MAITRE M

Les Enseignements du Maitre MORYA

LA DOCTRINE SECRETE VOL 3

STANCE I - COMMENCEMENT DE LA VIE SENSIBLE

COMMENTAIRES

SUR LES DOUZE STANCES ET LEURS TERMES, SUIVANT LEUR

ORDRE NUMERIQUE, EN STANCES ET EN SHLOKAS

 

 STANCE I

COMMENCEMENT DE LA VIE SENSIBLE

 

  1. Le Lha, ou Esprit dela Terre
  2. Invocation de la Terre au Soleil
  3. Ce que répond le Soleil
  4. Transformation de la Terre

 

Shloka 1. Le Lha, ou Esprit de la Terre

 

Le Lha (a), qui fait tourner la Quatrième 32, est Serviteur des Lha(s) des Sept 33 (b), ceux qui tournent, conduisant leurs chariots autour de leur Seigneur, l'Œil Unique 34 de notre monde. Son Souffle donna la Vie aux Sept 35, Il donna la Vie au Premier (c). "Ce sont tous des Dragons de Sagesse", ajoute le Commentaire (d).

32 Le Quatrième Globe, ou notre Terre. Toutes les gloses sur la traduction du texte des STANCES et des Commentaires sont l'œuvre de l'auteur. Elles peuvent être parfois incomplètes et même inadéquates au point de vue Hindou, mais elles sont correctes au point de vue de la signification que leur donne l'Esotérisme trans-himalayen. Dans tous les cas, l'auteur en assume toute la responsabilité. Comme elle n'a jamais eu aucune prétention à l'infaillibilité personnelle, ce qu'elle donne de sa propre autorité peut laisser beaucoup à désirer, particulièrement dans les cas très abstraits qui impliquent une métaphysique trop profonde. L'enseignement est présenté tel qu'il est compris ; et comme chaque symbole et chaque allégorie comportent sept clefs d'interprétation différentes, telle signification qui ne serait pas satisfaisante, par exemple au point de vue psychologique ou astronomique, se trouvera être néanmoins tout à fait correcte au point de vue physique ou métaphysique.

33 Les Esprits Planétaires.

34 Loka Chakshus.

35 Les Planètes.

 

(a)        "Lha" est l'ancien terme employé dans les régions [III 30] Transhymalayennes pour désigner un "Esprit" ou un Etre quelconque céleste ou super-humain, et il s'applique à toute la série des hiérarchies célestes, depuis l'Archange ou Dhyâni, jusqu'à l'Ange des ténèbres ou Esprit terrestre.

(b)    Cette expression indique, en termes clairs, que l'Esprit-Gardien de notre Globe, qui est le quatrième de la Chaîne, est subordonné à l'Esprit (ou Dieu) des Sept Génies ou Esprits Planétaires. Comme cela a été déjà expliqué, les anciens avaient, parmi leur kyrielle de Dieux, sept principaux Dieux-de-Mystères, dont le chef était, exotériquement, le Soleil visible, ou le huitième, et, ésotériquement, le Second Logos, le Démiurge. Les Sept – qui dans la religion chrétienne sont maintenant devenus les "Sept Yeux du Seigneur" – étaient les Régents des sept principales planètes ; mais on ne les comptait pas d'après l'énumération inventée, plus tard, par ceux qui avaient oublié les réels Mystères ou en avaient une notion imparfaite, et elles ne comprenaient, ni le Soleil, ni la Lune, ni la Terre. Le Soleil était, au point de vue exotérique, le chef des douze Grands Dieux ou constellations zodiacales ; et, au point de vue Esotérique, il était le Messie, le Christos – l'être oint par le Grand Souffle, ou l'UN – entouré des douze puissances qui lui sont subordonnées, subordonnées à tour de rôle à chacun des sept Dieux-des-Mystères des planètes.

"Les Sept Supérieurs font créer le monde aux Sept Lhas", dit un Commentaire ; ce qui veut dire que notre Terre – sans parler du reste – fut créée ou façonnée par des Esprits Terrestres, les Régents n'étant que les surveillants. C'est là le germe de ce qui devint plus tard l'Arbre de l'Astrologie et de l'Astrolâtrie. Les Etres Supérieurs furent les Cosmocrates, les fabricateurs de notre Système Solaire. Cela est mis en évidence par toutes les anciennes Cosmogonies, telles que celles d'Hermès, des Chaldéens, des Aryens, des Egyptiens et même des Juifs. Les Signes du Zodiaque – les "Animaux sacrés" ou la "Ceinture du Ciel" – sont tout aussi bien les B'ne-Alhim – Fils des Dieux ou les Elohim – que les Esprits de la Terre, mais ils leurs sont antérieurs. Soma et Sin, Isis et Diane, sont tous des Dieux ou des Déesses lunaires, appelés les Pères et Mères de notre Terre qui leur est subordonnée. Mais eux-mêmes, à leur tour, sont subordonnés à leurs "Pères" et "Mère" – ces derniers  étant interchangeables et variant avec chaque nation – les Dieux et leurs Planètes, telles que Jupiter, Saturne, Bel, Brihaspati, etc.

(c)      "Son Souffle donna la vie aux Sept." Cette phrase se rapporte autant au Soleil, qui donne la vie aux Planètes, qu'à [III 31] "l'Etre Supérieur", au Soleil Spirituel, qui donne la vie au Cosmos tout entier. La clef astronomique et la clef astrologique, qui ouvrent la porte conduisant aux mystères de la Théogonie, ne peuvent être trouvées que dans les glossaires postérieurs qui accompagnent les STANCES.

Dans les Shlokas apocalyptiques des Archives Archaïques, le langage, s'il est moins mythique, est tout aussi symbolique que dans les Pourânas. Sans l'aide des Commentaires ultérieurs, composés par des générations d'Adeptes, il serait impossible d'en comprendre correctement le sens. Dans les anciennes Cosmogonies, le monde visible et le monde invisible constituent deux anneaux d'une seule et même chaîne. De même que l'Invisible Logos avec ses Sept Hiérarchies – dont chacune est représentée et personnifiée par son Ange principal ou Recteur – forme une unique PUISSANCE, l'intérieure et l'invisible ; de même, dans le monde des Formes, le Soleil et les sept principales Planètes constituent la puissance visible et active ; cette dernière "Hiérarchie" étant, en quelque sorte, le Logos visible et objectif des Anges Invisibles et – sauf dans les rangs les plus inférieurs – toujours subjectifs.

Ainsi – en anticipant un peu sur notre sujet pour fournir un exemple – on dit que chaque Race dans son évolution est née sous l'influence directe de l'une des Planètes ; la Première Race aurait reçu son souffle vital du Soleil, ainsi que nous le verrons plus tard ; tandis que la Troisième Humanité – ceux qui sont tombés dans la génération ou qui d'androgynes devinrent des entités séparées, l'une mâle et l'autre femelle, – serait sous l'influence directe de Vénus, "le petit soleil dans lequel l'orbe solaire emmagasine sa lumière".

Le Résumé des STANCES du Volume I nous a montré la genèse 36 des Dieux et des hommes prenant naissance dans un seul Point, et  en jaillissant, qui est l'UNITE, Unique, Universelle, Immuable, Eternelle et Absolue. Dans son aspect primaire et manifesté, nous l'avons vue devenir : 1° dans la sphère de l'objectivité et de la physique, la SUBSTANCE et la FORCE PRIMORDIALES – centripète et centrifuge, positive et négative, mâle et femelle, etc. ; 2° dans le monde de la métaphysique, l'ESPRIT DE L'UNIVERS ou Idéation Cosmique, que certains  appellent  le LOGOS. [III 32]

36 Suivant la savante définition du docteur A. Wilder, Genèse, (....) ne veut pas dire génération, mais "le fait de jaillir du sein de ce qui est éternel dans le Cosmos et le Temps" ; "un passage de esse à existere" ou de "l'Etreté" à "l'Etre" – comme dirait un Théosophe.

 

Ce Logos est le sommet du Triangle de Pythagore. Lorsque le Triangle est complet, il devient la Tétraktys ou le Triangle dans le Carré, et est le double symbole du Tétragrammaton aux quatre lettres, dans le Cosmos manifesté, et de son triple Rayon radical dans le non-manifesté – son Noumène.

La classification des Eléments Cosmiques Ultimes que nous donnons ici, considérée d'un point de vue plus métaphysique, est plutôt pour la commodité que d'une exactitude philosophique absolue. Au début d'un grand Manvantara, Parabrahman se manifeste comme Mûlaprakriti et ensuite comme le logos. Ce Logos équivaut au  "Mental Universel Inconscient", etc., des Panthéistes Occidentaux. Il constitue la Base du côté subjectif de l'Etre manifesté, et il est la source de toutes les manifestations de conscience individuelle. Mûlaprakriti, ou la Substance Cosmique Primordiale, est la base du côté objectif des choses – la base de toute évolution objective et de toute cosmo-genèse. La Force n'émerge donc pas avec la Substance Primordiale de ce qui est latent en Parabrahman. C'est la transformation en énergie de la pensée super-consciente du Logos, infusée, pour ainsi dire, dans l'objectivation de celui-ci, hors du sein de la potentialité latente dans l'unique Réalité. De là découlent les merveilleuses lois de la Matière ; de là naît "l'empreinte primordiale" si vainement discutée par l'évêque Temple. La Force n'est donc pas synchrone avec la première objectivation de Mûlaprakriti. Néanmoins, comme, sans elle, cette dernière est absolument et nécessairement inerte – une simple abstraction – il est inutile de tisser un réseau de subtilités au sujet de l'ordre de succession des Eléments Cosmiques Ultimes. La Force  succède à Mûlaprakriti, mais sans la Force, Mûlaprakriti est non-existante pour tout dessein ou toute fin pratiques 37.

L'Homme Céleste ou Tétragrammaton, qui est le  Protogonos, Tikkoun, le Premier-né de la Divinité passive et la première manifestation de l'Ombre de cette Divinité, est la Forme et l'Idée Universelles qui engendrent le Logos Manifesté, Adam-Kadmon ou, dans la Cabale, le symbole en quatre lettres de l'Univers lui-même appelé aussi le Second Logos. Le Second surgit du Premier et développe le Troisième Triangle 38, du sein de ce dernier (les légions inférieures des Anges) [III 33] les HOMMES sont générés. C'est de ce troisième aspect que nous allons traiter pour le moment.

37 Pour trouver une explication plus claire des origines, telle qu'elle existe dans l'Esotérisme de la Bhagavad Gitâ, consultez les notes sur cet ouvrage publiées dans les numéros de février, mars, avril et juillet 1887 du Theosophist.

38 Voyez l'Arbre Séphirothal.

 

Le lecteur doit se souvenir qu'il existe une grande différence entre le Logos et le Démiurge, car l'un est Esprit et l'autre Ame ou, comme le dit le docteur Wilder :

∆ιανοια et Λογος sont synonymes, tandis que Νους est supérieur et a une très grande affinité pour Τὸ Αγαθὸν, l'un est l'être supérieur qui possède l'appréhension, tandis que l'autre possède la compréhension – l'un est noëtique, l'autre phrénique.

En outre, dans plusieurs systèmes, l'Homme était considéré comme le Troisième Logos. La signification Esotérique du mot Logos – Parole ou Mot, Verbe – est la traduction en expression objective, comme dans une photographie, de la pensée cachée. Le Logos est le miroir qui reflète le MENTAL DIVIN et l'Univers est le miroir du Logos, bien que ce dernier soit l'esse de cet Univers. De même que le Logos reflète tout  dans l'Univers du Plérôme, de même l'Homme reflète en lui tout ce qu'il voit et trouve dans son Univers, la Terre. Ce sont les Trois Têtes de la Cabale – "unum intra alterum et alterum super alterum" 39. "Chaque univers (Monde ou Planète) a son Logos", dit la Doctrine. Le Soleil a toujours été appelé "l'Œil d'Osiris" par les Egyptiens, et était lui-même le Logos, le Premier- Né, ou la Lumière manifestée au monde "et qui est le Mental et l'Intellect divin du Caché". Ce n'est que par les septuples Rayons de cette Lumière que nous pouvons avoir connaissance du Logos par l'entremise du Démiurge, en regardant ce dernier comme le "Créateur" de notre planète et de tout ce qui en fait partie, et le premier comme la Force dirigeante de ce "Créateur" – bon et mauvais à la fois, origine du bien et origine du mal. Ce "Créateur" n'est ni bon ni mauvais per se, mais ses aspects différenciés dans la Nature lui font assumer l'un ou l'autre caractère. Aucun des Dieux- Solaires n'a rien à faire avec des Univers invisibles et inconnus qui sont disséminés dans l'Espace. Cette idée est très clairement exprimée dans les Livres d'Hermès et dans tout le folklore antique. Elle est généralement symbolisée par le Dragon et le Serpent – le Dragon du Bien et le Serpent du Mal, représentés sur la Terre par la Magie de droite et la Magie de gauche. Dans le poème épique de la Finlande, la Kalevala 40, l'origine du Serpent du Mal est donnée : il est né de la salive de Suoyatar et a été doué d'une Ame Vivante par [III 34] le Principe du Mal, Hisi. On y décrit une lutte entre les deux, la "chose du mal", le Serpent ou Sorcier, et Ahti, le Dragon ou Magicien blanc, Lemminkainen. Ce dernier est l'un des sept fils d'Ilmatar, la vierge "fille de l'air", celle "qui tomba du ciel dans la mer", avant la Création, c'est-à-dire l'Esprit transformé en la matière de la vie sensible. Il y a tout un monde de significations et de pensée Occulte dans les quelques lignes qui suivent, admirablement rendues par le docteur J.-

M. Crawford de Cincinnati. Le héros Lemminkainen : Eventre le mur par sa puissance magique, Brise en miettes la palissade,

Réduit en atomes sept piquets, Hache le mur-serpent en fragments.

