MAITRE M

Les Enseignements du Maitre MORYA

LA DOCTRINE SECRETE VOL 3

STANCE VII - DES RACES SEMI-DIVINES AUX PREMIERES RACES HUMAINES

STANCE VII

DES RACES SEMI-DIVINES AUX PREMIERES RACES HUMAINES

 

  1. Dans leur orgueil, les Créateurs supérieurs repoussent les Formes évoluées par les "Fils du Yoga".
  2. Ils ne veulent pas s'incarner dans les premiers Nés de l'œuf.
  3. Ils choisissent les Androgynes ultérieurs.
  4. Le premier homme doué d'un mental

 

Shloka 24. Dans leur orgueil, les Créateurs supérieurs repoussent les Formes évoluées par les "Fils du Yoga".

 Les Fils de la Sagesse, les Fils de la Nuit 391 prêts à renaître, descendirent. Ils virent les viles 392 formes de la Première Troisième 393 (a). "Nous pouvons choisir, dirent les Seigneurs, nous avons la sagesse." Quelques-uns entrèrent dans les Chhâyâs. D'autres projetèrent une Etincelle. D'autres encore différèrent jusqu'à la Quatrième 394. [III 202] Avec leur propre Roupa 395 ils remplirent 396 le Kâma 397. Ceux qui entrèrent devinrent Arhats. Ceux qui ne reçurent qu'une Etincelle restèrent dépourvus de savoir 398, l'Etincelle brillait faiblement (b). Les Troisièmes restèrent sans mental. Leurs Jivas 399 n'étaient pas prêts. Ceux-ci furent mis à part parmi les Sept 400. Ils devinrent les Têtes étroites. Les Troisièmes étaient prêts. "Dans ceux-ci nous habiterons, dirent les Seigneurs de la Flamme et de la Sombre Sagesse (c)."

Cette STANCE renferme toute la clef des mystères du mal, de ce que l'on appelle la Chute des Anges et les nombreux problèmes qui ont fait travailler le cerveau des Philosophes depuis l'époque d'où date la mémoire de l'homme. Elle dévoile le secret des inégalités subséquentes de capacité intellectuelle, de naissance ou de position sociale et donne une explication logique de l'incompréhensible pèlerinage Karmique durant les æons qui suivirent. Nous allons maintenant tenter la meilleure explication que, en raison des difficultés du sujet, l'on puisse donner.

 391 Nés du Corps de Brahmâ lorsqu'il devint Nuit.

392 Intellectuellement viles.

393 Race encore dépourvue de sens.

394 Race.

395 Essence dans l'édition de 1888.

396 Renforcèrent.

397 Le véhicule des Désirs.

398 Le Savoir supérieur.

399 Monades.

400 Les espèces humaines primitives.

 

(a)     Jusqu'à la Quatrième Ronde et même jusqu'à la seconde partie de la Troisième Race de cette Ronde, l'Homme – si l'on peut donner ce nom, susceptible d'induire en erreur, aux formes sans cesse changeantes dont les Monades étaient revêtues durant les trois premières Rondes et les deux premières Races et demie de la Ronde actuelle – n'est encore qu'un animal, au point de vue intellectuel. Ce n'est que durant la Ronde actuelle, celle qui tient le milieu, qu'il développe entièrement en lui-même le Quatrième Principe, comme véhicule convenable pour le Cinquième. Mais Manas n'atteindra son développement relativement complet qu'au cours de la Ronde suivante, lorsqu'il aura l'occasion de devenir entièrement divin jusqu'à la fin des Rondes. Comme le dit Christian Shœttgen dans Horæ Hebraicæ, etc., le premier Adam terrestre "possédait seulement le souffle de vie" – Nephesh, mais non pas l'Ame vivante. [III 203]

(b)     Il s'agit ici des Races inférieures dont il subsiste encore quelques échantillons – tels que les Australiens, qui tendent maintenant à disparaître rapidement, et quelques tribus de l'Afrique et de l'Océanie. Les mots : "n'étaient pas prêts", veulent dire que le développement Karmique de ces Monades ne les avait pas rendues aptes à occuper les formes humaines destinées à s'incarner dans les Races intellectuelles supérieures. Toutefois cela est expliqué plus loin.

