurée par le clergé, afin de conserver sur cette foule une emprise due à une crainte superstitieuse.

223 D'où les assertions postérieures de la vision de saint Jean, auxquelles il est fait allusion dans son Apocalypse, au sujet "du grand dragon rouge ayant sept têtes et dix cornes, ainsi que sept couronnes sur ses sept têtes" et dont "la queue entraînait le tiers des étoiles du ciel et les jetait sur la Terre". Ch. XII. V. 3-4.

224 Le verset où il est dit "il les jeta sur la Terre" laisse clairement voir qu'il tire son origine de la plus noble et de la plus antique allégorie des Mystiques Aryens qui, après la destruction des géants et des sorciers Atlantéens, voilèrent la vérité – astronomique, physique et divine, puisque c'est une page tirée de la Théogonie pré-cosmique – sous diverses allégories. Sa réelle interprétation Esotérique constitue une véritable Théodicée de ce que l'on appelle les "Anges Déchus" ; les consentants et les non-consentants, les créateurs et ceux qui refusent de créer, sont aujourd'hui mêlés de la façon la plus déconcertante par les Chrétiens Catholiques qui oublient que leur plus grand Archange, saint Michel, que l'on nous montre domptant (maîtrisant et assimilant) le Dragon de la Sagesse et du divin Soi-Sacrifice – aujourd'hui appelé, à tort et calomnieusement, Satan – fut le premier qui refusa de créer ! Cela a fait naître une confusion sans fin. La Théologie Chrétienne comprend si peu le langage plein de paradoxes de l'Orient et son symbolisme, qu'elle interprète même – dans le sens de la lettre morte – le rituel Bouddhiste-Chinois et Exotérique-Hindou, en vertu duquel on fait du bruit durant certaines éclipses pour effrayer et mettre en fuite le "grand dragon rouge" qui complote de ravir la "lumière" !Pourtant, ici, "lumière" est synonyme de Sagesse Esotérique et nous avons suffisamment expliqué la signification secrète des mots Dragon, Serpent, etc., qui tous se rapportent à des Adeptes et à des Initiés.

 

Les prétendus "Rebelles" n'étaient donc que ceux qui, contraints par la loi Karmique à vider la coupe de fiel jusqu'à la dernière goutte, devaient s'incarner de nouveau et transformer ainsi en entités responsables et pensantes les statues astrales projetées par leurs frères inférieurs. On dit que certains d'entre eux refusèrent, parce qu'ils ne possédaient pas les matériaux voulus – c'est-à-dire un corps astral – attendu qu'ils étaient Aroûpa. Le refus de certains autres se basait sur ce qu'ils avaient été des Adeptes et des Yogis durant de longs Manvantaras antérieurs ; autre mystère. Néanmoins, plus tard, en qualité de Nirmânakâyas, ils se sacrifièrent pour le bien et le salut des Monades qui attendaient leur tour et qui, sans ce sacrifice, auraient dû végéter durant d'innombrables périodes de temps dans des formes irresponsables, semblables à celles des animaux, bien qu'ayant l'apparence humaine. C'est peut-être une parabole et une allégorie cachée dans une allégorie. Nous laissons à l'intuition  de l'étudiant le soin d'en découvrir la solution, s'il se donne la peine de lire ce qui suit avec son œil spirituel.

Quant aux Formateurs ou "Ancêtres" – les Anges qui, suivant la légende exotérique, obéirent à la loi – ils doivent être identiques aux Barhishad Pitris ou aux Pitri-Dévatâs, c'est-à-dire à ceux qui étaient en possession du feu créateur physique. Ils ne pouvaient que créer les Monades humaines, ou plutôt les revêtir de leurs propres Sois astrals, mais ils ne pouvaient créer l'homme à leur image et à leur ressemblance. "L'homme ne doit pas être semblable à l'un de nous", dirent les Dieux Créateurs chargés de former l'animal inférieur – il doit être supérieur 225. La création par eux de l'image des hommes en la tirant de leur propre Essence divine veut dire, ésotériquement, que ce sont eux qui devinrent la Première Race et partagèrent ainsi sa destinée et son évolution ultérieure. [III 118]

225 Voyez la Genèse, et le Timée de Platon.

 

Ils ne voulaient pas, simplement parce qu'ils ne le pouvaient pas, donner à l'homme cette étincelle sacrée qui brûle et devient la fleur de la raison et de la soi-conscience humaines, parce qu'ils ne la possédaient pas pour pouvoir la donner. Ce soin fut laissé à la Classe de Dévas que la Grèce a symbolisée sous le nom de Prométhée, c'est-à-dire à ceux qui n'avaient rien à faire avec le corps physique, mais tout avec l'homme purement spirituel.

Chaque Classe de Créateurs dote l'homme de ce qu'elle a à donner : l'une édifie sa forme extérieure, l'autre lui donne son essence qui devient, plus tard, le Soi Supérieur Humain, grâce aux efforts personnels de l'individu ; mais les Créateurs ne pouvaient faire les hommes tels qu'ils étaient eux-mêmes – parfaits, parce que sans péchés ; sans péchés, parce qu'ils ne possédaient que la première esquisse, pâle et vague, des attributs et que ceux-ci étaient – au point de vue humain – tous parfaits, blancs, purs et froids, comme la neige vierge. Là où il n'y a pas de lutte, il n'y a pas de mérite. L'humanité "de ce globe terraqué" n'était pas destinée à être créée par les Anges du Premier Souffle Divin. C'est pourquoi on dit qu'ils ont refusé de créer et que l'homme eut à être formé par des Créateurs plus matériels 226 qui, à leur tour, ne pouvaient donner que ce qui faisait partie intégrante de leur propre nature et rien de plus. Soumis à la loi éternelle, les Dieux purs ne purent projeter, en les tirant d'eux-mêmes, que des hommes nuageux, un peu moins éthérés et spirituels, moins divins et parfaits qu'ils ne l'étaient eux-mêmes,– néanmoins, des ombres. La première Humanité fut donc une pâle copie [III 119] de ses Progéniteurs ; trop matérielle, malgré son caractère éthéré, pour constituer une hiérarchie de Dieux ; trop spirituelle et trop pure pour constituer des HOMMES – dotée comme elle l'était de toutes les perfections négatives (nirgouna). La perfection, pour l'être réellement, doit naître de l'imperfection ; l'incorruptible doit sortir du corruptible, qui constitue son véhicule, sa base et son contraste. La Lumière Absolue est les Ténèbres absolues et vice versa. En fait, il n'existe ni Lumière, ni Ténèbres, dans le royaume de la Vérité. Le Bien et le Mal sont jumeaux, produits de l'Espace et du Temps, sous l'influence de Mâyâ. Séparez-les, en tranchant le lien qui les unit, et ils périront tous deux. Ni l'un ni l'autre n'existe per se, puisque chacun doit être généré et créé au moyen de l'autre, pour pouvoir naître à l'existence ; tous deux doivent être connus et appréciés avant de devenir des objets de perception ; aussi dans le mental mortel, il faut qu'ils soient divisés.

226 Malgré tous ses efforts pour atteindre le but opposé, la Théologie Chrétienne – qui a assumé le fardeau du récit Esotérique Hébreu de la création de l'homme, qu'elle interprète littéralement – ne peut découvrir aucune excuse raisonnable pour son "Dieu Créateur" qui produit un  homme dépourvu de mental et de sens ; et ne peut, non plus, justifier le châtiment d'un acte pour lequel Adam et Eve auraient pu plaider non-coupables. En effet, si l'on admet que ce couple ignorait le bien et le mal, avant de manger le fruit défendu, comment pourrait-on le supposer capable de comprendre que c'était mal de désobéir ? Si l'homme primordial était destiné à rester un être à moitié intelligent, ou plutôt inintelligent, alors sa création était sans but et même cruelle, si elle était due à un Dieu omnipotent et parfait. Mais, dans la Genèseelle-même, on nous montre Adam et Eve créés par une Classe Inférieure d'Etres divins, les Elohim, qui sont tellement jaloux de leurs prérogatives personnelles, en tant que créatures raisonnables et intelligentes, qu'ils ne veulent pas permettre que l'homme devienne "semblable à l'un de nous". C'est évident, même en s'en tenant à la lettre morte de la Bible. Les Gnostiques avaient donc raison de considérer le Dieu des Juifs comme appartenant à une Classe inférieure, matérielle et pas très sainte, d'habitants du monde invisible.

 

Néanmoins, puisque la distinction illusoire existe, elle nécessite un Ordre inférieur d'Anges Créateurs pour "créer" des Globes habités – principalement le nôtre – ou pour traiter la Matière sur ce plan terrestre. Les Gnostiques à l'esprit philosophique furent les premiers à penser ainsi, durant la période historique, et à inventer divers systèmes basés sur cette théorie. Aussi, dans leurs schémas de la création, voit-on toujours leurs Créateurs occuper une place sur l'échelon le plus bas de l'échelle de l'Etre Spirituel. Pour eux, ceux qui créèrent notre Terre et ses mortels étaient placés à la limite même de la Matière mâyâvique et l'on enseignait à leurs adhérents – ce qui inspirait un profond dégoût aux Pères de l'Eglise – qu'en ce qui concernait la création des races misérables, au point de vue spirituel et moral, qui font l'ornement de notre Globe, la responsabilité ne pouvait incomber à aucune haute Divinité, mais seulement à des Anges d'une Hiérarchie inférieure 227, dans laquelle ils reléguaient le Dieu Juif Jéhovah.

Des humanités, différentes de l'humanité actuelle, sont mentionnées dans toutes les Cosmogonies antiques. Platon parle, dans le Phèdre, d'une race d'homme "ailés". [III 120] Aristophane, dans le Banquet, de Platon, parle d'une race androgyne ayant des corps ronds. Dans  Pymandre, le règne animal tout entier possède deux sexes. Ainsi, on y lit que :

Le circuit ayant été parachevé, le nœud fut desserré... et tous les animaux, qui étaient également androgynes, furent déliés [séparés] en même temps que l'homme... [parce que]... les causes devaient produire des effets sur terre. 228

 227 Dans Isis Dévoilée, on expose plusieurs de ces systèmes gnostiques. L'un d'eux est tiré du Codex Nazareus, Ecritures des Nazaréens, qui, bien qu'ils aient existé longtemps avant l'époque du Christ et même avant les lois de Moïse, étaient des Gnostiques et beaucoup d'entre eux des Initiés. Ils accomplissaient leurs "Mystères de la Vie" à Nazara (l'ancienne et moderne Nazareth) et leurs doctrines sont un écho fidèle des enseignements de la DOCTRINE SECRÈTE, dont nous essayons maintenant d'expliquer quelques-uns.

228 I. 18. Voyez la traduction du Grec qu'en a faite M. François de Foix, Evêque d'Ayre ; ouvrage dédié à Marguerite de France, Reine de Navarre. Edition de 1579, Bordeaux.

 

Dans l'ancien manuscrit Quiché, le Popol Vuh – publié par feu l'abbé Brasseur de Bourbourg – les premiers hommes sont décrits comme une race "dont la vision était illimitée et qui avait immédiatement connaissance de toutes choses", manifestant ainsi le divin savoir des Dieux et non le savoir des mortels. La DOCTRINE SECRETE, corrigeant les inévitables exagérations de la fantaisie populaire, expose les faits tels qu'ils sont enregistrés dans les symboles archaïques.

Ces "Ombres" naquirent "chacune avec sa propre couleur et  son propre genre" et chacune aussi "inférieure à son Père" ou Créateur, parce que ce dernier était un Etre complet dans son genre. Ces Commentaires rapportent la première phrase à la couleur ou au teint de chacune des races humaines ainsi évoluées. Dans Pymandre, les Sept Hommes Primitifs, créés par la Nature en les tirant de "l'Homme Céleste", partagent, tous, les qualités des Sept "Gouverneurs" ou Régents, qui aimaient l'Homme – leur propre reflet et synthèse.

Dans les Légendes Norses, on trouve dans Asgard, la demeure des Dieux, ainsi que dans les Ases elles-mêmes et formant le canevas des "mythes" populaires, les mêmes Lieux et les mêmes personnifications que dans notre DOCTRINE SECRETE ; nous les retrouvons également dans les Védas, les Pourânas, les Ecritures Mazdéennes et la Cabale. Les Ases de Scandinavie, les Régents du Monde qui précédèrent les nôtres, dont le nom veut littéralement dire les "Piliers du monde", ses "Soutiens", sont donc identiques aux Cosmocrates grecs, aux sept "Ouvriers" ou Recteurs de Pymandre, aux sept Richis et Pitris des Indes, aux sept  Dieux Chaldéens et aux sept Mauvais Esprits, les sept Séphiroth Cabalistiques synthétisés par la Triade supérieure, et même aux sept Esprits Planétaires des Mystiques Chrétiens. Les Ases créent la terre, les [III 121] mers, le ciel et les nuages, le monde visible tout entier, en le tirant des restes du géant égorgé, Ymir, mais ils ne créent pas l'HOMME, ils ne créent que sa forme, en la tirant de l'arbre Ask ou Frêne. C'est Odin qui lui confère la vie et l'âme, après que Lodur lui eut donné le sang et les os, et c'est enfin Hönir qui lui fournit son intellect (Manas) et ses sens conscients 229. L'Ask Norvégien, le Frêne d'Hésiode, d'où sortirent les hommes de la génération de bronze, la Troisième Race-Racine, et l'arbre Tzité du Popol Vuh d'où fut créée la troisième race mexicaine, ne font qu'un. Tout lecteur peut le constater  clairement.  Mais  quel  est  celui  des  savants  Occidentaux qui serait capable de nous expliquer la raison Occulte pour laquelle l'Yggdrasil Norse, l'Ashvattha Hindou, le Gogard, l'arbre Hellénique de la vie et le Zampun Tibétain, ne font qu'un avec l'Arbre Séphirotique de la Cabale, et même avec l'Arbre Sacré fait par Ahoura Mazda  et  avec  l'Arbre  de l'Eden 230 ? Néanmoins, les fruits de tous ces "Arbres", qu'il s'agisse du Pippala, du Haoma, ou même de la prosaïque Pomme, sont, en fait et en réalité, les "plantes de vie". Les prototypes de nos races étaient tous contenus dans l'Arbre Microcosmique, qui grandit et se développa dans et sous le grand Arbre Macrocosmique du monde 231 ; et le mystère est à moitié révélé dans le Dîrghotamas 232, où il est dit :

229 Asgard and the Gods, p. 4.

 

Pippala, le doux fruit de l'arbre sur lequel viennent les esprits qui aiment la science et où les dieux produisent toutes les merveilles.

De même que dans le Gogard, le "Serpent" habite au milieu des branches luxuriantes de tous ces Arbres Terrestres. Mais tandis que l'Arbre Macrocosmique est le serpent de l'Eternité et de la Sagesse absolue elle- même, ceux qui habitent dans l'Arbre Microcosmique sont les Serpents de la Sagesse Manifestée. L'un est l'Unique et le Tout ; les autres sont ses parties reflétées. "L'Arbre" est, naturellement, l'homme lui-même, et le Serpent qui habite dans chacun est le Manas conscient, le chaînon qui relie l'Esprit et la Matière, le Ciel et la Terre.

Il en est de même partout. Les Puissances Créatrices produisent l'Homme, mais elles n'arrivent pas à atteindre le but final. Tous ces Logoï s'efforcent de doter l'homme de l'Esprit conscient et immortel, reflété dans le Mental (Manas) seul ; ils [III 122] échouent et on les représente tous comme étant punis à cause de leur échec, si ce n'est à cause de leur tentative. De quelle nature est donc la punition ? C'est une sentence d'emprisonnement dans la région inférieure ou plus basse, qu'est notre Terre, la plus basse de sa Chaîne ; une Eternité – ce qui veut dire la durée d'un cycle de vie – dans les ténèbres de la Matière, ou dans l'Homme- animal. Il a plu aux Pères de l'Eglise, moitié par ignorance et moitié par ruse, de défigurer le pittoresque symbole. Ils profitèrent des métaphores et des allégories, que l'on rencontre dans toutes les anciennes religions, pour en dénaturer le sens au profit de la nouvelle. Ainsi l'homme fut transformé et devint les ténèbres d'un Enfer matériel ; sa conscience divine, obtenue, grâce au Principe qui demeurait en lui, le Mânasa ou le Déva incarné, devint les flammes ardentes de la Région Infernale, et notre Globe devint cet Enfer même. Pippala, Haoma, le fruit de l'Arbre de la Science, furent dénoncés comme étant le fruit défendu, et le "Serpent de Sagesse", la voix de la raison et de la conscience, demeura, pendant des âges identifié à l'Ange Déchu qui est l'Antique Dragon, le Diable !

230 M. James Darmesteter, traducteur de la Vendidâd, dit en en parlant : "L'arbre quoi qu'il soit..." – Sacred Books of the East, vol. IV, p. 209, note. 231 Timée, de Platon.

232 [Voir Notes Additionnelles.]

 

De même pour les autres symboles supérieurs. La Svastika, le plus sacré et le plus mystique des symboles de l'Inde, la "Croix Jaina", comme l'appellent maintenant les Maçons, malgré ses rapports directs et même son identité avec la croix Chrétienne, a été déshonorée de la même façon. C'est le "signe du diable", nous disent les missionnaires des Indes. Ne brille-t-il pas sur la tête du grand Serpent de Vishnou, sur Shesha-Ananta aux mille têtes, dans les abîmes du Pâtâla, le Naraka ou Enfer Hindou ? C'est exact, mais qu'est-ce qu'Ananta ? De même que Shesha, c'est le Cycle Manvantarique de Temps d'une durée presque infinie et il devient  le Temps Infini lui-même, lorsqu'on l'appelle Ananta, le grand Serpent aux Sept Têtes sur lequel se tient Vishnou, la Divinité Eternelle, durant l'inactivité du Pralaya. Qu'est-ce que Satan peut avoir à faire avec ce symbole hautement métaphysique ? La Svastika est le plus philosophiquement scientifique de tous les symboles, en même temps que le plus compréhensible. C'est, en quelques lignes, le résumé de tout le travail de la "création" ou de l'évolution, devrait-on plutôt dire, depuis la Cosmothéogonie, jusqu'à l'Anthropogonie, depuis le Parabrahman indivisible et inconnu jusqu'à l'humble Monère de la Science matérialiste, dont la genèse est aussi inconnue de cette Science que l'est celle de la Divinité Universelle elle-même. La Svastika se retrouve en tête des symboles religieux de toutes les anciennes nations. C'est le "Marteau de l'Ouvrier" du Livre des Nombres Chaldéen, le "Marteau", dont nous avons fait mention [III 123] plus haut, au Livre du Mystère Caché, "qui fait jaillir des étincelles du silex" (l'Espace), étincelles qui deviennent des Mondes. C'est le Marteau de Thor, l'arme magique forgée par les Nains contre les Géants, ou Forces Titaniques pré-cosmiques de la Nature qui se révoltent et qui, pendant qu'elles sont vivantes dans la région de la Matière, ne veulent pas être domptées par les Dieux – agents de l'Harmonie Universelle – mais doivent être d'abord détruites. C'est pour cela que le monde est formé des débris de l'Ymir égorgé. La Svastika est le Miölnir, le "Marteau de l'Orage", et c'est pour cela, dit-on, que lorsque les Ases, les Dieux saints, après avoir été purifiés par le feu – le feu des passions et des souffrances, durant leurs incarnations – deviendront dignes d'habiter dans Ida, dans une paix éternelle, le Miölnir deviendra inutile. Cela se produira lorsqu'ils cesseront d'être entravés par les liens de Hel – la Déesse-reine de la région des Morts – car le royaume du mal aura cessé d'exister.

Les flammes de Surtur ne les avaient pas encore détruits, pas plus que les eaux furieuses [des divers déluges]... Il y avait... les fils de Thor. Ils apportèrent Miölnir avec eux, non pas comme une arme de guerre, mais comme l'instrument [marteau] pour consacrer les nouveaux cieux et la nouvelle terre. 233

En vérité, il signifie bien des choses ! Dans l'œuvre macrocosmique, le "MARTEAU DE LA CREATION", avec ses quatre branches à angles droits, se rapporte au mouvement continuel et à la révolution de l'invisible Cosmos des Forces. Dans l'œuvre du Cosmos manifesté et de notre  Terre, il fait allusion à la rotation des axes du monde et de leurs ceintures équatoriales durant les Cycles de Temps ; les deux lignes qui forment la Svastika 234, représentent l'Esprit et la Matière et les quatre bouts recourbés suggèrent le mouvement de rotation des cycles. Appliqué au microcosme, à l'Homme, il établit que celui-ci est un chaînon reliant le Ciel et la Terre ; la main droite est dressée à l'extrémité d'un bras horizontal, tandis que la gauche montre la Terre. Dans la Table d'Emeraude d'Hermès, on voit, écrit sur la main droite qui est dressée, le mot "Solve" et sur la main gauche le mot "Coagula". C'est, a la fois, un signe Alchimique, Cosmogonique, Anthropologique et Magique et il faut sept clefs différentes pour atteindre sa signification cachée. Ce ne serait pas trop dire que de déclarer que le symbolisme complexe de ce signe, universel et suggestif entre tous, renferme la clef des sept grands mystères [III 124] du Cosmos. Fruit des conceptions mystiques des premiers Aryens et placé par eux au  seuil même de l'éternité, sur la tête du serpent Ananta, il trouva sa mort spirituelle dans les interprétations scolastiques des Anthropomorphistes du moyen âge. C'est l'Alpha et l'Oméga de la Force Créatrice universelle qui évolue du pur Esprit pour aboutir à la Matière grossière. C'est aussi la  clef du Cycle de la Science, divine et humaine, et qui en comprend toute la signification est à jamais libéré des entraves de Mahâmâyâ, la grande Illusion et le Trompeur. La Lumière qui brille de sous le Divin Marteau, rabaissée aujourd'hui au rang de maillet des Grands Maîtres des Loges Maçonniques, suffit à dissiper les ténèbres de toutes les fictions et de tous les projets humains.

233 Voyez Asgard and the Gods, p. 305.

234 Voir la figure, p. 125.

 

Combien prophétiques sont les chants des trois Déesses Norses, auxquelles les corbeaux d'Odin murmurent les choses du passé et de l'avenir, en voletant en rond dans leur demeure de cristal située sous les flots du fleuve. Les chants sont tous transcrits sur les "Rouleaux de Sagesse", dont un grand nombre sont perdus, mais dont il reste quelques- uns et ces chants répètent sous forme d'allégories poétiques, les enseignements des Ages Archaïques. Résumons ce que dit le DrWagner dans Asgard and the Gods, au sujet du "Renouvellement du Monde" ; c'est une prophétie sur la Septième Race de notre Ronde, dite au passé.

Le Miölnir avait rempli son devoir durant cette Ronde et :

Dans le Champ d'Ida, le champ de la résurrection  [pour la Cinquième Ronde], les fils des dieux les plus hauts s'assemblèrent et leurs pères surgirent de nouveau en eux [les Egos de toutes leurs incarnations passées]. Ils parlèrent du Passé et du Présent et rappelèrent la sagesse de leurs ancêtres et leurs prophéties qui s'étaient accomplies. Près d'eux, mais invisibles à leurs yeux, se tenait le fort, le puissant Etre qui gouverne toutes choses, qui fait la paix entre ceux qui sont brouillés et établit les lois éternelles qui gouvernent le monde. Ils savaient tous qu'il était là, ils sentaient sa présence et  son pouvoir, mais ignoraient son nom. Sur un ordre de lui, la nouvelle terre jaillit des eaux [de l'Espace]. Dans la direction du Midi, au-dessus du Champ d'Ida, il créa un autre ciel appelé Audlang et, plus loin encore, un troisième, connu sous le nom de Widblain. Au-dessus de la caverne de Gimil, fut érigé un merveilleux palais qui était couvert d'or et étincelait avec l'éclat du Soleil. [Ce sont là les trois Globes graduellement ascendants de notre chaîne.] Là, les dieux furent installés sur leurs trônes, comme ils avaient l'habitude de l'être, et ils se réjouirent de leur restauration et des temps meilleurs. Du haut [III 125] des sommets de Gimil [le Septième Globe, le plus haut et le plus pur], ils laissèrent tomber leurs regards sur les heureux descendants de Lif [et Lifthrasir, les  futurs Adam et Eve de l'humanité purifiée] et leur firent signe de grimper plus haut, de s'élever en savoir et en sagesse, en piété et en œuvres d'amour, pas à pas, d'un ciel à l'autre, jusqu'au moment où ils seraient enfin dignes d'être unis aux divinités dans la demeure du Père  de Tous. 235

Celui qui connaît les doctrines du Bouddhisme ou Sagesse Esotérique, bien qu'elles aient été si imparfaitement esquissées jusqu'à présent, verra clairement l'allégorie que cache la citation ci-dessus.

Le lecteur en comprendra mieux la signification plus philosophique, s'il médite avec soin sur le mythe de Prométhée. Nous l'étudions plus loin, sous le jour dont l'éclaire le Pramantha [baratte] Hindou. Rabaissée au niveau d'un symbole purement physiologique par certains Orientalistes et rattachée uniquement au feu terrestre, leur interprétation est une insulte envers toutes les religions, y compris le Christianisme, dont le plus grand mystère est ainsi traîné dans la Matière. Le "frottement" du divin Pramantha et d'Arani 236 – ne pouvait apparaître sous cet aspect qu'à la conception brutale des Matérialistes Allemands – qui sont les pires de tous. Il est vrai que le Divin Enfant, Agni, pour la Race qui parle le Sanscrit, devenu Ignis chez les Latins, est né de l'union de Pramantha et d'Arani – la Svastika – durant la cérémonie du sacrifice ; mais qu'est-ce que  cela prouve ? Tvashtri (Vishvakarman) est "l'artiste divin et le charpentier" 237 et il est aussi [III 126] le Père des Dieux et le "Feu Créateur", dans les Védas. Le symbole est si ancien et si sacré, que l'on ne peut guère procéder à des fouilles sur les emplacements des antiques cités sans l'y trouver. Un certain nombre de ces disques en terre cuite, que l'on appelle des fusaïoles, furent découverts par le Dr Schlieman sous les ruines de l'antique Troie.

 Les  deux  formes   et   furent  découvertes  en  abondance  et  leur présence prouve une fois de plus que les anciens Troyens et leurs ancêtres étaient de purs Aryens.

(c) Le Chhâyâ, comme nous l'avons déjà expliqué, est l'Image Astrale. Il a cette signification dans les ouvrages sanscrits. Ainsi Sanjnâ, la Conscience Spirituelle, l'épouse de Soûrya, le Soleil, est représentée comme se retirant dans la jungle pour mener une vie ascétique, en laissant à son époux son Chhâyâ, Ombre ou Image.

  "Agni, dans sa situation d'Akta, ou d'oint, suggère l'idée du Christ, fait remarquer le professeur Jolly. Mâyâ, c'est Marie, Sa mère ; Tvashtri, c'est saint Joseph, le charpentier de la Bible." Dans le Rig Véda, Vishvakarman est le plus haut et le plus ancien des Dieux, et leur "Père". Il est le "charpentier ou constructeur", parce que Dieu est appelé, même par les Monothéistes, "l'Architecte de l'Univers". Néanmoins, l'idée originale est purement métaphysique et n'a aucun rapport avec le Phallisme plus récent.

 

Shloka 16. Les Créateurs sont embarrassés pour créer un homme pensant.

 

Comment  les  Manoushyas 238  sont-ils  nés ?  Les Manous 239 avec leur Mental, comment sont-ils faits ? (a) Les Pères appelèrent à leur aide leur propre Feu 240 qui est le Feu qui brûle dans la Terre. L'Esprit de la Terre appela à son aide le Feu Solaire 241. Ces Trois 242, grâce à leurs efforts  réunis  produisirent  une  bonne Roupa. Elle 243 pouvait se tenir debout, marcher, courir, se courber ou voler. Pourtant ce n'était toujours qu'un Chhâyâ, une Ombre ne possédant pas de sens (b)...