39 Zohar, Idra Suta, Sec. VII.

40 J.-B. Alden ; New-York, 1888 ; II, 432, 434.

 

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Lorsque le monstre, sans prendre garde,

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Fond avec sa bouche venimeuse Sur la tête de Lemminkainen.

Mais le héros, se remémorant vivement, Prononce les maîtresses paroles du savoir, Paroles datant d'époques lointaines,

Paroles que ses ancêtres lui avaient apprises.

(d)    En Chine, les hommes de Fohi ou "l'Homme céleste", sont appelés les douze Tien-Hoang, les douze Hiérarchies de Dhyânis ou Anges, aux faces humaines et aux corps de Dragon ; le Dragon représentant la Divine Sagesseou l'Esprit 41 et ils créent les hommes en s'incarnant dans sept images [III 35] d'argile – terre et eau – ayant la forme de ces Tien-Hoang, une troisième allégorie 42. Les douze Aesers des Eddas Scandinaves font de même. Dans le Catéchisme Secret des Druses de Syrie – légende qui est répétée mot à mot par les anciennes tribus des environs de l'Euphrate – les hommes furent créés par les "Fils de Dieu", qui descendirent sur la Terre, et, après avoir cueilli sept Mandragores, en animèrent les racines qui devinrent des hommes par la suite 43.

41 Il a été répété à maintes reprises que le Serpent est le symbole de la sagesse et du Savoir Occulte. "Le Serpent a été rattaché au dieu de la sagesse depuis l'époque la plus reculée au sujet de laquelle nous ayons des données historiques", écrit C. Staniland Wake. "Cet animal était le symbole spécial de Thoth ou Taut... et de tous ces dieux, tels que Hermès [?] et Seth, qui peuvent lui être rattachés. Cela est également vrai pour le troisième membre de la triade Chaldéenne primitive, Héa ou Hoa." D'après Sir Henry Rawlinson, "les plus importants titres de cette divinité se rapportent à ses fonctions comme source de tout savoir et de toute science. Il est non seulement le 'poisson intelligent', mais encore son nom peut être aussi bien traduit par 'vie' et 'serpent' [un Adepte Initié], et l'on peut le considérer comme représenté par le grand serpent qui occupe une place si importante parmi les symboles des dieux, sur les pierres noires rappelant les bienfaits de Babylone." (The Great Pyramid, p. 75) Esculape, Sérapis, Pluton, Esmun et Kneph, sont tous des dieux ayant l'attribut du serpent, dit Dupuis. Ils sont tous guérisseurs, donneurs de santé, spirituelle et physique et d'illumination. La couronne formée par un aspic, le Thermuthis, appartient à Isis, Déesse de la Vie et de la Guérison. LesUpanishads renferment un traité sur la Science des Serpents – en d'autres termes sur la Science du Savoir Occulte ; et les Nâgas du Bouddhisme exotérique ne sont pas "les créatures fabuleuses, de la nature des serpents... supérieures à l'homme et considérées comme les protectrices de la loi de Bouddha", comme le croit Schlagintweit, mais des hommes vivants, réels, dont quelques-uns supérieurs aux hommes en vertu de leur Savoir Occulte et les protecteurs de la loi de Bouddha dans la mesure où ils en interprètent correctement les doctrines métaphysiques, tandis que d'autres sont moralement inférieurs comme étant des "magiciens noirs". C'est pourquoi l'on a assuré avec raison que Gautama Bouddha "leur a dit avoir enseigné un système religieux plus philosophique que celui qu'il a enseigné aux hommes qui n'étaient pas suffisamment avancés pour le comprendre, à l'époque où Il fit son apparition." (ibid., p. 72)

42 Comparez avec les Symboles des Bonzes.

43 Cette Mandragore n'est autre que la Mandrake de la Bible, celle de Rachel et de Léa. Les racines de la plante sont charnues, couvertes de duvet, fourchues et représentent grossièrement  les membres, le corps et même la tête d'un homme. Les mystérieuses propriétés magiques de cette plante ont été proclamées dans des fables et des pièces dès la plus haute antiquité. Depuis Rachel et Léa qui s'en servirent pour se livrer à la sorcellerie, jusqu'à Shakespeare [Roméo et Juliette, IV. 3] qui parle de "crier"

  

Toutes ces allégories laissent deviner une seule et même origine – la double et triple nature de l'homme ; double, comme mâle et  femelle ; triple, comme ayant une essence spirituelle et psychique intérieure et un tissu matériel extérieur.

 "Comme des mandragores arrachées de la terre.

De telle sorte que les mortels deviennent fous en les entendant", la mandragore a toujours été la plante magique par excellence.

Ces racines ne possèdent aucune tige apparente et de larges feuilles poussent au sommet de la racine comme une gigantesque touffe de cheveux. Elles ne ressemblent que très peu à l'homme lorsqu'on les trouve en Espagne, en Italie, en Asie Mineure ou en Syrie, mais dans l'Ile de Candie ou en Karamanie [autrefois territoire d'Asie Mineure], près de la cité d'Adan, elles ont une forme merveilleusement humaine et sont très appréciées comme amulettes. Les femmes les portent aussi comme un charme contre la stérilité et à d'autres fins encore. Elles sont surtout efficaces en Magie Noire.

 

Shloka 2. Invocation de la Terre au Soleil

 

La Terre dit : "Seigneur à la Face Lumineuse 44, ma Maison est vide... Envoie tes Fils  pour  peupler  cette [III 36] Roue 45. Tu as envoyé tes Sept Fils au Seigneur de Sagesse (a). Sept fois il te voit plus près de lui, sept fois plus il te sent (b). Tu as défendu à tes Serviteurs, les petits Anneaux, de s'emparer de ta Lumière et de ta Chaleur, d'intercepter ta grande Bonté à son passage. Envoie-les maintenant à ta Servante !"

44 Le Soleil.

45 La Terre.

46 Copernic a écrit ses théories sur la "Révolution des Corps Célestes" durant le seizième siècle,  et le Zohar, même s'il a été compilé par Moïse de Léon durant le treizième siècle, dit que :

"Dans le livre de Hammannunah, le Vieux (ou l'Antique), nous apprenons... que la Terre tourne sur elle-même suivant un cercle ; que quelques-uns sont au sommet et d'autres en dessous : que... quelques contrées de la Terre sont éclairées, tandis que d'autres sont dans les ténèbres ; pour les uns il fait jour, tandis que pour les autres il fait nuit, et Il y a des contrées où il fait constamment jour, où dans lesquelles, tout au moins, la nuit ne dure que quelques instants." (Zohar, III, fol. 10 a, cité dans la Qabbalahde Myers, p. 139.)

 

(a)    Le "Seigneur de Sagesse" est Mercure, ou Boudha.

(b)    Le Commentaire moderne explique ces mots comme une référence à ce fait astronomique bien connu que Mercure reçoit du Soleil sept fois plus de lumière et de chaleur que la Terre et même que la magnifique Vénus, qui ne reçoit que le double de la quantité qui tombe sur notre Globe insignifiant. Que ce fait ait été connu dans l'antiquité peut être déduit de la prière adressée par "l'Esprit de la Terre" au Soleil, telle qu'elle est donnée dans le texte 46. Le Soleil, toutefois, refuse de peupler le globe, parce qu'il n'est pas encore prêt à recevoir la vie.

Mercure, comme Planète astrologique, est encore plus Occulte et mystérieux que Vénus. Il est identique au Mithra Mazdéen, le Génie ou Dieu "établi entre le Soleil et la Lune, perpétuel compagnon du "Soleil" de Sagesse". Pausanias (Livre V) nous le montre comme ayant un autel en commun avec Jupiter. Il était pourvu d'ailes pour marquer son assiduité auprès du Soleil durant sa course et on l'appelait le Nuntius et le Loup- Soleil, "solaris luminis particeps" [qui partage la lumière du Soleil]. Il était le   conducteur   et   l'évocateur   des   Ames,   le   grand   Magicien et le Hiérophante.  Virgile  nous  le  dépeint  comme  prenant  sa  baguette  pour évoquer de l'Orcus les âmes qui y sont plongées – tum virgam capit, hac animas  ille  evocat  Orco 47.  C'est  Mercure  à  la  couleur  d'or,  [III 37] Χρυσοφαὴς  Ερµὴς,  que  les  Hiérophantes  interdisaient  de  nommer.  Il  est symbolisé dans la mythologie grecque par l'un des "chiens" (vigilance) qui veillent sur le troupeau céleste (la Sagesse Occulte) ; ou Hermès Anubis ou encore l'Agathodæmon. Il est l'Argus qui veille sur la Terre et que celle-ci confond  avec  le  Soleil  lui-même.  C'est  au  moyen  de  l'intercession  de Mercure que l'Empereur Julien adressait chaque soir des prières au Soleil Occulte ; en effet, comme le dit Vossius :

Tous les théologiens affirment que Mercure et le Soleil ne font qu'un... C'était le plus éloquent et le plus sage des Dieux, ce qui n'a rien d'étonnant, puisque Mercure est si proche voisin de la Sagesse et du Verbe de Dieu [le Soleil], qu'on le confondait avec les deux. 48

47 [Il prend alors son bâton et par lui fait sortir les âmes de l'Orcus]. Voyez aussi le 21ème Fargard de la Vendidâh, sur les milices Célestes.

48 Idolat, II, 373.

 

Vossius exprime là une vérité occulte plus grande qu'il ne le pensait. L'Hermès des Grecs a des rapports étroits avec le Saramâ Sârameya hindou, le divin gardien "qui veille sur le troupeau doré des étoiles et des rayons solaires".

Suivant les termes plus clairs du Commentaire :

Le Globe, poussé en avant par l'Esprit de la Terre et ses six Assistants, reçoit toutes ses forces vitales, sa vie  et ses pouvoirs, de l'Esprit du Soleil, par l'entremise des sept Dhyanis planétaires. Ce sont ses messagers de Lumière et de Vie.

Comme chacune des Sept Régions de la Terre, chacun des sept Premiers-Nés [les Groupes Humains primordiaux] reçoit sa lumière et sa vie de son Dhyâni spécial – spirituellement, et du Palais [la Maison, la Planète] de ce Dhyâni – physiquement ; de même pour les sept grandes Races qui doivent y naître. La Première est  née  sous  le  Soleil ;  la  Seconde  sous  le Brihaspati [Jupiter] ; la Troisième sous Lohitânga [Mars, celui au "Corps igné", et aussi sous Vénus ou Shoukra] ; la Quatrième sous Soma [la Lune, notre Globe aussi, car la Quatrième Sphère est née sous la Lune et d'elle], et sous Shani, Saturne, le Krûra-lochana [au Mauvais-Œil] et l'Asita [le Sombre] ; la Cinquième sous Boudha [Mercure].

De même aussi pour l'homme et pour chaque "homme" [III 38] [chaque principe] dans l'homme. Chacun reçoit sa qualité spécifique de son Primaire [l'Esprit Planétaire], donc chaque homme est un septénaire [ou une combinaison de principes, dont chacun tire son origine d'une qualité de ce Dhyâni spécial]. Chaque pouvoir actif ou chaque force active de la Terre lui vient de l'un des sept Seigneurs 49. La Lumière vient par l'entremise de Shoukra [Vénus], qui reçoit une triple provision et en donne un tiers à la Terre 50. Aussi sont- elles appelées toutes deux les "Sœurs-jumelles", mais l'Esprit de la Terre est subordonné au "Seigneur" de Shoukra. Nos sages représentent les deux Globes, l'un au-dessus et l'autre au-dessous du double Signe [la Svastika primordiale privée de ses quatre bras, ou la croix, + 51].