(c)     Le Zohar parle du "Feu Noir" qui est la Lumière Absolue – la Sagesse. A ceux qui, poussés par d'antiques préjugés théologiques, pourraient nous dire : "Mais les Asouras sont les Dévas rebelles, les adversaires des Dieux – et, par suite, les Démons et les Esprits du Mal" – nous répondrons : "La Philosophie Esotérique n'admet ni bien ni mal, per se, comme ayant une existence indépendante dans la Nature." On découvre la raison d'être de tous deux, en ce qui concerne le Cosmos, dans la nécessité des opposés, des contrastes et, en ce qui concerne l'homme, dans sa nature humaine, son ignorance et ses passions. Il n'existe pas de Démons, ou êtres absolument dépravés, de même qu'il n'y a pas d'Anges absolument parfaits, bien qu'il puisse exister des Esprits de Lumière et des Esprits des Ténèbres : ainsi LUCIFER – l'Esprit de l'Illumination Intellectuelle et de la Liberté de Pensée – est, au point de vue métaphorique, le phare qui dirige, qui aide l'homme à trouver son chemin à travers les rocs et les bancs de sable de la Vie, car Lucifer est, sous son aspect le plus élevé, le Logos et, sous son aspect le plus bas, "l'Adversaire" –   aspects qui sont tous deux reflétés dans notre Ego. Lactance, parlant de la nature du Christ, fait du Logos, du Verbe, "le frère premier-né de Satan et la première de toutes les créatures" 401.

Le Vishnou Pourâna décrit ces créatures primordiales (Tiryaksrotas) comme ayant des tubes digestifs courbés :

[Ils étaient] doués de manifestations internes, mais restaient mutuellement dans l'ignorance au sujet de leur genre et de leur nature. 402

Les vingt-huit genres de Badhas ou "imperfections" ne se rapportent pas, comme le pensait Wilson, aux animaux aujourd'hui connus qui sont décrits par lui, attendu qu'ils [III 204] n'existaient pas durant ces périodes géologiques. Cela ressort clairement de cet ouvrage, dans lequel les premiers créés sont la "quintuple création immuable", les minéraux et végétaux ; après quoi viennent ces animaux fabuleux, Tiryaksrotas – les monstres de l'Abîme, égorgés par les "Seigneurs" des Stances II et III. Ensuite les Ourdhvasrotas, les heureux êtres célestes, qui se nourrissent d'ambroisie, et enfin les Arvaksrotas, êtres humains – ce que l'on appelle la septième "création" de Brahmâ. Mais ces "créations", y compris la dernière, n'eurent pas lieu sur ce Globe, quel que soit l'endroit où elles aient pu se produire. Ce n'est pas Brahmâ qui crée les choses et les hommes sur cette Terre, mais le Chef et Seigneur des Prajâpatis, les Seigneurs de l'Etre et de la Création terrestre. "Obéissant aux ordres de Brahmâ", Daksha – la synthèse ou l'agrégat des Créateurs et Progéniteurs Terrestres, y compris les Pitris – créa des choses supérieures et inférieures (vara et avara), "se rapportant à la progéniture poutra 403" et des "bipèdes et quadrupèdes, puis ensuite, par sa volonté [se rapportant aux Fils de la Volonté et du Yoga], il donna naissance à des femelles" 404 – c'est-à-dire sépara les androgynes. Là encore nous trouvons les "bipèdes" ou hommes, créés avant les "quadrupèdes", comme dans les Enseignements Esotériques.