238 Les réels Manoushyas.

239 Barishads (?).

240 Le Kavyavâhana, feu électrique.

241 Shuchi, l'esprit dans le Soleil.

242 Les Pitris et les deux Feux.

243 La Forme.

 

(a)      Ici, une explication devient encore nécessaire, avec l'aide de la lumière que projettent les Ecritures, tant exotériques qu'Esotériques. Les Manoushyas (les hommes) et les [III 127] Manous équivalent ici à l'Adam Chaldéen – terme qui ne signifie pas du tout le premier homme, comme pour les Juifs, ou un individu isolé, mais l'Humanité, prise collectivement, comme c'est l'opinion des Chaldéens et des Assyriens. Ce sont, parmi les Sept Ordres ou Classes, les quatre de Dhyân Chohans, dit le Commentaire, "qui furent les Progéniteurs de l'Homme Caché", c'est-à-dire de l'Homme Interne et subtil. Les Lha de la Lune, les Esprits Lunaires, ne furent, comme nous l'avons déjà exposé, que les Ancêtres de sa Forme, c'est-à- dire du modèle suivant lequel la Nature commença sur lui son œuvre extérieure. Ainsi l'Homme Primitif n'était, lorsqu'il fit son apparition, qu'un Bhoutâ 244 dépourvu de sens, ou "fantôme". Cette "création" fut un échec.

 244 On ne s'explique pas pourquoi le mot Bhoûtas serait traduit par les Orientalistes par "mauvais esprits", dans les Pourânas. Dans le Vishnou Pourâna (Traduction de Wilson, note de Fitzedward Hall, 1, 83), la Shloka dit simplement : "Des ennemis, effrayants parce qu'ils avaient la couleur des singes et étaient carnivores", et le mot veut dire maintenant, aux Indes, "esprits", fantômes éthérés ou astrals, tandis que dans l'Enseignement Esotérique il veut dire substances élémentaires, quelque chose formé d'essence atténuée, non composée et, d'une manière spécifique, le Double astral de n'importe quel homme ou animal. Dans ce cas, ces hommes primitifs sont les doubles des premiers Dyânis ou Pitris éthérés.

 

(b)    Cette tentative aboutit également à un échec. C'est l'allégorie de la vanité des tentatives faites par la Naturephysique pour construire, sans être aidée, même un animal parfait – sans parler de l'homme. En effet, les "Pères", les Anges Inférieurs, sont tous des Esprits de la Nature, et les Elémentals supérieurs possèdent aussi une intelligence qui leur est propre ; mais cela ne suffit pas pour permettre de construire un homme pensant. Il fallait le "Feu Vivant", ce Feu qui confère au mental humain sa soi- perception et sa soi-conscience, ou Manas ; et les descendants de Pâvaka et de Shuchi sont les Feux Electro-Animaux et Solaires qui créent les animaux et ne peuvent, en conséquence, fournir qu'une constitution physique vivante à ce premier modèle astral de l'homme. Les premiers Créateurs furent donc les Pygmalions de l'Homme Primordial : ils ne parvinrent pas à animer la statue – intellectuellement.

Nous allons voir que cette Stance est très suggestive. Elle explique le mystère et comble la lacune qui existe entre le Principe qui Anime l'homme – le Soi Supérieur ou Monade Humaine – et la Monade Animale, qui n'en font qu'une à elles deux, bien que la première soit douée d'intelligence divine et la seconde seulement de faculté instinctive. Comment [III 128] la différence peut-elle être expliquée, ainsi que la présence dans l'homme de ce SOI SUPERIEUR ?

Le Commentaire s'exprime ainsi :

Les Fils de MAHAT sont ceux qui activent le développement de la Plante humaine. Ils sont les Eaux qui tombent sur le sol aride de la vie latente et l'Etincelle qui vivifie l'Animal humain. Ce sont les Seigneurs de l'Eternelle Vie Spirituelle... Au commencement [durant la Seconde Race], quelques-uns [des Seigneurs] seulement insufflèrent leur essence dans les Manoushyas [hommes] et quelques-uns élurent domicile dans l'homme.

Cela prouve que ce n'est pas tous les hommes qui devinrent des incarnations des "Divins Rebelles", mais seulement un petit nombre d'entre eux. Pour les autres, leur cinquième Principe fut simplement activé par l'étincelle qui y fut introduite, ce qui rend compte des grandes différences dans les capacités intellectuelles des hommes et des races. Si les "Fils de Mahat" n'avaient pas, allégoriquement, sauté [enjambé ?] les mondes intermédiaires, dans leur élan vers la liberté intellectuelle, l'homme-animal n'aurait jamais été capable de s'élever au-dessus de cette terre et d'atteindre le but final par ses efforts personnels. Le pèlerinage cyclique aurait dû être accompli à travers tous les plans de l'existence, d'une façon à demi- inconsciente, sinon tout à fait, comme c'est le cas pour les animaux. C'est grâce à cette révolte de la vie intellectuelle contre l'inactivité morbide du pur esprit que nous sommes ce que nous sommes – des hommes soi- conscients, pensants, ayant en nous les capacités et les attributs des Dieux, pour le bien comme pour le mal. Les REBELLES sont donc nos Sauveurs. Que le Philosophe médite sur cela et plus d'un mystère deviendra clair pour lui. Ce n'est que par la force attractive des contrastes que les deux opposés – l'Esprit et la Matière – peuvent être cimentés entre eux sur Terre et, fondus au feu de l'expérience et de la souffrance soi-conscientes, se trouver unis dans l'Eternité. Cela donnera l'explication de bien des allégories incompréhensibles jusqu'à présent et que l'on qualifie sottement de "fables" 245.

Cela explique tout d'abord la déclaration contenue dans Pymandre et d'après laquelle "l'Homme Céleste", le "Fils du Père", qui participa de la nature et de l'essence des Sept Gouverneurs, ou Créateurs et Régents du Monde Matériel,

Jeta un coup d'œil à travers l'Harmonie et, se frayant un chemin [III 129] à travers la puissance  des [Sept] Cercles [de feu], fit ainsi connaître et rendit manifeste la nature née en bas. 246

Cela explique chaque verset du récit Hermétique et aussi l'allégorie Grecque de Prométhée. Chose importante entre toutes, cela explique les nombreux récits allégoriques des "Guerres dans le Ciel", y compris celui de l'Apocalypse, par rapport au dogme chrétien des "Anges Déchus". Cela explique la "révolte" des Anges les plus anciens et les plus hauts et ce que l'on veut dire en mentionnant qu'ils furent précipités du Ciel jusque dans les profondeurs des Enfers, c'est-à-dire de la Matière. Cela met même un terme à la récente perplexité des Assyriologues qui, par l'organe de feu George Smith, exprimèrent leur étonnement en ces termes :

 245 Voir le commentaire sur la Shloka 39, STANCE 10.

246 Voyez Pymander ; traduction d'Everard, II, 17-29.

 

La première idée que je me fis de cette partie [de la rébellion] fut que la guerre contre les pouvoirs du mal précéda la Création ; je pense maintenant qu'elle suivit le récit de la Chute. 247

Dans le même ouvrage 248, M. George Smith donne la reproduction d'une gravure prise sur un ancien Cylindre Babylonien et qui représente l'Arbre Sacré, le Serpent, l'homme et la femme. L'Arbre a sept branches : trois du côté de l'homme et quatre du côté de la femme. Ces branches typifient les sept Races-Racines, durant la troisième desquelles, et tout à fait à sa fin, se produisit la séparation des sexes et la prétendue Chute dans la génération. Les trois premières Races furent d'abord sans sexe, puis hermaphrodites ; les quatre autres mâles et femelles, distincts les uns des autres. Comme nous le dit l'auteur :

Le dragon qui, dans le récit Chaldéen de la Création, pousse l'homme au péché, est la créature de Tiamat, le principe vivant de la mer et du chaos... qui était opposé aux divinités lors de la création du monde. 249

C'est là une erreur. Le Dragon, c'est le principe mâle, ou Phallus, personnifié, ou plutôt animalisé ; et Tiamat, "l'incorporation de l'esprit du chaos", du Gouffre ou de l'Abîme, c'est le principe femelle, la Matrice. "L'esprit du chaos et du désordre" se rapporte à la perturbation mentale à laquelle il conduisait. C'est  le  principe  sensuel,  attractif,  magnétique, [III 130] qui fascine et séduit l'élément à jamais vivant et actif qui plonge le monde entier dans le désordre, le chaos et le péché. Le Serpent séduit la femme, mais c'est cette dernière qui séduit l'homme et tous deux sont compris dans la malédiction Karmique, bien que ce ne soit que comme résultat naturel d'une cause produite. George Smith dit que :

Il est clair que le dragon est compris dans la malédiction, conséquence de la Chute, et que les dieux [les Elohim, jaloux en voyant l'homme de limon devenir à son tour un Créateur, comme tous les animaux] appellent sur la tête de la Race humaine tous les maux qui affligent l'humanité. La sagesse et le savoir lui feront du mal, il aura des querelles de famille, se soumettra à la tyrannie, irritera les dieux... ses désirs ne seront pas satisfaits, il adressera des prières inutiles... il commettra des péchés futurs. Sans aucun doute, il y a autre chose sur le même sujet, mais notre récit est encore une fois interrompu et il ne reprend qu'au moment où les dieux se  préparent à faire la guerre aux pouvoirs du mal, qui sont dirigés par Tiamat (la femme). 250

247 Chaldean Account of Genesis, p. 92.

248 p. 91.

249 Ibid., loc. cit.

250 Chaldean Account of Genesis, loc. cit.

 

Ce récit est omis dans la Genèsedans un but monothéiste. Mais c'est une attitude erronée – née sans doute de la crainte et des égards pour la religion dogmatique et ses superstitions – que de chercher à compléter les fragments Chaldéens au moyen de la Genèse, tandis que c'est cette dernière, infiniment plus récente que tous les fragments, qui devrait être expliquée par eux.

 

  Shloka 17. Que faut-il pour la formation d'un Homme parfait ?

 

Le Souffle 251 avait besoin d'une Forme, les Pères la donnèrent. Le Souffle avait besoin d'un Corps Grossier ; la Terre le moula. Le Souffle avait besoin de l'Esprit  de la Vie : les Lhas solaires l'insufflèrent dans sa Forme. Le Souffle avait besoin d'un Miroir de son Corps 252 : "Nous lui donnâmes le nôtre", dirent les Dhyanis. Le Souffle avait besoin d'un Véhicule des Désirs 253 : "Il l'a", dirent les Draineurs des Eaux 254. Mais le Souffle avait besoin d'un Mental pour embrasser l'Univers : "Nous ne pouvons donner cela", dirent les Pères ! "Je [III 131] ne l'ai jamais eu", dit l'Esprit de la Terre. "La Forme serait consumée si je  lui  donnais  le  mien",  dit  le  Grand- Feu 255... L'homme 256 resta un Bhoûta vide et dépourvu de sens... Ainsi les Sans-Os ont donné la Vie à ceux qui 257 devinrent des Hommes pourvus  d'os  durant  la Troisième 258.

251 La Monade Humaine.

252 L'ombre astrale.

253 Le Kâma Roûpa.

254 Shouchi, le feu de la passion et de l'instinct animal.

255 Le Feu Solaire.

256  L'Homme Naissant.

257 Plus tard.

258 Race.

 

Comme on trouve une explication complète dans le Commentaire  de la STANCE V, quelques remarques suffiront maintenant. Le "Père" de l'homme physique primitif, ou de son corps, est le Principe Electrique Vital qui réside dans le Soleil. La Lune est sa "Mère" à cause du mystérieux pouvoir qu'elle possède et qui exerce une influence marquée sur la gestation et la génération humaines, qu'elle régit, comme sur la croissance des plantes et des animaux. Le "Vent" ou l'Ether, qui joue dans ce cas le rôle d'agent de transmission par qui ces influences sont transportées des deux luminaires jusqu'ici bas et diffusées sur la terre,    est dénommé la "Nourrice" 259, mais le "Feu Spirituel" seul fait de l'homme une entité divine et parfaite.

Quel est donc ce "Feu Spirituel" ? Dans l'Alchimie c'est l'Hydrogène, en général, tandis que dans la réalité Esotérique c'est l'émanation ou le Rayon qui jaillit du Noumène, le "Dhyân du Premier Elément". L'Hydrogène n'est un gaz que sur notre plan terrestre. Mais, dans  la Chimie elle-même, l'Hydrogène "serait la seule forme de matière qui existât, dans le sens que nous donnons à ce terme" 260 et il est très étroitement allié au PROTYLE, qui n'est autre que notre LAYAM. Il est, pour ainsi dire, le père et le générateur ou, plutôt l'Oupâdhi (la base) de l'Air et de l'Eau et il n'est autre, en fait, que "le feu, l'air et l'eau" : un, sous trois aspects, de là la trinité chimique et alchimique. Dans le monde de la manifestation ou Matière, c'est le symbole objectif et l'émanation matérielle de l'Etre individualisant, subjectif et purement spirituel, dans la région des Noumènes. C'est avec raison que Godfrey Higgins aurait comparé l'Hydrogène et même identifié à τοό̀ν [toon] "l'Unique"  des Grecs. En effet, ainsi qu'il le [III 132] fait remarquer, l'Hydrogène n'est pas l'eau, bien qu'il la génère ; l'Hydrogène n'est pas le feu, bien qu'il le manifeste ou le crée ; il n'est pas, non plus, l'air, bien que l'air puisse être considéré comme un produit de l'union de l'eau et du feu – puisque l'Hydrogène se rencontre dans l'élément aqueux de l'atmosphère. C'est le trois en un.

Si l'on étudie la Théogonie comparée, il est facile de constater que le secret de ces "Feux" était enseigné dans les Mystères de tous les anciens peuples et surtout en Samothrace. Il est hors de doute que les Kabires, les plus secrètes de toutes les anciennes Divinités, Dieux et Hommes, grandes Divinités et Titans, sont identiques aux Koumâras et aux Roudras conduits par Kârtikeya – un Koumâra, lui aussi. Cela est tout à fait évident, même exotériquement, et ces Divinités Hindoues étaient, comme les Kabires, la personnification des Feux sacrés des plus Occultes Pouvoirs de la Nature. Les diverses branches de la Race Aryenne, la branche Asiatique et la branche Européenne, la branche Hindoue et la branche Grecque, ont fait de leur mieux pour cacher leur véritable nature, sinon leur importance. Comme dans le cas des Koumâras, le nombre des Kabires est incertain.

 259 Voyez la Shloka 22.

260 Voyez Genesis of the Elements, par W. Crookes, p. 21.

 

Les uns disent qu'il n'y en avait que trois ou quatre seulement ; d'autres disent sept. Axiérus, Axiocersa, Axiocersus et Casmilus 261 peuvent être fort bien considérés comme les alter egos des quatre Koumâras – Sanat- Koumâra, Sananda, Sanaka et Sanâtana. Les premières de ces divinités, dont le père était censé être Vulcain, ont été souvent confondues avec les Dioscures, les Corybantes, les Anactes [aînés, anciens], etc. – exactement comme les Koumâras, dont le père est censé être Brahmâ – ou plutôt la "Flamme de son Courroux" qui le pousse à effectuer la neuvième création ou Création Koumâra, laquelle eut pour résultat Roudra ou Nîlalohita (Shiva) et les Koumâras – furent confondus avec les Asouras, les Roudras et les Pitris, pour la raison toute simple qu'à eux tous ils ne font qu'un – c'est-à-dire des Forces et des Feux corrélatifs. La place nous manque ici pour décrire ces "Feux" et leur réelle signification, bien que nous puissions tenter de le faire, si le reste de cet ouvrage est jamais publié. En attendant, nous pouvons ajouter quelques explications.

Ce qui précède constitue un ensemble de mystères dont on doit abandonner la solution à l'intuition personnelle de l'étudiant, plutôt que de chercher à les décrire. Si l'étudiant veut apprendre quelque chose du secret des FEUX, qu'il se reporte à certains ouvrages d'Alchimie qui rattachent, avec raison, le [III 133] Feu à tous les Eléments, comme le font les Occultistes. Le lecteur ne doit pas oublier que les Anciens considéraient la Religion et les Sciences Naturelles, ainsi que la Philosophie, comme étant étroitement et inséparablement reliées entre elles. Esculape était le Fils d'Apollon – le Soleil ou FEU de la Vie, à la fois Hélius, Pythius et le Dieu des oracles de la Sagesse. Dans les religions exotériques, autant que  dans la Philosophie Esotérique, les Eléments – particulièrement le Feu, l'Eau et l'Air – sont représentés comme les Progéniteurs de nos cinq sens physiques et, par suite, comme étant en rapport direct avec eux, d'une façon occulte. Ces sens physiques relèvent même d'une Création inférieure à celle qui est connue dans les Pourânas sous le nom de Pratîsarga ou "Création secondaire" 262.

"Le Feu Liquide procède du Feu non Discret", dit un axiome Occulte.

 261 [Axieros (l'aîné) ; Axiokersa (féminin) ; Axiokersos (le jeune) ; Kasmilos ou Kadmilos, un jeune garçon dieu, "le Fils" ; divinités de Samothrace.]

262 [Connue par les agents de l'Etre Suprême.]

 

Le cercle est la PENSEE ; le Diamètre [ou la ligne] c'est le VERBE, et leur union c'est la VIE.

Dans la Cabale, Bath-Kol est la fille de Shekinah, la Voix Divineou Lumière Primordiale. Dans les Pourânas et l'exotérisme Hindou, Vâch, la Voix, est le Logos femelle de Brahmâ – une permutation d'Aditi, la Lumière Primordiale. Et si Bath-Kol est, dans le Mysticisme Juif, une voie articulée surnaturelle, venant du ciel et révélant au "peuple élu" les traditions sacrées et les lois, c'est seulement parce que Vâch était appelée, avant le Judaïsme, la "Mère des Védas" qui entra dans les Richis et les inspira par ses révélations ; exactement comme l'on dit que Bath-Kol a inspiré les prophètes d'Israël, et les Grands-Prêtres Juifs. L'une et l'autre existent jusqu'à présent, sous leurs symbologies sacrées respectives parce que les Anciens associaient le Son ou Parole à l'Ether de l'Espace, dont la caractéristique est le Son. De sorte que le Feu, l'Eau et l'Air constituent la Trinité Cosmique primordiale.

Je suis ta Pensée, ton Dieu, plus ancien que le Principe Humide, la Lumière qui rayonne dans les ténèbres [le Chaos], et le Verbe étincelant de Dieu [le Son] est le Fils de la Divinité 263. [III 134]

263 Pymandre, I 6. Les adversaires de l'Hindouisme peuvent appeler cela du Panthéisme, du Polythéisme ou lui donner le nom qui leur plaira. Si la Science n'est pas complètement aveuglée par les préjugés, elle verra dans cette description la preuve d'une profonde connaissance des Sciences Naturelles et de la Physique, aussi bien que de la Métaphysique et de la Psychologie. Mais, pour découvrir cela, il faut étudier les personnifications, puis les convertir en atomes chimiques. On constate alors que cela satisfait à la fois la Science physique et même la Science purement matérialiste, aussi bien que ceux qui voient dans l'évolution l'œuvre de la "Grande Cause Inconnue" sous ses aspects phénoménaux et Illusoires.

 

Il nous faut donc bien étudier la "Création Primaire" avant de pouvoir comprendre la Secondaire. La première Race renfermait en elle trois Eléments rudimentaires et ne renfermait encore aucun Feu, parce que, suivant les Anciens, l'évolution de l'homme, ainsi que la croissance et le développement de ses sens spirituels et physiques, étaient subordonnés à l'évolution des Eléments sur le plan Cosmique de cette Terre. Tout procède de Prabhavâpyaya, l'évolution des principes créateurs et sensibles chez les Dieux et même celle de la prétendue Divinité Créatrice elle-même. On reconnaît cela aux noms et aux qualificatifs donnés à Vishnou dans les Ecritures exotériques. En sa qualité de Protologos Orphique, on l'appelle Poûrvaja,   "pré-génétique"    et   les   autres   noms,   pris   dans   leur   ordre descendant, le rattachent de plus en plus à la Matière,

 

1.

Ether

Ouïe

Son,

2.

Air

Toucher

Son et Toucher,

3.

Feu, ou Lumière

Vue

Son, Toucher et Couleur,

4.

Eau

Goût

Son, Toucher, Couleur et Goût,

5.

Terre

Odorat

Son, Toucher, Couleur, Goût et Odorat

 Comme on le voit, chaque Elément ajoute à ses propres caractéristiques celles de l'Elément qui le précède, de même que chaque Race-Racine ajoute le sens qui caractérise la Race précédente. Il en est de même dans la "Création" septénaire de l'homme, qui évolue graduellement en sept stages et suivant les mêmes principes, comme nous le montrerons plus loin.

Ainsi, tandis que les Dieux ou les Dhyân-Chohans (les Dévas) procèdent de la Première Cause – qui n'est pas Parabrahman attendu que ce dernier est la CAUSE UNIVERSELLE et que l'on ne peut le qualifier de "Première Cause" – Première Cause qu'on appelle dans les livres brahmaniques Jagad Yoni, la "Matrice du Monde", l'humanité est émanée de ces agents actifs du Cosmos. Pourtant les hommes, durant les Première et Seconde Races, n'étaient pas des êtres physiques, mais de simples rudiments des hommes futurs ; des Bhoûtas, qui procédaient de Bhoûtâdi, "l'origine" ou la "place originale d'où jaillirent les Eléments". Ils procédèrent donc, avec tout le reste, de Prabhavâpyaya, "la place d'où toutes choses tirent leur origine et où elles se résoudront [lit. détruiront] toutes", comme l'explique le Commentateur du Vishnou Pourâna 264. De là aussi nos sens physiques. De là [III 135] même la plus haute Divinité "créée" de notre Philosophie. Comme ne faisant qu'un avec l'Univers, que nous l'appelions Brahma, Ishvara ou Pourousha, c'est une Divinité Manifestée – et, par suite, "créée" ou limitée et conditionnée. Cela est facilement prouvé, même au moyen des enseignements exotériques.

 264 Traduction de Wilson. Note de Fitzedward Hall, vol. I, p. 21.

 

Après avoir été appelé l'inconnaissable et éternel Brahmâ (neutre ou abstrait), le Poundarikâksha 265, "suprême et impérissable gloire", lorsqu'au lieu de Sadaika-Roûpa, inchangeable ou immuable Nature, on le qualifie de Ekâneka-Roûpa, "à la fois simple et multiple", il se trouve,  lui, la Cause, immergé avec les effets qu'il a produits ; et ses noms, si on les place suivant l'ordre Esotérique, donnent l'échelle descendante ci-dessous :

 Mahâpourousha ou Paramâtman

Atman ou Poûrvaja (Protologos)

L'Esprit Suprême.

L'Esprit Vivant de la Nature.

Indriyâtman ou Hrishikesha       L'Ame Spirituelle ou Intellectuelle (qui ne fait qu'un avec les sens).

Bhoutâtman                                L'Ame Vivante ou Ame de Vie.

Kshetrajña                                   L'Ame  Incarnée,  ou  l'Univers d'Esprit et de Matière.

Bhrântidarshanatah                    La Fausse Perception – L'Univers Matériel.

Le dernier signifie quelque chose que l'on perçoit ou que l'on conçoit, en vertu d'une conception fausse et erronée, comme une forme matérielle, mais qui n'est, en fait, que Mâyâ, Illusion, comme tout dans notre univers physique.

C'est en vertu d'une stricte analogie avec les attributs de ce Brahmâ, tant dans le monde spirituel que dans le monde matériel, que se produit l'évolution des Essences Dhyân Chohaniques ; les caractéristiques de ces dernières sont reflétées à leur tour dans l'Homme, collectivement, et dans chacun de ses principes, dont chacun renferme en lui-même, dans le même ordre progressif, une portion de leurs divers "Feux" et Eléments.

 265 ["Pundarikaksha, ayant des yeux comme  un lotus, ou pénétrant le cœur ou Pundarika est expliqué comme gloire suprême, et aksha, impérissable. L'étymologie la plus fréquente est la première." Vishnou Pourana, vol. 1, p. 2. Pundarikam désigne un lotus blanc.]

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bon.christo@free.fr (Super User) LA DOCTRINE SECRETE VOL 3 Fri, 16 Jan 2015 19:46:45 +0000
STANCE V - L'EVOLUTION DE LA SECONDE RACE https://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-3/174-stance-v-l-evolution-de-la-seconde-race https://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-3/174-stance-v-l-evolution-de-la-seconde-race

STANCE V

L'EVOLUTION DE LA SECONDE RACE

 

  1. Les Fils du Yoga
  2. La Seconde Race sans sexe
  3. Les Fils des "Fils du Crépuscule"
  4. "L'Ombre" ou l'Homme Astral se retire en dedans et l'homme développe un Corps Physique. [III 136]

 

Shloka 18. Les Fils du Yoga

 

Les Premiers 266 furent les Fils du Yoga. Leurs Fils, les enfants du Père Jaune et de la Mère Blanche.

266 Première Race.

 

Dans le dernier commentaire la phrase est traduite ainsi :

Les Fils du Soleil et de la Lune, les nourrissons  de l'Ether [ou du "Vent"] (a)...

C'étaient les ombres des Ombres des Seigneurs (b). Elles [les Ombres] prirent de l'expansion. Les Esprits de la Terre les vêtirent ; les Lhas Solaires les réchauffèrent [c'est-à-dire, entretinrent le Feu Vital dans les Formes physiques naissantes]. Les Souffles avaient la vie, mais étaient dépourvus d'entendement. Ils ne possédaient, en propre, ni Feu, ni Eau (c).

(a)      Souvenez-vous, dans ce cas, de la Table d'Emeraude d'Hermès, dont sept clefs donnent la signification Esotérique. La clef Astro-Chimique est bien connue des étudiants et nous pouvons donner maintenant la clef Anthropologique. "L'Unique Chose" qui s'y trouve mentionnée, c'est l'Homme. On dit que :

Le Père de cette Seule Chose Unique, c'est le Soleil ; sa Mère est la Lune ; le Vent la porte dans son sein, et la Terre Spiritueuse est sa Nourrice.

Dans  la  version  occulte  du  même  passage,  on  ajoute :  "et  le  Feu Spirituel est son instructeur [Gourou]".

Ce Feu est le Soi Supérieur, l'Ego Spirituel, c'est-à-dire ce qui se réincarne éternellement sous l'influence de ses Sois personnels inférieurs, changeant à chaque renaissance et plein de Tanha ou de désir de  vivre. Une étrange loi de la Nature veut que, sur ce plan, la Nature supérieure (Spirituelle) soit, pour ainsi dire, asservie à l'inférieure. A moins que l'Ego ne se réfugie dans Atman, l'ESPRIT UNIVERSEL, et ne se fonde entièrement dans son essence, l'Ego personnel est à même de l'aiguillonner jusqu'aux limites extrêmes. L'étudiant ne peut comprendre entièrement cela, à moins de se familiariser avec le mystère de l'évolution, qui procède en suivant une triple direction – Spirituelle, Psychique et, Physique.

Ce qui pousse l'évolution en avant et la force à progresser, c'est-à-dire ce qui impose la croissance et le développement de l'Homme vers la perfection, c'est :

  1. la Monade, ou ce qui agit inconsciemment en elle, en vertu d'une Force qui lui est inhérente et le Corps Astral inférieur ou Soi Personnel.

La première, qu'elle soit emprisonnée dans un corps végétal ou animal, est douée de cette Force, est, en vérité elle-même cette Force. En vertu de son identité avec la FORCE UNIVERSELLE qui est, comme nous l'avons déjà dit, inhérente à la Monade, [III 137] elle est toute-puissante sur le plan Aroûpa ou sans forme. Sur notre plan, comme son essence est trop pure, elle demeure universellement virtuelle, mais devient individuellement inactive. Par exemple, les rayons du Soleil, qui contribuent au développement de la végétation, ne choisissent pas telle ou telle plante pour luire sur elle. Arrachez la plante et transportez-la sur un terrain où les rayons de soleil ne puissent l'atteindre et ceux-ci ne l'y suivront pas. Il en est de même d'Atman ; à moins que le Soi Supérieur ou Ego ne gravite vers son Soleil – la Monade – l'Ego Inférieur, ou Soi Personnel, aura le dessus dans tous les cas. En effet, c'est cet Ego, avec son farouche égoïsme et son désir animal de mener une vie déraisonnable (Tanha), qui est le "fabricant du tabernacle" comme l'appelle  Bouddha  dans  le Dhammapada 267. De là l'expression : les Esprits de la Terre revêtirent les ombres et leur donnèrent de l'expansion. C'est à ces "Esprits" qu'appartiennent temporairement les Sois Astrals humains et ce sont eux qui fournissent ou construisent le tabernacle physique de l'homme pour y loger la Monade et son principe conscient, Manas. Mais les Lhas  ou Esprits "Solaires" réchauffent les Ombres. Cela est physiquement et littéralement vrai ; au point de vue métaphysique ou sur le plan psychique et spirituel, il est également vrai qu'Atman seul  réchauffe  l'Homme Interne ; c'est-à-dire qu'il l'éclaire du Rayon de la Vie Divine et qu'il est seul capable de conférer à l'Homme Interne, ou Ego réincarnant, son immortalité. Aussi constaterons-nous que durant les trois premières Races- Racines et la première moitié de la quatrième, c'est-à-dire jusqu'au milieu ou point tournant, ce sont les Ombres Astrales des  "Progéniteurs", les Pitris Lunaires, qui sont les puissances formatrices des Races, qui édifient la forme physique et en poussent graduellement l'évolution dans le sens de la perfection – et cela au prix d'une perte équivalente de spiritualité. Puis, à partir du point tournant, c'est l'Ego Supérieur ou Principe Incarnant, le Nous ou Mental, qui règne sur l'Ego animal et le gouverne toutes les fois qu'il n'est pas entraîné par ce dernier. En résumé, la Spiritualité se trouve sur son arc ascendant et le côté animal ou physique n'entrave ses progrès réguliers sur la voie de l'évolution que lorsque l'égoïsme de la Personnalité a si fortement infecté l'Homme Interne réel de son virus mortel, que l'attraction ascendante a perdu tout l'empire qu'elle exerçait sur l'homme pensant et raisonnable. La stricte vérité est que le vice et la méchanceté constituent une manifestation anormale, contre-nature, durant la période actuelle de l'évolution humaine – ou que, du moins, il en devrait être ainsi. Le fait [III 138] que l'humanité n'a jamais été plus égoïste et plus vicieuse qu'elle ne l'est maintenant – car les nations civilisées ont réussi à faire de l'égoïsme une caractéristique morale et du vice un art – est une preuve de plus de la nature exceptionnelle du phénomène.