"Le "double signe" comme le savent tous les étudiants de l'Occultisme, est le symbole des principes  mâle et femelle  dans  la  Nature,  du  positif  et  du  négatif ; la Svastika ou est, en effet, tout cela et bien plus encore. Toute l'antiquité, depuis la naissance de l'Astronomie – enseignée à la Quatrième Race par un des Rois de la Dynastie Divine – et aussi de l'Astrologie, a représenté dans ses tables astronomiques, Vénus par un Globe posé au-dessus d'une Croix et la Terre par un Globe sous une Croix. La signification Esotérique de cela c'est la chute de la Terre dans la génération ou dans la production de ses espèces au moyen de l'union sexuelle. Mais les nations occidentales plus récentes n'ont pas manqué de donner à cela une signification toute différente. Par la bouche de leurs Mystiques – guidés par les lumières de l'Eglise latine – ils interprétèrent ce signe comme voulant dire que notre Terre, avec tout ce qui se trouvait sur elle, avait été sauvée par la Croix, tandis que Vénus – autrement dit Lucifer ou Satan – la foulait aux pieds. Vénus est la plus Occulte, la plus puissante et la plus mystérieuse de toutes les Planètes ; c'est celle dont l'influence sur la Terre et dont les relations avec la Terre sont [III 39] les plus marquées. Dans le Brahmanisme exotérique, Vénus ou Shoukra – une divinité mâle 52 – est le fils de Bhrigou, l'un des Prajâpati et un sage védique, et il est Daitya-Guru ou le prêtre instructeur des géants primordiaux. Toute l'histoire de Shukra, dans les Pourânas se rapporte à la Troisième et à la Quatrième Races. Comme le dit le Commentaire :

52 Dans la Philosophie Esotérique, Vénus est mâle et femelle, ou hermaphrodite ; c'est ce qui explique la Vénus "barbue" de la mythologie.

 

C'est par l'entremise de Shoukra que les "êtres doubles" [les hermaphrodites] de la Troisième [Race-Racine] descendirent des premiers "Nés-de-la-Sueur". C'est pourquoi c'est représenté par le symbole 8 [le cercle et le diamètre], durant la Troisième [Race], et par le symbole durant la Quatrième.

Cela a besoin d'être expliqué. Le diamètre, lorsqu'on le trouve isolé dans un cercle, représente la Nature féminine, le premier Monde Idéal, auto-généré, et auto-imprégné par l'Esprit de Vie universellement répandu de sorte qu'il se rapporte aussi à la Race-Racine primitive. Il devient androgyne à mesure que les Races et toutes choses sur la Terre se développent en leurs formes physiques, et le symbole est transformé en un cercle avec un diamètre d'où part une ligne verticale, qui exprime les aspects mâle et femelle non encore séparés – c'est le premier Tau égyptien, le plus ancien, ; ensuite le symbole devient +, ou les aspects mâle et femelle séparés 53 et tombés dans la génération. Vénus (la planète) est symbolisée par un globe au-dessus d'une croix, ce qui indique qu'elle préside à la génération naturelle de l'homme. Les Egyptiens  symbolisaient Ankh, "la vie", par une croix ansée ou ☥ ce qui n'est qu'une autre forme de Vénus (Isis), ♀, et voulait dire, ésotériquement, que l'humanité et toute vie animale étaient sorties du cercle spirituel divin et étaient tombées dans la génération  physique,  mâle  et femelle. Ce signe, depuis la fin de la Troisième Race, a la même signification phallique que "l'Arbre de Vie" de l'Eden. Anouki, une forme d'Isis, est la Déesse de la Vie ; et Ankh a été pris aux Egyptiens par les Hébreux. Il fut introduit dans la langue par Moïse, qui était instruit dans la Sagesse des prêtres d'Egypte, en même temps que beaucoup d'autres mots mystiques. Le mot Ankh, en Hébreu, lorsqu'il est accompagné du suffixe personnel, veut [III 40] dire "ma vie" – mon être – qui "est le pronom personnel Anochi", tiré du nom de la Déesse Egyptienne Anouki 54.

Dans un des plus anciens catéchismes de l'Inde Méridionale, de la Présidence de Madras, la déesse hermaphrodite Ardhanâri 55 porte la croix ansée la Svastika, le "signe mâle et femelle" juste dans la partie centrale, pour indiquer l'état pré-sexuel de la Troisième Race. Vishnou que l'on représente maintenant avec un lotus poussant de son nombril – ou l'Univers de Brahmâ évoluant du point central, Nara – est représenté dans l'une des plus anciennes sculptures comme ayant deux sexes (Vishnou et Lakshmi) et se tenant sur une feuille de lotus flottant sur l'eau, eau qui s'élève en demi-cercle et qui coule à travers la Svastika, "la source de la génération" ou de la descente de l'homme.

53 C'est pourquoi, si nous laissons de côté son aspect métaphysico-religieux, la Croix des Chrétiens est un symbole bien plus phallique que la Svastika Païenne. Comparez avec le vol. I, p. 72 (Adyar Edition.)

54 La croix ansée est le signe astronomique planétaire de Vénus, "signifiant l'existence de l'énergie parturiante dans le sens sexuel et c'était un des attributs d'Isis, la Mère, d'Eve, Hauvah ou la Terre- Mère et était admis parmi tous les anciens peuples sous un mode d'expression ou un autre". (Extrait d'un manuscrit Cabalistique moderne.)

55 Voyez le Hindû Pantheon, de Edward Moor. [Voir les Notes Additionnelles.]

 

Pythagore appelle Shoukra-Vénus le Sol alter, "l'autre Soleil". Parmi les "sept Palais du Soleil", celui de Lucifer-Vénus est le troisième dans la Cabale chrétienne et juive, le Zohar en faisant la demeure de Samael. D'après la Doctrine Occulte, cette Planète est le primaire de notre Terre et son prototype spirituel. Aussi le chariot de Shoukra (de Vénus-Lucifer), est, dit-on, traîné par un groupe de huit "chevaux nés sur la Terre", tandis que les coursiers des chariots des autres Planètes sont différents.

Chaque péché commis sur la Terre est ressenti par Oushanas- Shoukra. Le Gourou des Daityas est l'Esprit Gardien de la Terre et des Hommes. Tout changement dans Shoukra est ressenti sur la Terre  et reflété par elle.

Shoukra ou Vénus est donc représenté comme le Précepteur des Daityas, les Géants de la Quatrième Race qui, dans l'allégorie hindoue, obtinrent, à une certaine époque, la souveraineté de toute la Terre et vainquirent les Dieux inférieurs. Les Titans de l'allégorie Occidentale ont aussi des rapports très étroits avec Vénus-Lucifer, que les Chrétiens plus modernes identifièrent avec Satan. Et comme Vénus, de même  qu'Isis, était représentée avec des cornes de vache sur la tête, symbole de la Nature mystique – qui signifie la Lune et peut être remplacée par elle, puisqu'elles étaient toutes des Déesses lunaires – la configuration de cette Planète est maintenant placée, par les théologiens, entre les cornes de Lucifer [III 41] mystique 56.  C'est  grâce  à  cette  interprétation  fantaisiste de la tradition archaïque qui affirme que Vénus se transforme (géologiquement) en même temps que la Terre, que tout ce qui a lieu sur l'une a aussi lieu sur l'autre et que leurs changements communs ont été nombreux et importants – c'est pour ces raisons, que saint Augustin le répète, en attribuant ces changements de configuration, de couleur et même d'orbite, à ce caractère théologiquement tissé de Vénus-Lucifer. Sa pieuse imagination le pousse même jusqu'à rattacher les derniers changements de cette Planète au mythique déluge de Noé censé avoir eu lieu 1796 ans avant J.-C. 57.

 56 Athénæus nous montre que la première lettre du nom de Satan était représentée, au temps jadis, par un arc et un croissant, et certains Catholiques Romains, braves et bonnes gens, voudraient persuader au public que c'est en l'honneur des cornes en forme de croissant de Lucifer, que les Musulmans ont choisi le croissant pour leurs armes nationales. Vénus, depuis l'établissement du dogmatisme Catholique Romain, a toujours été identifiée à Satan et à Lucifer, ou au Grand-Dragon, contrairement à toute logique et à toute raison. Comme le démontrent les symbologistes et les astronomes : "L'association établie entre le Serpent et l'idée de ténèbres, possède une base astronomique. La position que la constellation du Dragon a occupée à une certaine époque, prouvait que le Grand Serpent était le roi de la nuit. Cette constellation se trouvait autrefois an centre même des cieux et elle était si étendue qu'on l'appela le Grand-Dragon. Son corps s'étend sur sept signes du Zodiaque, et Dupuis, qui voit dans le Dragon de l'Apocalypse une allusion au serpent céleste, dit : Il n'est pas étonnant qu'une constellation aussi étendue soit représentée par l'auteur de ce livre comme un grand dragon à sept têtes, qui arrachait du ciel le tiers des étoiles et les jetait sur la Terre." (Staniland Wake, The Great Pyramid, p. 79 ; Dupuis, III, 255.)

 

Comme Vénus n'a pas de satellites, l'allégorie expose qu'Asphujit (cette "Planète") a adopté la Terre, progéniture de la Lune, "qui surpassait sa mère et donnait beaucoup de mal" – c'est une allusion aux rapports Occultes qui existent entre les deux. Le Régent (de la Planète) Shoukra 58 aima tant son enfant d'adoption, qu'il s'incarna sous la forme d'Oushanas et lui donna des lois parfaites, qui furent méconnues et repoussées plus tard. Une autre allégorie, dans le Harivamsha, est que Shoukra  alla trouver Shiva et lui demanda [III 42] de protéger ses pupilles, les Daityas et Asouras, contre les Dieux combattants ; et que, pour l'obtenir, il accomplit un rite de Yoga "en absorbant de la fumée de paille hachée, en ayant la tête en bas, durant 1.000 ans". Cela est une allusion à la grande inclinaison de l'axe de Vénus – cinquante degrés – et au fait qu'elle est enveloppée de nuages éternels. Mais cela ne se rapporte qu'à la constitution physique  de la Planète. C'est avec son Régent, le Dhyân Chohan qui l'anime, que le Mysticisme Occulte a affaire. L'allégorie d'après laquelle Vishnou fut condamné par Shoukra à renaître sept fois sur la Terre en guise de châtiment pour le meurtre de sa mère (celle de Shoukra), est pleine de signification philosophique Occulte. Cela ne se rapporte pas aux Avatars de Vishnou, puisque ceux-ci sont au nombre de neuf – car le dixième est Seulement Dupuis n'a jamais su pourquoi le Dragon, jadis étoile polaire – le symbole du Guide, du Gourou et du Directeur – a été ainsi dégradé par la postérité. "Les Dieux de nos pères sont nos diables", dit un proverbe asiatique. Lorsque le Dragon cessa d'être "l'étoile polaire", la divinité sidérale dirigeante, elle partagea le sort de tous les Dieux déchus. A une certaine époque, nous dit Bunsen,  Seth  ou  Typhon  était  un  grand  dieu  universellement  adoré  dans  toute  l'Egypte, qui conférait aux souverains des 18ème et 19ème dynasties les symboles de la vie et de la puissance. Mais plus tard, durant la 20ème dynastie, il fut soudain traité comme un mauvais démon, si bien que ses effigies et ses noms sont effacés sur tous les monuments et dans toutes les inscriptions qui peuvent être atteintes." La véritable raison Occulte de cela sera donnée dans ces pages.

57 De civitate Dei, LXXI, VIII.

58 Shoukra est le fils de Bhrigou, le grand Richi et l'un des Sept Prajâpatis, fondateur de la Race des Bhârgavas dans laquelle Parashou Râma est né.

 

encore à venir – mais aux Races de la Terre. La Planète Vénus ou Lucifer – aussi Shoukra et Oushanas – est le porte-flambeau de notre Terre, dans le sens physique comme dans le sens mystique. Les Chrétiens le savaient bien jadis, puisque l'un des premiers papes de Rome est connu, comme pontife, sous le nom de Lucifer.