401 Inst. Div, II, VIII : cité dans la Qabbalah, de Myer, p. 116.

402 Op. cit., I, V, traduction de Wilson ; version de Fitzedward Hall, I. 72.

403 "Poutra" veut dire "Fils" en sanscrit. – N.D.T.

404 Op. cit., II, 10.

 

Puisque, dans les récits exotériques, les Asouras sont  les premiers Etres créés du "Corps de la Nuit", tandis que les Pitris émanent de celui du "Crépuscule", et puisque, dans le Vishnou Pourâna, les "Dieux" sont placés, par Parâshara, entre les deux, et nous sont montrés comme émanant du "Corps du Jour", il est facile de découvrir là un dessein bien arrêté de dissimuler l'ordre de la création. L'homme, c'est l'Arvâksrota émanant du "Corps de l'Aurore" et, ailleurs, c'est encore à l'homme que l'on fait allusion, lorsque le Créateur du Monde, Brahmâ, nous est montré "créant des êtres féroces qui furent appelés Bhoutâs et mangeurs de chair", ou, selon l'expression employée dans le texte, "des démons effrayants parce qu'ils avaient la couleur des singes et étaient carnivores" 405, tandis que les Râkshasas sont généralement traduits par "mauvais Esprits" et "ennemis des Dieux", ce qui les identifie avec les Asouras. Dans le Râmâyana, lorsque Hanumân va reconnaître l'ennemi dans Lanka, il y trouve des Râkshasas, les uns hideux, "tandis que d'autres étaient superbes à voir", et dans la Vishnou[III 205] Pourâna, on fait une allusion directe à leur transformation en Sauveurs de "l'Humanité" ou de Brahmâ.

L'allégorie est très ingénieuse. Une grande intelligence et un savoir trop étendu constituent, dans la vie, une arme à deux tranchants et servent d'instruments pour le mal comme pour le bien. Lorsqu'ils sont combinés avec l'égoïsme, ils transforment l'Humanité tout entière en un marchepied destiné à hausser celui qui les possède et deviennent pour lui un moyen d'atteindre son but, tandis que s'ils sont mis en œuvre dans un but altruiste et humanitaire, ils peuvent servir à assurer le salut de bien des gens. En tous cas, l'absence de soi-conscience et d'intellect fera de l'homme un idiot, une brute ayant une forme humaine. Brahmâ, c'est Mahat, le Mental Universel ; c'est pour cela que les plus égoïstes des Râkshasas nous sont représentés comme désirant le posséder tout entier – comme désirant "dévorer" Mahat. L'allégorie est transparente.

En tout cas, la Philosophie Esotérique identifie les Asouras, les Roudras 406 et les Râkshasas pré-Brahmaniques, ainsi que tous les "Adversaires des Dieux" dans les allégories, avec les Egos qui, en s'incarnant dans l'homme encore sans esprit de la Troisième Race, le rendirent consciemment immortel. Ils représentent donc, durant le cycle des Incarnations, le véritable Logos double – le Principe Divin contradictoire et à double face qui est dans l'Homme. Le Commentaire  ci-après et les STANCES suivantes pourront, sans aucun doute, jeter plus de clarté sur cette donnée très difficile, mais l'auteur ne se sent pas la compétence voulue pour en faire l'exposé complet. Toutefois, au sujet de la succession des Races, le Commentaire s'exprime ainsi :

405 Ibid., I, 83.

406 Que Manou appelle les "grands-pères paternels" (III, 284). Les Roudras sont les sept manifestations de Roudra-Shiva, le "Dieu destructeur" et aussi le grand Yogi et Ascète.

D'abord viennent les SOI-EXISTANTS sur  cette Terre. Ce sont les "Vies Spirituelles" projetées par la VOLONTÉ et la LOI absolues, à l'Aurore de chaque Renaissance des Mondes. Ces VIES sont les divins "Shishta"

[les Manous-Semence ou les Prajâpatis et les Pitris].