Le système tout entier se trouve dans le Livre des Nombres Chaldéen et même dans le Zohar, pour peu que l'on comprenne la signification des allusions apocalyptiques. Il y a d'abord Ain Soph, le "Caché du Caché", puis le Point, Séphira et les Séphiroth ultérieures, enfin le Monde Atzilatique, un Monde d'Emanations qui donne naissance à trois autres Mondes – le premier, le Monde Briatique, appelé le Trône, la demeure des purs Esprits, le second, le Monde de la Formation, ou Monde Jetziratique, l'habitat des Anges qui émanent le troisième, ou Monde de l'Action, le Monde Asiatique, qui est la Terre ou notre Monde. Pourtant, l'on dit de ce Monde – appelé aussi Kliphoth, qui contient les (six autres) Sphères, et la Matière – que c'est la résidence du "Prince des Ténèbres". Cela est exposé aussi clairement que possible ; en effet, Métatron, l'Ange du  second Monde Briatique, le premier monde habitable, veut dire le Messager, Λγγελοζ, l'Ange, appelé le grand Instructeur ; et au-dessous de lui sont  les Anges du troisième Monde ou Monde Jetziratique dont les dix et sept classes sont les Séphiroth 268, dont on dit que :

Elles habitent ou vivifient ce monde, en qualité [d'entités et] d'intelligences essentielles et leurs corrélatifs ainsi que leurs contraires logiques habitent le troisième monde habitable, appelé le Monde Asiatique.

Ces "contraires" sont appelés les "Coques" תופילק, ou Démons 269, qui habitent les sept demeures appelées Shéba Hachaloth et qui sont simplement les sept Zones de notre Globe 270. Dans la Cabale, leur prince est appelé Samaël, l'Ange de la Mort, qui est aussi le Serpent tentateur, Satan ; mais ce Satan est aussi Lucifer, le radieux Ange de Lumière, le porteur de lumière et de vie, "l'Ame" séparée temporairement des Etres Saints, les autres Anges, devançant l'époque où ils devaient descendre sur la Terre pour s'incarner à leur tour. [III 139]

Le Livre de la Sagesse enseigne que :

Toutes les Ames [les Monades] sont pré-existantes dans les Mondes des Emanations. 271

Et le Zohar enseigne que dans "l'Ame" se trouve l'homme réel, c'est-à- dire l'Ego et le conscient JE SUIS : le Manas.

Josèphe dit, répétant la croyance des Esséniens :

[Les Ames] descendent de l'air pur pour être enchaînées aux Corps. 272

268 C'est symbolisé dans le Triangle Pythagoréen, les dix yods internes et les sept points du Triangle et du Carré. Voir vol. 2, Partie 3, section 14. Dieux, Monades et Atomes.

269 D'où le nom cabalistique de "Coques" donné à la Forme Astrale, au Corps appelé Kâma Roûpa, abandonné par les Anges supérieurs, sous l'aspect du Manas Supérieur lorsque ce dernier se rend dans le Dévachan en abandonnant ses résidus.

270 Royal Masonic Cyclopœdiâ, de Mackensie, pp. 409-411.

271 VIII, 20.

272 De Bello Judaso, II. 12.

 

Et Philon établit que :

 L'air était plein [d'âmes] et que celles qui étaient les plus proches de la Terre, descendant pour être liées à des corps mortels, retournent vers des corps, étant désireuses de vivre en eux. 273

Parce que, par et dans la forme humaine, elles deviendront des Etres progressifs, tandis que la nature de l'Ange est purement intransitive ; c'est pourquoi l'Homme possède en lui le pouvoir de surpasser les facultés des Anges. En conséquence, les Initiés de l'Inde disent que c'est le  Brâhmane le Deux-fois Né, qui gouverne les Dieux ou Dévas, et Paul l'a répété dans son Epître aux Corinthiens :

Ne savez-vous pas que nous [les Initiés] serons les juges des Anges mêmes ? 274

Finalement, toutes les anciennes Ecritures et Cosmogonies établissent que l'homme évolua, au début, comme une forme lumineuse incorporelle sur laquelle, comme l'airain fondu coulé dans le modèle du sculpteur, la charpente physique de son corps fut édifiée en partant de, et par l'entremise des formes et des types inférieurs de la vie animale terrestre. Selon le Zohar :

 L'Ame et la Forme, en descendant sur la Terre, endossent un vêtement terrestre.

Son corps protoplasmique n'était pas formé de la matière dont nos charpentes mortelles sont façonnées. [III 140]

Lorsque Adam habitait le jardin d'Eden, il était couvert du vêtement céleste, qui est le vêtement de lumière céleste... lumière de cette lumière qui était employée dans le jardin d'Eden 275. L'homme [l'Adam Céleste] fut créé par les dix Séphiroth du Monde Jetziratique et, en vertu de leur pouvoir commun, les sept Anges d'un Monde encore plus inférieur engendrèrent l'Adam Terrestre. Samaël tomba le premier et trompant (?) alors l'homme, causa également sa chute.

 273 De Gignat, p. 222 C. ; De Somniis, p. 455 D ; ce qui prouve que les Esséniens croyaient à la renaissance et à de nombreuses réincarnations sur la Terre, comme y croyait Jésus, ce que nous pouvons prouver par le Nouveau Testament lui-même.

274 I. VI, 3.

275 Zohar, II, 229 b.

 

(b)      La phrase : "c'étaient les ombres des Ombres des Seigneurs" – c'est-à-dire : les Progéniteurs créèrent l'homme en le tirant de leurs propres Corps Astrals – explique une croyance universelle. En Orient, on prétend que les Dévas n'ont pas "d'ombre" qui leur soit propre. "Les Dévas ne projettent pas d'ombre" et c'est là le signe certain d'un Esprit bon et saint.

(c)    Pourquoi ne possédaient-ils "en propre, ni Feu, ni Eau" 276 ?

276 C'est cependant corroboré, comme nous l'avons démontré, par l'ésotérisme de la Genèse. Non seulement les animaux y sont créés après "l'Adam de Poussière", mais on y montre la végétation dans la Terre avant que "les cieux et la Terre ne fussent créés". "Chaque plante des champs avant cela [le jour où les cieux et la Terre furent faits] fut dans la terre" (II 5). Or, à moins que  l'on accepte l'interprétation Occulte – qui établit que durant la Quatrième Ronde actuelle, le Globe était couvert de végétation et la Première Humanité [Astrale] produite avant que presque rien ne pût croître et se développer dessus – que peut vouloir dire la lettre morte ? Simplement que l'herbe se trouvait dans la terre du Globe avant que ce Globe ne fût créé ? Et pourtant la signification du 6ème verset qui dit "qu'un brouillard s'éleva de la terre et arrosa toute la surface du sol", avant qu'il ne plût, faisant ainsi pousser les arbres, etc., est assez claire. Il prouve aussi durant quelle période géologique cela se produisit et, en outre, ce que l'on entend par "ciel" et "terre". Cela voulait dire le firmament et la terre sèche couverte d'une croûte, séparée et débarrassée de ses vapeurs et de ses exhalaisons. De plus, l'étudiant ne doit pas oublier que puisqu'Adam Kadmon, "l'être mâle et femelle" du Chapitre I de la Genèsen'est pas un être humain physique, mais la légion des Elohim, au nombre desquels se trouvait Jéhovah lui-même, ainsi les animaux, mentionnés dans ce chapitre comme "créés" avant l'homme, d'après la lettre morte du texte, n'étaient pas des animaux, mais les signes du zodiaque et d'autres corps sidéraux.

 

Parce que, ce qu'est l'Hydrogène pour les éléments et les gaz sur le plan objectif, son Noumène l'est dans le monde des phénomènes mentaux et subjectifs, puisque sa nature trinitaire latente est reflétée dans ses trois émanations actives, issues des trois principes supérieurs de  l'homme, savoir l'Esprit, l'Ame et le Mental, ou Atma, Bouddhi et Manas. C'est la base spirituelle et aussi la base matérielle humaines.  L'homme rudimentaire ayant été nourri par "l'Air" ou le "Vent" devient, plus tard, l'homme parfait ; lorsque, grâce au [III 141] développement du "Feu Spirituel", le noumène des "Trois en Un" dans son Soi, il acquiert de son Soi Interne ou Instructeur la Sagesse de la Soi-Conscience, qu'il ne possède pas au début. Donc, ici encore, l'Esprit Divin est symbolisé par le Soleil ou Feu ; l'Ame Divine par l'Eau et par la Lune, tenant toutes deux lieu du Père et de la Mère de Pneuma, l'Ame Humaine ou Mental, symbolisée par le Vent ou Air, car Pneuma veut dire "Souffle".

Aussi, dans la Table d'Emeraude défigurée par des mains chrétiennes :

 Le Supérieur est d'accord avec l'Inférieur, et l'Inférieur, avec le Supérieur, pour exécuter cette œuvre unique vraiment merveilleuse – [qui est l'Homme].

Attendu que l'Œuvre Secrète de Chiram ou du Roi Hiram dans la Cabale, "une, en essence, mais triple dans ses aspects", est l'Agent Universel ou Pierre Philosophale. Le point culminant de l'Œuvre Secrète est l'Homme Spirituel Parfait, à une extrémité de la ligne ; à l'autre extrémité, l'union des trois Eléments est le Dissolvant Occulte dans "l'Ame du Monde", l'Ame Cosmique ou Lumière Astrale ; et, sur le plan matériel, c'est l'Hydrogène dans ses rapports avec les autres gaz. Le τοον [TOON], en vérité ; L'UNIQUE "que personne n'a vu, sauf le Fils" ; phrase qui se rapporte en même temps au Cosmos métaphysique et physique, ainsi qu'à l'homme spirituel et matériel. En effet, comment ce dernier pourrait-il comprendre le τοον, le "Père Unique", si son Manas, le "Fils", ne devenait pas (comme) "Un avec le Père" et, par cette absorption, ne recevait pas l'illumination du divin "Instructeur" ou Gourou – Atmâ-Bouddhi ?

Ainsi que le dit le Commentaire :

Si tu veux comprendre le SECONDAIRE [la "Création", prétendue], ô Lanou, il te faut commencer par étudier ses rapports avec le PRIMAIRE. 277

277 Livre de Dzyan, III, 19.

 

La première Race possédait trois éléments, mais pas de Feu Vivant.

Pourquoi ? Parce que :

"Nous parlons de quatre Eléments, mon fils, mais nous devrions dire trois, dit Hermès Trismégiste." "Dans le Cercle Primaire", ou Création, ce que l'on indique ainsi veut dire "Racine" de même que dans le Secondaire.

 [III 142]

 Ainsi, dans l'Alchimie ou Hermétisme Occidental – qui est une variante de l'Esotérisme Oriental – nous trouvons :

Soufre Mercure 278 Sel

Flamma Natura Mater

Spiritus Aqua Sanguis

278 Hydrargyre dans l'édition de 1888.

 

  Et ces trois sont des quaternaires complétés par leur Racine, le Feu. L'Esprit, au delà de la Nature Manifestée, est le SOUFFLE Ardent dans son Unité absolue. Dans l'Univers Manifesté, c'est le Soleil Central Spirituel, le Feu électrique de toute Vie. Dans notre Système, c'est le Soleil visible, l'Esprit de la Nature, le Dieu terrestre. Et, dans, sur et autour de la Terre, c'est son esprit ardent – l'Air, Feu fluide ; l'Eau, Feu liquide ; la Terre, Feu solide. Tout est du Feu – Ignis, dans sa constitution ultime, ou I, dont la racine est 0 (zéro) pour nos conceptions, le Tout dans la Nature et son Mental. "Pro-Metor" est le Feu divin. C'est le Créateur, le Destructeur et le Conservateur. Les noms primitifs des Dieux se rattachent tous au feu, depuis Agni, l'Aryen, jusqu'au Dieu Juif qui est un "feu qui consume". Aux Indes, Dieu porte dans les divers dialectes les noms de Eashoor, d'Esour, d'Iswour et, en Sanscrit, celui d'Ishvara, le Seigneur, tiré d'Isha, mais c'est là, d'abord, le nom de Shiva, le Destructeur ; et les trois principaux Dieux Védiques sont, Agni (Ignis), Vâyou et Sôurya – le Feu, l'Air et le Soleil, trois degrés Occultes du feu. En Hébreu, אזא (Aza) veut dire "illuminer" et אשא (Asha) veut dire "Feu". En Occultisme, "allumer un feu"  est synonyme d'évoquer l'une des trois grandes puissances du Feu, ou "appeler Dieu". En Sanscrit, la racine Oush veut dire feu ou chaleur ; et le mot Egyptien Osiris est composé, comme le montre Schelling, des deux Aish et Asr primitifs, ou un "enchanteur du feu". Le mot Aesar, dans l'ancienne langue Etrusque, voulait dire un Dieu et était, peut-être, dérivé de l'Asoura des Védas. Ishvara est un terme analogue, comme le pensait le docteur Kenealy, qui cite la Bhagavad Gîtâpour montrer que :

Aeswar [Ishvara] réside dans tous les êtres mortels et met en mouvement, par ses pouvoirs surnaturels, toutes les choses qui s'élèvent sur la roue du temps. [III 143]

 Il est vraiment le Créateur et le Destructeur.

Le Feu primitif était censé avoir un insatiable appétit pour dévorer. Maxime de Tyr raconte que les anciens Persans jetaient dans le feu des matières combustibles en criant : Dévore, ô Seigneur ! Dans la langue Irlandaise, easam ou asam veut dire faire ou créer.

[Et] Aesar était aussi le nom d'un des anciens Dieux de l'Irlande ; le sens littéral du mot équivaut à "allumer un feu". 279

279 Kenealy, The Book of God, pp. 114, 115.

 

 Les Cabalistes et les Symbologues Chrétiens qui défigurèrent Pymandre – et en tête de ceux-ci l'évêque d'Ayre, François de Tours, au XVIème  siècle – divisent les éléments de la façon suivante :

Les quatre Eléments formés de Substances divines et les Esprits des Sels de la Nature représentés par :

 St Mathieu,


Homme- Ange,


Eau   (Jésus-Christ,    Homme-Ange, Michel),

 A-Ω           St Marc,         Le Lion,            Feu, E-Υ St Luc,                  Le Taureau,   Terre, I-Ο          St Jean,                  L'Aigle,          Air 280,

H               La    Quintessence,    H    ΦΛΟΞ    [He    Phlos],    Flamma-Virgo

[Huile vierge], Flamma Durissima, Virgo, Lucis Æterna Mater.

Les hommes de la Première Race ne furent donc que de simples Images, des Doubles Astraux de leurs Pères qui [III 144] furent les pionniers ou les Entités les plus avancées d'une Sphère précédente mais inférieure, dont la coque est aujourd'hui notre Lune. Mais cette coque elle- même est toute potentielle, attendu que la Lune ayant généré la Terre, son fantôme, attiré par une affinité magnétique, chercha à former ses premiers habitants, les monstres pré-humains. Afin de s'assurer de cela, l'étudiant doit encore se reporter aux Fragments Chaldéens et lire ce que dit Bérose. Bérose fut renseigné, nous dit-il, par Ea, la Divinité mâle-femelle de la Sagesse. Tandis que les Dieux furent générés dans le sein androgyne de cette Sagesse (Svabh vat, l'Espace-Mère), ses reflets devinrent sur terre la femme Omorôka, qui est la Thavatth (ou Thalatth) Chaldéenne,  la Thalassa Grecque, l'Abîme ou la Mer, qui est la Luneésotériquement et même  exotériquement.  Ce fut la Lune (Omorôka)  qui présida à la monstrueuse création d'êtres indescriptibles qui furent égorgés par les Dhyânis 281.

La loi d'évolution obligea les Pères Lunaires à passer, dans leur état monadique, par toutes les formes de vie et d'être, sur notre Globe, mais à la fin de la Troisième Ronde ils étaient déjà humains dans leur nature divine et furent ainsi appelés à devenir les créateurs des formes destinées à façonner les tabernacles des Monades moins avancées, dont le tour de s'incarner était venu. Ces "Formes" sont appelées les "Fils du Yoga", parce que le Yoga – l'union avec Brahmâ, exotériquement – est la condition suprême de la Divinité infinie et passive, puisqu'elle contient toutes les énergies divines et constitue l'essence de Brahmâ qui, assure-t-on, en qualité de Brahmâ, crée toutes choses par le Pouvoir du Yoga. Brahmâ, Vishnou et Shiva sont les plus puissantes énergies de Dieu, Brahmâ (neutre), dit un texte Pourânique. Ici Yoga équivaut à Dhyâna, mot qui est encore synonyme de Yoga dans le texte Tibétain où les "Fils du Yoga" sont appelés "Fils de Dhyâna" ou de cette méditation abstraite au moyen de laquelle les Dhyâni-Bouddhas créent leurs fils célestes, les Dhyâni- Bodhisattvas.

Toutes les créatures du monde ont, chacune, un supérieur en haut. Ce supérieur, dont le plaisir intime est d'émaner dans elles, ne peut communiquer d'efflux tant qu'elles n'ont pas adoré (c'est-à-dire médité comme durant le Yoga). 282

 280 A ceux qui demanderaient : Qu'est-ce que l'Hydrogène a à faire avec l'air ou l'oxygénation ? on répond : Etudiez d'abord l'ABC de l'Alchimie Occulte. Dans leur désir anxieux d'identifier prophétiquement Pymandre, la "bouche de mystère", avec saint Jean-Baptiste, les Symbologues Chrétiens ont donc identifié aussi les sept Kabires et les Taureaux Assyriens, avec les Chérubins des Juifs et les Apôtres. De plus, ayant à tirer une ligne de démarcation entre les quatre et les trois – ces derniers étant les Anges Déchus, et, en outre, pour éviter d'avoir à les rattacher aux "Sept Esprits de la Face", les Archanges, ils rejetèrent sans se gêner tout ce qui ne leur plaisait pas de reconnaître. De là la perturbation dans l'ordre des Eléments, afin de les faire concorder avec l'ordre des Evangiles et d'identifier l'Homme-Ange avec le Christ. Chez les Chaldéens et les Egyptiens – auxquels Moïse emprunta les Chroub (les Chérubins dans leur forme animale), – et  chez les Ophites, les Anges, les Planètes et les Eléments, étaient symbolisés, mystiquement et alchimiquement, par le Lion (Michel), le Taureau (Uriel), le Dragon (Raphaël), l'Aigle (Gabriel), l'Ours (Thot-Sabaoth), le Chien (Erataoth), le Mulet (Uriel ou Thantabaoth). Tout cela a une signification qualificative.

 281 Voyez Hibbert Lectures, 1887, pp. 370 et seq.

282 Sepher M'bo Sha-arim, vers la fin. Traduit par Isaac Myer, Qabbalah, p. 110.

 

Shloka 19. La Seconde Race sans sexe

 

La  Seconde  Race  fut  produite  par bourgeonnement [III 145]  et  expansion :  l'A-sexuel 283  tiré  du  Sans- Sexe 284. Ainsi, ô Lanou, fut produite la Seconde Race.

283 La Forme.

284 L'ombre.

285 S. Laing, Modern Science and Modern Thought, p. 90.

 

Ce qui sera le plus contesté par les autorités scientifiques, c'est cette Race A-sexuelle, la seconde, les Pères de ceux que l'on appelle les "Nés- de-la-Sueur" et, encore plus peut-être, la Troisième Race, les Androgynes "Nés-de-l'Œuf". Ces deux modes de procréation sont les plus difficiles à comprendre, particulièrement pour les esprits Occidentaux. Il est évident qu'aucune explication ne peut être tentée pour ceux qui ne sont pas des étudiants de la Métaphysique Occulte. Les langues européennes n'ont pas de mots pour exprimer des choses que la Nature ne reproduit plus durant la phase actuelle de l'évolution, choses qui n'ont, par suite, aucun sens pour le Matérialiste. Mais il y a des analogies. On ne nie pas qu'aux débuts de l'évolution physique il ait dû exister des processus de la Nature, comme la génération spontanée, par exemple, qui ont maintenant disparu et qui se répètent sous d'autres formes. Ainsi on nous dit que les recherches microscopiques ne montrent aucune permanence d'un mode particulier quelconque de reproduction de la vie ; elles démontrent, en effet, que :

le même organisme peut passer par diverses métamorphoses dans le cours de son cycle de vie, métamorphoses durant lesquelles il peut  être tantôt sexuel et tantôt a-sexuel, c'est-à-dire qu'il peut alternativement se reproduire soit par la coopération de deux êtres de sexes opposés, soit aussi par la segmentation ou le bourgeonnement d'un seul être, qui n'est d'aucun sexe. 285

"Bourgeonnement" est le mot même qui est employé dans la STANCE. Comment ces Chhâyâs auraient-elles pu se reproduire autrement, c'est-à-dire procréer la Seconde Race, puisqu'elles étaient éthérées, sans sexe et même dépourvues encore du véhicule du désir, ou Kâma Roûpa, qui n'a évolué que durant la Troisième Race ? Elles évoluèrent la Seconde Race inconsciemment, comme évoluent certaines plantes. Ou, peut-être, comme l'Amibe, seulement sur une échelle plus éthérée, plus impressionnante et plus vaste. En vérité, si la théorie cellulaire s'applique également à la Botanique et à la Zoologie et s'étend à la Morphologie, aussi bien qu'à la physiologie des organismes, et si la Science Physique considère les cellules [III 146] microscopiques comme des êtres vivants indépendants exactement comme l'Occultisme considère les "Vies Ardentes" – il n'y a aucune difficulté à concevoir le processus primitif de la procréation.

Etudiez les premières phases du développement d'une cellule germinale. Son noyau croît, se modifie et forme un double cône, comme ceci, , dans l'intérieur de la cellule. Cette bobine s'approche de la surface de la cellule et une moitié en est expulsée au dehors sous forme de ce que l'on appelle les "globules polaires". Ces globules polaires meurent maintenant et l'embryon se développe par la croissance et la segmentation de la partie restante du noyau qui est nourrie par la substance de la cellule. Pourquoi donc n'y aurait-il pas eu des êtres ayant vécu de la sorte et ayant été créés de cette façon – au début même de l'évolution humaine et des mammifères ?

Cela peut servir, peut-être, à nous donner, par analogie, une légère idée du processus au moyen duquel la Seconde Race fut tirée de la Première.

La Forme Astrale vêtant la Monade était et est encore entourée par la sphère ovoïde de l'aura, qui correspond ici à la substance de la cellule germinale ou Ovule. La Forme Astrale elle-même est le noyau doué, alors comme aujourd'hui, du Principe de Vie.

Quand arrive la saison de la reproduction, le sub-astral "expulse" une miniature de lui-même de l'œuf que forme l'aura ambiante. Ce germe grandit et emprunte sa nourriture à l'aura jusqu'au moment où son développement est complet, moment où il se sépare graduellement de son père, en emportant avec lui sa propre sphère aurique ; exactement comme nous voyons des cellules vivantes en reproduire d'autres semblables, par croissance et division subséquente en deux parties.

 L'analogie qui existe avec les c globules polaires" semble  rester exacte, attendu que leur mort correspondrait maintenant au changement introduit par la séparation des sexes, lorsque la gestation in-utero, c'est-à- dire dans la cellule, devint la règle.

Comme nous le dit le Commentaire 286 :

286 Voir Vol. I, Partie I, Stance 7.

 

Le début de la Seconde Race [Racine] était fait  des Pères des "Nés-de-la-Sueur", la suite de la Seconde Race [Racine] était faite de "Nés-de-la-Sueur" mêmes.

Ce passage du Commentaire a trait au travail de l'évolution depuis le commencement d'une Race jusqu'à sa fin. Les "Fils du Yoga" ou la Race Astrale primitive avaient, racialement, ou collectivement, sept phases d'évolution ; comme [III 147] c'était et comme c'est encore le cas pour chaque Etre individuel. Ce n'est pas seulement Shakespeare qui a divisé les différents âges de l'homme en une série de sept, niais la Nature elle-même. Ainsi les premières Sous-races de la Seconde Race vinrent d'abord au monde suivant le processus décrit d'après la loi d'analogie ; tandis que les dernières commencèrent graduellement, pari passu avec l'évolution du corps humain, à être formées autrement. Le processus de reproduction comportait aussi sept phases dans chaque Race, chacune, durant les æons de temps. Quel Physiologiste ou Biologiste pourrait-il dire si le mode de génération actuel, avec toutes ses phases de gestation, date de plus d'un demi-million d'années ou, tout au plus, d'un million d'années, puisque le cycle de ses observations n'a guère commencé qu'il y a un demi-siècle ?

Les Hermaphrodites humains primordiaux sont un fait de la Nature bien connu des Anciens et forment un des plus grands embarras  de Darwin. Pourtant l'existence de l'hermaphroditisme durant l'évolution des premières Races n'est certainement pas une impossibilité, mais constitue, au contraire, une grande probabilité ; sans compter qu'en vertu des principes d'analogie et de l'existence d'une loi universelle unique, dans l'évolution physique, agissant indifféremment pour construire la plante, l'animal et l'homme, il doit en être ainsi. Les théories erronées de la Monogenèse et de la descente de l'homme des mammifères, au lieu de la descente des mammifères de l'homme, sont un obstacle à l'achèvement de l'évolution, telle qu'on l'enseigne dans les écoles modernes d'après Darwin, et l'on sera obligé de les abandonner en raison des insurmontables difficultés qu'elles rencontrent. La tradition Occulte – si on refuse à l'antiquité de se servir, dans ce cas, des mots Science et Savoir – peut seule concilier les contradictions et combler la lacune. Un axiome Talmudique dit :

 Si tu veux connaître l'invisible, regarde le visible avec les yeux grands ouverts.

Dans The Descent of Man se trouve le passage suivant, qui montre à quel point Darwin a été près d'accepter cet enseignement :

On sait depuis longtemps que, chez les vertébrés, l'un des sexes est pourvu des rudiments de diverses parties accessoires du système de reproduction qui appartient, en réalité, à l'autre sexe... il semble qu'un progéniteur lointain de tout le règne des [III 148] vertébrés ait été hermaphrodite ou androgyne 287. Mais nous  nous trouvons ici en présence d'une singulière difficulté. Chez les mammifères, les mâles sont pourvus des rudiments d'un utérus avec les passages adjacents dans les vésicules prostatiques ; ils portent aussi des rudiments  de mamelles, et chez les marsupiaux, quelques mâles portent des traces d'un suc marsupial. D'autres faits analogues pourraient être cités. Devons-nous donc supposer qu'un mammifère extrêmement ancien resta androgyne, après avoir acquis les principales marques de sa classe et, par suite, après s'être écarté des classes inférieures des vertébrés ? Cela paraît très improbable 288, car nous devons nous reporter aux poissons, la plus basse de toutes les classes, pour trouver des formes androgynes existant encore. 289

287 Pourquoi pas toutes les Premières Races progénitrices, humaines aussi bien qu'animales, et pourquoi un "progéniteur lointain" ?