Chaque monde a son Etoile mère et sa Planète sœur. Ainsi la Terre est l'enfant d'adoption et le jeune frère de Vénus, mais ses habitants sont d'un genre qui leur est propre... Tous les êtres sensibles complets [les hommes septénaires complets ou les êtres supérieurs], reçoivent, à leur début, des formes et un organisme en complète harmonie avec, la nature et l'état de la Sphère qu'ils habitent 59.

Les Sphères de l'Etre, ou Centres de Vie, qui sont des noyaux isolés produisant leurs hommes et leurs animaux, sont innombrables ; aucune de ces sphères n'a la moindre ressemblance avec sa compagne-sœur ou avec tout autre, dans sa propre progéniture spéciale 60. [III 43]

Toutes ont une double nature, physique et spirituelle.

Les nucléoles sont éternelles et impérissables ; les noyaux périodiques et périssables. Les nucléoles font partie de l'Absolu. Elles constituent les embrasures de cette sombre et impénétrable forteresse qui est à jamais cachée aux yeux des humains et même des Dhyânis.  Les noyaux constituent la lumière de l'éternité qui s'en échappe.

C'est cette LUMIERE qui se condense dans les Formes des "Seigneurs de l'Etre" – dont les premiers et les plus élevés sont, collectivement JIVATMA ou Pratyagâtmâ [que l'on dit jaillir, au figuré, du sein de Paramâtmâ. C'est le Logos des philosophes grecs – apparaissant au début de chaque nouveau Manvantara]. De ceux-ci, et en descendant, procèdent les nombreuses Hiérarchies des Forces Créatrices – formées par les ondes de cette Lumière qui se consolident sans cesse et deviennent, sur le plan objectif, de la Matière grossière ; les unes sans formes, d'autres ayant leurs propres formes distinctes, d'autres encore, les plus basses [les Elémentals], n'ayant aucune forme qui leur soit propre, mais revêtant toutes les formes, suivant les conditions ambiantes.

Il n'y a donc, dans le sens spirituel, qu'un seul Oupâdhi  [Base] Absolu, sur et dans lequel sont édifiés, pour des fins manvantariques, les innombrables centres basiques sur lesquels s'appuient les Evolutions universelles, cycliques et individuelles, durant la période active.

Les Intelligences qui animent ces divers Centres d'Etre sont indistinctement citées par les hommes d'au-delà de la Grande Chaîne 61 comme les Manous, Rishis, Pitris 62, Prajâpati, etc. ; et, de ce côté-ci comme Dhyâni-Bouddhas, Chohans, Methas [Dieux  de  Peu], Bodhisattvas 63 et autres. Ceux qui sont vraiment ignorants les appellent Dieux ; les profanes instruits disent le Dieu Unique ; et les sages, les Initiés, n'honorent en eux que des manifestations manvantariques de CELA, sur lequel nos Créateurs [les Dhyân Chohans], pas plus que leurs [III 44] créatures, ne peuvent jamais discuter, ni jamais rien savoir. L'ABSOLU ne peut être défini, et nul mortel ni immortel ne l'a jamais vu ni compris durant les périodes d'Existence. Le changeant ne peut connaître l'Immuable ni ce qui vit concevoir la Vie Absolue.

"C'est pourquoi l'homme ne peut connaître des Etres plus élevés que ses propres Progéniteurs." "Il ne devra pas les adorer non plus", mais il devrait apprendre comment il est venu au monde.

59 Cela est en complète contradiction avec Swedenborg, qui vit dans "la Première Terre du monde astral", des habitants habillés comme les paysans d'Europe et sur la Quatrième Terre des femmes vêtues comme le sont les bergères dans un bal masqué ! Le fameux astronome Huygens partait lui- même de l'idée erronée que les autres mondes et les autres planètes sont habités par des espèces d'êtres identiques à ceux qui vivent sur notre Terre, possédant les mêmes formes, les mêmes sens, le même pouvoir intellectuel, les mêmes arts, les mêmes sciences, les mêmes habitations et jusqu'à des tissus identiques pour leurs vêtements ! (Théorie du monde.) Pour une compréhension plus claire de l'affirmation que la Terre "est la progéniture de la Lune", voir Vol. I. STANCE 6.

60 C'est un commentaire moderne. Il est ajouté aux anciens commentaires afin d'être plus clairement compris par ceux des disciples qui étudient la Cosmogonie Esotérique après avoir reçu une Instruction Occidentale. Les Gloses primitives sont trop pleines d'adjectifs redondants et de figures de rhétorique pour être facilement comprises.

 61 "Au-delà" de la Grande Chaîne, veut dire dans ce cas l'Inde qui, pour le Tibet, est la région trans- himalayenne.

62 Nous employons le terme Pitris dans ces Shlokas pour en faciliter la compréhension, mais ce n'est pas celui qui est employé dans les STANCES originales, où ils sont désignés par des appellations qui leur sont propres, outre les noms de "Pères" et de "Progéniteurs" qui leur sont donnés.

63 Il est erroné d'interpréter littéralement le culte des Bodhisattvas humains ou Manjoushrî. Il est vrai qu'au point de vue exotérique, l'école Mahâyâna enseigne à les adorer sans distinction, et que Huien-Tsang parle de quelques disciples de Bouddha comme étant l'objet d'un culte. Mais au point de vue Esotérique, ce n'est pas le disciple ou le savant Manjoushrî qui reçoit personnellement ces honneurs, mais bien les divins Bodhisattvas et Dhyâni-Bouddhas qui animent (amilakha, comme disent les Mongols) les formes humaines.

 

Le nombre Sept, le chiffre fondamental entre tous, dans tous les systèmes religieux nationaux, depuis la Cosmogonie jusqu'à l'homme, doit avoir sa raison d'être. On le trouve, chez les anciens Américains, aussi en évidence que chez les antiques Aryens et Egyptiens. Cette question sera traitée à fond dans une autre partie de l'ouvrage, mais, en attendant, quelques faits peuvent être cités ici. L'auteur 64 de Sacred Mysteries among the Magas and the Quichés, 11.500 years ago, dit :

Sept, semble avoir été le nombre sacré par excellence parmi toutes les nations civilisées  de l'antiquité. Pourquoi ? On n'a jamais répondu d'une manière satisfaisante à cette question. Chaque peuple séparé a donné une explication différente, suivant les données de sa religion [exotérique]. Qu'il ait été le nombre des nombres pour ceux qui étaient initiés aux mystères sacrés, cela ne peut faire aucun doute. Pythagore... l'appelle le "Véhicule de vie", contenant l'âme et le corps, puisqu'il est formé d'un quaternaire, savoir : la Sagesse et l'Intellect et une Trinité, ou l'action et la matière. L'Empereur Julien, dans Matrem et dans Oratio 65 s'exprime ainsi : "Si j'abordais la question de l'initiation à nos mystères sacrés, que les Chaldéens ont voués à Bacchus à cause du dieu aux sept rayons qui éclaire l'âme par son entremise, je dirais des choses inconnues de la populace, très ignorées mais très familières aux Théurgistes bénis." 66  [III 45]

Quel est celui qui, connaissant les Pourânas, le Livre des Morts, le Zendavesta, les Inscriptions Assyriennes et enfin la Bibleet ayant observé la présence constante du nombre sept dans ces recueils provenant, depuis des temps très reculés jusqu'à des époques plus récentes, de  peuples n'ayant  aucun  rapport  entre  eux  et  séparés par de grandes distances, pourrait considérer comme une coïncidence le fait suivant, cité par le même scrutateur des anciens Mystères ? Parlant de la prédominance du nombre sept comme nombre mystique, chez les habitants du "Continent Occidental" de l'Amérique, il ajoute que ce fait n'est pas moins remarquable, attendu que :

On le rencontre fréquemment dans le Popul-Vuh. Nous le retrouvons en outre, dans les sept familles qui, d'après Sahagun et Clavigero, auraient accompagné le personnage mystique appelé Votan, fondateur réputé de la grande ville de Nachan, que certains identifient avec Palenque. Dans les sept cavernes 67 d'où on raconte que les ancêtres des Nahualts ont émergé. Dans les sept cités de Cibola, décrites par Coronado et Niza... Dans les sept Antilles ; dans les sept héros qui, nous dit-on, échappèrent au Déluge.

On retrouve, du reste, ce même nombre de "Héros" dans tous les récits de Déluges – depuis les sept Richis qui furent sauvés avec Vaivasvata Manou, jusqu'à l'Arche de Noé dans laquelle les bêtes, les volailles et les créatures vivantes furent rassemblées par groupes de "sept". Nous considérons donc les chiffres, 1, 3, 5, 7 comme parfaits, parce qu'ils sont complètement mystiques et que ce sont des nombres qui ont un rôle important dans toutes les Cosmogonies et dans l'évolution des Etres vivants. En Chine, les chiffres 1, 3, 5, 7 sont qualifiés de "nombres célestes" dans l'ouvrage canonique intitulé "le Livre des Changements"  – Yi King ou transformation dans le sens "d'évolution".

La raison en devient évidente, lorsque l'on examine les anciens Symboles ; tous ont pour base et pour point de départ les chiffres tirés du Manuscrit Archaïque qui sont donnés dans la Préface du premier volume. symbole de l'évolution et de la chute dans la génération ou Matière, se reflète dans les [III 46] anciennes sculptures ou peintures Mexicaines, comme dans les Séphiroth cabalistiques et le Tau Egyptien. Etudiez le manuscrit mexicain (Add. MSS. Brit. Mus. 9789 68). Vous y retrouverez ce symbole dans un arbre dont le tronc porte dix fruits, prêts à être cueillis par un être mâle et un être femelle se tenant de chaque côté, tandis que du sommet du tronc deux branches se dirigent horizontalement vers la droite et vers la gauche, formant ainsi un parfait T (Tau) ; de plus l'extrémité de chacune des deux branches porte une triple grappe, tandis qu'un oiseau – l'oiseau de l'immortalité, Atmâ ou l'Esprit-Divin, – se tient entre les deux branches et remplit ainsi le rôle de septième. Cela symbolise la même idée que l'arbre Séphirotal, qui est de dix en tout, mais qui devient sept lorsqu'il est séparé de sa triade supérieure. Ce sont les fruits célestes, le dix, ou   , 10, né des deux invisibles semences mâle et femelle et formant le 12, ou le Dodécaèdre  de  l'Univers.  Le  système  mystique  contient  le  •,  le point central ; le 3, ou !:: ; le 5, ou  , le 7, ou   ou bien encore   , le triangle dans le carré et le point synthétique dans les doubles triangles entrelacés. Cela, pour le monde des Archétypes. C'est dans l'HOMME que le monde phénoménal reçoit son degré le plus élevé et le reflet de tout. C'est pourquoi il est le carré mystique – dans son aspect métaphysique – la Tétraktys, et devient le Cube sur le plan créateur. Son symbole est le  cube développé 69 et le 6 devenant 7, ou  la  ,  3  horizontalement  (aspect femelle) et 4 verticalement. C'est l'homme, le point culminant de  la divinité sur la Terre, dont le corps est la croix de chair, sur laquelle, par laquelle et dans laquelle il crucifie sans cesse et met sans cesse à mort le divin Logos ou son SOI SUPERIEUR. Toutes les Philosophies et toutes les Cosmogonies disent :

L'univers a un Régent [des Régents collectivement]  qui le gouverne et qui est appelé le VERBE (LOGOS) ; l'Esprit fabricateur est sa Reine. Ces deux constituent la Première Puissanceaprès L'UNIQUE.

64 L'auteur de cet ouvrage est Augustus Le Plongeon. Lui et sa femme sont bien connus aux Etats- Unis, pour leurs infatigables travaux dans l'Amérique Centrale. Ce sont eux qui découvrirent le sépulcre du royal Kan Coh, à Cichen-Itza. L'auteur semble croire et chercher à prouver que le savoir Esotérique des Aryens et des Egyptiens a été emprunté aux Mayas. Mais, bien que certainement contemporains de l'Atlantide de Platon, les Mayas appartenaient au Cinquième Continent, qui fut précédé par l'Atlantide et la Lémurie.

65 Plus correctement, In Matrem Deorum, Oratio V.

66 p. 143.

 67 Ces sept cavernes, ces sept cités, etc., représentent, dans tous les cas, les sept centres ou zones sur lesquels les sept groupes primitifs de la Première Race-Racine naquirent.