288 Evidemment, suivant les principes de l'Evolutionnisme, qui fait remonter les Mammifères à un ancêtre amphibie.

289 Seconde Edition, p. 181.

 

Il est évident que M. Darwin éprouve beaucoup de répugnance à adopter  l'hypothèse  que  les  faits  suggèrent  si  puissamment, c'est-à-dire celle   d'une   souche   primordiale   androgyne,    qui   donna   naissance   aux Mammifères. Il explique que :

Si les divers organes accessoires, particuliers à chaque sexe, se retrouvent à l'état rudimentaire dans le sexe opposé, cela peut s'expliquer par le fait que ces organes ont été graduellement acquis par l'un des sexes, puis transmis à l'autre dans un état plus ou moins imparfait. 290

Il cite comme exemple le cas des "ergots, des plumes et des brillantes couleurs, acquis pour la lutte ou pour la parure par les oiseaux mâles" et dont leurs descendants femelles n'ont hérité que partiellement. Néanmoins, le problème que nous étudions réclame évidemment une explication plus satisfaisante, les faits en question ayant un caractère bien plus important que les simples détails superficiels auxquels les compare Darwin. Pourquoi ne pas admettre simplement l'argument en faveur de l'hermaphroditisme qui caractérise la faune antique ? L'Occultisme propose une solution qui embrasse tous les faits de la manière la plus simple et la plus compréhensive. Ces reliques d'une race antérieure androgyne doivent être classées dans la même catégorie que la glande pinéale et d'autres organes également mystérieux, qui nous fournissent un silencieux témoignage de la réalité de fonctions qui se sont atrophiées depuis longtemps, au cours du progrès animal et humain,  mais  qui  ont  joué,  à  une  certaine  époque [III 149] un rôle marquant dans l'économie générale de la vie primordiale.

En tout cas, la doctrine Occulte peut être avantageusement comparée à celle des Savants les plus libéraux parmi ceux qui ont émis des théories sur l'origine du premier homme.

Bien avant Darwin, Naudin, qui avait donné le nom de Blastème à ce que les Darwinistes appellent Protoplasme, mit en avant une théorie semi- Occulte et semi-scientifico-matérialiste. Il fit jaillir soudainement Adam, l'A-sexuel, du limon, comme on l'appelle dans la Bible, c'est-à-dire du Blastème de la Science.

Ainsi que l'explique Naudin :

 C'est en partant de cette forme larvée de l'humanité  que la forme évolutive réalisa l'achèvement des espèces. Pour que ce grand phénomène s'accomplît, il fallut qu'Adam passât par une phase d'immobilité et d'inconscience ayant une grande analogie avec l'état de nymphe des animaux qui subissent une métamorphose. 291

290 Ibid., pp. 161-162.

291 De Quatrefages, Les Espèces humaines, p. 124 ; "International Scientific Series", volume XXVI.

292 Les Espèces humaines, p. 125.

 

Pour l'éminent Botaniste, Adam n'était, toutefois, pas un homme mais l'humanité, qui demeura :

Cachée dans un organisme temporaire, déjà distinct de tous les autres et incapable de contracter une alliance avec aucun d'entre eux.

Il nous montre la différenciation des sexes s'accomplissant par :

Un processus de germination, semblable à celui des méduses et des ascidiens.

L'humanité, ainsi constituée physiologiquement :

Aurait conservé une force évolutive suffisant à la rapide production des diverses grandes races humaines.

De Quatrefages critique cette manière de voir dans les Espèces Humaines. Elle est anti-scientifique, dit-il, ou, à vrai dire, les idées de Naudin "ne constituent pas une théorie scientifique" d'autant  plus que, dans sa théorie, le Blastème Primordial est rattaché à la Cause Premièreà laquelle on attribue la création potentielle, dans le Blastème, de tous les êtres, passés, présents et futurs et qui, de la sorte, aurait réellement créé ces êtres en masse ; de plus Naudin ne tient même pas compte des Causes secondes ou de l'action qu'elles [III 150] ont exercée sur cette évolution du monde organique. La Science, qui ne s'occupe que des "Causes secondes", n'a donc "rien à dire de la théorie de M. Naudin" 292.

Elle n'aura, non plus, rien à dire à propos des enseignements Occultes, dont Naudin se rapproche jusqu'à un certain point. En effet, si nous voyons seulement  dans son "Blastème primordial" l'Essence  Dhyân-Chohanique, le Chhâyâ ou Double des Pitris, qui contient la potentialité de toutes les formes, nous sommes tout à fait d'accord. Cependant il existe deux différences réelles et vitales entre nos enseignements. M. Naudin déclare que l'évolution a progressé par sauts et par bonds soudains, au lieu de se développer lentement durant des millions d'années ; et son Blastème primordial n'est doué que d'instincts aveugles – c'est une sorte de Cause Première inconsciente dans le Cosmos Manifesté – idée qui est absurde. Au contraire, c'est notre Essence Dhyân-Chohanique – la Causalitéde la Cause Primordialequi crée l'homme physique – qui est la Matière vivante, active et potentielle (grosse, per se, de la conscience animale d'une nature supérieure, telle qu'on la rencontre chez la fourmi et chez le castor) qui produit la longue série des différenciations physiologiques. A cela près, son "processus antique et général de la création" commençant par les Proto-organismes, est une théorie aussi Occulte que pourraient l'être celles de Paracelse ou de Khunrath.

En outre, les ouvrages Cabalistiques sont remplis des preuves de cela. Le Zohar, par exemple, dit que chacun des types de l'Univers visible possède son prototype dans l'invisible.

Tout ce qui existe dans le Monde Inférieur (le nôtre), se trouve dans le Supérieur. L'Inférieur et le Supérieur agissent et  réagissent  l'un  sur l'autre. 293

293 Fol. 186.

 

 

Shloka 20. Les Fils des "Fils du Crépuscule"

 

Leurs Pères furent les Auto-générés. Les Auto-générés, les Chhâyâ issus des brillants Corps des Seigneurs, les Pères, les Fils du Crépuscule.

Les "Ombres" ou Chhâyâ sont appelés les Fils des "Autogénérés" attendu que ce nom est appliqué à tous les Dieux et à tous les Etres nés par la Volonté, que ce soit celle [III 151] de la Divinité ou d'un Adepte. On aurait, peut-être, donné ce nom aux Homuncules de Paracelse, bien que ce dernier processus soit un plan bien plus matériel. Le nom de "Fils du Crépuscule" prouve que les Progéniteurs "Autogénérés" de notre Doctrine sont identiques aux Pitris du Système Brahmanique, puisque ce titre se rapporte à leur genre de naissance, car l'on dit que ces Pitris sont issus du "Corps du Crépuscule" de Brahmâ, comme c'est indiqué dans les Pourânas.

 

Shloka 21. "L'Ombre" ou l'Homme Astral se retire en dedans et l'homme développe un Corps Physique.

 

Lorsque la Race devint vieille, les Eaux anciennes se mêlèrent aux Eaux plus fraîches (a). Lorsque ses Gouttes devinrent troubles, elles s'évanouirent et disparurent dans le nouveau Courant, dans le Courant chaud de la Vie. L'extérieur de la Première devint l'Intérieur de la Seconde (b). L'Ancienne Aile devint la nouvelle Ombre de l'Aile (c).

(a)    L'antique Race, ou Race primitive, se fondit dans la Seconde Race et elles n'en firent plus qu'une.

(b)     C'est le mystérieux processus de transformation et d'évolution de l'humanité. La matière qui constituait les premières Formes – nuageuse, éthérée et négative – fut attirée par les Formes de la Seconde Race, fut absorbée par elles et devint ainsi leur complément. Le Commentaire l'explique en disant que puisque la Première Race n'était composée que des Ombres Astrales des Progéniteurs créateurs et n'avait, bien entendu, ni corps astrals ni corps physiques qui lui fussent propres – la Race  ne mourut jamais. Ses "Hommes" fondirent graduellement et furent absorbés par les corps de leurs propres descendants, "Nés de la Sueur", qui étaient plus denses que les leurs. L'ancienne Forme disparut ; elle fut absorbée par la nouvelle Forme, plus humaine et plus physique et disparut en elle. La mort n'existait pas à cette époque plus pleine de béatitude que l'Age d'Or ; mais la première matière, ou matière-mère, fut employée à former le nouvel être, pour constituer le Corps et même les Principes ou Corps intérieurs ou inférieurs de la progéniture.

(c)    Lorsque "l'Ombre" se retire, c'est-à-dire lorsque le Corps Astral se couvre d'une chair plus solide, l'homme développe un Corps Physique. "L'Aile", ou la Forme éthérée qui produisait son Ombre et son Image, devint l'Ombre du Corps Astral et sa propre progéniture. L'expression est étrange et originale. [III 152]

 

Comme il se peut que nous n'ayons pas l'occasion de reparler plus tard de ce mystère, il est bon d'indiquer de suite la double signification que comporte le mythe grec qui a trait à cette phase particulière de l'évolution. On la trouve dans les diverses variantes de l'allégorie de Léda et de ses deux fils, Castor et Pollux, variantes dont chacune a sa signification spéciale. Ainsi, dans le livre XI de l'Odyssée, on parle de Léda comme étant l'épouse de Tyndare qui conçut de son mari, "deux fils aux cœurs vaillants" – Castor et Pollux. Jupiter leur confère un merveilleux don et privilège. Ils sont semi-immortels ; ils vivent et meurent, chacun à son tour et tous les deux jours (ελερηµεροι) 294. En tant que Tyndarides, les frères jumeaux sont un symbole astronomique et représentent le jour et la nuit ; leurs deux épouses, Phœbé et Hilaeira, les filles d'Apollon ou du Soleil, personnifient l'Aurore et le Crépuscule 295. Puis dans l'allégorie où Jupiter est représenté comme le père des deux héros – nés de l'Œuf produit par Léda – le mythe est entièrement théogonique. Il se rattache à ce groupe d'allégories cosmiques dans lesquelles le monde est représenté comme né d'un Œuf. En effet, Léda y revêt la forme d'un cygne blanc, lorsqu'elle s'unit au Cygne Divin [ou Brahmâ-Kalahamsa]. Léda est donc l'Oiseau mythique auquel les traditions des peuples de Race Aryenne attribuent différentes formes ornithologiques d'oiseaux qui pondent, tous, des Œufs d'or 296. Dans le Kalévala, le Poème épique de Finlande, la superbe fille de l'Ether, "l'Eau-mère", crée le Monde en conjonction avec une "Cane" – autre forme du Cygne ou de l'Oie, Kalahamsa – qui pond dans son giron six œufs d'or et le septième, un "œuf de fer". Toutefois, la variante de l'allégorie de Léda, qui se rapporte directement à l'homme mystique, ne se trouve que dans Pindare 297, et une légère allusion dans les Hymnes Homériques 298. Dans cette variante, Castor et Pollux ne sont plus les Dioscures d'Apollodore 299 mais deviennent le symbole si hautement significatif de l'homme double, le Mortel et l'Immortel. Non seulement cela, mais, comme nous allons le voir, ils sont aussi le symbole de [III 153] la Troisième Race, et de sa transformation d'Homme-animal en Homme-Dieu, ayant seulement un corps animal.

294 Odyssée, XI, 298-305 ; Iliade, III, 243.

295  Hyg. Fab., 80. Ovide, Fast., 700, etc. Voyez la Mythologie de la Grèce Antique, de  Decharme, p. 658.

296 Voyez Decharme, ibid., p. 652.

297 Nem., X, 80 et seq. Théocr., XXIV, 131.

298 XXXIV. V. 5. Théocr., XXII, 1.

299 III, 10, 7.

 

Pindare nous montre Léda s'unissant, au cours de la même nuit, à son époux et aussi au Père des Dieux – Zeus. Ainsi, Castor est le fils du Mortel et Pollux celui de l'Immortel. Dans l'allégorie forgée à cette occasion, on raconte que, dans une émeute pour se venger des Apharides 300, Pollux tue Lynceus – "celui de tous les mortels dont la vue est la plus pénétrante" – mais Castor est blessé par Idas – "celui qui voit et qui sait". Zeus met fin au combat en lançant ses foudres et en tuant les deux derniers combattants. Pollux trouve son frère mourant 301. Dans son désespoir, il supplie Zeus de le tuer aussi. "Tu ne peux mourir complètement, répond le maître des Dieux, tu es d'une race divine." Pourtant, il lui offre cette alternative : ou bien Pollux restera immortel et vivra éternellement dans l'Olympe, ou bien, s'il veut partager en toutes choses le sort de son frère, il devra passer la moitié de son existence sous terre et l'autre moitié dans les célestes demeures d'or. Cette demi-immortalité, dont Castor doit jouir aussi, est acceptée par Pollux 302. De la sorte, les frères jumeaux vivent à tour de rôle, l'un durant le jour et l'autre durant la nuit 303.

N'est-ce là qu'une fiction poétique ? N'est-ce qu'une allégorie, une de ces interprétations du "mythe solaire" au-dessus duquel il semble qu'aucun Orientaliste ne soit capable de s'élever ? En vérité, c'est bien plus encore. Nous avons ici une allusion à la Troisième Race "Née de l'Œuf", dont la première moitié est mortelle, c'est-à-dire inconsciente dans sa Personnalité et ne renfermant en elle rien qui puisse survivre 304, et dont la seconde moitié devient immortelle dans son Individualité, en raison de son Cinquième Principe qui est appelé à la vie par les Dieux qui animent, et qui relie ainsi [III 154] la Monade à cette Terre. C'est là Pollux, tandis que Castor représente l'homme mortel, personnel, un animal qui n'est même pas d'une catégorie supérieure, lorsqu'il est détaché de la divine Individualité. Ce sont des "Jumeaux" en vérité, mais, pourtant, séparés à jamais par la mort, à moins que Pollux, poussé par son amour pour son jumeau, ne cède à son frère mortel, moins favorisé, de partager sa propre nature divine et ne l'associe ainsi à sa propre immortalité.

300 Apollodore, III, 1.

301 Aux temps jadis, l'on montrait, à Sparte, la tombe de Castor, dit Pausanias (III, 13, 1), et Plutarque dit qu'on l'appelait à Argos le demi-mortel ou demi-héros, µιζαρχαγέτας. (Quœst. Gr., 23).

302 Pindare, Nem., X, 60 seq., Dissen.

303 Schol. Eurip. Oreste, 463, Dindorf. Voyez Decharme, op. cit., p. 654.

304 La Monade est impersonnelle et elle est un Dieu per se, bien qu'inconsciente sur ce plan. En effet, séparée de son troisième principe (souvent appelé le cinquième), Manas, qui est la ligne horizontale du premier Triangle ou Trinité manifestée, elle ne peut avoir aucune conscience ni perception des choses de ce plan terrestre. "Le plus haut voit par les yeux du plus bas" dans le monde manifesté ; Pourousha (l'Esprit) reste aveugle sans l'aide de Prakriti (la Matière), dans les sphères matérielles, et il en est de même pour Atmâ-Bouddhi, sans Manas.

  

Telle est la signification Occulte du côté métaphysique de l'allégorie. Son interprétation moderne, si largement répandue – et qui était célèbre dans l'antiquité, nous dit Plutarque 305, comme symbolisant  l'amour fraternel – à savoir une image du Soleil et de la Lune empruntée au spectacle de la Nature, est faible et insuffisante pour en expliquer la signification secrète. En dehors du fait que la Lune, chez les Grecs, était féminine dans la mythologie exotérique et ne pouvait guère, en conséquence, être considérée comme Castor, tout en étant simultanément identifiée à Diane, les anciens Symbologues qui considéraient le Soleil, ce Roi des globes sidéraux, comme l'image visible de la plus haute Divinité, n'auraient pas consenti à la personnifier par Pollux, qui n'était qu'un demi- dieu 306.

Si nous passons de la mythologie Grecque aux allégories et au symbolisme Mosaïques, nous relèverons une corroboration encore plus frappante de cette même doctrine sous une autre forme. Sans être à même de retrouver dans ces allégories les "Nés-de-l'Œuf", nous retrouverons incontestablement, dans les quatre premiers chapitres de la Genèse, les Androgynes et les Trois premières Races de la DOCTRINE SECRETE, cachés sous le symbolisme le plus ingénieux.

 305 Morale, p. 484 f.

306 Cette idée et cette interprétation étranges sont acceptées par Decharme dans la Mythologie de la Grèce Antique (p. 655). "Castor et Pollux ne sont autres que le Soleil et la Lune, considérés comme jumeaux... Le Soleil, l'être Immortel et puissant qui disparaît chaque soir à l'horizon et descend sous la Terre, comme pour faire place au globe frère qui naît à la vie avec la nuit ; c'est Pollux qui ne sacrifie pour Castor, Castor qui, inférieur à son frère, lui doit son immortalité. En effet, la Lune, dit Théophraste, n'est qu'un autre Soleil plus faible (De Ventis, 17)."

 

LE DIVIN HERMAPHRODITE

 

Le voile d'un impénétrable secret fut jeté sur les Mystères Occultes et Religieux, après la submersion des derniers vestiges de la Race Atlantéenne, il y a de cela quelque 12.000 [III 155] ans, de peur que des indignes n'y prissent part et, par suite, ne les profanassent. Parmi ces Sciences, plusieurs sont devenues aujourd'hui exotériques – comme, par exemple, l'Astronomie, sous ses aspects purement mathématique et physique. Mais leurs dogmes et leurs doctrines, étant tous symbolisés et laissés sous la seule protection de la parabole et de l'allégorie, ont été oubliés et, par suite, leur sens s'est trouvé perverti. Néanmoins on trouve l'Hermaphrodite dans les écritures et les traditions de presque toutes les nations, et pourquoi y aurait-il un accord aussi unanime s'il était simplement une fiction ?

A l'abri de ce secret, la Cinquième Race fut amenée à instituer, ou plutôt à rétablir les Mystères Religieux dans lesquels les anciennes vérités pouvaient être enseignées aux générations futures, sous le voile de l'allégorie et du symbolisme. Contemplez l'impérissable témoin de l'évolution des Races Humaines depuis la Divinité et spécialement depuis la Race Androgyne – le Sphinx Egyptien, cette énigme des Ages ! La Sagesse Divine s'incarnant sur la Terre et se trouvant forcée de goûter au fruit amer de l'expérience personnelle de la douleur et de la souffrance, générée sur la Terre uniquement à l'ombre de l'Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal – un secret qui n'était d'abord connu que des Elohim, les "Dieux Supérieurs" Soi-Initiés 307.

Dans le Livre d'Enoch, nous avons Adam 308, le premier Androgyne Divin, qui se sépare en homme et femme et devient, sous une forme, ou Race, Jah-Héva, et, sous son autre forme ou Race, Caïn et Abel 309  –   mâle et femelle – ou Jéhovah à double sexe 310, ce qui est un écho de son prototype Aryen Brahmâ-Vâch. Après cela viennent les Troisième et Quatrième Races-Racines de l'humanité 311 – c'est-à-dire des [III 156] Races d'hommes et de femmes, ou d'individus de sexes opposés et non plus des Demi-esprits et des Androgynes sans sexe, comme les deux Races qui les avaient précédés. On rencontre une allusion à ce fait dans toutes les Anthropogonies. On le retrouve dans la fable et dans l'allégorie, dans le mythe et dans les Ecritures révélées, dans les légendes et dans la tradition. En effet, parmi tous les grands Mystères légués aux Initiés par l'antiquité la plus reculée, celui-ci est un des plus grands. Il explique l'élément bi-sexuel que l'on retrouve chez toute Divinité Créatrice, chez Brahmâ-Virâj-Vâch, comme chez Adam-Jéhovah-Eve et chez Caïn-Jéhovah-Abel. Car le "Livre des Générations d'Adam" ne fait même pas mention de Caïn et d'Abel, mais se borne à dire :

Il les créa mâle et femelle... et leur donna le nom d'Adam. 312

Il poursuit en ces termes :

Et Adam... engendra un fils à sa propre ressemblance, à son image, et lui donna le nom de Seth. 313

307 Voyez le Book of Enoch, traduit par l'Evêque Laurence, 1883.

308 Adam (Kadmon) est, tout comme Brahmâ et Mars, le symbole du pouvoir générateur et créateur qui typifie l'Eau et la Terre, – un secret alchimique. "Il faut de la Terre et de l'Eau pour créer une âme humaine", a dit Moïse. Mars est le Mangala hindou, la planète Mars, identique à Kartikeya, le "Dieu de la Guerre" ; il est Gharma-ja, né de la sueur de Shiva et de la Terre. Il est Lohita, le rouge comme aussi Brahmâ et Adam. Le Mars Hindou n'est, tout comme Adam, mis au monde par aucune femme, par aucune mère. Chez les Egyptiens, Mars était le Principe générateur primordial et c'est ce que sont, aussi, Brahmâ, dans l'enseignement exotérique, et Adam, dans la Cabale.

309 Abel est Chébel, qui veut dire "douleurs de la naissance", conception.

 310 Voyez Isis Dévoilée, IV, 69, où l'on nous montre Jéhovah comme le mélange d'Adam et d'Eve et que Hévah et Abel sont le serpent féminin.

311 Voyez Isis Dévoilée, II, 19, "L'union de ces deux Races produisit une troisième... Race."

312 Genèse, V, 2.

313 Ibid., V, 3.

 

Après quoi il engendre d'autres fils et filles, ce qui prouve que Caïn et Abel ne sont que ses propres permutations allégoriques. Adam représente ici la Race Humaine primitive, particulièrement dans son sens cosmosidéral. Il n'en est cependant pas de même dans sa signification théo- anthropologique. Le nom composé de Jéhovah, ou Jah-Hovah, voulant dire vie mâle et vie femelle – d'abord androgyne, puis séparée en deux sexes – est employé dans ce sens dans la Genèseà partir du chapitre V. Comme le dit l'auteur de Source of Measures :

Les deux mots qui composent le nom de  Jéhovah donnent l'idée de mâle-femelle comme cause première de la naissance. 314

 En effet, la lettre hébraïque Jod représentait le membrum virile, et Hovah, c'était Eve, la mère de tous les êtres vivants ou la procréatrice, la Terre et la Nature. L'auteur croit donc que :

On voit que l'un parfait [le cercle femelle parfait ou Yoni, numériquement 20612] en qualité de source première des mesures, revêt aussi la forme d'origine de l'enfantement, en qualité d'un hermaphrodite ; de là viennent la forme et l'usage phalliques. [III 157]

Précisément ; seulement, "la forme et l'usage phalliques" vinrent bien des siècles plus tard ; et la signification première et originale d'Enos, le fils de Seth, c'était la première Race née, suivant le présent mode usuel, d'un homme et d'une femme – car Seth n'est pas un homme, mais une race. Avant lui l'humanité était hermaphrodite. Seth, tout en étant le premier résultat (physiologique) qui suivit la "Chute", est aussi le premier homme ; aussi appelle-t-on son fils Enos le "Fils de l'Homme". Seth représente la partie tardive de la Troisième Race.

Pour mettre à l'abri le réel nom mystique d'Aïn-Soph – le Néant sans Limite et sans Fin – les Cabalistes ont mis en avant l'appellation complexe attributive de l'un des Elohim Créateurs personnels, dont le nom était Yah ou Jah – les lettres i, j ou y étant interchangeables – ou Jah-Hovah, c'est-à- dire mâle et femelle 315. Jah-Eve, un hermaphrodite, ou la première forme de l'humanité, l'Adam originel de la Terre, pas même Adam Kadmon dont le "Fils-né-du-Mental" est le Jah-Hovah terrestre au point de vue mystique. Sachant cela, le rusé Rabbin-Cabaliste en a fait un nom si secret qu'il ne pouvait plus le divulguer plus tard sans exposer le système tout entier, de sorte qu'il fut obligé de lui conférer un caractère sacré.

Ce n'est qu'en comparant la Bibleet les Pourânas que l'on peut voir combien est étroite l'identité qui existe entre Brahmâ-Prajapati et Jéhovah- Séphiroth, entre Brahmâ-Virâj et Jéhovah-Adam. Analysés et lus en se plaçant sous le même jour, ces ouvrages nous apportent la preuve évidente qu'ils ne sont que deux copies d'un même original – faites à deux époques très éloignées l'une de l'autre. Comparez encore, par rapport à ce sujet, le Genèse, IV, 1 et 26, et Manou, 1, 32, ces deux ouvrages nous livreront leur sens. Dans Manou, Brahmâ qui, comme Jéhovah ou Adam dans la Genèse, est à la fois homme et Dieu et divise son corps en mâle et femelle, représente, dans sa signification Esotérique, la personnification symbolique du pouvoir créateur et générateur, à la fois divin et humain. Le Zohar fournit une preuve d'identité encore plus convaincante, alors que certains Rabbins répètent mot pour mot certaines expressions Pourâniques originales ; par exemple, la "création" du monde est généralement considérée, dans les ouvrages Brâhmaniques, comme la Lîlâ, c'est-à-dire le plaisir du jeu, l'amusement du Créateur Suprême. [III 158]

314 p. 159.

315 Jod, dans la Cabale, a pour symbole la main, l'index et le lingam, tandis que, numériquement, c'est l'un parfait, mâle c'est aussi le nombre 10, mâle et femelle, lorsqu'il est divisé.

 

Vishnou, étant ainsi de la substance discrète et indiscrète, l'esprit et le temps, s'amuse comme un enfant joueur, comme vous vous en rendez compte en écoutant le récit de ses espiègleries. 316

Comparez maintenant cela avec ce qui est dit dans le livre Nobeleth'Hokhmah :

Les Cabalistes disent que l'entrée en existence des mondes se produisit par  plaisir,  en  ce  sens, qu'Aïn Soph [?!] se réjouit en Lui-même, irradia et rayonna de Lui-même à Lui-même... toutes choses que l'on appelle des délices. 317

Ainsi, ce n'est pas "une curieuse idée des Cabalistes", comme le fait remarquer l'auteur que nous venons de citer, mais bien une idée purement Pourânique et Aryenne. Seulement, pourquoi faire d'Aïn  Soph  un Créateur ?

Le "Divin Hermaphrodite" est donc Brahmâ-Vâch-Virâj, et celui des Sémites, ou plutôt des Juifs, est Jéhovah-Caïn-Abel. Seuls, les "Païens" étaient, et sont encore, plus sincères et plus francs que ne le furent les Israélites et les Rabbins plus récents qui connaissaient  incontestablement la vraie signification de leur divinité exotérique. Les Juifs considèrent le nom qu'on leur donne – celui de Yah-oudi – comme une insulte. Pourtant ils ont, ou auraient s'ils le voulaient, un droit aussi incontestable à se dénommer eux-mêmes les anciens Yah-oudi, les "Jah-hoviens", que celui que possèdent les Brâhmanes à se qualifier de Brâhmanes, d'après leur divinité nationale. En effet, Jah-hovah est le nom générique du Groupe ou de la Hiérarchie d'Anges Planétaires Créateurs, sous l'Etoile duquel leur nation à évolué. C'est un des Elohim Planétaires du Groupe Dirigeant de Saturne. Le 26ème verset du chapitre IV de la Genèse, lorsqu'on le lit correctement, leur conférerait à lui seul ce droit, car il donne à la  nouvelle Race d'hommes – ayant pour souche Seth et Enos – le nom de Jéhovah, chose toute différente de la traduction adoptée dans la Biblequi devrait être en ces termes :

A lui aussi naquit un fils, Enos : alors les hommes commencèrent à s'appeler eux-mêmes Jah, ou Yah- hovah, soit, hommes et femmes, les "Seigneurs de la Création". On n'a qu'à lire le verset mentionné ci-dessus dans le texte [III 159] Hébreu original et à la lumière de la Cabale, pour constater qu'au lieu des termes actuellement employés, la traduction correcte devrait être :

Alors les hommes commencèrent à s'appeler eux-mêmes Jéhovah ; et non : Alors les hommes commencèrent à invoquer le nom du Seigneur.

 ce qui constitue une erreur de traduction, qu'elle soit intentionnelle ou non. De même le passage bien connu :

J'ai acquis un homme du Seigneur, devrait être ainsi conçu :

J'ai acquis un homme, même Jéhovah. 318

Luther traduisait le passage d'une façon et les Catholiques Romains d'une façon tout à fait différente. L'évêque Wordsworth le rend ainsi :

Caïn – j'ai acquis – Kaïn, de Kâ'nithi, j'ai acquis 319 ;

 318 Voyez Source of Measures, p. 277.

319 Ibid.

 

Luther par :

J'ai acquis un homme – même le Seigneur [Jéhovah].

Et l'auteur de The Source of Measures par : J'ai mesuré un homme, même Jéhovah.

Cette dernière traduction est celle qui est correcte, car – (a) un Rabbin célèbre, un Cabaliste, a expliqué ce passage à l'auteur précisément de cette façon, et (b) cette traduction est identique à celle de la Doctrine Secrète de l'Orient, en ce qui concerne Brahmâ.

Dans Isis Dévoilée 320, l'auteur a expliqué que :

Caïn... est le fils du "Seigneur", et non celui d'Adam. 321

Le "Seigneur", c'est Adam Kadmon, le "Père" de Yod-Héva, "Adam- Eve" ou Jéhovah, le fils de la pensée coupable, et non le fruit de la chair et du sang. Seth, d'autre part, est le chef et le progéniteur des Races de la Terre, car il est, exotériquement, le fils d'Adam, mais, ésotériquement, il est la progéniture de Caïn et d'Abel, puisqu'Abel ou Hébel est [III 160] femelle, la contre-partie et la moitié femelle du mâle Caïn, et qu'Adam est le nom collectif pour homme et femme :

Mâle et femelle (zachar va nakobeh) il les créa... et leur donna pour nom Adam.

Les versets de la Genèse, du chapitre Ier au chapitre V, sont intentionnellement mêlés pour des raisons Cabalistiques. Après l'HOMME de la Genèse, 1, 26, et Enos, le Fils de l'Homme, du chapitre IV, 26, après Adam, le premier Androgyne ; après Adam Kadmon. – Le Logos sans sexe (le premier) – après la séparation d'Adam et d'Eve, viennent finalement Jéhovah-Eve et Caïn-Jéhovah. Tous représentent des Races-Racines distinctes, car des millions d'années les séparent.

320 IV, 157 et seq.

321 Voyez Genèse, IV, I.

 

 Ainsi les Théo-anthropographies des Aryens et des Sémites sont deux feuilles de la même branche ; leurs personnifications et leurs personnages symboliques respectifs ont, entre eux, les rapports suivants :

  1. L'INCONNAISSABLE, auquel diverses allusions sont faites dans les versets du Rig Véda, comme "Rien existait" appelé plus tard, Parabraham – le ןיא, Aïn, Aucune-Chose ou Aïn Soph des Cabalistes – et enfin "l'Esprit" (de Dieu) qui se meut sur la face des Eaux, dans la Genèse– tous sont identiques. De plus dans le chapitre Ier  de la Genèse, le verset 2 figure comme verset 1 dans les textes Cabalistiques secrets, où il est suivi des Elohim "créant le Ciel et la Terre". Ce changement voulu dans l'ordre des versets était nécessaire pour des raisons monothéistes et Cabalistiques. La malédiction lancée par Jérémie, contre les Elohim (Dieux) qui n'ont pas créé [fait] les Cieux et la Terre 322, prouve qu'il existait d'autres Elohim, qui avaient créé.
  2. Le Manou-Svâyambhouva Céleste, qui naquit de Svayambhôu- Nârâyana, le "Soi-existant", l'Adam Kadmon des Cabalistes et l'HOMME Androgyne du chapitre Ier de la Genèse, sont aussi identiques.
  3. Manou-Svâyambhouva est Brahmâ ou le Logos, et c'est l'Adam Kadmon qui, dans la Genèse, chapitre IV, 5, se sépare en deux moitiés, mâle et femelle, devenant ainsi Jah-hovah ou Jéhovah- Eve, de même que Manou-Svâyambhouva, ou Brahmâ, se sépare pour devenir "Brahmâ-Virâj et Vach-Virâj", mâle et femelle. Tout le reste du texte et des  versions  ne  constitue  que  des  voiles. [III 161]
  4. Vâch est la fille de Brahmâ et elle est appelée Shata-Roûpa, "aux cent formes", et Sâvitrî, Génératrice, la Mère des Dieux et de tous les vivants. Elle est identique à Eve, "la Mère [de tous les Seigneurs ou Dieux] ou de tous les vivants". Outre celle-ci, il existe beaucoup d'autres significations Occultes.

Ce qui est écrit à ce sujet dans Isis Dévoilée, bien que disséminé, de-ci de-là et bien qu'exprimé, à l'époque, en termes très prudents, est correct.

 322 Jérémie, X, 11.

 

Dans l'explication ésotérique de la Roue d'Ezéchiel, il est dit au sujet de Jodhévah ou Jéhovah :

Quand on prend le Ternaire au commencement du Tétragramme, il exprime la Création Divine, spirituellement, c'est-à-dire sans aucun péché charnel ; pris à l'extrémité opposée, il exprime ce péché ; il est féminin. Le nom d'Eve est composé de trois lettres, celui de l'Adam primitif ou céleste est écrit avec une lettre Jod ou Yod ; en conséquence, on ne doit pas lire Jéhovah, mais Iéva ou Eve. L'Adam du premier chapitre est l'Adam Kadmon spirituel et, par suite, purement androgyne. Lorsqu'une femme sort de la côte gauche du second Adam (de poussière), la pure Vierge est séparée et, tombant dans la "génération" ou dans le cycle descendant, devient le Scorpion, emblème du péché et de la matière. Alors que le cycle ascendant indique  les Races purement spirituelles, ou les dix Patriarches Antédiluviens, les Prajâpatis ou Séphiroth, conduits par la Divinité créatrice elle-même qui est Adam Kadmon ou Yodchéva [spirituellement], le cycle inférieur [Jéhovah] est celui des Races Terrestres conduites par Enoch ou La Balance, le septième ; qui, parce qu'il est semi-divin, semi-terrestre, est réputé, avoir été pris vivant par Dieu. Enoch, ou Hermès, ou La Balance ne font qu'un. 323

Ce n'est là qu'une des multiples significations. Inutile de rappeler aux érudits que le Scorpion est le signe astrologique des organes de reproduction. Comme les Richis Indiens, les Patriarches sont tous convertibles en leurs nombres, de même qu'ils sont  interchangeables. Selon le sujet auquel ils se rapportent, ils deviennent dix, douze, sept ou cinq et même quatorze et ils ont la même signification Esotérique que les Manous ou Richis.

De plus, Jéhovah, ainsi que l'on peut le montrer, possède une variété d'étymologies mais les seules qui soient vraies sont celles que l'on trouve dans la Cabale. הוהי (Iève) est le terme de l'Ancien Testament et on la prononçait Ya-va. Inman [III 162] suggère que c'est une contraction des deux mots הי והי, Yaho-Iah, Jaho-Jah, ou Jaho est Jah. Avec la ponctuation, le mot devient הוהי ce qui constitue, toutefois, un caprice Rabbinique en vue de l'associer avec le nom d'Adoni, ou ינדא qui a les même points. Il est curieux et vraiment à peine concevable que les Juifs aient anciennement lu le nom de הוהי, Adoni, alors qu'ils avaient tant de noms dont Jého, Jah et Iah constituaient une partie. Il en était cependant ainsi et Philon Byblus, qui nous donne le prétendu fragment de Sanchoniathon, l'orthographie en lettres grecques Ιενω, Jaho ou Jévo, Théodoret dit que les Samaritains le prononçaient Yahva et les Juifs Yaho. Le professeur Gibbs propose cependant la ponctuation suivante : הוהי (Yé-hou-vih) et il tranche le nœud Gordien de sa véritable signification Occulte. Car, sous cette dernière forme, comme verbe Hébreu, il signifie "il sera" 324. Il était aussi dérivé du verbe chaldaïque איה, ou הוה, eue (ève) ou eua (éva), "être". Il en était vraiment ainsi puisque ce n'est qu'à partir d'Enosh, le "Fils de l'Homme", que les Races vraiment humaines commencèrent à "être" comme mâles et femelles. Cette affirmation est encore une fois corroborée, puisque Parkhurst donne au verbe הוה le sens,

  1. de "tomber" (C'est-à-dire dans la génération ou la Matière) et
  2. "d'être, de continuer" – en tant que race.

324 Pour comparer, voyez Osée, XII, 6, où il est ponctué de la sorte.

 

L'aspirée du mot eua (Eva), "être", étant הוה, Hévé (Eve), qui est le féminin de הוהי et le même que Hébé, la Déesse Grecque de la jeunesse et la fiancée Olympienne d'Héraclès, fait ressortir plus clairement le nom de Jéhovah sous sa forme primitive à double sexe.

Puisque nous trouvons en Sanscrit des syllabes comme Jah et Yah, par exemple, Jâh-navî, "Gange" et Jagan-nâtha, "Seigneur du Monde", on se rend clairement compte de la raison qui fait que M. Rawlinson se montre, dans ses œuvres, si certain de l'existence d'une influence Aryenne ou Védique exercée sur la mythologie primitive de Babylone. Il ne faut pas non plus s'étonner beaucoup que les dix prétendues tribus d'Israël disparurent durant la période de captivité, sans laisser de trace derrière elles, lorsque l'on nous apprend que les Juifs n'avaient de facto que deux tribus – celles de Judas et de Lévi. De plus, les Lévites ne constituaient pas du tout une tribu, mais une caste sacerdotale. Les descendants ont simplement  suivi  leurs  progéniteurs,  les  divers  patriarches,  dans l'air raréfié sidéral. Il y avait vraiment, au temps jadis, des Brahms et des A- brahms, et cela avant que le premier juif ne fût né. Toutes les nations considéraient leur premier Dieu et leurs Dieux comme étant androgynes ; il n'en pouvait, du reste, [III 163] être autrement puisqu'ils regardaient leurs lointains progéniteurs primordiaux, leurs ancêtres à deux sexes, comme des Etres divins et des Dieux, exactement comme le font les Chinois jusqu'à présent. Ils étaient, effectivement, divins en un sens, comme l'était leur première progéniture humaine, l'humanité  primitive "née du mental", qui était très certainement bi-sexuelle, comme nous le prouvent tous les anciens symboles et toutes les anciennes traditions.

Sous les artifices emblématiques et la phraséologie spéciale  des prêtres de jadis, se cachent des allusions à des sciences qui  n'ont pas encore été découvertes durant le présent cycle. Si bien familiarisé que puisse être le savant avec l'écriture hiératique et le système hiéroglyphique des Egyptiens, il faut avant tout qu'il apprenne à sonder scrupuleusement leurs archives. Il doit s'assurer, compas et règle en main, que l'écriture imagée qu'il examine concorde, à une ligne près avec certaines figures géométriques fixes qui sont les clefs cachées de ces archives, avant de s'aventurer à en donner une interprétation.

Il y a pourtant des mythes qui parlent pour eux-mêmes et nous pouvons ranger dans cette catégorie les premiers créateurs bisexués de toutes les Cosmogonies. Le Zeus-Zên grec (Æther) ainsi que Chthonia (la Terre Chaotique) et Métis (l'Eau), ses épouses ; Osiris et Isis-Latone – le premier de ces Dieux représentant aussi l'Ether, la première émanation de la Divinité Suprême, Amun, la source primordiale de Lumière ; la Déesse Terre et l'Eau, encore une fois ; Mithras, le Dieu né du roc, le symbole du Feu Mondial mâle ou la Lumière Primordiale personnifiée ; et Mithra, la Déesse du Feu, à la fois sa mère et son épouse ; le pur élément du Feu (le principe actif ou mâle) considéré comme lumière et chaleur, en conjonction avec la Terre et l'Eau ou Matière (l'Elément femelle ou passif de la génération cosmique) 325.

Tout cela constitue des souvenirs du divin Hermaphrodite primordial.

 325 Isis Dévoilée, I, 290.

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STANCE VI - L'EVOLUTION DES "NES-DE-LA-SUEUR" https://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-3/175-stance-vi-l-evolution-des-nes-de-la-sueur https://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-3/175-stance-vi-l-evolution-des-nes-de-la-sueur

STANCE VI

L'EVOLUTION DES "NES-DE-LA-SUEUR"

 

  1. L'Evolution des trois Races continuée
  2. La Seconde Race crée la Troisième et périt.

 

Shloka 22. L'Evolution des trois Races continuée

 

La Seconde  évolua  alors  la  Née-de-l'Œuf,  la Troisième 326. La sueur augmenta, ses gouttes grossirent et les [III 164] gouttes devinrent dures et rondes. Le Soleil la chauffa, la Lune la rafraîchit et la modela ; le Vent la nourrit jusqu'à maturité. Le Cygne Blanc de la Voûte Etoilée 327 couva la grosse Goutte. L'Œuf de la Future Race, l'Homme-cygne 328 de la fin de la Troisième (a). D'abord mâle-femelle puis homme et femme (b).

326 Race.

327 La Lune.

328 Hamsa.

 

(a)        Le texte de la STANCE implique clairement que l'embryon humain fut nourri ab extra par les Forces Cosmiques et que le "Père-Mère" fournissait apparemment le germe qui mûrissait ; selon toute probabilité, c'était un "œuf né-de-la-sueur" qui devait être couvé, d'une façon mystérieuse, détaché du "double" parental. Il est comparativement facile de s'imaginer une humanité ovipare, puisque, même maintenant, l'homme est, dans un certain sens, "né-de-l'œuf". En outre, Magendie, dans son Précis Elémentaire de Physiologie, en citant : "Un cas où le cordon ombilical était rompu et parfaitement cicatrisé", et dans lequel l'enfant naquit cependant vivant, demande avec raison : "Comment la circulation s'opérait dans cet organe ?" A la page suivante, il dit : "On ne sait rien encore au sujet de l'usage de la digestion chez le fœtus." Et, au sujet de sa nutrition, il pose la question suivante : "Que pouvons-nous donc dire de la nutrition du fœtus ? Les traités de physiologie ne contiennent que de vagues conjectures à ce sujet."

"Oui, pourrait objecter le sceptique, mais le livre de Magendie appartient à la génération précédente et, depuis lors, la Science a fait de tels progrès que son accusation d'ignorance ne peut plus être lancée contre la profession." Vraiment ; tournons-nous alors du côté d'un physiologiste qui jouit d'une grande autorité, Sir Michaël Foster, et, au grand désavantage de la Science moderne, nous allons l'entendre dire :

 En ce qui concerne la naissance et le développement des activités fonctionnelles de l'embryon, notre savoir est, pour ainsi dire, nul. C'est à peine si nous savons quelque chose au sujet des [III 165] diverses phases par lesquelles passe le protoplasme de l'ovule pour que ses qualités fondamentales primaires se différencient et présentent les phénomènes complexes que nous avons tenté d'expliquer dans ce livre. 329

Les élèves du Trinity College, à Cambridge, sont maintenant priés de jeter un voile sur la statue de Hygieia et de bander les yeux des bustes de Galien et d'Hippocrate, de peur qu'ils ne laissent tomber des regards chargés de reproche sur leurs descendants dégénérés. Nous avons encore un fait à noter. Sir Michaël Foster observe un silence prudent au sujet du cas de rupture du cordon ombilical, qui est cité par son grand confrère français.

C'est là une déclaration très curieuse, comme l'explique le commentaire. Pour la rendre claire : La Première Race ayant créé la Seconde par "bourgeonnement", comme il a été expliqué plus haut, la Seconde Race donna naissance à la Troisième – qui fut elle-même séparée en trois divisions distinctes, composées d'hommes procréés d'une façon différente. Les deux premières de ces divisions sont produites par une méthode ovipare, probablement inconnue de l'Histoire Naturelle moderne. Tandis que les premières sous-races de la Troisième Humanité procréaient leur espèce par une sorte d'exsudation de moiteur ou de fluide vital, dont les gouttes formaient, en s'unissant, une boule oviforme – pourquoi ne dirions-nous pas un œuf ? – qui servait de véhicule externe pour la génération, dans son intérieur, d'un fœtus et d'un enfant, le mode de procréation des sous-races suivantes changea, au moins dans ses résultats. Les petits des premières sous-races étaient entièrement sans sexe – voire même sans forme, autant que nous le sachions 330, mais ceux des sous-races suivantes vinrent au monde androgynes. C'est dans la Troisième Race que la séparation des sexes se produisit. D'a-sexuée qu'elle était d'abord, l'Humanité devint distinctement hermaphrodite ou bi-sexuée, et finalement l'Œuf humain commença à donner naissance, graduellement et en vertu d'un développement presque imperceptible produit par leur évolution, d'abord à des êtres chez lesquels un des deux sexes prédominait et finalement à des hommes et à des femmes distincts. Cherchons maintenant la corroboration de ce que nous venons de dire dans les légendes religieuses de l'Orient et de l'Occident. Prenons d'abord la "Race Née-de- l'Œuf". Pensez à [III 166] Kashyapa, le sage Védique – et le plus prolifique des créateurs. Il était fils de Marîchi, le Fils Né-du-Mental de Brahmâ, et il devint le père des Nâgas ou Serpents, entre autres êtres. Exotériquement, les Nâgas sont des êtres semi-divins, qui ont une face humaine et la queue d'un serpent. Pourtant, il existait une race de Nâgas, au nombre de mille seulement, dit-on, nés ou plutôt issus de Kadroû, épouse de Kashyapa, dans le but de peupler Pâtâla, qui est incontestablement l'Amérique, comme nous le prouverons, et il  existait une Nâga-Dvîpa, une des sept divisions de Bhâratavarsha, l'Inde, habitée par un peuple qui portait le même nom et qui est reconnu, même par certains Orientalistes, comme étant historique et comme ayant laissé, jusqu'à nos jours, bien des traces de son existence.

Or, le point sur lequel on insiste le plus, quant à présent, c'est que, quelle que soit l'origine attribuée à l'homme, son évolution s'est faite dans l'ordre suivant :

  1. Il fut sans sexe, comme le sont toutes les formes antérieures ;
  2. puis,   par   une   transition   naturelle,   devint   un   "hermaphrodite solitaire", un être bi-sexué, et
  3. finalement, se sépara et devint ce qu'il est aujourd'hui.

La Science nous enseigne que toutes les formes primitives, bien que sans sexe, "possèdent pourtant la faculté de passer par le processus d'une multiplication a-sexuelle" ; pourquoi donc l'homme serait-il exclu de cette loi de la Nature ? La reproduction bi-sexuelle est une évolution, une forme spécialisée et perfectionnée, sur l'échelle de la Matière, de l'acte de reproduction par scissiparité. Les enseignements Occultes sont éminemment panspermiques et l'histoire des débuts de l'humanité n'est cachée "qu'aux mortels ordinaires" ; l'histoire des Races primitives n'est pas non plus enfouie, pour les Initiés, dans le tombeau du temps, comme elle l'est pour la Science profane. En conséquence, soutenus d'un côté par cette Science, qui nous représente le développement progressif et une cause interne pour chaque modification externe comme une loi de la Nature, et soutenus, d'un autre côté, par une foi implicite dans la Sagesse – nous pourrions même dire la Pansophia – des traditions universelles réunies et conservées par les initiés, qui les ont parfaites au point d'en faire un système presque impeccable, ainsi soutenus, nous nous hasardons à exposer clairement la doctrine.

Dans un savant article, écrit il y a quelque quinze ans, notre savant et respecté ami le professeur Alexandre Wilder, de New-York, démontre l'absolue logique des "Races Primitives à deux sexes" et la nécessité d'y croire, et il donne à [III 167] l'appui un certain nombre de raisons scientifiques 331. Il fait d'abord remarquer qu'une grande partie du monde végétal nous exhibe le phénomène de la bi-sexualité, car la classification de Linné y place presque toutes les plantes. C'est tout aussi bien le cas dans les familles supérieures du règne végétal, que dans ses formes inférieures, depuis le chanvre jusqu'au peuplier de Lombardie et à l'ailante. Dans le règne animal, il en est aussi de même. Dans la vie des insectes, la phalène génère un ver et le ver devient une phalène ; ainsi que le grand secret était expliqué dans les Mystères – Taurus Draconem genuit et Taurum Draco [Le taureau engendra un dragon, et le dragon un taureau]. Les membres de la famille des coralliaires qui, d'après Agassiz, ont employé plusieurs centaines de mille ans, durant la période géologique actuelle, à édifier la péninsule de la Floride, tirent leurs rejetons d'eux- mêmes, comme les bourgeons et les ramifications d'un arbre. Les abeilles sont quelque peu sur le même rang. Les aphidés, ou poux des herbes entretiennent une maison comme les Amazones et les parents vierges perpétuent la race durant dix générations successives.

Que disent les anciens Sages, les Philosophes instructeurs de l'antiquité ? Aristophane s'exprime ainsi, à ce sujet, dans le Banquet, de Platon :

 Notre nature de jadis n'était pas ce qu'elle est maintenant. Elle était androgyne ; la forme et le nom tenaient en même temps du mâle et de la femelle et leur étaient communs... Leurs corps... étaient ronds et ils couraient circulairement 332. Leur force et leur puissance étaient terribles et leur ambition prodigieuse. Aussi Jupiter les divisa chacun en deux, les rendant plus faibles ; Apollon, sous sa direction, referma la peau.

331 Voyez des Extraits de cet Essai dans The Theosophist de février 1883, pp. 112-114, d'où nous avons tiré le résumé qui suit.

 

Meshia et Meshiane constituaient qu'une seule et même personne pour les anciens Persans.

Ils enseignaient aussi que l'homme était le produit de l'Arbre de Vie et qu'il croissait par paires androgynes, jusqu'au moment où ces paires furent séparées par une modification subséquente de la forme humaine.

Dans le Livre des Générations (Toleduth) d'Adam, le verset suivant :

[III 168]

Dieu créa (bara, fit apparaître) l'homme à son image ; il le créa [à] l'image de Dieu, il les créa mâle et femelle.

– donnera le véritable sens, si on le lit ésotériquement, savoir :

Les Elohim [Dieux] firent jaillir de leur propre sein [par modification] l'homme à leur image... ils le créèrent (l'humanité collective ou Adam) ; elle (la Divinité collective) les créa mâle et femelle 333.

Ceci fait ressortir le côté Esotérique. La Race Sans-sexefut leur première Production, une modification d'eux-mêmes, tirée d'eux-mêmes, les pures Existences Spirituelles, et ce fut Adam solus. De là vient la Seconde Race: Adam-Eve, ou Jod-Héva, Androgynes inactifs, et finalement la Troisième ou "l'Hermaphrodite qui se sépare", Caïn et Abel, qui produisent la Quatrième, Seth-Enos, etc. C'est cette Troisième Race, la dernière Race semi-spirituelle, qui fut aussi le dernier véhicule de la Sagesse divine et innée inhérente chez les Enochs, les Voyants de cette Humanité. La Quatrièmequi avait goûté le fruit de l'Arbre du Bien et du Mal – la Sagesse déjà unie à l'intelligence terrestre, donc impure 334 – devait, par conséquent, acquérir cette Sagesse par l'initiation et de grandes luttes. L'union de la Sagesse et de l'Intelligence, la première, gouvernant la seconde, est appelée dans les livres Hermétiques, "le Dieu possédant la double fécondité des deux sexes".

332 Comparez avec la vision (Chap. I) dans laquelle Ezéchiel vit les quatre Etres Divins qui "ressemblaient à l'homme" et pourtant avaient l'aspect d'une roue ; "lorsqu'ils se mouvaient, c'était sur quatre côtés à la fois... car l'esprit de la créature vivante résidait dans les roues".

333 Eugibinus, un Chrétien, et les Rabbins Samuel, Ménassa ben Israel et Maimonides enseignaient que "Adam avait deux faces et une personne et, qu'au début, il était à la fois mâle et femelle – mâle d'un côté et femelle de l'autre [comme le Brahmâ de Manou], mais qu'ensuite les deux parties furent séparées". Le cent trente-neuvième psaume de David [V. 5] était cité par le Rabbin Jérémie ben Eliazar, à l'appui de cela : "Tu m'as façonné par devant et par derrière", – et non pas assailli comme dans la Bible, ce qui est absurde et dépourvu de sens, et cela prouve, comme le pense le professeur Wilder, "que la forme primitive de l'humanité était androgyne".

 

Au point de vue mystique, Jésus était considéré comme étant homme- femme. De même, dans les Hymnes Orphiques, que l'on chantait durant les Mystères, nous trouvons : "Zeus est un mâle, Zeus est une vierge immortelle". L'Ammon Egyptien était, dans son autre moitié, la Déesse Neïth. Jupiter [III 169] a des seins de femme, Vénus est  représentée barbue dans certaines de ses statues et Ilâ, la Déesse, est aussi Sou- Myoumna [lustre, gloire], le Dieu, en sa qualité de progéniture de Vaivasvata.

Le professeur Wilder dit :

Le nom d'Adam ou homme implique lui-même cette double forme d'existence. Il est identique à Athamas ou Thomas (en Tamil, Tam) qui est traduit en grec par Didumos, un jumeau ; par suite, si la première femme fut formée après le premier homme, elle dut, comme conséquence logique et nécessaire, être "tirée de l'homme". Aussi lisons-nous : "Et le côté que le Seigneur Dieu [Elohim] avait retiré à l'homme, il en fit une femme." Le mot hébreu qui est employé ici est Tzala qui comporte la traduction que nous avons donnée. Il est facile de retrouver les traces de la légende dans Bérose, qui dit que Thalatth (l'Omorôka ou Dame d'Ourka) fut le commencement de  la  création.  Elle  était  aussi  Télita [? Mélita], la reine de la Lune...

 334 Voyez l'union de Chochmah, la Sagesse, avec Binah, l'Intelligence, ou Jéhovah, le Démiurge, appelé Entendement dans les Proverbes de Salomon (VIII. 5). La Sagesse (la divine Sagesse Occulte) crie aux hommes : "ô simples, comprenez la Sagesse et ayez, ô insensés, un cœur qui comprenne." C'est l'Esprit et la Matière, le Nous et Psyché, au sujet de laquelle saint Jacques dit qu'elle est "terrestre, sensuelle et diabolique". (III. 15)

 

Les deux mémorables naissances gémellaires de la Genèse, celle de Caïn et d'Abel et celle d'Esaü et de Jacob, reflètent la même idée. Le nom de Hébel est le même que celui d'Eve et sa caractéristique semble être féminine. "Ses désirs se rapportent à toi, dit le Seigneur Dieu à Caïn et tu auras seigneurie sur lui." Le même langage avait été tenu à Eve : "Tes désirs se rapportent à ton mari et il aura seigneurie sur toi."

Aussi l'unité bi-sexuelle primordiale de la Troisième Race Racine humaine est-elle un axiome dans la Doctrine Secrète. Les individus vierges qui la composaient furent élevés au rang de "Dieux", parce que cette Race représentait leur "Dynastie Divine". Les modernes se contentent d'adorer les héros mâles de la Quatrième Race, qui créèrent des Dieux d'après leur propre image sexuelle, tandis que les Dieux de l'humanité primordiale étaient "mâles et femelles".

Comme nous l'avons dit dans le volume I, les Humanités se développaient de façon coordonnée et parallèlement aux quatre Eléments, chaque nouvelle Race étant physiologiquement adaptée en vue  de l'Elément additionnel. Notre Cinquième Race se rapproche rapidement du Cinquième Elément – appelez-le l'éther interstellaire, si vous voulez – qui se rapporte toutefois plus à la psychologie qu'à la physique. Nous autres hommes, nous avons appris à vivre sous tous les climats, qu'ils soient froids ou tropicaux, mais les deux premières Races n'avaient pas à s'occuper de climats et n'étaient subordonnées à aucune température, ni à aucun changement de température. Ainsi l'on nous enseigne que les hommes vécurent, jusqu'à la fin de la Troisième Race[III 170] Racine, lorsqu'un printemps éternel régnait sur le Globe entier comme en jouissent aujourd'hui les habitants de Jupiter, monde qui, suivant l'expression de M. Camille Flammarion :

N'est pas soumis, comme le nôtre, aux vicissitudes des saisons ou aux brusques changements de température, mais jouit de tous les trésors d'un éternel printemps. 335

 335 Pluralité des Mondes, p. 69.

 

Les Astronomes qui maintiennent que Jupiter est en état de fusion, dans le sens que nous donnons à ce terme, sont invités à régler leur différend avec ce savant Astronome Français 336. [III 171]

 336 Une hypothèse, imaginée en 1881 par M. W. Mattieu Williams, semble n'avoir fait que peu d'impression sur les Astronomes. L'auteur de The Fuel of the Sun dit dans Knowledge du 23 décembre 1881 :

"Faisant maintenant l'application des recherches du docteur Andrews aux conditions de l'existence solaire... j'en conclus que le Soleil ne possède aucun noyau, ni solide, ni liquide, ni gazeux, mais est composé de matière dissociée à l'état critique, entourée, d'abord, par une enveloppe flamboyante, due à la recombinaison de la matière dissociée, puis, en dehors de celle-ci, par une autre enveloppe de vapeurs résultant de cette combinaison."