68 La gravure est reproduite dans les Sacred Mysteries of the Mayas and the Quiches, à la p. 134.

69 Voyez Source of Measures, pp. 50-53.

 

Ce sont l'Esprit et la Nature qui forment ensemble notre Univers Illusoire. Ces deux inséparables restent dans l'Univers des Idées tant que celui-ci dure, puis rentrent ensuite de nouveau en Parabrahman, l'Unique toujours immuable. [III 47] "L'Esprit dont l'essence est éternelle, une et soi-existante", émane une pure Lumière éthérée – une lumière double imperceptible aux sens élémentaires – suivant les Pourânas, la Bible, le Sepher Yetzirah, les Hymnes grecs et latins, le Livre d'Hermès, le Livre des Nombres Chaldéen, l'Esotérisme de Lao-tse et partout ailleurs. Dans la Cabale, qui explique la signification secrète de la Genèse, cette Lumière est l'HOMME-DOUBLE ou les Anges Androgynes (sans  sexe, plutôt), dont le nom générique est ADAM KADMON. Ce sont eux qui complètent l'homme, dont la forme éthérée est émané par d'autres Etres divins, mais très inférieurs, qui solidifient le corps avec de l'argile ou avec la "poussière du sol" – allégorie, en vérité, mais aussi scientifique qu'une évolution darwinienne quelconque et plus vraie.

L'auteur de Source of Measures dit que la base de la Cabale et de tous les livres mystiques repose sur les dix Séphiroth, ce qui est une vérité fondamentale. Il représente ces Dix Séphiroth ou les dix Nombres de la façon suivante :

5

6

4

3

7

8

2     9

 Le cercle est le zéro ; son diamètre vertical est l'Un premier ou primordial [le Verbe ou Logos], d'où jaillissent le 2, le 3 et ainsi de suite, jusqu'à 9, la limite des chiffres. Le 10 est la  première  Manifestation Divine 70, qui contient tout pouvoir possible d'exacte expression des proportions – le Iod sacré. Cette Cabale nous enseigne que les Sephiroth étaient les nombres ou émanations de la Lumière céleste (20612 à 6561) c'étaient les dix Mots DBRIM, 41224, la lumière dont ils étaient le flux était l'Homme-Céleste, l'Adam-KDM (le 144-144) et la Lumière, selon le Nouveau Testament ou Alliance (41224) créa Dieu ; exactement comme d'après l'Ancien Testament, Dieu (Alhim, 31415) crée la Lumière (20612 à 6561) 71.

70 Voyez Isis Dévoilée, III, pp. 401 et seq., pour la preuve de l'antiquité du système décimal de chiffres.

71 Voyez Masonic Review, Cincinnati, juin 1886. Art. II. "The Cabbalah n° VI", p. 10.

 

Or, il existe trois sortes de Lumière en Occultisme, comme dans la Cabale : 1° La Lumière Abstraite et Absolue, qui est [III 48] les Ténèbres, 2° La Lumière du Manifesté-Non-manifesté, que certains appellent le Logos et, 3° Cette dernière Lumière reflétée dans les Dhyân-Chohans, les Logoï mineurs – les Elohim, collectivement – qui, à leur tour, la répandent sur l'Univers objectif. Toutefois, dans la Cabale – rééditée et soigneusement arrangée pour cadrer avec les dogmes chrétiens par les Cabalistes du treizième siècle, – les trois Lumières sont dépeintes comme : 1° Celle qui est claire et pénétrante, celle de Jéhovah, 2° la lumière reflétée, et 3° la lumière dans l'abstrait.

La lumière, considérée de façon abstraite (dans le sens métaphysique ou symbolique), est Alhim (Elohim, Dieu), tandis que la Lumière claire et pénétrante est Jéhovah. La lumière d'Alhim appartient au monde en général, dans son entier et sa plénitude générale, mais la lumière de Jéhovah est celle qui se rapporte à la production principale, à l'homme, que cette lumière a pénétré et a créé. 72

70 Voyez Isis Dévoilée, III, pp. 401 et seq., pour la preuve de l'antiquité du système décimal de chiffres.

71 Voyez Masonic Review, Cincinnati, juin 1886. Art. II. "The Cabbalah n° VI", p. 10.

 72 Masonic Review, loc. cit.

 

L'auteur de Source of Measures renvoie avec raison le lecteur à Ancient Faiths Embodied in Ancient Names d'Inman, II, 648. On y voit une gravure représentant :

La vesica piscis, Marie et l'emblème femelle, copiée sur un Rosaire de la bienheureuse Vierge Marie, qui fut imprimé à Venise en 1542, – et par conséquent, comme le fait remarquer Inman, "avec l'assentiment de l'Inquisition et, de ce fait, orthodoxe", qui montrera au lecteur ce que l'Eglise Latine entendait par ce "pouvoir pénétrant de la lumière et ses effets". Combien les plus nobles, les plus grandes et les plus sublimes idées de la Philosophie Orientale, au sujet de la Divinité, n'ont-elles pas été défigurées, lorsqu'on les a appliquées aux plus grossières conceptions anthropomorphiques par l'interprétation chrétienne !

Les Occultistes d'Orient appellent cette Lumière Daivi-prakriti et ceux d'Occident l'appellent la Lumière de Christos. C'est la Lumière  du LOGOS, la réflexion directe du toujours Inconnaissable, sur le plan de la Manifestation Universelle. Voici l'interprétation que  les chrétiens modernes en donnent, d'après la Cabale. Ainsi que le déclare l'auteur que nous venons de citer :

 Le terme Elohim-Jéhovah s'applique à la plénitude du monde en général, avec son principal contenu, l'homme. Dans des extraits du Sohar, le Rev. docteur Cassell [un Cabaliste], dit, afin de prouver que la Cabale exprime entre autres choses, la doctrine [III 49] de la Trinité : "Jéhovah est Elohim (Alhim)"... En trois pas, Dieu (Alhim) et Jéhovah devinrent le même et, bien que séparés, chacun et ensemble sont du même Unique. 73

73 Masonic Review, p. 11.

74 Voyez Source of Measures, pp. 276 et seq., App. VII.

 

De même Vishnou devient le Soleil, le symbole visible de la Divinité Impersonnelle. On décrit Vishnou comme "enjambant les sept régions de l'Univers en trois pas", mais, pour les Hindous, c'est une représentation exotérique, une donnée de surface et une allégorie, tandis que les Cabalistes la donnent comme une signification Esotérique et finale. Continuons cependant :

Or, la Lumière, comme nous l'avons démontré, est 20612 à 6561, comme la vraie énonciation de la relation intégrale et numérique du diamètre à la circonférence d'un cercle. Dieu (Alhim, c'est-à-dire 31415 à Un, forme modifiée de la précédente), est la réduction de ceci, de façon à obtenir une unité type Un, comme la base en général de tout calcul et de toute mesure. Toutefois, pour la production de la vie animale et pour la mesure spéciale du temps, ou année lunaire, cette influence qui provoque la conception et le développement embryonnaire, les nombres de la mesure de Jéhovah (la mesure  de "l'homme même Jéhovah"), c'est-à-dire 113 à 355, doivent être spécialisés 74. Ce dernier rapport n'est pourtant qu'une forme modifiée de la Lumière, ou 20612 à 6561, comme valeur de π, n'en étant qu'une variation (c'est-à-dire que 20612 est à 6561 comme 31415 est à un, et que 355 sur 113 est à 31415 ou Alhim, ou Dieu), de telle sorte qu'on peut le faire couler l'un dans l'autre ou l'en faire dériver : tels sont les trois pas par lesquels l'Unité et l'identité des noms Divins peuvent être démontrées. C'est-à-dire que les deux ne sont que des variations d'un même rapport, celui de π. Le but de ce commentaire est d'établir que les mêmes mesures symboliques sont employées dans la Cabale, comme on l'enseigne, avec celle des Trois Alliances de la Bible, et, comme nous venons de le voir, dans la Maçonnerie.

Les Séphiroth sont donc décrits, d'abord, comme Lumière, c'est-à-dire qu'ils sont eux-mêmes vraiment une fonction d'Ain Soph, qu'ils sont identiques à lui, et en sont la manifestation. Et il en est ainsi du fait que la "Lumière" représente le rapport 20612 à 6561, comme faisant partie des "Mots" DBRIM, 41224, ou pour le Mot, Dabar, 206 (= 10 coudées). La "Lumière" constitue si bien le refrain de la Cabale pour expliquer les Séphiroth, que le plus célèbre livre sur  la Cabale s'appelle Sohar ou "Lumière". Nous y trouvons des expressions comme celle-ci : "L'infini était entièrement inconnu et ne diffusait aucune lumière, avant que le point lumineux n'eût jailli violemment pour devenir [III 50] visible." "Lorsqu'Il assuma pour la première fois la forme (de la couronne ou première Séphira), Il en fit émaner 9 splendides lumières qui, rayonnant à travers elle, diffusèrent une brillante lumière dans toutes les directions" ; – c'est-à-dire que ces 9, avec la sienne (qui était  l'origine,  ainsi  qu'on  l'a  vu, des 9), formèrent ensemble le 10, soit , ou ⊗ ou les Dix sacrés  (nombres ou Séphiroth) ou Iod – et ces nombres étaient "la Lumière". Exactement comme dans l'Evangile de saint Jean, Dieu (Alhim, 31415 à un) était  cette Lumière (20612 à 6561) au moyen de laquelle (Lumière) toutes choses furent faites. 75

75 Art. Masonic Review, pp. 11, 12.

 

Dans le Sepher Yetzirah ou "Nombre de la Création", tout le processus de l'évolution est donné en nombres. Dans ses "trente-deux Sentiers de Sagesse" le nombre 3 est répété quatre fois et le nombre 4 cinq fois. En conséquence, la Sagesse de Dieu est contenue dans des nombres (Sephrim ou Séphiroth), car Sepher (ou S-ph-r quand les voyelles sont retranchées) veut dire "chiffrer". C'est pourquoi nous voyons aussi Platon dire que la Divinité "géométrise" en construisant l'Univers.

L'ouvrage Cabalistique intitulé Sepher Yetzirah débute par un exposé de la sagesse cachée d'Alhim dans Sephrim, c'est-à-dire des Elohim dans les Séphiroth.

Dans trente-deux sentiers, la sagesse cachée établit Jah, IHVH, Tzabaoth Eholi d'Israël, Alhim de Vie, El de Grâce et de Compassion – Habitant d'en haut, exalté, élevé et Roi de l'Eternel et Son nom – Saint ! dans Trois Sephrim, savoir : B – S' ph-r, V – S' ph-r, V – Siph-o-r.

M. Ralston Skinner continue ainsi :

Ce commentaire met en lumière la "sagesse cachée" du texte original, par la sagesse cachée, c'est-à-dire par l'emploi de mots contenant une série spéciale de nombres et une phraséologie spéciale qui exprimeront le système explicatif même, que nous voyons s'adapter avec tant de précision à la Bible hébraïque... En exposant son plan, pour lui donner plus de force et pour clore son exposé détaillé par un postulat général, savoir, le mot unique de "Sephrim" (Séphiroth), du Nombre Jézirah, l'auteur explique la séparation de ce mot en trois mots subordonnés, sorte de jeu sur un mot commun, s-ph-r, ou nombre.

Le prince Al-Chazari 76 dit au Rabbi : "Je souhaite maintenant que tu consentes à me communiquer quelques-uns des plus importants principes généraux de la Philosophie Naturellequi, ainsi que tu le dis, furent jadis élaborés par eux (les anciens sages)." [III 51] A quoi le Rabbi répond : "A ces principes appartient le Nombre de Création du père de notre race, Abraham" (c'est-à-dire Abram et Abraham, ou les nombres 41224 et 41252). Il dit ensuite que ce livre de nombre traite de l'enseignement de "l'Alhim-ité et de l'Un-ité par l'entremise de DBRIM", soit les nombres du mot "Mots".

 C'est-à-dire qu'il enseigne l'emploi du rapport 31415 à Un, par 41224, nombre qui, dans la description de l'Arche d'Alliance fut divisé en deux parties par les deux tables de pierre, sur lesquelles ces DBRIM, ou 41224 furent écrits ou gravés – ou 20612 × 2. Il se livre alors à des commentaires sur ces trois mots subordonnés qui sont employés, et a soin, pour l'un d'eux, d'ajouter, "et Alhim (31415 à Un) dit : Que la Lumière (20612 à 6561) soit".