Cela constitue une nouvelle théorie à ajouter à d'autres hypothèses, toutes scientifiques et orthodoxes. La signification de "l'état critique" est expliquée par M. W. Mattieu Williams dans le même journal (9 décembre 1881), dans un article sur "les Solides, les Liquides et les Gaz". Parlant d'une expérience faite par le docteur Andrews sur l'acide carbonique, le Savant dit que :

"Lorsque l'on atteint la température de 88 degrés, toute limite disparaît entre l'état liquide et l'état gazeux ; les liquides et les gaz se trouvent mêlés en un mystérieux fluide intermédiaire ; quelque chose de fluctuant et d'indéfini remplit tout le tube – un liquide éthérisé ou un gaz visible. Tenez un tisonnier, rougi au feu, entre vos yeux et la lumière, vous verrez une sorte de vague montante ce qui semble être de l'air liquide. L'aspect du fluide hybride qui se trouve dans le tube ressemble à cela, mais ce liquide est sensiblement plus dense et tient évidemment le milieu entre l'état liquide et l'état gazeux de la matière, comme la poix et la mélasse tiennent le milieu entre les liquides et les solides."

La température à laquelle ce phénomène se produit a été dénommée par le docteur Andrews la "température critique" ; à ce moment, les états gazeux et liquide sont "continus" et il est probable que toutes les autres substances susceptibles d'exister sous ces deux états ont, chacune, leur température critique.

Continuant à spéculer sur cet état "critique", M. W. Mattieu Williams émet certaines théories tout à fait Occultes sur Jupiter et sur d'autres Planètes. Il dit :

"Les notions que nous possédons sur les solides, les liquides et les gaz sont tirées de l'expérience que nous avons de l'état de matière qui existe sur cette Terre. Si nous pouvions être transportés sur une autre planète, ces notions seraient étrangement modifiées. Dans Mercure, l'eau prendrait rang parmi les gaz condensables ; dans Mars, elle serait classée parmi les solides fusibles, mais, alors, dans Jupiter, comment serait-elle classée ?

"Des observations récentes nous permettent de considérer Jupiter comme un soleil en miniature, entouré d'une enveloppe extérieure de matière nuageuse, formée en apparence par de l'eau partiellement condensée, mais qui est intérieurement à la température du rouge ardent ou même plus chaude encore. Son atmosphère vaporeuse est évidemment d'une énorme profondeur et la force de la gravitation, sur sa surface extérieure visible, étant deux fois et demie plus forte que celle qui existe sur la surface de notre Terre, la pression atmosphérique, lorsque l'on descend au-dessous de cette surface visible, doit bientôt atteindre le point auquel la vapeur d'eau serait ramenée à son état critique. Nous pouvons donc en conclure que les océans de Jupiter ne sont formés ni de liquide gelé, ni d'eau à l'état gazeux, mais constituent des océans ou atmosphères d'eau critique. Si des poissons y nagent ou y volent, il faut qu'ils soient organisés d'une façon très critique."

Comme la masse de Jupiter est 300 fois plus grande que celle de la Terre et que son énergie de compression vers le centre est proportionnelle, ses matériaux, s'ils sont semblables à ceux qui existent sur la Terre et ne sont pas plus chauds, devraient être considérablement plus denses et la planète tout entière devrait avoir un poids spécifique supérieur, mais nous savons, par  le mouvement de ses satellites, qu'au lieu de cela, son poids spécifique est inférieur à un quart de celui de la Terre. Cela justifie la conclusion que Jupiter possède une chaleur intense, car l'hydrogène lui- même, s'il était froid, deviendrait plus dense que Jupiter sous l'influence d'une pareille pression.

"Comme toutes les substances élémentaires peuvent exister comme solides, liquides ou gaz, ou à l'état critique, suivant les conditions de température et de pression, il m'est permis d'en conclure, d'une façon hypothétique, que Jupiter est une planète qui n'est ni solide, ni liquide, ni gazeuse, mais une planète critique, ou un globe formé intérieurement d'éléments associés à l'état  critique et entouré par une atmosphère dense de leurs vapeurs et de celles de quelques-uns de leurs composés tels que l'eau. Le même raisonnement s'applique à Saturne et à d'autres planètes grandes et raréfiées."

Il est agréable de constater combien "l'imagination scientifique" vient chaque année plus près de la frontière de nos Enseignements Occultes.

 

Il faut cependant se souvenir toujours que le "Printemps éternel" dont il est question, n'est qu'un état considéré comme tel par les Joviens. Ce n'est pas le "printemps" tel que nous le connaissons. Cette réserve permet de trouver un terrain de conciliation entre les deux théories que nous venons de citer. Toutes deux comprennent des vérités partielles.

La tradition universelle est donc que l'humanité a graduellement évolué pour atteindre sa forme actuelle, en partant d'un état presque transparent des tissus, et cela nullement par miracle ni grâce aux rapports sexuels. De plus, cela concorde absolument avec les anciennes Philosophies, depuis celles de l'Egypte et des Indes, avec leurs Dynasties Divines, jusqu'à celle de Platon. Et toutes ces croyances universelles doivent être classées avec les "pressentiments" et les "conceptions obstinées" des croyances populaires, dont quelques-unes sont indéracinables. De pareilles croyances, comme le fait remarquer Louis Figuier, sont :

Fréquemment le fruit de la sagesse et de l'observation d'un nombre infini de générations d'hommes... [car] une tradition qui [III 172] a une existence uniforme et universelle, possède tout le poids d'un témoignage scientifique. 337

337 Le Lendemain de la Mort, p. 23.

 

Et dans les allégories Pourâniques il y a plus d'une tradition de ce genre, ainsi que nous l'avons montré. En outre, la doctrine d'après laquelle la Première Race de l'humanité fut formée au moyen des Chhâyâs ou Images Astrales des Pitris est pleinement corroborée dans le Zohar :

 Dans le Tzelem, image reflétée des Elohim [les Pitris], Il fit Adam (l'homme). 338

On a prétendu, à maintes reprises, en guise d'objection, que si élevé qu'ait été le degré de la pensée métaphysique dans l'Inde antique, les anciens Egyptiens ne pouvaient se vanter que d'une idolâtrie et d'une zoolâtrie grossières ; Hermès, comme on le prétend, ayant été l'œuvre de Mystiques Grecs qui vivaient en Egypte. A cela on peut répondre de la façon suivante : une preuve directe que les Egyptiens croyaient à la DOCTRINE SECRETE, c'est qu'elle leur était enseignée lors  de l'Initiation. Que ceux qui font des objections ouvrent l'Eglogue physique et

morale de Stobée, le compilateur grec d'anciens fragments, qui vivait au Vème siècle après J.-C. Ce qui suit, est la transcription qu'il donne d'un antique fragment Hermétique qui expose la théorie Egyptienne de l'Ame. La voici, traduite mot à mot :

D'une Ame, celle du Tout, jaillissent toutes les âmes, qui se dispersent comme si elles étaient intentionnellement distribuées de par le monde. Ces âmes passent par de nombreuses transformations ; celles qui sont déjà des créatures rampantes,  deviennent  des  animaux aquatiques ; de ces animaux aquatiques sont dérivés les animaux terrestres ; et de ces derniers, les oiseaux. Les hommes naissent du sein des êtres qui vivent en haut dans les airs (dans le ciel). En atteignant l'état humain, les âmes reçoivent le principe de l'immortalité (consciente), deviennent des esprits, puis passent dans le chœur des Dieux.

 338 Edition de Crémone, III, 76 a; Edition Brody, III, 159 a; Qabbalah, d'Isaac Myer, p. 420.

 

Shloka 23. La Seconde Race crée la Troisième et périt.

 

Les Auto-générés furent les Chhâyâs, les Ombres des Corps des Fils du Crépuscule. Ni l'eau ni le feu ne pouvaient les détruire. Leurs fils furent 339. [III 173]

339 Détruits de cette façon.

 

Ce verset ne peut être compris sans l'aide des Commentaires. Il veut dire que la Première Race-Racine, les "Ombres" des Progéniteurs, ne pouvait être blessée ou détruite par la mort. Etant si éthérée et si peu humaine par sa constitution, elle ne pouvait être affectée par  aucun élément – déluge ou feu, mais ses "Fils", la Seconde Race-Racine, pouvaient être et furent détruits de cette façon. De même que les Progéniteurs s'immergèrent dans leurs propres Corps Astrals, qui étaient leurs progénitures, de même ces progénitures furent absorbées dans leurs descendants, les "Nés-de-la-Sueur". Ceux-ci furent la Seconde Humanité – composée de monstres semi-humains et gigantesques de la nature la plus hétérogène – la première tentative faite par la nature matérielle pour construire des corps humains. Les terres constamment fleuries (entre autres le Grœnland) du Second Continent furent successivement transformées d'Edens, au printemps éternel, en des Hadès hyperboréens. Cette transformation fut provoquée par le déplacement des grandes eaux du Globe, par le changement de lit des océans ; et la masse de la Seconde Race périt durant cette première grande crise de l'évolution et de la consolidation du Globe pendant la période humaine. Il s'est déjà produit quatre de ces grands cataclysmes 340 et nous pouvons nous attendre à un cinquième pour nous-mêmes, lorsque le moment sera venu.

 340 Le premier se produisit lorsque ce qui est maintenant le Pôle Nord fut séparé des Continents ultérieurs.

 

QUELQUES MOTS A PROPOS DES "DELUGES" ET "DES NOES"

 

Les récits que renferment les diverses Pourânâs au sujet de nos Progéniteurs sont aussi contradictoires, dans leurs détails, que tout le reste. Ainsi, tandis que, dans le Rig Véda, Idâ ou Ila est appelée l'Instructrice de Vaivasvata Manou, Sâyana fait d'elle une Déesse qui préside aux destinées de la Terre et la Shatapatha Brâhmananous la présente comme une fille de Manou, le fruit de son sacrifice et, plus tard, comme femme avec laquelle il (Vaivasvata) donna naissance à la race des Manous. Dans les Pourânas elle est aussi la fille de Vaivasvata et pourtant la femme de Boudha (la Sagesse), le fils illégitime de la Lune (Soma), et de Târâ, l'épouse de la planète Jupiter (Brihaspati). Tout cela semble un fouillis, pour le profane, mais est plein d'une signification philosophique [III 174] pour l'Occultiste. L'aspect extérieur du récit permet à lui seul de percevoir un sens secret et sacré, mais les détails sont tellement embrouillés, à dessein, que l'œil expérimenté d'un Initié peut seul les suivre et classer les événements dans leur ordre véritable.

Le récit, tel qu'il est fait dans le Mahâbhârata, frappe la tonique, et pourtant il est nécessaire qu'il soit expliqué au moyen du sens occulte que renferme la Bhagavad Gîtâ.C'est le prologue du drame de notre (Cinquième) Humanité. Tandis que Vaivasvata faisait ses dévotions sur le bord du fleuve, un poisson sollicite sa protection contre un plus grand poisson. Il le sauve en le plaçant dans une jarre ; tout en devenant de plus en plus grand, ce poisson le renseigne sur le Déluge approchant. Ce poisson est le célèbre Avatar Matsya, le premier Avatar de Vishnou, le Dagon 341 du Xisouthrous Chaldéen, et bien d'autres choses encore. Le récit est trop connu pour avoir besoin d'être répété. Vishnou donne l'ordre de construire un navire dans lequel Manou est sauvé, avec les sept Richis, d'après le Mahâbhârata ; pourtant ce détail manque dans les autres textes. Les sept Richis représentent ici les sept Races, les sept Principes  et diverses autres choses, car il y a, encore une fois, un double mystère impliqué dans cette multiple allégorie.

Nous avons dit ailleurs que le Grand Déluge comportait plusieurs significations et qu'il se rapportait, tout comme la CHUTE, aux événements spirituels et physiques, cosmiques et terrestres : en bas comme en haut. Le Navire ou Arche – Navis – en un mot, étant le symbole du Principe générateur féminin, est représenté dans les cieux par la Lune et sur la Terre par la Matrice ; toutes deux sont les vaisseaux et les réceptacles des semences de la vie et de l'être, que le Soleil, ou Vishnou, le Principe mâle, vivifie et fructifie. Le Premier Déluge Cosmique  se rapporte à la Création Primordiale, ou formation du Ciel et des Terres ; dans ce cas le Chaos et le grand Abîme représentent le "Déluge" et la Lune représente "la Mère" de qui procèdent tous les germes vitaux 342. Mais le Déluge Terrestre et son histoire ont aussi leur double [III 175] application. Dans un cas, il se rapporte au mystère concernant le sauvetage de l'humanité d'une destruction complète, lorsque la femme mortelle devint le réceptacle de la semence humaine à la fin de la Troisième Race 343, et, dans l'autre cas, il se rapporte à la réelle et historique Submersion Atlantéenne. Dans les deux cas, la "Légion" – ou le Manou qui sauva la "semence" – est appelée Vaivasvata Manou. De là la divergence qui existe entre la version Pourânique et les autres versions ; tandis que dans la Shatapatha Brâhmana, Vaivasvata produit une fille et, par elle, donne naissance à la race de Manou – allusion aux premiers Manoushyas humains, qui devaient créer les femmes par la Volonté (Kriyâshakti), avant qu'elles ne naquissent naturellement des Hermaphrodites en tant que sexe indépendant et fussent, en conséquence, considérées comme les "filles" de leurs créateurs. Le récit Pourânique fait d'Idâ, ou Ilâ, l'épouse de Boudha (la Sagesse). Cette version se rapporte aux événements du Déluge Atlantéen, lorsque Vaivasvata, le grand Sage sur la Terre, sauva la Cinquième Race Racine du danger d'être détruite avec les restes de la Quatrième.

341 Nous ne devons pas oublier qu'en tête des Dieux Babyloniens se trouvaient Es, Anou et le Bel primordial ; et qu'Ea, le premier de tous, était le Dieu de la Sagesse, le grand "Dieu de la Lumière" et de l'Abîme et qu'on l'identifiait avec Oannès ou le Dagon Biblique – le Poisson-Homme qui jaillit du Golfe Persique.

342 Ce n'est que beaucoup plus tard que la Lune devint un Dieu mâle ; elle était Soma pour les Hindous, Nanak ou Nannar ainsi que Sin, le fils de Moulil, l'ancien Bel, pour les Chaldéens. Les Akkadiens l'appelaient le "Seigneur des Fantômes" et c'était le Dieu de Nipour (Niffer) dans la Babylonie septentrionale. C'est Moulil qui fait tomber les eaux du Déluge du Ciel sur la Terre, et c'est pour ce motif que Xisousthrous ne lui permettait pas d'approcher de son autel. Ainsi que l'ont établi maintenant les Assyriologues modernes, c'est la septentrionale Nipour qui était le centre d'où se répandit la Magie (noire) Chaldéenne, et Eridou (la Méridionale) qui était le siège primitif du culte du Dieu de la culture, Dieu de la Sagesse Divine – car le Dieu Soleil était partout la Divinité Suprême. Chez les Juifs, la Lune se rattache au Jéhovah d'Israël et à sa semence, car Our était le principal centre du culte du Dieu-Lunaire et l'on dit qu'Abraham venait d'Our, lorsque d'A-Bra(h)m, Il devint Abraham.

343 Lorsque Nârada, l'ascète-vierge, menaça de mettre fin à l'existence de la race humaine en empêchant les fils de Daksha de la procréer.

 

Cela est clairement exposé dans la Bhagavad Gîtâ, où l'on faire dire à Krishna :

  Les sept Grands Richis, les quatre précédents Manous, participant de mon essence, naquirent de mon mental ; de leur sein jaillit (naquit) la race humaine et le monde. 344

Ici, les quatre précédents Manous, sur sept, sont les quatre Races 345 qui ont déjà vécu, car Krishna appartient à la [III 176] Cinquième Race, puisque sa mort est le point de départ du Kali Youga. Ainsi Vaivasvata Manou, le fils de Soûrya, ou le Soleil et le Sauveur de notre Race, est relié à la "Semence de Vie", tant physiquement que spirituellement. Pour le moment, toutefois, bien que nous parlions de tous, nous n'avons à nous occuper que des deux premiers.

Il est indéniable que le "Déluge" constitue une tradition universelle. Les "Périodes Glaciaires" ont été nombreuses et il en est de même des "Déluges", pour différentes raisons. Stockwell et Croll énumèrent environ une demi-douzaine de Périodes Glaciaires et de Déluges qui les suivirent, et ils font remonter le premier de tous à 850.000 ans et le dernier à environ 100.000 ans 346. Mais lequel fut notre Déluge ? Assurément le premier, celui qui jusqu'à ce jour se trouve mentionné dans les traditions de tous les "Le mot "Chatvârah" est séparé du mot "Manavah" et on l'interprète comme ayant trait à Sanaka, Sanandana, Sanatkoumâra et Sanatsoujâta, qui étaient aussi compris parmi les fils nés-du-mental de Prajâpati.

peuples et cela depuis l'antiquité la plus reculée ; celui qui finit par faire disparaître les dernières péninsules de l'Atlantide, en commençant par Routa et Daitya, et en terminant par l'île, comparativement petite, dont Platon fait mention. Cela est établi par la concordance de certains détails dans toutes les légendes. Ce fut le dernier de ceux qui eurent un caractère aussi gigantesque. Le petit déluge, dont le Baron Dunsen a retrouvé des traces dans le centre de l'Asie et qu'il fait remonter à 10.000 ans avant Jésus-Christ, n'avait aucun rapport, ni avec le Déluge semi-universel, ou Déluge de Noé – celui-ci ne représentant qu'un [III 177] exposé purement mythique des anciennes traditions – ni même avec la submersion de la dernière île atlantéenne, ou, du moins, n'avait avec eux qu'un  rapport moral.

344 X, 6.

345 Cela est corroboré par un savant Brahmane. Dans ses excellentes Conférences sur le Bhagavad Gitâ (Theosophist d'avril 1887, p. 444) le conférencier dit : "Il existe une particularité sur laquelle je dois appeler votre attention. Il [Krishna] parle ici de quatre Manous. Pourquoi parle-t-il de quatre ? Nous sommes maintenant dans le septième Manvantara – celui de Vaivasvata. S'il parle des Manous passés, il devrait parler de six, mais il n'en mentionne que quatre. Dans certains commentaires, on a cherché à interpréter ceci d'une manière singulière.

 

"Toutefois, cette interprétation conduira à la plus absurde des conclusions et aura pour conséquence que la phrase se contredirait elle-même. Un qualificatif est attribué aux personnes auxquelles le texte fait allusion. Il est bien connu que Sanaka et les trois autres refusèrent de créer, bien que les autres fils eussent consenti à le faire ; aussi, lorsqu'il est question des personnes qui donnèrent naissance à l'humanité, serait-il absurde de comprendre ces quatre-là dans la liste. Le passage doit être interprété sans diviser le mot composé en deux. Le nombre des Manou sera alors de quatre et l'affirmation sera en contradiction avec le récit Pourânique, tout en restant en harmonie avec la théorie Occulte. Vous devez vous souvenir qu'il est dit que nous sommes maintenant dans la Cinquième Race Racine. Chaque Race Racine est considérée comme étant la Santati [descendance] d'un Manou spécial. Or, la Quatrième Race est passée, ou en d'autres termes, Il y a déjà eu quatre Manous."

346 Stockwell, Smithsonian Contributions of Knowlege, XVIII ; R. W. Mc. Farland, American Journal of Science, III, XI, 456, et Climate and Time de Croll. La Lémurie ne fut pas submergée par une inondation, mais fut détruite par l'action volcanique et s'abîma ensuite sous les flots.

 

Notre Cinquième Race – les non-initiés de cette Race – entendant parler de nombreux Déluges, les a confondus entre eux et n'en connaît plus qu'un seul. Celui-là modifia tout l'aspect du Globe, par les changements qu'il provoqua dans les mers et les terres.

Nous pouvons comparer cela avec la tradition des Péruviens, d'après laquelle :

Les Incas, au nombre de sept, ont repeuplé la terre après le déluge. 347

Humboldt mentionne la version mexicaine de la même légende, mais confond quelque peu les détails de la légende qui existe encore au sujet du Noé Américain. Néanmoins, l'éminent Naturaliste mentionne  deux fois sept compagnons et l'oiseau divin qui précédait le navire des Aztèques, ce qui fait ainsi quinze élus, au lieu de sept et de quatorze. Cela fut probablement écrit sous l'empire d'une involontaire réminiscence  de Moïse, qui aurait, dit-on, mentionné quinze petit-fils de Noé comme ayant été sauvés avec leur grand-père. Xisouthrous, le Noé chaldéen, est, lui aussi, sauvé et transporté "vivant" au ciel – comme Enoch – avec les sept Dieux, les Kabires, ou les sept Titans divins. Le Yao chinois est, lui aussi, accompagné de sept effigies qui font voile avec lui et qu'il animera lorsqu'il débarquera, pour les employer comme "semence  humaine". Osiris, lorsqu'il entre dans l'Arche, ou Bateau Solaire, prend sept rayons avec lui, etc.

 347 Coste, I. IV, 19.

 

Sanchoniathon fait des Aletæ ou Titans (les Kabires) des contemporains d'Agruerus, le grand Dieu Phénicien – que Faber a cherché à identifier avec Noé 348 ; de plus on soupçonne que le nom de "Titan" est dérivé de Tit-Ain – les "fontaines de l'abîme chaotiques" 349. (Tit-Theus, ou Tityus est le "divin déluge") ; et l'on nous montre ainsi les Titans, qui sont au nombre de sept, comme se rattachant au Déluge et aux sept Richis sauvés par Vaivasvata Manou 350. [III 178]

Ces Titans sont les fils de Kronos, le Temps et de Rhéa, la Terre ; et, comme Agruerus, Saturne et Sydyk sont un seul et même personnage ; comme aussi les sept Kabires sont représentés comme les fils de Sydyk ou Kronos-Saturne, il en résulte que les Kabiri et les Titans sont identiques. Pour une fois, le pieux Faber avait raison lorsqu'il concluait en écrivant :

Je ne doute pas que les sept Titans ou Cabiri ne soient aussi les mêmes que les sept Richis de la mythologie (?) hindoue, dont on dit qu'ils échappèrent en se réfugiant sur un bateau avec Menu le chef (?) de la famille. 351

Mais il est moins heureux dans ses spéculations lorsqu'il ajoute :

Les Hindous, dans leurs légendes sauvages, ont diversement défiguré l'histoire des Noachides (?!), pourtant, il est à remarquer qu'ils semblent s'en être religieusement tenus au nombre sept 352 : aussi le Cap. Wilford fait-il judicieusement observer que "les sept Manous, les sept Brahmâdicas, ainsi que les sept Richis, sont   peut-être   les   mêmes   et   ne   forment que sept personnes individuelles 353. Les sept Brahmâdicas étaient prajâpatis ou seigneurs des prajas ou créatures. L'humanité naquit d'eux et ce sont probablement les mêmes que les sept Menus... Ces sept grands ancêtres de la race humaine furent... créés dans le but de repeupler la terre d'habitants" 354. La ressemblance mutuelle des Cabires, des Titans, des Richis et de la famille Noétique, est trop  frappante  pour  être  l'effet  d'un  simple accident. 355

348 Agruerus, c'est Kronos, ou Saturne, et le prototype du Jéhovah Israélite. Comme se rattachant à Argha, la Lune ou Arche de salut, Noé, au point de vue mythologique, ne fait qu'un avec Saturne, mais alors cela ne peut se rapporter au déluge terrestre. (Voyez les Cabiri, de Faber, I, 35, 43-45.)

349 Ibid., II, 240.

350 Sanchoniathon dit que les Titans étaient les fils de Cronos et qu'ils étaient au nombre de sept,  et il les appelle des adorateurs du feu, Aletæ (Fils d'Agni ?) et diluviens. Al-ait est le Dieu du Feu.

351 Ibid., I. 130, note.

352 Sept, remarquons-le, dont les Aryens et non les Sémites, furent l'origine, tandis que les Juifs empruntèrent ce nombre aux Chaldéens.

353 Sept Fils individuels de Dieu, ou Pitaras, Pitris ; aussi, dans ce cas, les fils de Kronos ou Saturne (Kâla, "Temps") et d'Arkitès, comme les Cabires et les Titans, comme le prouve leur nom "d'Ancêtres-Lunaires", la Lune étant l'Arche ou Argha, sur l'Abîme Aqueux de l'Espace.

354 Asiatic Researches, V, 246.

355 Kabiri, ibid., loc. cit.

356 Orpheus apud Proclum in Timœum, V, 295.

357 Arnobe, Contra Gentes, III, 124 ; cité par Faber, op. cit., I, 135.

  

Faber fut amené à commettre cette erreur et, postérieurement, il édifia toute sa théorie des Kabires sur le fait que le nom du Japhet des Ecritures était sur la liste des Titans contenue dans un verset des Hymnes Orphiques. D'après Orphée, les noms des sept Titans Arkites – que Faber se [III 179] refuse à identifier avec les Titans impies leurs descendants – étaient Kœus, Krœus, Phorcys le puissant, Kronos, Oceanus, Hypérion et Iapetus.

Κοι̃ὸν τε, Κροι̃ὸν τε µε̉γαν, Φορχύν τε κραταιὸν,

Καὶ Κρὸνον, Ώκεανὸν θ ̉, ΄υπερίονα τ ̉, Ίαπετον τε. 356

Mais pourquoi le Babylonien Ezra n'aurait-il pas pu adopter le nom de Iapetus pour l'un des fils de Noé ? Les Kabires, qui sont les Titans, sont aussi appelés Manès et leur mère Mania, d'après Arnobe 357. Les Hindous peuvent donc prétendre avec beaucoup plus de raison que les Manès signifient leurs Manous et que Mania est le Manou femelle du Râmayâna. Mania est Ilà ou Idâ, l'épouse et fille de Vaivasvata Manou, par laquelle "il donna naissance à la race des Manous". Comme Rhéa, la mère des Titans, elle est la Terre – Sâyana fait d'elle la Déesse de la Terre – et elle n'est que la seconde édition et la répétition de Vâch. Idâ et Vâch sont, toutes deux, tantôt mâles, tantôt femelles ; Idâ devient Soudyoumna, et Vâch, la "Virâj femelle", se transforme en femme afin de punir les Gandharvas ; l'une des versions a trait à la Théogonie cosmique et divine, l'autre à une période postérieure. Les Manès et la Mania d'Arnobe sont des noms d'origine Indienne que se sont appropriés les Grecs et les Latins qui les ont défigurés.

Tout cela n'est donc pas accidentel, mais le résultat d'une doctrine archaïque unique, commune à tous et dont les Israélites – par Ezra, l'auteur des livres Mosaïques modernisés, ont étaient les derniers adaptateurs. Ils étaient si peu scrupuleux au sujet de la propriété d'autrui, que le Pseudo- Bérose 358 établit que Titæa – dont Diodore de Sicile 359 fait la mère des Titans ou Diluviens – était l'épouse de Noé. Faber l'appelle le "Pseudo- Bérose" et, pourtant, accepte le renseignement, afin d'enregistrer une preuve de plus établissant que les Païens ont emprunté tous leurs Dieux aux Juifs, en transformant le matériel patriarcal. D'après notre humble opinion, c'est là justement la meilleure preuve possible pour établir le contraire. Cela montre, aussi clairement que des faits le peuvent, que ce sont les pseudo-personnages Bibliques qui sont tous empruntés aux mythes Païens, si l'on veut que ce soient des mythes. Cela prouve, tout au moins, que Bérose connaissait parfaitement la  source  de  la  Genèse  et  savait [III 180] qu'elle avait le même caractère cosmique et astronomique que les allégories d'Isis-Osiris et de l'Arche, ainsi que d'autres symboles "Arkites" plus anciens. En effet, Bérose dit que "Titæa magna" fut appelée ensuite Aretia 360 et adorée avec la Terre et cela identifie Titæa, l'épouse de Noé, avec Rhéa, la mère des Titans et avec Idâ, car toutes deux sont des Déesses qui président aux destinées de la Terre et sont les Mères des Manous et Manès, ou Titans-Kabires. Titæa-Aretia recevait un culte sous le nom de Horchia, dit le même Bérose, et c'est un titre de Vesta, Déesse de la Terre.

 358 Ant., I, 8.

359 Bibl., III, 170.

360 Aretia est la forme féminine d'Ariès, le Mars Egyptien. De là vient le mot chaldéen (et aujourd'hui hébreu) de (צרא) (Arets), "Terre". Seyffarth, l'auteur de Beiträge zur Kenntniss (sous le titre de "Ariès", Mars) cite ce qui suit : "Addit Sedrenus (Salm, I, c) : stella Martis ab Ægyptiis vocatur Ertosi (plantare, generare). Significat autem hoc omnis generis procreationem et vivificationem, omnisque substantiæ et materiæ, naturam et vim ordinantem atque procreantem." [Cedranus, dit (Salm, I, c) Mars, était appelé par les Egyptiens Ertosi (planter ou générer). Cela implique la création et la vivification de tout, la création et la détermination de la nature et des pouvoirs de toute substance ou matière.] C'est la Terre comme "source de l'être", ou, comme l'explique l'auteur de The Source of Measures (p. 186), Arts a la même signification en Hébreu et en Egyptien et "combine l'idée première de terre comme source ; précisément comme, dans l'Hébreu lui-même, sous une autre forme, Adam et Mâtim (Mars) ne font qu'un et combinent l'idée de terre avec Adam, sous la forme de h-adam-h".

 

Sicanus   deificavit   Aretiam   et   nominavit   eam   linguâ Janigenâ Horchiam. 361

Il n'y a guère de poètes anciens, des époques historiques et préhistoriques, qui omettent de parler de l'immersion de deux continents – souvent appelés îles – sous une forme ou sous une autre. De là, la destruction en plus d'Atlantis de l'île Phlégyenne. Pausanias et Nonnus nous racontent tous deux comment :

Le sévère Neptune ébranla sur ses bases profondes L'île Phlégyenne et plongea sous les flots

Ses habitants impies. 362

Faber était convaincu que l'île Phlégienne 363 était l'Atlantide, mais toutes les allégories de ce genre sont des échos, plus ou moins déformés, de la tradition Hindoue sur ce grand Cataclysme qui atteignit la Quatrième Race, réellement humaine bien que gigantesque, qui précéda la Race Aryenne. Pourtant, comme nous venons de le dire, la légende du Déluge a, comme toutes les autres légendes, plus d'une signification. [III 181] Elle rapporte, dans la Théogonie, à des transformations pré-cosmiques, à des corrélations spirituelles – si absurde que puisse paraître cette expression, pour des oreilles scientifiques – et aussi à la Cosmogonie subséquente ;  à la grande INONDATION DES EAUX (Matière) dans le CHAOS, éveillé et fructifié par les Rayons-Esprits qui furent submergés par la mystérieuse différenciation et qui périrent en elle – un mystère pré-cosmique, le Prologue du drame de l'Etre. Anou, Bel et Noé ont précédé  Adam Kadmon, Adam le Rouge et Noé, exactement comme Brahmâ, Vishnou et Shiva ont précédé Vaivasvata et le reste 364.

Tout cela tend à prouver que le déluge semi-universel dont  la Géologie a connaissance – la première Période Glaciaire – doit s'être produit juste à l'époque que lui assigne la DOCTRINE SECRETE, à savoir 200.1 ans, en chiffres ronds, après le  commencement de notre Cinquième Race, ou vers le temps que Croll et Stockwell assignent à la première Période Glaciaire, c'est-à-dire il y a environ 850.000 ans. Aussi, comme ce cataclysme est attribué par les Géologues et les Astronomes à "une extrême excentricité de l'orbite de la terre" et que la DOCTRINE SECRETE lui attribue la même cause, avec cependant l'addition d'un autre facteur, le déplacement de l'axe de la Terre – dont on peut trouver la preuve dans le Livre d'Enoch 365, si le langage voilé des Pourânas n'est pas compris – tout cela serait de nature à prouver que les Anciens connaissaient quelque peu les "découvertes modernes" de la Science. Enoch, lorsqu'il parle de la "grande inclinaison de la Terre", qui "est en travail", est tout à fait clair et significatif.

361 Ant., V, 64.

362 Nonnus, Dionys., XVIII, 319. Cité par Faber, op. cit., I, 358.

363 ["Insulæ Phlegyæ" dans l'édition 1888.]

364 Voyez Isis Dévoilée, IV, 99 et seq., où l'on fait allusion à une ou deux des sept significations.

 

La chose n'est-elle pas évidente ? Nouah, c'est Noé flottant sur les eaux dans son arche, qui est elle-même l'emblème de l'Argha, ou Lune, le Principe féminin ; Noé, c'est "l'Esprit" tombant dans la Matière. Dès qu'il descend sur la Terre, nous le voyons planter une vigne, boire du vin et devenir ivre, ce qui veut dire que le pur Esprit est enivré dès qu'il est définitivement emprisonné dans la matière. Le septième chapitre de la Genèsen'est qu'une autre version du premier. Ainsi, tandis qu'on lit dans ce dernier : "Et les ténèbres couvraient la face de l'abîme et l'esprit de Dieu se mouvait sur la surface des eaux", le chapitre VII dit : "Et les eaux eurent le dessus... et l'arche flottait [avec Noé, l'Esprit] sur la surface des eaux". De sorte que Noé, s'il est identique au Nouah Chaldéen, est l'Esprit qui vivifie la Matière, qui n'est autre que le Chaos, représenté par l'Abîme ou les Eaux du Déluge. Dans la [III 182] légende Babylonienne (mélange de l'événement pré-cosmique et de l'événement terrestre), c'est Istar (Astéroth, ou Vénus, la Déesse Lunaire) qui est enfermée dans l'arche et envoie une colombe à la recherche de la terre ferme.

365 Chap. LXIV (sect. XI).

 

George Smith note, sur les "Tablettes", d'abord la création de la lune, puis celle du soleil : "Sa beauté et sa perfection sont exaltées, ainsi que la régularité de son orbite, ce qui le fit considérer comme le type d'un juge et comme  le  régulateur  du  monde". Si ce récit avait simplement trait à un cataclysme cosmogonique – même si celui-ci était universel – pourquoi la déesse Istar ou Astéroth, la lune, aurait-elle parlé de la création du soleil après le déluge ? Les eaux auraient pu s'élever jusqu'au sommet de la montagne de Nizir de la version Chaldéenne, ou du Djebel Djoudi, les montagnes du déluge de la légende Arabe, ou encore du mont Ararat du récit Biblique, et même de l'Himalaya de la tradition Hindoue, sans, pour cela, atteindre le Soleil ; la Bibleelle-même n'a pas osé aller jusqu'à un pareil miracle ! Il est évident que le déluge avait un autre sens pour les gens qui ont été les premiers à l'enregistrer, sens moins problématique et bien plus philosophique que celui d'un déluge universel dont il ne reste aucune  trace géologique. 366

Comme tous les Cataclysmes de ce genre sont périodiques  et cycliques et comme Vaivasvata Manou figure en qualité de personnage générique, au milieu de circonstances et d'événements divers, il semble qu'il n'y ait aucune objection sérieuse à supposer que le premier "grand déluge" avait un sens allégorique aussi bien que cosmique et qu'il s'est produit à la fin du Satya Youga, "l'Age de Vérité", lorsque la Seconde Race-Racine, "le Manou pourvu d'os" fit sa première apparition en qualité de "Né-de-la-Sueur".

Le Second Déluge – prétendu universel – qui atteignit la Seconde Race-Racine – que la Théologie considère maintenant tout à son aise comme "la race maudite des géants", les Caïnites et "les fils de Cham" – est le déluge qui fut reconnu le premier par la Géologie. Si l'on compare avec soin les récits des diverses légendes des livres de la Chaldée et des autres ouvrages exotériques des nations, on constate qu'ils s'accordent tous avec les narrations orthodoxes qui sont données dans les livres Brahmaniques. On peut remarquer aussi que tandis que dans le premier récit "il n'y a encore ni Dieu ni mortel sur Terre", lorsque Vaivasvata Manou aborde en Himavân [les Himâlayas], dans le second, les  Sept Richis sont autorisés à lui tenir compagnie ; ce qui prouve que tandis que certains récits se rapportent au Déluge Sidéral et Cosmique [III 183] qui précéda ce que l'on appelle la "Création", les autres traitent, l'un du Grand Déluge de Matière sur Terre et l'autre d'un réel déluge d'eau. Dans la Shatapatha Brâhmana, Manou constate que le Déluge a fait disparaître toutes les créatures vivantes et que lui seul a subsisté – c'est-à-dire que la semence de vie, seule, subsista à la suite de la Dissolution de l'Univers, ou Mahâpralaya, après un "Jour de Brahmâ" ; la Mahâbhârata, elle, ne traite que du cataclysme géologique qui balaya presque toute la Quatrième Race afin de faire place à la Cinquième. C'est pourquoi Vaivasvata Manou est présenté sous trois  attributs  différents  dans  notre  Cosmogonie Esotérique 367 :

  1. comme le "Manou-Racine" sur le Globe A, durant la Première Ronde ;
  2. comme la "Semence de Vie", sur le Globe D, durant la Quatrième Ronde et
  3. comme la "Semence de l'Homme", au commencement de chaque Race-Racine – spécialement durant notre Cinquième Race.

Le commencement même de cette dernière voit,  durant  le  Dvâpara Youga 368, la destruction des sorciers maudits : [III 184]

 367 Il faut se souvenir que, dans la Philosophie Hindoue, chaque unité différenciée ne l'est que durant les Cycles de Mâyâ, car dans son essence, elle ne fait qu'un avec l'Esprit Suprême ou Unique. De là naissent la confusion et la contradiction apparentes qui existent entre les diverses Pourânas, et parfois dans une même Pourâna, à propos du même individu. Vishnou – en qualité de Brahmâ aux formes multiples et en qualité de Brahma (neutre) – est un et pourtant on dit qu'il est les vingt-huit Vyâsas. "Durant chaque époque Dvâpara (ou troisième), Vishnou, dans la personne de Vyâsa... divisa la Véda, qui est (en réalité) une, en de nombreuses portions... Vingt-huit fois les Védas ont été arrangées par les grands Richis, dans le Manvantara Vaivasvata, durant l'époque Dvâpara ; et, en conséquence, vingt-huit Vyâsas ont passé." (Vishnou Pourâna, III, 3, traduction de Wilson, III, 33, 34.) "[Eux qui étaient tout] sous la forme de Véda-Vyasas ; qui étaient les Vyasas de leurs ères respectives." (Ibid., loc. cit., p. 33.) "Ce monde est Brahmâ, dans Brahmâ,  de Brahmâ... rien de plus à savoir." Enfin, encore dans la Harivamsha: "Il y avait (durant le premier Manvantara) sept fils célèbres de Vasishtha, qui (durant le troisième Manvantara) furent fils de Brahma (c'est-à-dire Richis), l'illustre postérité d'Ourja." (Ibid., III, 6 note). Cela est clair ; l'Humanité du Premier Manvantara est celle du septième et de tous les Manvantaras Intermédiaires. Le Genre Humain de la Première Race-Racine est le Genre Humain des Seconde, Troisième, Quatrième, Cinquième, etc. Jusqu'à la fin, cela constitue une réincarnation cyclique et constante des Monades appartenant aux Dyan Chohans de notre Chaîne Planétaire.

368 Le Dvâpara Youga est différent pour chaque Race. Toutes les Races ont leurs propres Cycles, ce qui fait une grande différence. Par exemple, la Quatrième Sous-Race des Atlantéens était dans son Kali Youga, lorsqu'elle fut détruite, tandis que la Cinquième était dans son Satya ou Krita Youga. La Race Aryenne est maintenant dans son Kali Youga et y restera encore pendant 427.000 ans, tandis que diverses "Races de Familles" appelées Sémitique, Hamitique, etc., sont dans leurs  cycles spéciaux. La Sixième Sous-Race qui va naître – ce qui peut avoir lieu très prochainement – sera dans son Age Satya (Age d'Or), tandis que nous recueillerons le fruit de nos iniquités dans notre Kali Youga.

369 Voyez Asiatic Researches, VIII, 280.

 

De cette île [Platon ne parle que de sa dernière  île], située au delà des Colonnes d'Hercule, dans l'Océan Atlantique, d'où l'on avait des communications faciles avec d'autres îles, dans le voisinage d'un autre grand continent [l'Amérique].

C'est cette Terre Atlantique qui était reliée à "l'Ile Blanche" et cette Ile Blanche était Routa, mais ce n'était pas Atala et le "Démon Blanc" du colonel Wilford 369, comme nous l'avons déjà montré. On peut faire remarquer ici que le Dvâpara Youga a une durée de 864.000 ans d'après les textes Sanscrits, et que si le Kali Youga n'a commencé qu'il y a 5.000 ans, il y a juste 869.000 ans que cette destruction s'est produite. De plus, ces chiffres ne diffèrent pas beaucoup de ceux que donnent les Géologues, qui font remonter à 850.000 ans leur Période Glaciaire.

La Shatapathanous dit ensuite qu'une femme fut produite, qui vint à Manou et déclara qu'elle était sa fille, avec laquelle il vécut et procréa le rejeton de Manou. Cela se rapporte à la transformation physiologique des sexes durant la Troisième Race-Racine, et l'allégorie est trop clairement transparente pour nécessiter beaucoup d'explications. Bien entendu, comme nous l'avons déjà fait remarquer, lors de la séparation des sexes, un être androgyne était supposé diviser son corps en deux moitiés – comme dans le cas de Brahmâ et Vâch et même d'Adam et d'Eve – de sorte que la femelle est, dans un certain sens, sa fille, exactement comme il sera pour elle, son fils : "la chair de sa chair [à lui et à elle] et les os de ses os [à lui et à elle]". Que l'on n'oublie pas aussi qu'aucun de nos Orientalistes n'a encore appris à comprendre que dans "ce tissu de contradictions et de stupéfiantes absurdités", comme certaines personnes appellent les Pourânas, une allusion à un Youga peut vouloir dire une Ronde, une Race- Racine et souvent une sous-race, ou constituer tout aussi bien une page arrachée à la Théogonie pré-cosmique. Cette signification double et triple est prouvée par diverses allusions qui sont faites, en apparence, à un seul et même individu, sous un nom identique, alors que les allusions se rapportent en réalité à des événements séparés par des Kalpas entiers. Un bon exemple est celui d'Ilâ. Elle est d'abord représentée d'une façon, puis ensuite d'une autre. Dans les légendes exotériques, il est dit que Vaivasvata Manou, désirant créer des fils, institua un sacrifice à Mitra et à Varouna, mais que, par suite d'une erreur du Brahmane qui officiait, ce fut seulement une fille qui fut obtenue – Ilâ ou Ida. Alors, "par une faveur des deux divinités", son sexe est changé et elle [III 185] devient un homme, Sou- dyoumna. Elle devient ensuite de nouveau une femme et ainsi de suite et la fable ajoute qu'il plut à Shiva et à son épouse "qu'elle fût un mâle durant un mois et une femelle durant un autre". Ceci se rapporte directement à la Troisième Race-Racine, dont les hommes étaient androgynes. Pourtant certains Orientalistes 370  pensent et ont déclaré que :

Idâ est primordialement les aliments, la  nourriture, ou une libation de lait ; ensuite un torrent de louanges, personnifié comme déesse du langage.

On ne donne pourtant pas aux "profanes" la raison pour laquelle "une libation de lait" ou un "torrent de louanges", serait tour à tour mâle et femelle ; à moins, toutefois, qu'il n'existe une "évidence interne" que les Occultistes n'arrivent pas à découvrir.

Dans son sens le plus mystique, l'union de Svâyambhouva Manou avec Vâch-Shata-Roûpa, sa propre fille – ce qui constitue la première "euhémérisation" du principe double dont Vaivasvata Manou et Ilâ sont les formes secondaire et tertiaire – représente, dans le symbolisme cosmique, la Vie-Racine, le Germe d'où jaillissent tous les Systèmes Solaires, les Mondes, les Anges et les Dieux. En effet, comme le dit Vishnou :

De Manou, toute la création, les dieux, les Asouras, l'homme, doivent être produits ;

Par lui, le monde doit être créé : ce qui est doué de mouvement et ce qui ne l'est pas.

Nous pouvons cependant rencontrer des adversaires pires que les Savants Occidentaux et les Orientalistes. Si les Brahmanes peuvent être d'accord avec ce que nous enseignons, en ce qui concerne les chiffres, nous ne sommes pas aussi sûrs que les conservateurs orthodoxes ne soulèveraient pas des objections contre les modes de procréation attribués à leur Pitri Dévatâs. Nous serons mis en demeure de produire les ouvrages où nous avons puisé nos citations et nous les inviterons à lire leurs propres Pourânas avec un peu plus de soin, et en ouvrant les yeux pour en reconnaître le sens ésotérique. Ils constateront alors, nous le répétons encore, que sous le voile d'allégories plus ou moins transparentes, tout ce que nous avons dit ici sera corroboré par leurs propres ouvrages. [III 186]

370 Voyez Hindu Classical Dictionnary, de Dowson, sub voce "Idâ".

 

Un ou deux cas ont déjà été cités par rapport à l'apparition de la Seconde Race, qui est appelée les "Nés-de-la-Sueur". Cette allégorie est considérée comme un conte de fées, et pourtant elle cache un phénomène psycho-physiologique, et l'un des plus grands mystères de la Nature.

Pourtant, en raison des exposées chronologiques faits ici même, il est naturel de demander :

 

LES HOMMES POUVAIENT-ILS EXISTER, IL Y A DIX- HUIT MILLIONS D'ANNEES ?

 

La réponse de l'Occultime est affirmative, en dépit de toutes les objections des savants. De plus, cette durée ne comprend que l'Homme de Vaivasvata-Manou, c'est-à-dire l'entité mâle et femelle déjà séparée en deux sexes distincts. Les deux Races et demie qui précédèrent cet événement peuvent avoir vécu il y a 300 millions d'années, malgré tout ce que peut dire la Science. En effet, les difficultés géologiques et physiques que soulève cette théorie, ne pouvaient exister pour l'Homme primordial éthéré des Enseignements Occultes.

Toute la solution de la querelle entre la Science Profane et la Science Esotérique dépend de la croyance à l'existence d'un Corps Astral dans le Corps Physique et de la démonstration de ce fait. Paul d'Assier, le Positiviste, semble avoir prouvé le fait assez clairement 371, sans parler des témoignages accumulés des siècles et de ceux fournis par les "Spirites" et les Mystiques modernes. On verra qu'il est difficile de rejeter ce fait, à notre époque de preuves, de témoignages et de démonstrations oculaires.

371 Voyez Humanité Posthume.

 

La DOCTRINE SECRETE maintient que malgré les cataclysmes généraux et les troubles de la Quatrième Ronde de notre Globe qui – précisément parce que cette Ronde est la période de son maximum de développement physique, car la Quatrième Ronde est le point tournant du Cycle de Vie qui lui est attribué – furent beaucoup plus terribles et intenses que durant toutes les trois Rondes précédentes – qui sont les Cycles de sa vie primitive, psychique et spirituelle et de son état semi-éthéré – l'Humanité Physique a existé sur ce Globe durant les derniers 18 millions d'années 372. Cette période fut précédée de 300.000.000 d'années de développement minéral et végétal. [III 187]

Tous ceux qui refusent d'accepter la théorie de l'existence de l'homme "sans os" et purement éthéré s'élèveront contre cette affirmation. La Science, qui ne connaît que les organismes physiques, sera indignée ; et la Théologie matérialiste le sera plus encore. La première présentera des objections logiques et raisonnables, basées sur l'idée préconçue que tous les organismes animés ont toujours existé, à toutes les époques, sur le même plan de la matérialité ; la seconde basera ses objections sur un tissu de fictions des plus absurdes. La ridicule prétention mise généralement en avant par les Théologiens est basée sur la supposition virtuelle que l'humanité (lisez, les Chrétiens) qui peuple cette planète a l'honneur d'être constituée des seuls êtres humains de tout le Cosmos qui habitent un Globe et qu'ils sont, en conséquence, ce qu'il y a de mieux dans leur genre 373.

 372 Le professeur Newcomb dit que la chaleur produite par la contraction depuis une distance infinie n'aurait duré que 18.000.000 d'années. (Popular Astronomy, 509.) Tandis qu'une température permettant l'existence de l'eau ne pouvait avoir été atteinte qu'il y a 10.000.000 d'années. (Winchell, World-Life, 356). Mais sir William Thomson dit que la durée de toute la période d'incrustation de la Terre est de 80.000.000 d'années, bien que, cette année, il ait encore changé d'opinion et n'ait accordé que 15.000.000 d'années pour l'âge du Soleil. Comme nous le montrerons dans l'Appendice, la divergence des opinions scientifiques est telle que l'on ne peut se fier à aucune spéculation scientifique.

373 L'essai sur The Plurality of Worlds (1853) – ouvrage anonyme, mais que l'on sait très bien être l'œuvre du docteur Whewell – en est une excellente preuve. Aucun Chrétien, dit l'auteur, ne devrait croire, ni à la pluralité des Mondes, ni à l'Age géologique du Globe, parce que s'il est prouvé que ce Monde ne constitue qu'une unité au milieu de beaucoup d'autres du même genre, qui seraient tous l'œuvre de Dieu, comme il est lui-même, que tous ces mondes sont des sièges de la vie, des royaumes où habitent des créatures intelligentes, douées de volonté, soumises à la loi et capables de libre-arbitre, il serait alors extravagant de penser que notre Monde eût été l'objet des faveurs de Dieu, de Son intervention spéciale, de Ses communications et de Sa visite personnelle. La Terre, demande-t-il, peut-elle prétendre à être le centre de l'Univers moral et religieux si elle ne peut s'appuyer sur rien qui la distingue des autres dans l'Univers physique ? N'est-il pas aussi absurde de soutenir une pareille assertion (la pluralité des mondes habités), qu'il le serait de  soutenir aujourd'hui l'antique hypothèse de Ptolémée qui plaçait la Terre au centre de notre système ? Ce qui précède est cité de mémoire et néanmoins presque textuellement. L'auteur de l'ouvrage cité ne s'aperçoit pas qu'en se défendant de la sorte, il crève sa propre bulle de savon.

 

Les Occultistes, qui croient fermement aux enseignements de la Philosophie-Mère, repoussent les objections des Théologiens, aussi bien que celles des Savants. Ils soutiennent, de leur côté, que même durant les périodes où la chaleur a dû être insupportable, même aux deux pôles, avec des déluges successifs, des soulèvements des vallées et de constants changements des grandes eaux et des mers, aucune de ces circonstances ne pouvait constituer un obstacle à la vie et à l'organisation humaines, telles que celles qu'ils assignent à [III 188] l'humanité primitive. Ni l'état hétérogène des régions ambiantes, pleines de gaz délétères, ni le danger que présentait une croûte à peine consolidée, ne pouvaient empêcher les Première et Seconde Races de faire leur apparition dès le Carbonifère et même à l'Epoque Silurienne.

Ainsi, les Monades destinées à animer les futures Races étaient prêtes pour la nouvelle transformation. Elles avaient passé par leurs phases de métallisation, de vie végétale et animale, depuis la plus basse jusqu'à la plus haute, et attendaient leurs formes humaines, plus intelligentes. Néanmoins, que pouvaient faire les Modeleurs Plastiques, si ce n'est de suivre les lois de la Nature en évolution ? Pouvaient-ils, comme le prétend le texte biblique pris à la lettre, construire à l'image du "Seigneur", ou, comme Pygmalion dans l'allégorie Grecque, construire Adam-Galatée avec de la poussière volcanique, et insuffler  une  "Ame-Vivante"  dans l'Homme ? Non ; parce que l'Ame était déjà là, latente dans sa Monade, et n'avait besoin que d'un vêtement. Pygmalion qui n'arrive pas à animer sa statue, et Bahak Zivo 374, des Gnostiques Nazaréens, qui n'arrive pas à former "une âme humaine dans la créature", sont, en tant que conceptions, bien plus philosophiques et scientifiques qu'Adam, pris au sens de la lettre morte, ou que les Elohim-Créateurs bibliques. La Philosophie Esotérique qui enseigne la génération spontanée – après que les Shista et les Prajâpatis ont jeté les semences de vie sur la Terre – nous représente les Anges Inférieurs comme capables de construire seulement l'homme physique, même avec l'aide de la Nature, après avoir évolué les Formes Ethérées hors d'eux-mêmes, et laissant la forme physique évoluer graduellement de son modèle éthéré, que l'on appellerait maintenant son modèle protoplasmique.

374 Voyez Sôd : The Son of the Man, par S.F. Dunlop, pp. 50 et seq.

 

On soulèvera encore des objections contre cela ; on nous dira que la "génération spontanée" est une théorie décriée. Les expériences de Pasteur l'ont fait disparaître il y a déjà vingt ans, et le professeur Tyndall y est opposé. Très bien ; supposons qu'il le soit ! Il devrait pourtant savoir que même si l'on venait à prouver que la génération spontanée est impossible durant la période que nous traversons et au milieu des conditions  actuelles – ce que nient les Occultistes – cela ne démontrerait nullement qu'elle n'a pas pu se produire au milieu de conditions cosmiques différentes, non seulement dans les mers de la Période Laurentienne, mais encore sur la Terre convulsée d'alors. Il serait intéressant de savoir comment la Science explique l'apparition des espèces et de la vie sur la Terre, surtout celle de l'Homme, puisqu'elle repousse, [III 189] à la fois, les enseignements bibliques et la génération spontanée. Les observations de Pasteur sont, du reste, loin d'être parfaites ou appuyées sur des preuves. Blanchard et le docteur Lutaud nient leur importance et, en fait, établissent qu'elles n'en ont aucune. La question reste, jusqu'à présent, sub judice, tout comme celle qui a trait au moment, à l'époque, de l'apparition de la vie sur la Terre. Quant à l'idée que la Monère de Hæckel – une pincée de sel ! – a résolu le problème de l'origine de la vie, elle est simplement absurde. Les Matérialistes qui ont une tendance à faire fi de la théorie de "l'Homme Soi existant", de "l'Homme Céleste Autogénéré", représenté comme un Homme Astral Ethéré, doivent pardonner, même à un apprenti de l'Occultisme, de rire à son tour de quelques-unes des spéculations de la pensée moderne. Après avoir très savamment prouvé que le fragment primitif de Protoplasme (la Monère), n'est ni un animal, ni une plante, mais l'un et l'autre, et qu'il n'a aucun ancêtre parmi eux, puisque c'est cette Monère qui sert de point de départ à toute existence organisée, on finit par nous dire que les Monères sont leurs propres ancêtres. C'est peut-être très scientifique, mais c'est aussi très métaphysique : ce l'est même trop, même pour l'Occultiste.

Si la génération spontanée a modifié aujourd'hui ses méthodes – peut- être en raison de l'accumulation des matériaux dont elle dispose – au point d'échapper presque aux recherches, elle n'en était pas moins en pleine activité durant la genèse de la vie terrestre. La simple forme physique elle- même, ainsi que l'évolution des espèces, prouvent comment procède la Nature. Le gigantesque Saurien couvert d'écailles, le Ptérodactyle ailé, le Mégalosaure et l'Iguanodon long de cent pieds, d'une période postérieure, sont des transformations des premiers représentants du règne animal, trouvés dans les sédiments de l'époque primaire. Il fut un temps où tous les monstres "antédiluviens" que nous venons d'énumérer apparaissaient  sous forme d'infusoires filamenteuses, sans carapace ni coquille,  sans nerfs, sans muscles, sans organes ni sexe, et où elles reproduisaient leurs espèces par gemmation, comme le font aussi les animaux microscopiques, architectes et constructeurs de nos chaînes de montagnes, conformément aux enseignements de la Science. Pourquoi pas l'homme, dans ce cas ? Pourquoi, dans sa croissance, ne se serait-il pas conformé à la même loi, c'est-à-dire à la condensation graduelle ? Toutes les personnes, dépourvues de préjugés préféreront croire que l'Humanité Primordiale avait d'abord une forme éthérée – ou, si l'on préfère, une énorme Forme filamenteuse, ressemblant à de la gelée, évoluée par les Dieux ou les "Forces" naturelles, qui se condensa au cours de millions [III 190] d'âges et  devint gigantesque, dans son impulsion et sa tendance physiques, jusqu'au moment où elle acquit de la stabilité dans l'énorme forme physique de l'Homme de la Quatrième Race – plutôt que de croire qu'il a été créé du limon de la Terre (littéralement), ou qu'il descend d'un ancêtre anthropoïde inconnu.

Notre Théorie Esotérique n'est du reste pas en désaccord avec les données scientifiques, sauf à première vue, puisque le Dr A. Wilson, F.R.S., dit dans une lettre à Knowledge 375 :

L'évolution – on plutôt la nature, à la lumière de l'évolution – n'a été étudiée que depuis vingt-cinq ans, à peu près. Cela ne représente, naturellement  dans l'histoire de la pensée humaine qu'une fraction de temps peu importante.

Et, précisément à cause de cela, nous ne perdons pas tout espoir de voir la Science matérialiste amender sa manière de voir et accepter graduellement les Enseignements Esotériques – même s'ils sont, au début, séparés de leurs éléments trop métaphysiques (pour la Science).