76 Dans le livre Al-Chazari, par Jéhuda-ha-Lévi, traduit par le Docteur Cassel.

 

Les mots, tels qu'ils sont donnés dans le texte, sont :

 

ךרבּדמ רבּמ רבּמ

 

et le Rabbi, en les commentant, dit : "Cela enseigne l'Alhim-ité (31415) et l'Un-ité (le diamètre à Alhim), par les mots (DBRIM = 41224), par lesquels il y a, d'un côté une expression infinie dans des créations hétérogènes, et de l'autre une tendance finale harmonieuse à l'Un-ité" (qui, ainsi que chacun le sait, est la fonction mathématique du (...) des écoles, qui mesure, pèse et dénombre les étoiles du ciel et pourtant les ramène à l'unité finale de l'Univers), "par des Mots". Leur accord final se parfait dans cette Un-ité qui les coordonne et qui consiste en

 

ךרבּמ רבּמ רבּמ

 

c'est-à-dire que le Rabbi, dans son premier commentaire, omet le jod ou i dans l'un des mots, tandis qu'ensuite il le réintègre. Si nous prenons les valeurs de ces mots subordonnés, nous trouvons qu'elles sont  représentées par 340,340 et 346 ; au total, cela fait 1026, et le mot général a été subdivisé en ceux-ci pour produire ces nombres, qui, au moyen de T'mura peuvent être  changés de différentes façons à diverses fins. 77

 77 Art. cité, pp. 12, 13.

 

Le lecteur est prié de se reporter à la STANCE IV du Volume I, Shloka 3, et au Commentaire, pour trouver que les 3, 4 (7) et le trois fois sept ou 1065, le nombre de Jéhovah, est le nombre des 21 Prajâpati mentionnés dans le Mahâbhârata, ou les trois Sephrim (mots en glyphes ou chiffres). Cette comparaison entre les Pouvoirs Créateurs de la Philosophie Archaïque et le Créateur anthropomorphique du Judaïsme exotérique (puisque l'Esotérisme des Juifs montre son identité avec la Doctrine Secrète) amènera le chercheur à constater et à reconnaître que Jéhovah n'est, en vérité, qu'un Dieu "lunaire" [III 52] et "de la génération". C'est un fait bien connu de tout étudiant consciencieux de la Cabale que plus il plonge dans ses profondeurs, plus il se sent convaincu, qu'à moins de la lire à l'aide de la lumière que répand la Philosophie Esotérique Orientale, l'étude de la Cabale – ou de ce qui en reste – n'a pour résultat que de faire constater que, suivant les lignes tracées par le Judaïsme et par le Christianisme exotérique, leur monothéisme à tous deux n'est rien de plus grand que l'antique Astrolâtrie, aujourd'hui justifiée par l'Astronomie moderne. Les Cabalistes ne cessent jamais de répéter que l'Intelligence Primordiale ne peut jamais être comprise. Elle ne peut être ni saisie, ni localisée, de sorte qu'elle doit rester sans nom et négative. Aussi l'Aïn Soph – l' "INCONNAISSABLE" ou l' "INNOMMABLE" – ne pouvant être rendu manifeste, a été imaginé comme émanant des Pouvoirs Manifestants. Ce n'est donc qu'avec ses Emanations que l'intellect humain a affaire et peut avoir affaire. La théologie chrétienne, ayant repoussé la doctrine des Emanations et l'ayant remplacée par les Créations directes et conscientes des Anges et du reste créés de rien, se trouve maintenant désespérément échouée entre le Supernaturalisme, ou Miracle, et le Matérialisme. Un Dieu extra-cosmique est fatal à la Philosophie ; une Divinité intra-cosmique – c'est-à-dire l'Esprit et la  Matière inséparables l'un de l'autre – constitue une nécessité philosophique. Séparez-les et il ne restera qu'une superstition grossière, sous un masque d'émotionalisme. Mais, pourquoi "géométriser", suivant l'expression de Platon, pourquoi représenter ces Emanations sous l'aspect d'une  immense  table arithmétique ? L'auteur qui vient d'être cité répond bien à cette question lorsqu'il dit :

La perception mentale, pour devenir perception physique doit avoir le principe cosmique de la Lumière; et,  grâce à cela, notre cercle mental doit devenir visible par la lumière ; ou, pour sa manifestation complète, le cercle doit être celui de la visibilité physique, ou la Lumière elle-même.

De pareilles conceptions, ainsi formulées, sont devenues le champ de la philosophie du Divin se manifestant dans l'univers. 78

C'est de la philosophie. Il en est autrement lorsque nous voyons le Rabbi dire dans Al-Chazari :

S'ph-r doit s'entendre dans le sens de – calculer et peser les corps créés. En effet, le calcul, au moyen duquel un corps doit être construit d'une manière harmonieuse et symétrique, au moyen [III 53] duquel sa  construction doit être bien réglée, de façon à répondre au but poursuivi, est constitué en fin de compte par le nombre, l'étendue, la masse, le poids ; – un rapport coordonné des mouvements, puis l'harmonie de la musique, doivent être entièrement constitués par le nombre, c'est-à-dire s'ph- r... Par Sippor (s'phor), on doit entendre les mots d'Alhim [206 – 1 de 31415 à un] auquel le projet se joint ou s'adapte dans la charpente ou forme de construction ; par exemple – il a été dit : "Que la Lumière soit." Le travail s'accomplit comme les mots mêmes furent articulés, c'est-à-dire comme les nombres du travail se présentèrent. 79

78 Art. cité, p. 2.

79 Art. cité, p. 14.

 

C'est matérialiser, sans scrupule, le spirituel. Mais la Cabale ne fut pas toujours si bien adaptée aux conceptions anthropo-monothéistes. Comparez cela avec une quelconque des six écoles de l'Inde. Par exemple, dans la Philosophie Sânkhya de Kapila, à moins que Purusha ne monte, allégoriquement, sur les épaules de Prakriti, cette dernière reste irrationnelle, tandis que, sans elle, Purusha demeure inactif. C'est pourquoi la Nature (dans l'homme) doit devenir un composé d'Esprit et de Matière, avant qu'il devienne ce qu'il est, et l'Esprit latent dans la Matière doit être graduellement éveillé à la vie et à la conscience. La Monade doit passer par ses formes minérale, végétale et animale, avant que la Lumière du Logos soit éveillée dans l'homme-animal. C'est pourquoi, jusqu'à ce moment-là, ce dernier ne peut être appelé "HOMME", mais doit être considéré comme une Monade emprisonnée dans des formes qui changent sans cesse. C'est l'Evolution et non pas la Création, au moyen de MOTS, que reconnaissent les Philosophies Orientales, même dans leurs recueils exotériques. Ex oriente lux [La lumière vient de l'Est]. Le nom du premier homme dans la Bible mosaïque avait lui-même une origine indienne, en dépit de la négation du professeur Max-Müller. Les Juifs ont emprunté leur Adam à la Chaldée ; et Adam-Adami est un mot composé et, par suite, un symbole multiple, qui prouve les dogmes Occultes.

Des dissertations philologiques ne seraient pas ici à leur place, mais il est permis de rappeler au lecteur que le mot Adi veut dire, en sanscrit, "le premier" ; en araméen, "un" (Ad-ad, "le seul") et, en assyrien, "Père", d'ou Ak-ad ou "père créateur" 80. Or, dès  que  cette  affirmation  est reconnue [III 54] correcte, il devient assez difficile de reléguer Adam dans la Biblemosaïque seule et de ne voir dans ce mot qu'un nom Juif 81.

80 Le terme Ak-ad (ou Akkadiens) appartient à la même catégorie que Ad-m, Ha-va (Eve), Æd-en (Eden) ; Ak-Ad veut dire "Fils de Ad", comme les fils d'Ad dans l'Antique Arabie. Ad-ad, "le seul" et le "premier" était le Ad-on ou "Seigneur" de Syrie et l'époux de Ad-ar-gat ou Aster't, la Déesse Syrienne. De plus, le Gan-Æden (Eden) ou Gandunia était la Babylonie et la Mésopotamie. En Assyrien, Ak voulait dire Créateur, en prononçant le k guttural, comme Kh (ah). Dans le mysticisme de Swedenborg, Adam n'était pas un homme, mais une église (?) de primitive lumière. Dans les Védas, Ad-iti est la lumière primordiale, l'Akâsha du monde phénoménal.

81 Voir Vol. 4, Part. 2, Sect 2, un Adam-Adami.

 

De fréquents éléments de confusion se glissent au milieu des attributs et des généalogies des Dieux, dans leurs Théogonies, l'Alpha et l'Oméga de recueils de cette science symbolique, telles qu'elles sont données au monde par les auteurs à demi initiés, Brahmaniques et Bibliques. Pourtant de pareilles confusions ne pouvaient se produire chez les premières nations, composées des descendants et des élèves des Divins Instructeurs, car les attributs, comme les généalogies, étaient inséparablement liés aux symboles cosmogoniques, les "Dieux" étant la vie et le "principe d'âme" animateur des différentes régions de l'Univers. Nulle part et chez aucun peuple, on ne laissait aller les spéculations au-delà de ces Dieux manifestés. L'Unité, sans limites et infinie, restait pour tous les peuples un terrain vierge interdit, sur lequel la pensée de l'homme ne s'aventurait pas, que n'effleuraient pas de stériles spéculations. La seule allusion qu'on y faisait était la conception sommaire de ses propriétés de diastole et de systole, d'expansion ou dilatation périodique et de contraction. Dans l'Univers, avec ses incalculables myriades de Systèmes et de Mondes qui disparaissent et reparaissent dans l'éternité, les Puissances anthropomorphisées, ou Dieux, qui sont leurs Ames, devaient disparaître avec leur Corps. Comme le dit notre Cathéchisme :

"Le Souffle qui retourne dans le Sein Eternel qui les exhale et les inhale."

La Nature Idéale, l'Espace Abstrait, dans lequel tout ce que renferme l'Univers est mystérieusement et invisiblement généré, est le même côté femelle de la puissance procréatrice de la Nature, dans la Cosmogonie Védique, comme dans toutes les autres. Aditi est Séphira, et la Sophia des Gnostiques, et Isis, la Vierge-Mère d'Horus. Dans toutes les Cosmogonies, derrière la Divinité "Créatrice" et au-dessus d'elle, il existe une Divinité Supérieure, un Dessinateur, un Architecte, dont le Créateur n'est  que l'agent exécutif. Plus haut encore, au-dessus et autour, au-dedans et au- dehors, existe l'Inconnaissable et l'Inconnu, la Source et la Cause de toutes ces Emanations.

Il devient ainsi facile de s'expliquer la raison pour laquelle [III 55] Adam-Adami se trouve dans les écritures Chaldéennes, antérieurement, certes, aux Livres Mosaïques. En Assyrien, Ad est le "père" et, en Araméen, Ad est "un" et Ad-ad "le seul", tandis qu'en Assyrien Ak veut dire "créateur". De la sorte, Ad-am-ak-ad-mon devient Adam-Kadmon, dans la Cabale (Zohar), avec la signification de "Unique (Fils) du divin Père ou du Créateur", car les mots am et om voulaient dire en même temps, dans presque toutes les langues, le divin ou la divinité. C'est ainsi qu'Adam-Kadmon et Adam-Adami finirent par signifier "la première Emanation du Père-Mère ou de la Nature Divine", et littéralement, "le premier Etre Divin". Il est facile de voir que Ad-Argat (ou  Aster't, la Déesse syrienne, l'épouse de Ad-on, le Seigneur Dieu de Syrie ou l'Adonaï juif), ainsi que Vénus, Isis, Ister, Mylitta, Eve, etc., sont identiques à Aditi et Vâch des Hindous. Elles sont toutes les "Mères de tous les vivants" et "des Dieux". D'autre part, cosmiquement et astronomiquement – tous les Dieux mâles devinrent d'abord des "Dieux Solaires", puis théologiquement les "Soleils de Justice" et les Logoï, tous symbolisés par le Soleil 82. Ce sont tous des Protogonoi – des Premiers-nés – et des Microprosopoi. Pour les Juifs, Adam-Kadmon était le même que Athamaz, Tamas, ou l'Adonis des Grecs – "l'Unique avec son Père et de son Père" – le "Père" devenant durant les dernières Races, Hélios, le Soleil, comme Apollon Karneios 83, par exemple, qui était le "né-du-Soleil" ; Osiris, Ormazd, etc., furent tous suivis par des types plus terrestres encore, en lesquels ils se trouvèrent transformés plus [III 56] tard : comme Prométhée, le crucifié du mont Kajbi, Hercule et tant d'autres Dieux-Solaires et Héros, jusqu'au moment où tous n'eurent plus de meilleure signification que d'être des symboles phalliques.

Dans le Zohar, il est dit :

L'homme fut créé par les  Séphiroth (Elohim-Javeh, aussi), et ils engendrèrent par leur pouvoir commun l'Adam terrestre.