Le dernier mot a-t-il été dit au sujet de l'évolution humaine ? Ainsi que le fait remarquer le professeur Huxley :

Chacune des réponses faites à cette grande question [la place réelle de l'homme dans la nature], est invariablement   représentée par les disciples de son auteur, sinon par l'auteur lui-même, comme étant complète et finale, et peut conserver une haute autorité et la faveur du public pendant un siècle, comme pendant vingt, mais, avec une régularité tout aussi invariable, le Temps finit par prouver que chacune de ces réponses ne représente qu'une simple approximation de la vérité – tolérable, surtout, en raison de l'ignorance de ceux par qui elle avait été acceptée et qui devient inacceptable lorsqu'elle est éprouvée par le savoir plus ample de leurs successeurs. 376

375 23 décembre 1881.

376 Man's Place in Nature, p. 58.

 

Cet éminent Darwiniste admettra-t-il que ses "Ancêtres Pithécoïdes" puissent être mis sur la liste des croyances absolument "inacceptables" pour le "savoir plus ample" des Occultistes ? Mais d'où vient le sauvage ? Le simple fait de "s'élever jusqu'à l'état civilisé", n'explique pas l'évolution de la forme.

Dans la même lettre, "l'Evolution de l'Homme", le [III 191]  Dr Wilson fait d'autres confessions étranges. Ainsi, il fait les remarques suivantes, en réponse aux questions posées par "G.M." à Knowledge :

"L'évolution a-t-elle produit quelques changements dans l'homme ? Si oui, quels sont ces changements ? Si non, pourquoi non ?"... Si nous refusons d'admettre [comme le fait la science] que l'homme fut créé à l'état parfait  puis se dégrada ensuite, il ne reste plus qu'une autre supposition – celle de l'évolution. Si l'homme s'est élevé de l'état sauvage à l'état civilisé, c'est assurément là une évolution. Nous ne savons pas encore, parce que c'est là un savoir difficile à acquérir, si la charpente humaine est soumise aux mêmes influences que celle des animaux inférieurs. Mais il n'y a pas de doute que le passage de la sauvagerie à la vie civilisée implique une "évolution", même très étendue. Au point de vue mental, l'évolution de l'homme ne peut être mise en doute ; la sphère des pensées humaines qui va toujours s'élargissant a eu de minces et rudes débuts, comme le langage lui-même. Mais la manière de vivre de l'homme, sa faculté de s'adapter aux milieux dans lesquels il se trouve  et d'autres circonstances innombrables ont rendu très difficile de remonter le cours de son "évolution" en en suivant les traces.

Cette difficulté même devrait rendre les Evolutionnistes plus prudents dans leurs affirmations. Mais pourquoi l'évolution serait-elle impossible si "l'homme fut créé à l'état d'être parfait, puis se dégrada ensuite" ? Cela pourrait s'appliquer, tout au plus, à l'homme physique extérieur. Comme nous le faisons remarquer dans Isis Dévoilée, l'évolution de Darwin commence au beau milieu, au lieu de commencer, pour l'homme comme pour tout le reste, en partant des universaux. La méthode Aristotélo- Baconienne peut avoir ses avantages, mais elle a, incontestablement, déjà laissé voir ses défauts. Pythagore et Platon, qui procédaient ou descendaient de l'universel, nous apparaissent, à la lueur de la Science moderne, comme plus savants que ne l'était Aristote, car ce dernier combattait l'idée de la révolution de la Terre et même celle de sa rotondité lorsqu'il écrivait :

Presque tous ceux qui affirment avoir étudié le ciel dans son uniformité, déclarent que la terre en occupe le centre, mais les philosophes de l'Ecole Italique, autrement dit les Pythagoriciens, enseignent précisément le contraire.

C'est parce que les Pythagoriciens étaient des Initiés et qu'ils suivaient la méthode déductive, tandis qu'Aristote, le [III 192] père du système inductif, se plaignait de ceux qui enseignaient que :

Le centre de notre système était occupé par le Soleil et que la Terre n'était qu'une étoile, ce qui, par suite d'un mouvement de rotation autour dudit centre, produisait le jour et la nuit. 377

De même en ce qui concerne l'homme. La théorie qu'enseigne la DOCTRINE SECRETE, et que nous exposons maintenant, est la seule qui –   sans tomber dans l'absurdité d'un homme "miraculeux", créé du limon de la terre, ou dans celle, plus grande encore, de l'homme évoluant du sein d'une pincée de sel de chaux, l'ex-protoplasmique Monère – puisse expliquer son apparition sur la Terre.

377 De Cælo, II, 13.

 

L'Analogie est, dans la Nature, la loi dirigeante, le seul véritable fil d'Ariane qui puisse nous guider à travers les inextricables sentiers de son domaine, jusqu'à ses mystères primordiaux et finaux. La Nature, en tant que puissance créatrice, est infinie, et aucune génération de physiciens ne peut se vanter d'avoir épuisé la liste de ses voies et moyens, quelques uniformes que soient les lois suivant lesquelles elle procède. Si nous pouvons concevoir une boule de "brouillard ardent", qui devient peu à  peu –   à mesure qu'elle roule dans les espaces interstellaires durant des æons de temps – une Planète, un Globe auto-lumineux, pour finir par être un Monde ou une Terre peuplée d'hommes, ayant ainsi passé de l'état de corps plastique mou à celui de Globe entouré de rocs, et si nous voyons tout évoluer sur cette Terre, depuis le fragment de gelée sans noyau qui devient le Sarcode 378 de la Monère, puis passe de son état protistique 379 à la forme animale, pour grandir ensuite et devenir un gigantesque monstre reptilien de l'époque Mésozoïque, et diminuer ensuite peu à peu jusqu'aux dimensions du (relativement) petit crocodile, confiné aujourd'hui exclusivement dans les régions tropicales, et du lézard 380 universellement répandu – si nous pouvons concevoir tout cela, comment donc l'homme, seul, pourrait-il [III 193] échapper à la loi générale ? "Il y avait alors des géants sur la terre, dit la Genèse", répétant ce que disent toutes les autres Ecritures Orientales, car les Titans sont fondés sur un fait anthropologique et physiologique.

Et, de même que le crustacé à coquille dure fut jadis un fragment de gelée, une "simple particule, absolument homogène, d'albumine dans un état  fortement  agglutiné",  telle était l'enveloppe extérieure de l'homme primitif, son premier "vêtement de peau", plus une Monade spirituelle immortelle et, dans cette enveloppe, une forme et un corps temporaires psychiques. L'homme moderne, rude et musculeux presque impénétrable sous tous les climats, était peut-être, il y a quelque 25.000.000 d'années, juste ce qu'est la Monère de Hæckel, c'est-à-dire strictement "un organisme sans organes", une substance entièrement homogène avec un corps d'albumine sans structure ayant, seulement à l'extérieur, une forme humaine.

 

378 Ou ce que l'on connaît plus généralement sous le nom de Protoplasme. Le nom de "Sarcode" fut donné à cette substance par le professeur Dujardin-Beaumetz bien avant qu'elle ne reçut son nom actuel.

379 Les Monères sont vraiment des Protistes. Ce ne sont ni des  animaux ni  des  plantes,  écrit Hæckel ; "le corps tout entier de la Monère ne représente rien de plus qu'une simple particule, absolument homogène, d'albumine dans un état fortement agglutiné". (Journal of Microscopical Science, janv. 1869, p. 28.)

380 Voyez l'Iguanodon de l'époque Mésozoïque – le monstre long de 100 pieds – devenu aujourd'hui le petit lézard Iguane de l'Amérique du Sud. On prouvera peut-être un jour que les traditions populaires qui parlent des "géants" de jadis et leur mention dans toutes les mythologies, y compris celle de la Bible, sont fondées sur des faits. Dans la nature, la logique de 1'analogie, seule, devrait nous faire accepter ces traditions comme des vérités scientifiques.

 

Aucun Savant de ce siècle n'a le droit de trouver absurdes les chiffres des Brahmanes, en ce qui concerne la chronologie, car leurs  propres calculs dépassent souvent de beaucoup les postulats de la Science Esotérique. C'est facile à montrer.

Helmholtz a calculé que le refroidissement de notre Terre, d'une température de 2.000° à 200° centigrades, doit avoir occupé une période d'au moins 350.000.000 d'années. La Science Occidentale (y compris la Géologie) semble assigner à notre Globe un âge d'environ 500.000.000 d'années, en tout. Néanmoins, Sir William Thomson ne fait remonter qu'à 100.000.000 d'années l'apparition de la première race végétale – affirmation qui est respectueusement contredite par les Archives Archaïques. De plus, les spéculations varient journellement dans les domaines de la Science. En attendant, certains Géologues sont très opposés à de pareilles limitations. Volger calcule :

Que le temps nécessaire au dépôt des couches que nous connaissons, doit s'élever au moins à 648 millions d'années.

Le temps et l'espace sont, tous deux, infinis et éternels.

La terre, en tant qu'existence matérielle, est vraiment infinie ; seuls, les changements par lesquels elle a passé peuvent être déterminés par des périodes finies de temps... [III 194]

Nous devons donc supposer que le ciel étoilé n'est pas seulement dans l'espace, ce dont aucun astronome ne doute, mais qu'il est aussi dans le temps, sans commencement ni fin : qu'il ne fut jamais créé et qu'il est impérissable 381.

Czolbe répète exactement ce que disent les Occultistes. Mais, nous dira-t-on peut-être, les Occultistes Aryens ne connaissaient rien de ces spéculations plus récentes. Suivant l'expression de Coleman :

Ils ignoraient même la forme globulaire de notre terre.

La Vishnou Pourânacontient une réponse à cette objection, qui a forcé certains Occultistes à ouvrir largement les yeux.

Le Soleil est immobile en tout temps, Maîtreya,  au milieu du jour comme au milieu de la nuit, dans tous les Dvipas (Continents). Mais le lever et le coucher du soleil étant perpétuellement opposés l'un à l'autre – de même que tous les points cardinaux et les points intermédiaires, alors, Maîtreya, les gens parlent du lever du Soleil là où ils le voient, et lorsque le Soleil disparaît, c'est là, pour eux, son coucher. Pour le Soleil, qui se trouve toujours à la même place, il n'y a ni coucher, ni lever : en effet, ce que l'on appelle le lever et le coucher, n'est que le fait de voir ou de ne pas voir le Soleil. 382

A ce propos, Fitzedward Hall fait remarquer :

La théorie héliocentrique enseignée dans ce passage est remarquable. Néanmoins elle est contredite un peu plus loin. 383

Contredite à dessein, parce que c'était là un secret enseigné dans le temple. Martin Haug a signalé le même enseignement dans un autre passage. Il est inutile de calomnier plus longtemps les Aryens.

Revenons à la chronologie des Géologues et des Anthropologues. Nous craignons que la Science ne  puisse se placer sur aucun terrain raisonnable pour combattre les opinions des Occultistes sur ce point. Sauf "qu'en ce qui concerne l'homme, l'être organique le plus élevé de la création, on n'en trouve aucune trace dans les couches primaires, mais seulement dans les couches supérieures, celles que l'on appelle les couches [III 195] sédimentaires" ; jusqu'à présent, c'est tout ce  qu'elle peut objecter. La science sera obligée de reconnaître un jour que l'homme ne fut pas le dernier membre de la famille des mammifères, mais le premier durant cette Ronde. Pareille manière de voir a déjà été discutée en France d'après une très haute autorité.

Le fait que l'on puisse démontrer que l'homme a vécu durant  la Période Tertiaire Moyenne, et à une époque géologique où n'existait pas encore un seul spécimen des genres de mammifères qui sont connus de nos jours, ne peut plus être nié par la science et a été maintenant prouvé par de Quatrefages 384. En supposant même que son existence durant la Période Eocène ne soit pas encore démontrée, quelle période de temps s'est écoulée depuis le Crétacé ? Nous savons que les plus audacieux osent seuls faire remonter l'homme au-delà du Miocène. Mais, demandons-nous, quelle est donc la durée de ces âges et de ces périodes, depuis le Mésozoïque ? Sur ce point, la Science, après bien des spéculations et bien des disputes, reste silencieuse, car les plus grandes autorités en la matière sont obligées de répondre à cette question : "Nous ne savons pas." Cela devrait suffire à prouver que les Savants ne font pas plus autorité en la matière que les profanes. Si, selon le professeur Huxley, "le temps représenté par la formation du Charbon s'élève, à lui seul, à six millions d'années" 385, combien d'autres millions faudrait-il pour représenter le temps qui s'est écoulé depuis le Jurassique ou le milieu de ce que l'on appelle l'Age Reptilien – temps de l'apparition de la Troisième Race – jusqu'au Miocène, quand la masse de la Quatrième Race fut submergée 386 ?

L'auteur sait que ceux des spécialistes, qui calculent avec le plus de libéralité les âges du Globe et de l'Homme ont toujours eu contre eux la majorité plus timide. Mais cela ne prouve pas grand-chose, puisqu'au bout du compte il est rare, sinon sans exemple, que la majorité ait raison à la longue. Harvey  fut seul  de son avis durant de longues années. Ceux qui plaidèrent la cause de la traversée de l'Atlantique, en bateaux à vapeur, coururent le risque de finir leurs jours dans des asiles d'aliénés. Jusqu'à présent, Mesmer est classé – dans les Encyclopédies – parmi les charlatans et les imposteurs, en compagnie de Cagliostro et de Saint-Germain. Et [III 196] maintenant que MM. Charcot et Richet ont justifié les théories de Mesmer, et que le Mesmérisme, sous son nouveau nom "d'Hypnotisme" – faux nez sur une très vieille figure – est accepté par la Science, notre respect pour la majorité n'est nullement accru, lorsque nous constatons le sans-gêne et l'insouciance avec lesquels ses membres traitent de "l'hypnotisme", des "perceptions télépathiques" et d'autres phénomènes. Ils en parlent, en un mot, comme s'ils y avaient cru depuis l'époque de Salomon, alors qu'il y a quelques années seulement, ils traitaient ses adeptes de lunatiques et d'imposteurs 387 !

384 Introduction à l'Etude des Races Humaines.

385 Modern Science and Modern Thought, par S. Laing, p. 32.

386 Le Bouddhisme Esotérique.

387 Le même sort est réservé aux phénomènes spirites et à toutes les autres manifestations psychologiques de l'homme interne. Depuis l'époque de Hume, dont les recherches ont abouti à un Idéalisme nihiliste, la Psychologie s'est graduellement transformée en un Matérialisme grossier. Hume est considéré comme un Psychologue et pourtant il niait a priori la possibilité de phénomènes auxquels croient aujourd'hui des millions de gens, y compris beaucoup de Savants. Les Hylo-Idéalistes de nos jours, sont d'insignes Annihilationnistes. Les écoles de Spencer et de Bain sont, l'une positiviste et l'autre matérialiste, mais ne sont pas le moins du monde métaphysiques. C'est du Psychisme et non pas de la Psychologie ; cela rappelle l'enseignement Védantin aussi peu que le pessimisme de Schopenhauer et de von Hartmann rappellent la Philosophie Esotérique, le cœur et l'âme du véritable Bouddhisme.

 

La même transformation de la pensée se manifestera en ce qui concerne les longues périodes que réclame la Philosophie Esotérique pour l'âge de l'humanité sexuelle et physiologique.

C'est pourquoi la Stance qui dit :

"Les Nés-du-Mental, les Sans-Os, donnèrent la vie aux Nés-de-la-Volonté pourvus d'os" – en ajoutant que cela eut lieu au milieu de la Troisième Race, il y a 18.000.000 d'années – a encore des chances d'être acceptée par des Savants futurs.

En ce qui concerne la pensée du dix-neuvième siècle, nous dira-t-on, nous disent même quelques amis personnels, imbus d'un respect anormal pour les conclusions changeantes de la Science, pareille déclaration est absurde. A quel point notre autre assertion ne paraîtra-t-elle pas plus improbable encore, lorsque nous dirons que l'antiquité de la Première Race remonte encore à des millions d'années plus tôt. En effet, bien que les chiffres exacts ne soient pas divulgués – et ne saurait être question de rapprocher les débuts de l'évolution des Races Divines primordiales, avec certitude, soit au commencement de la période géologique Secondaire, soit à la période géologique Primaire – une chose ressort clairement, c'est que le chiffre de 18.000.000 d'années, qui comprend la durée de l'homme sexuel et physique, doit être énormément [III 197] accru, si l'on veut tenir compte de tout le processus du développement spirituel, astral et physique. Beaucoup de Géologues pensent, en effet, que la durée des époques Quaternaire et Tertiaire exige une pareille estimation et il est tout à fait certain que, si les preuves de l'existence réelle d'un homme Eocène font encore défaut, aucune condition terrestre ne réduit à néant l'hypothèse de son existence. Les Occultistes, qui maintiennent que la date ci-dessus nous reporte bien en arrière, au cours de l'époque Secondaire ou "Reptilienne", peuvent se reporter à M. de Quatrefages pour soutenir la possibilité de l'existence de l'Homme à cette époque de l'antiquité. En ce qui concerne les premières Races-Racines, le cas est tout différent. Si l'épaisse agglomération de vapeurs chargées d'acide carbonique qui  s'échappaient du sol ou étaient tenues en suspension dans l'atmosphère depuis le commencement de la sédimentation, présentait un obstacle fatal à la vie d'organismes humains, tels que nous les connaissons aujourd'hui, comment, nous dira-t-on, l'homme primordial aurait-il pu exister ? Cette considération est, en réalité, hors de cause. Les conditions terrestres qui se trouvaient alors en activité n'avaient aucun contact avec le plan sur lequel se faisait l'évolution des Races astrales éthérées. Ce n'est que durant des périodes géologiques relativement récentes que le cours en spirale de la loi cyclique a entraîné l'humanité dans la phase la plus basse de l'évolution physique – le plan de la causation matérielle grossière. Durant ces époques reculées, l'évolution astrale seule était en progrès et les deux plans, l'astral et le physique 388 bien que se développant parallèlement, n'avaient  entre eux aucun point direct de contact. Il est évident qu'un homme éthéré, ressemblant à une ombre, n'est rattaché, en vertu même de  son organisation – si l'on peut l'appeler ainsi – qu'au plan d'où dérive la substance dont est formé son Oupâdhi.

 388 Il faut noter que, bien que les plans astral et physique de la Matière aient suivi des lignes parallèles, durant même les époques géologiques les plus reculées, ils ne traversaient pourtant pas les mêmes phases de manifestation que celles par lesquelles ils passent maintenant. La Terre n'atteignit son degré de densité actuel qu'il y a 18.000.000 d'années. Depuis, les plans astral et physique sont devenus tous deux plus grossiers.

 

Il peut y avoir des choses qui aient échappé à la vue perçante – mais qui ne voit pas tout – de nos Naturalistes Modernes – néanmoins, c'est la Nature elle-même qui se charge de fournir les chaînons manquants. Les penseurs agnostiques ont à choisir, dans leurs spéculations, entre la version que donne la DOCTRINE SECRETEde l'Orient de l'origine de l'homme et celle, si désespérément matérialiste, de Darwin et les récits de la Bible; entre l'absence d'âme et d'évolution [III 198] spirituelle et la doctrine Occulte qui repousse également la "création spéciale" et l'Anthropogenèse "Evolutionniste".

Revenons-en encore à la question de la "génération spontanée" ; la vie – comme le démontre la Science – n'a pas toujours régné sur ce plan terrestre. Il fut un temps où, même la Monère de Hæckel – ce simple globule de Protoplasme – n'avait pas encore fait son apparition au fond des mers. D'où vint donc l'Impulsion qui fit que les molécules de Carbone, d'Azote, d'Oxygène, etc., se groupèrent pour former le Urschleim de Oken, ce "Limon" organique, aujourd'hui baptisé Protoplasme ? Quels furent les prototypes des Monères ? Eux, au moins, n'ont pas pu tomber, comme des météorites, d'autres Globes déjà formés, malgré la théorie  audacieuse émise à cet effet par Sir William Thomson. Et même s'ils étaient ainsi tombés, même si la Terre a reçu d'autres Planètes son contingent  de germes vitaux, par qui ou par quoi ces germes avaient-ils été transportés sur ces Planètes ? Cette fois encore, à moins d'accepter l'Enseignement Occulte, nous nous trouvons forcément en présence d'un miracle – nous nous trouvons obligés d'accepter la théorie d'un Créateur personnel, anthropomorphe, dont les attributs et la description, tels que les formulent les Monothéistes, choquent tout autant la philosophie et la logique qu'ils dégradent l'idéal d'une Divinité Universelle infinie, dont l'incompréhensible et redoutable grandeur fait paraître bien petit l'intellect humain le plus développé. Le Philosophe moderne, tout en se plaçant arbitrairement au pinacle de l'intellectualité humaine qui ait été développée jusqu'à présent, devrait éviter de se montrer, au point de vue de la spiritualité et de l'intuition, si fort au-dessous des conceptions des anciens Grecs, eux-mêmes si inférieurs, sous ce rapport, aux philosophes de l'antiquité Aryenne Orientale. L'hylozoïsme, compris philosophiquement, est l'aspect le plus élevé du Panthéisme. Il constitue le seul moyen d'échapper à l'Athéisme idiot, basé sur une matérialité mortelle, et aux conceptions anthropomorphiques encore plus idiotes des Monothéistes, entre lesquels il prend place sur un terrain absolument neutre.

 L'hylozoïsme exige une Pensée Divine absolue, imprégnant les innombrables Forces créatrices actives, ou "Créateurs", Entités qui sont mues par cette Pensée Divine et qui vivent en elle, par elle et à travers elle, bien que cette Pensée Divine n'ait pas plus à s'occuper personnellement d'elles et de leurs créations que le Soleil n'a à s'occuper de la fleur qui porte son nom et de sa semence, ou de la végétation, en général. On sait qu'il existe de tels "Créateurs" actifs et l'on croit en eux, parce qu'ils sont perçus et sentis, chez l'Occultiste, par l'Homme Interne. L'Occultiste dit qu'une Divinité Absolue [III 199] devant être non-conditionnée et sans relations, on ne peut se la représenter en même temps comme un Dieu vivant unique, actif et créateur, sans en dégrader immédiatement l'idéal 389. Une divinité qui se manifeste dans l'Espace et le Temps – qui ne sont tous deux que les formes de CELA qui est le TOUT Absolu – ne peut constituer qu'une fraction du tout. Et puisque ce "Tout" ne peut être divisé dans son caractère absolu, il en résulte que ce Créateur (nous disons les Créateurs) dont on a conscience, n'en peut être, tout au plus, qu'un aspect. Pour employer la même métaphore – insuffisante pour exprimer l'idée complète, mais bien adaptée au cas actuel – ces Créateurs sont comme les nombreux rayons de l'orbe solaire, qui reste lui-même inconscient de l'œuvre accomplie et ne s'en occupe pas, tandis que les agents intermédiaires, les rayons, remplissent le rôle d'instruments, à chaque printemps – l'aurore Manvantarique de la Terre – en faisant fructifier et en réveillant la vitalité en sommeil qui est inhérente à la Nature et à sa matière différenciée. On comprenait si bien cela, dans l'antiquité, que même Aristote, si modérément religieux, faisait remarquer que ce travail de création directe ne conviendrait nullement à Dieu – ὰπρεπες τω̣̃ Θεω̣̃. Platon et d'autres philosophes enseignaient la même chose : la divinité ne peut mettre la main à la création – αύτουργει̃ν ά̀παντα [créer toutes choses de ses propres mains]. Cudworth appelle cela "Hylozoïsme". Laèrte, prête au  vieux Zénon les paroles suivantes :

La nature est une habitude mue par elle-même, suivant des principes séminaux ; elle perfectionne et renferme les différentes choses qu'elle tire de son sein à des époques déterminées et agit de manière agréable à ce qui l'a sécrétée. 390

389 La conception et la définition de l'Absolu du Cardinal Cusa ne peut satisfaire que l'esprit occidental, si inconsciemment prisonnier et entièrement dégénéré, par suite de longs siècles de sophismes scolastiques et Théologiques. Mais cette "récente philosophie de l'Absolu", que Sir William Hamilton fait remonter à Cusa, ne donnerait jamais satisfaction à l'esprit plus finement métaphysique du Védantin Hindou.

 390 Cudworth, Intellectual System, 1, 328.

 

Retournons à notre sujet et méditons-le. En vérité, s'il a existé, durant ces périodes, une vie végétale qui pouvait se nourrir des  éléments délétères, et s'il a même existé une vie animale, dont l'organisation aquatique pouvait se développer, malgré la rareté supposée de l'Oxygène, pourquoi la vie humaine n'aurait-elle, pas pu exister aussi, sous  sa première [III 200] forme Physique, c'est-à-dire dans une race d'êtres s'adaptant à cette période géologique et au milieu ambiant ? La Science confesse, en outre, qu'elle ne sait rien de la durée réelle des périodes géologiques.

Mais la question importante pour nous, c'est de savoir s'il est tout à fait certain que, depuis l'époque de ce que l'on appelle l'âge Azoïque, il a toujours existé une atmosphère comme celle dont les Naturalistes supposent l'existence. Tous les Physiciens ne sont pas d'accord  sur ce point. Si l'auteur était anxieux de corroborer les enseignements de la DOCTRINE SECRETE à l'aide de la Science exacte, il lui serait facile de prouver par l'acquiescement de plus d'un Physicien, que l'atmosphère a peu changé, si même elle a changé, depuis l'époque de la condensation des premiers océans – c'est-à-dire depuis le Laurentien, le Pyrolithique. Telle est, en tout cas, l'opinion de Blanchard, de S. Meunier et même de Bischof

–    comme le prouvent les expériences faites par ce dernier Savant sur les basaltes. En effet, si nous nous en tenions à ce que dit la majorité des Savants, au sujet de la quantité de gaz mortels et d'éléments entièrement saturés de Carbone et d'Azote au milieu desquels on nous dit  que les règnes végétal et animal ont vécu, lutté et se sont développés, nous en arriverions à cette curieuse conclusion qu'il existait alors des  océans d'acide carbonique liquide au lieu d'eau. Avec un pareil élément, il devient douteux que les Ganoïdes ou même les Trilobites Primitifs aient pu vivre dans les océans de l'Ere Primaire – sans même parler de ceux du Silurien comme le montre Blanchard.

Toutefois, les conditions qui étaient nécessaires à l'existence de la première Race humaine n'exigeaient la présence d'aucun élément, ni simple, ni composé. Nous maintenons ce que nous avons dit au début. L'Entité spirituelle et éthérée qui vivait dans les Espaces inconnus à la Terre, avant que le premier "fragment de gelée" sidéral n'eut évolué dans l'océan de la Matière Cosmique brute – des milliards et des trillions d'années avant que le point globulaire de l'infini que nous  appelons la Terre n'eût commencé à exister et à générer les Monères dans ses gouttes, appelées océans – n'avait besoin d'aucun "élément". Le "Manou aux os tendres" pouvait bien se passer de Phosphate de Chaux, puisqu'il  n'avait pas d'os, sauf au figuré. Et tandis que les Monères, si homogène que fût leur organisme, avaient encore besoin de conditions physiques d'existence pouvant les aider à avancer dans la voie de l'évolution, l'Etre qui devint l'Homme Primitif et le "Père de l'Homme", après avoir évolué sur des plans dont la science n'a même pas rêvé, pouvait bien rester indifférent [III 201] à toutes les conditions atmosphériques qui  l'entouraient. L'ancêtre primitif du Popol Vuh de Brasseur de Bourgbourg, qui – dans les légendes Mexicaines – pouvait se mouvoir et vivre aussi facilement, sous la terre ou sous l'eau que sur la terre, ne correspond qu'à la Seconde et au commencement de la Troisième Race de notre texte. Si les trois règnes de la Nature étaient aussi différents durant les périodes pré-diluviennes, pourquoi l'homme n'aurait-il pas été formé de matériaux et de combinaisons d'atomes, aujourd'hui absolument inconnus de la Science Physique ? Les plantes et les animaux dont nous connaissons aujourd'hui les variétés et les espèces presque innombrables, sont tous, d'après les hypothèses scientifiques, les produits du développement de formes organiques primitives et bien moins nombreuses. Pourquoi n'en serait-il pas de même dans le cas de l'homme, des éléments et du reste ? Comme le dit le Commentaire :

La Genèse Universelle de l'Unique, se divise en Trois, puis en Cinq et finalement en Sept, son point culminant, pour revenir à Quatre, à Trois et à Un.

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bon.christo@free.fr (Super User) LA DOCTRINE SECRETE VOL 3 Fri, 16 Jan 2015 19:48:53 +0000