C'est pourquoi, dans la Genèse, les Elohim disent : "Voyez ! l'Homme est devenu comme l'un de nous" : mais, dans la Cosmogonie ou "Création" hindoue, Brahmâ-Prajâpati crée Virâj et les Richis, spirituellement ; c'est pourquoi ces derniers sont clairement dénommés les "Fils de Brahmâ nés- du-Mental", et cette manière déterminée d'engendrer excluait toute idée de Phallisme, tout au moins chez les premières nations humaines. Cet exemple illustre bien la spiritualité respective des deux peuples.

82  Adam-Jéhovah, Brahmâ et Mars sont, dans un sens, identiques ; ce sont tous des symboles des puissances génératrices primitives ou initiales destinées à la procréation humaine. Adam est  rouge, comme le sont aussi Brahmâ-Virâj et Mars – Dieu et Planète. L'Eau est le "sang" de la Terre ; c'est pourquoi tous ces noms ont un rapport avec la Terre et l'Eau. "Il faut de la terre et de l'eau pour créer une âme humaine", dit Moïse. Mars est identique à Kârttikeya, Dieu de la Guerre (dans un sens) – lequel Dieu est né de la Sueur de Shiva, de Shivagharmaja et de la Terre. Dans le Mahâbhârata on le représente comme né sans l'intervention d'une femme. On l'appelle aussi Lohita, rouge comme Adam et les autres "premiers hommes". Aussi l'auteur de The Source of Measures a-t- il tout à fait raison de penser que Mars (et tous les autres Dieux ayant les mêmes attributs), étant le dieu de la guerre et de l'effusion du sang, n'était qu'une idée secondaire découlant de l'idée primordiale d'effusion du sang dans la première conception". C'est pourquoi Jéhovah devint plus tard un Dieu combattant, "Seigneur des Armées" et celui qui dirige la guerre. Il est l'agressif Zodh – ou Caïn, par permutation, qui égorgea son frère (femelle), dont "le sang cria de la Terre", la Terreayant ouvert la bouche pour recevoir le sang. (Genèse IV, 10-11.)

83 Apollon-Karneios est certainement une transformation grecque du Krishna-Kirana hindou. Kirana veut dire rayonnant, et Karneios, qui était l'un des titres d'Apollon chez les Celtes comme chez les Grecs, voulait dire "né-du-Soleil".

 

Shloka 3. Ce que répond le Soleil

 

Le Seigneur à la Face Lumineuse dit : "Je t'enverrai un feu quand ton travail sera commencé. Elève ta voix vers d'autres Lokas ; fais appel à ton Père, le Seigneur du Lotus 84 (a), pour ses Fils... Ton Peuple sera sous la loi des Pères 85. Tes hommes seront mortels. Les Hommes du Seigneur de Sagesse 86 et non les fils de Soma 87, Sont immortels. Mets fin à tes plaintes (b). Tes Sept Peaux te couvrent encore... Tu n'es pas prête. Tes hommes ne sont pas prêts (c)."

84 Kumuda-Pati. [Kumuda = le nénuphar blanc qu'on dit s'ouvrir au lever de la lune ; Pati = Seigneur.]

85 Pitri-Pati.

86 Boudha, Mercure.

87 La Lune.

 

(a)     Kumuda-Pati est la Lune, la mère de la Terre, dans sa région de Soma-Loka. Bien que les Pitris, ou Pères, soient des Fils des Dieux, ailleurs des Fils de Brahmâ et même des Richis, on les connaît généralement sous le nom d'Ancêtres Lunaires.

(b)    Pitri-Pati est le Seigneur ou Roi des Pitris, Yama, le [III 57] Dieu de la mort et le Juge des mortels. Les hommes de Boudha, Mercure, sont, métaphoriquement, "immortels" grâce à leur Sagesse. Telle est la croyance générale de ceux qui considèrent toutes les Etoiles ou Planètes comme étant habitées, – et il y a des savants, C. Flammarion, entre autres, qui le croient fermement, en se basant sur des données aussi bien logiques qu'astronomiques. La Lune étant un corps inférieur, même à la Terre, sans parler des autres Planètes, les hommes terrestres produits par ses Fils – les Hommes Lunaires ou Ancêtres – au moyen de sa coque ou corps, ne peuvent être immortels. Ils ne peuvent espérer devenir des hommes réels, soi-conscients et intelligents, à moins d'être "parachevés", pour ainsi dire, par d'autres créateurs. Ainsi dans la légende pouranique, le fils de la Lune (Soma) est Boudha (Mercure) l'intelligent et le sage, parce qu'il est le rejeton de Soma, Régent de la Lune [in]visible, et non pas d'Indou, la Lune physique. Ainsi Mercure est le frère aîné de la Terre métaphoriquement – son demi-frère pour ainsi dire, le rejeton de l'Esprit – tandis qu'elle (la Terre) est la progéniture du Corps. Ces allégories ont une signification plus profonde et plus scientifique – astronomiquement et géologiquement – que ne sont disposés à l'admettre nos physiciens. Tout le cycle de la première "Guerre dans le Ciel", la Târakâmaya, est aussi plein de vérités philosophiques que de vérités cosmogoniques et astronomiques. On peut y retrouver les biographies de toutes les Planètes, grâce à l'histoire de leurs Dieux et de leurs Régents. Oushanas (Shoukra ou Vénus), l'amie de cœur de Soma et l'ennemie de Brihaspati (Jupiter), "l'Instructeur des Dieux", dont l'épouse Târâ ou Tarakâ avait été enlevée par la Lune. Soma – "dont il engendra Boudha" – prit, aussi, une part active à cette guerre contre les "Dieux" et fut ensuite abaissée au rang d'une Divinité Démoniaque (Asoura), rang qu'elle conserve jusqu'à présent 88. [III 58]

Ici le mot "hommes" se rapporte aux hommes Célestes, ou à ce qu'on appelle, aux Indes, les Pitaras ou Pitris, les Pères, les Progéniteurs des hommes. Cela ne résout pas l'apparente difficulté, que présente,  par rapport aux hypothèses modernes, l'enseignement qui nous montre ces Progéniteurs ou Ancêtres créant les premiers Adams humains en les tirant de leurs côtés, comme des ombres astrales. Bien que cela soit un progrès, comparé à la côte d'Adam, on n'en opposera pas moins des difficultés géologiques et climatériques. Néanmoins, tel est l'enseignement de l'Occultisme.

(c)     Dans chaque race l'organisme de l'homme était adapté au milieu ambiant. La première Race-Racine était aussi éthérée que la nôtre est matérielle. Les rejetons des Sept Créateurs, qui évoluèrent les Sept Adams Primordiaux 89, n'avaient certainement besoin d'aucun gaz purifié pour assurer leur respiration et leur vie. Aussi, quelle que soit la vigueur avec laquelle les dévots de la science Moderne pourront affirmer l'impossibilité de cet enseignement, les Occultistes maintiennent que les choses étaient dans l'état décrit des æons d'années avant même l'évolution du Lémurien, premier homme physique qui eut lieu il y a 18.000.000 d'années.

88 Ushanas-Shukra, ou Vénus, est notre Lucifer, l'Etoile du Matin, bien entendu. Le caractère ingénieux de cette allégorie est vraiment grand, dans ses multiples significations. Ainsi Brihaspati (la planète Jupiter), ou Brahmanaspati, est, dans le Rig Véda, une divinité qui représente le symbole et le prototype du culte exotérique ou ritualiste. Il est prêtre, sacrificateur, suppliant, et il est le canal par lequel les prières des mortels atteignent les Dieux. Il est le Pourohita (Prêtre de famille ou Chapelain de Cour) de l'Olympe hindou et le Gourou spirituel des Dieux. Soma est le Dieu des mystères et préside à la nature mystique et Occulte dans l'homme et dans l'Univers. Târâ, l'épouse du prêtre, qui symbolise l'adorateur, préfère les vérités ésotériques à leur simple coquille, l'exotérisme ; aussi la représente-t-on comme enlevée par Soma. Or, Soma est le jus sacré qui porte ce nom et qui donne des visions mystiques et des révélations en transe, et le résultat de cette union est Boudha (la Sagesse), Mercure, Hermès, etc., – bref, cette Science qui, de nos jours, est proclamée Diabolique et Satanique par les Brihaspatis de la Théologie. Qu'y a-t-il d'étonnant à ce que nous voyions la Théologie Chrétienne étendre le cercle de cette allégorie, épouser la querelle des Dieux Hindous et considérer Oushanas (Lucifer), qui aida Soma contre cette antique personnification du culte ritualiste (Brahmanaspati, le Seigneur des Brahmanas, devenu maintenant Jupiter-Jéhovah), comme Satan, "l'Ennemi de Dieu" !

 89 Comme nous l'avons démontré ailleurs, c'est seulement l'Homme Céleste, l'Adam Kadmon du premier chapitre de la Genèse, qui est créé "à l'image et à la ressemblance de Dieu". L'Adam du second chapitre n'est pas représenté comme créé à cette image, ni à la ressemblance divine, avant d'avoir mangé le fruit défendu. Le premier Adam, c'est la Légion Séphirothale ; le second Adam, c'est la Première Race Racine humaine, sans mental ; le troisième Adam, c'est la Race qui se sépara, dont les yeux sont ouverts.

90 La Terre.

 

Les Ecritures Archaïques enseignent qu'au commencement de chaque Kalpa local, ou Ronde, la Terre renaît, et l'évolution préliminaire est décrite, dans l'un des LIVRES DE DZYAN et dans son Commentaire, de la façon suivante :

"De même que le Jiva humain [la Monade], lorsqu'il passe dans une nouvelle matrice, est recouvert d'un nouveau corps, il en est ainsi pour le Jîva de la Terre ; il revêt à chaque Ronde une enveloppe plus parfaite et plus solide, lorsqu'il émerge à nouveau de la matrice de l'espace, dans l'objectivité." [III 59]

Ce processus est, naturellement, accompagné par les douleurs de la nouvelle naissance, ou convulsions géologiques.

La seule allusion qui y soit faite, est contenue dans un verset du volume du LIVRE DE DZYAN que nous avons sous les yeux et qui dit :

 

Shloka 4. Transformation de la Terre

 

Après de grandes douleurs, elle 90 se débarrassa de ses Trois anciennes et revêtit ses Sept nouvelles Peaux et resta vêtue de sa première.

Cela se rapporte à la croissance de la Terre, tandis que dans la STANCE qui traite de la Première Ronde, il est dit dans le Commentaire :

 "Après que la Nature invariable [Avikâra], immuable [Essence, Sadaikaroûpa] se fut éveillée et changée [différenciée] en [un état de] causalité (Avyakta), et que de cause [Kârana] elle fut devenue son propre effet discret [Vyakta], d'invisible elle devint visible. Le plus petit des petits [le plus atomique des atomes, ou anîyânsam anîyasâm] devint l'un et le multiple [Ekânekaroûpa] ; et, produisant l'Univers, produisit aussi le quatrième Loka [notre Terre] dans la guirlande des sept lotus. L'Achyouta devint alors le Chyouta 91."

91 Achyouta est un terme presque intraduisible. Il veut dire ce qui n'est pas sujet à la chute ou au changement en pis, celui qui ne choît pas. C'est l'inverse de Chyouta, le Déchu. Les Dhyânîs qui s'incarnèrent dans les formes humaines de la Troisième Race-Racine et les dotèrent de l'intellect (Manas), sont appelée les Chyoutas, parce qu'ils tombent dans la génération.

 

On nous dit que la Terre se débarrasse de "ses trois anciennes" Peaux, parce que cela se rapporte aux trois précédentes Rondes par lesquelles elle est déjà passée : la Ronde actuelle étant la Quatrième des sept. Au début de chaque nouvelle Ronde, après une période d'Obscuration, la Terre – comme c'est aussi le cas pour les six autres Terres" – se dépouille ou est supposée se dépouiller de ses vieilles Peaux, comme le fait le Serpent : c'est pourquoi on l'appelle, dans l'Aitareya-Brâmana, la Sarpa-Râjnî, la "Reine des Serpents" et "la mère de tout ce qui se meut". Les "Sept Peaux" dans la première desquelles elle se trouve maintenant, se rapportent aux sept changements géologiques qui accompagnent l'évolution des Sept Races-Racines de l'Humanité et y correspondent. [III 60]

La STANCE II, qui parle de cette Ronde, débute par quelques mots d'explication au sujet de l'âge de notre Terre. La chronologie sera donnée au moment voulu. Dans le Commentaire qui accompagne la Stance, il est fait mention de deux personnages Nârada et Asouramaya, particulièrement de ce dernier. Tous les calculs sont attribués à cette célébrité archaïque, et ce qui suit renseignera superficiellement le lecteur sur quelques-uns de ces chiffres.

 DEUX ASTRONOMES ANTEDILUVIENS

 Dans l'esprit de l'Occultiste oriental, deux personnages se rattachent indissolublement à l'Astronomie et à la Chronologie mystiques et à leurs cycles. Deux grands et mystérieux personnages, dominant comme deux géants le Passé Archaïque, se dressent devant lui toutes les fois qu'il faut traiter de Yougas ou de Kalpas. Quand, à quelle époque préhistorique ont- ils vécu, seuls quelques rares hommes de ce monde le savent, ou  peuvent le savoir avec cette certitude qu'exige une chronologie exacte. Cela peut être il y a cent mille ans, comme il y a un million d'années pour autant que le monde extérieur le saura jamais. L'Occident mystique et la Franc- Maçonnerie parlent à haute voix d'Enoch et d'Hermès. L'Orient mystique parle de Nârada, l'antique Richi Védique et d'Asouramaya, l'Atlante.

Nous avons déjà suggéré que, parmi tous les personnages incompréhensibles du Mahâbhârata et des Pourânas, Nârada, le fils de Brahmâ, dans le Matsya Pourâna, le rejeton de Kashyapa et de la fille de Daksha, dans le Vishnou Pourâna, est le plus mystérieux de tous. Parâshara lui donne le titre respectable de Déva-Richi (Divin Richi, plutôt que Demi-Dieu) et pourtant il est maudit par Daksha et même par Brahmâ. Il informe Kansa que Bhagavân, ou Vishnou dans l'exotérisme, s'incarnera dans le huitième enfant de Dévaki, et attire ainsi la colère de l'Hérode Indien sur la mère de Krishna, puis, du haut du nuage sur lequel il est assis – invisible comme un vrai Mânasapoutra – il loue Krishna, ravi  du haut fait de l'Avatar qui vient de tuer le monstre Késhin. Nârada est ici, là et partout et pourtant aucun des Pourânas ne donne les véritables caractéristiques de ce grand ennemi de la procréation physique. Quelles que puissent être ces caractéristiques dans l'Esotérisme hindou, Nârada – que l'Occultisme cis-himalayen appelle Pesh-Hun, le "Messager" ou l'Angelos grec – est le seul confident de Karma et d'Adi-Bouddha et l'exécuteur de leurs décrets universels. C'est une sorte de [III 61] Logos actif, s'incarnant sans cesse, qui conduit et dirige les affaires humaines depuis le commencement jusqu'à la fin du Kalpa.

Pesh-Hun est une propriété générale et non pas la propriété spéciale des Hindous. C'est le pouvoir dirigeant, intelligent et mystérieux, qui donne leur impulsion aux Cycles, aux Kalpas et aux événements universels et régularise leurs énergies 92. C'est, d'une manière générale, le régulateur visible du Karma, l'inspirateur et le guide des plus grands héros de ce Manvantara. Dans les ouvrages exotériques, on fait allusion à lui sous des noms très peu flatteurs, tels que : Kali-Kâraka, faiseur de discorde, Kapi- Vaktra, à la face de Singe, et même Pishuna, l'Espion, bien qu'ailleurs il soit appelé Déva-Brahmâ. Sir William Jones, lui-même, fut fortement impressionné par ce personnage mystérieux, d'après les renseignements qu'il amassa sur son compte au cours de ses études de Sanscrit. Il le compare à Hermès et à Mercure et l'appelle "l'éloquent messager des Dieux" 93. Tout cela, en dehors du fait que les Hindous le tiennent pour un grand Richi, "qui erre sans cesse de par le monde, en donnant de bons conseils", amena feu le docteur Kenealy 94 à voir en lui un des douze Messies. Il n'était peut-être pas aussi loin de la vérité que le pensent certains.

92 C'est peut-être pour cette raison que l'on nous dit, dans la Bhagavad Gita, que Brahmâ avait fait savoir à Nârada, dès le début, que tous les hommes, sans exception, même les Mlechchhas, les sans- caste et les barbares, pourraient connaître la vraie nature de Vâsudeva et apprendre à avoir foi en cette Divinité.

93 Voyez Asiatic Researches, I, 265.

94 Book of God, 60.

 

Ce que Nârada est réellement ne peut être livré à l'impression et, du reste, les modernes générations de profanes ne gagneraient pas grand- chose à le savoir. Nous pouvons toutefois faire remarquer que s'il y a, dans le Panthéon hindou, une Divinité qui ressemble à Jéhovah, parce qu'elle tente ceux dont elle veut faire ses instruments et ses victimes, en leur "suggérant" des pensées et en "endurcissant" leurs cœurs, c'est Nârada. Seulement ce dernier n'est pas poussé par le désir de trouver un prétexte pour "tourmenter" et pouvoir prouver que : "Je suis le Seigneur Dieu", pas plus qu'il il n'obéit à un motif ambitieux ou égoïste ; en vérité, il n'agit ainsi que pour servir et diriger le progrès universel et l'évolution.

Dans les Pourânas, Nârada est, à part quelques Dieux, l'un des rares personnages en vue qui visitent les régions soi-disant inférieures ou infernales, Pâtâla. Que ce soit ou que ce ne soit pas grâce à ses relations avec Shesha aux mille têtes, – le [III 62] Serpent qui porte sur ses têtes, en guise de diadème, les Sept Pâtâlas et le monde entier et qui est le grand instructeur en Astronomie 95, – que Nârada ait appris tout ce qu'il savait, il est certain qu'il surpasse le Gourou de Garga par son savoir au sujet des complications cycliques. C'est à lui qu'est confié notre progrès, ainsi que notre bonheur ou notre malheur national. C'est lui qui provoque les guerres et y met un terme. Dans les antiques STANCES, Pesh-Hun est représenté comme ayant calculé et enregistré tous les Cycles astronomiques et cosmiques de l'avenir, et comme ayant enseigné cette Science  aux premiers contemplateurs de la voûte étoilée. Enfin, c'est Asouramaya qui, dit-on, basa toutes ses opérations astronomiques sur ces archives et détermina la durée de toutes les périodes géologiques et cosmiques du passé, ainsi que la longueur de tous les Cycles futurs, jusqu'à la fin de ce Cycle de Vie, c'est-à-dire la fin de la Septième Race.

Il y a, parmi les Livres Secrets, un ouvrage intitulé le Miroir du Futur, dans lequel sont notés tous les Kalpas contenus dans les Kalpas et tous les Cycles contenus dans le sein de Shesha ou le Temps infini. Cet ouvrage est attribué à Pesh-Hun-Nârada. Il existe aussi un autre ouvrage antique qui est attribué à divers Atlantes. Ce sont ces deux recueils qui nous fournissent les chiffres de nos Cycles et nous permettent de calculer la date des Cycles futurs. Toutefois, les calculs chronologiques que nous allons donner sont ceux des Brahmanes, comme nous l'expliquerons plus loin, mais la plupart d'entre eux sont aussi ceux de la Doctrine Secrète.

La chronologie et les computations des Initiés Brahmanes sont basées sur les archives zodiacales de l'Inde et sur les œuvres de l'Astronome et Magicien mentionné plus haut Asouramaya. Les archives zodiacales atlantes ne peuvent se tromper, puisqu'elles ont été compilées sous la direction de ceux qui furent les premiers à enseigner, entre autres choses, l'Astronomie à l'humanité.

Cependant, nous affrontons encore ici, délibérément et sans souci du résultat, une nouvelle difficulté. On nous dira que nos affirmations sont contredites par la Science, représentée par un homme que l'on considère (en Occident) comme faisant autorité dans toutes les questions de littérature sanscrite – le professeur Albrecht Weber, de Berlin. A notre grand regret, [III 63] nous n'y pouvons rien et nous sommes prêts à soutenir nos affirmations. Asouramaya, que la tradition épique désigne comme le plus ancien des astronomes de l'Aryâvarta, à qui le "Dieu Solaire communiqua la connaissance des étoiles", in propria persona, comme le déclare le docteur Weber lui-même, est identifié par lui, d'une façon quelque peu mystérieuse, avec le "Ptolemaios" des Grecs. Il n'en donne aucune raison plus sérieuse que la suivante :

Ce dernier nom (Ptolemaios), comme nous le constatons grâce à l'inscription de Piyadasi, devient le "Turamaya" Indien, nom d'où aurait pu être très facilement tiré celui de "Asoura Maya".

Assurément il "aurait pu" en être tiré, mais la question vitale est celle- ci : Existe-t-il une preuve sérieuse établissant qu'il en ait été tiré ? La seule preuve que l'on en donne, c'est qu'il faut qu'il en soit ainsi :

Puisque... ce Maya est clairement attribué à Romaka- poura en Occident. 96

95 Shesha, qui est aussi Ananta, l'infini et le "Cycle de l'Eternité" en Esotérisme, est réputé avoir communiqué ses connaissances astronomiques à Garga, le plus ancien astronome de l'Inde, qui se le rendit favorable et connut dès lors tout ce qui concernait les Planètes, ainsi que le moyen de lire les présages.

 96 Voyez The History of Indian Literature, p. 253, par le Prof. A. Weber dans les Séries Orientales de Trübner.

97 Les Indiens Maya du Guatémala eux-mêmes possédaient leur Zodiaque, depuis l'antiquité la plus reculée, et "l'homme primitif a agi de même à toutes les époques, sans distinction de temps ou de localité", fait observer un écrivain français.

 

La Maya est évidente, attendu qu'aucun des Sanscritistes Européens ne saurait dire où se trouvait cette localité de Romaka-poura, sauf, toutefois, qu'elle se trouvait quelque part "en Occident". En tout cas, comme aucun membre de la Société Asiatique, aucun Orientaliste Occidental, ne prêtera jamais l'oreille à un enseignement Brahmanique, il est inutile de tenir compte des objections des Orientalistes Européens. Romaka-poura était certainement "en Occident", puisqu'elle faisait partie intégrante du continent perdu de l'Atlantide. Et il est également certain que c'est l'Atlantide que les Pourânas hindous assignent comme lieu de naissance à Asouramaya, "aussi grand Magicien que grand Astrologue et Astronome". De plus, le professeur Weber se refuse à reconnaître une grande ancienneté au Zodiaque Indien et se montre porté à croire que les Hindous n'eurent jamais connaissance d'un Zodiaque jusqu'au jour :

Où ils en empruntèrent un aux Grecs 97.

 Cette affirmation est en contradiction avec les plus  anciennes traditions de l'Inde et n'a, par suite, aucune valeur. Nous sommes d'autant plus justifiés de n'en pas tenir compte 98, [III 64] que le savant Professeur allemand nous dit lui-même, dans l'introduction de son ouvrage, que :

Outre les obstacles naturels qui entravent les investigations [dans l'Inde], une épaisse nuée de préjugés et d'idées préconçues s'y maintient, planant sur le pays et l'enveloppant comme d'un voile. 99

Enveloppé dans ce voile, il n'est pas étonnant que le docteur Weber ait été lui-même amené à commettre d'involontaires erreurs. Espérons qu'il en sait davantage maintenant.

En tout cas, qu'Asouramaya soit considéré comme un mythe moderne, comme un personnage qui florissait à l'époque des Grecs de Macédoine, ou comme ce que les Occultistes affirment qu'il était, ses calculs concordent absolument avec ceux des Archives Occultes.

Grâce à des fragments d'ouvrages immensément anciens, attribués à l'Astronome Atlante et découverts dans le Sud des Indes, deux Brahmanes très érudits établirent, en 1884 et 1885, le calendrier mentionné ailleurs 100. Ce travail que les meilleurs Pandits proclament irréprochable – au point de vue Brahmanique – a, jusqu'à présent, trait à la chronologie des enseignements orthodoxes. Si nous comparons ses données à celles qui parurent plusieurs années auparavant dans Isis Dévoilée, aux fragments d'enseignement publiés par quelques Théosophes et aux données actuellement tirées des Livres Secrets de l'Occultisme, nous constaterons que le tout concorde parfaitement, sauf en ce qui concerne quelques détails qui ne peuvent être expliqués. En effet, pour les expliquer, des secrets d'Initiation supérieure – aussi inconnus de l'auteur qu'ils le sont du  lecteur – devraient être révélés et cela ne se peut pas.

98 Voir Vol. 2 Sec. 16. Le Zodiaque et son antiquité.

99 Ibid., p. 2.

100 Le Tirukkanda Panchanga, pour le Kali Youga 4986, par Chintamany Raghanaracharya, fils du célèbre astronome du gouvernement de Madras, et Tartakamala Venkata Krishna Rao.

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