De ceux-ci procède :

  1. 1.           La Première Race, les "Auto-générés", qui sont les Ombres [Astrales] de leurs Progéniteurs. Le corps était dépourvu de tout entendement [mental, intelligence et volonté]. L'Etre Interne [le Soi-Supérieur ou Monade], bien que se [III 206] trouvant à l'intérieur de la charpente terrestre, n'avait pas de rapports avec elle. Le trait d'union, le Manas, n'était pas encore présent.
  2. 2.           De la première [Race] émana la Seconde appelée "Né-de-la- Sueur" 407 et les "Sans Os". C'est là la Seconde Race-Racine, [III 207] douée par les conservateurs [Râkshasas 408] et par les Dieux Incarnés [Asouras et Koumâras] de la première et faible Etincelle [le germe de l'intelligence]...

Et de celle-ci procéda à son tour

  1. 3.           La Troisième Race-Racine, la "Double" [les Androgynes]. Les premières Races en sont des Coques, jusqu'au moment où la dernière est "habitée" [c'est-à-dire animée] par les Dhyânis.

La Seconde Race, comme il est dit plus haut, étant elle aussi asexuée, évolua d'elle-même, à ses débuts, la Troisième Race ou Race Androgyne au moyen d'un processus analogue, mais déjà plus compliqué. Comme l'indique le Commentaire, les tout premiers de cette Race furent :

 Les Fils du Yoga Passif 409. Ils émanèrent des Seconds Manoushyas [Race Humaine] et devinrent ovipares. Les émanations qui sortaient de leurs corps durant les saisons de [III 208] procréations, étaient ovulaires ; les petits noyaux sphéroïdaux se développaient en un grand véhicule mou, oviforme, durcissaient graduellement, puis, après une période de gestation, cette poche se brisait et le jeune animal humain en sortait sans aide, comme le font les poussins dans notre Race.

 

407 Parler de la vie comme s'étant manifestée et de la race humaine comme ayant commencé de cette façon ridiculement antiscientifique, lorsque l'on a sous les yeux les modernes Arbres Généalogiques de l'Homme, c'est courir au-devant d'une annihilation instantanée. La Doctrine Esotérique affronte néanmoins ce danger et va même jusqu'à demander au lecteur impartial de comparer l'hypothèse ci- dessus (si cela en est une) avec la théorie de Hæckel – qui tend aujourd'hui à devenir rapidement un axiome pour la Science – théorie que nous citons mot à mot, comme suit :

"Comment naquit la vie, le monde vivant des organismes ? Ensuite, posons cette question spéciale : Comment a commencé la race humaine ? La première de ces deux questions, celle qui a trait à la première apparition d'être vivants, ne peut être tranchée qu'empiriquement [!!] en prenant pour preuve ce que l'on appelle les Archebiosis, ou génération équivoque, ou la production spontanée d'organismes du genre le plus simple qui se puisse concevoir. Tels sont les Monères (Protogènes, Protamœba, Protomyxa, Vampyrella), masses excessivement simples et microscopiques de protoplasme sans structure ni organisation, qui absorbent des aliments et se reproduisent par division. Une Monère ayant ce genre primordial d'organisme, découvert par le célèbre zoologiste anglais Huxley et dénommé par lui Bathybius Hæckelii, se rencontre sous l'aspect d'une enveloppe épaisse et continue de protoplasme, dans les plus grandes profondeurs de l'Océan, entre 3.000 et 30.000 pieds. Il est vrai que la première apparition de ces Monères n'a pas encore été en fait observée jusqu'à présent, mais une Evolution de ce genre ne renferme en elle rien d'improbable." (The Pedigree of Man, traduction d'Aveling, p. 33. V. l'Origine de l'Homme, éd. française.)

Comme on a constaté récemment que le protoplasme Bathybius n'est pas du tout une substance organique, il nous reste peu de choses à dire et, après avoir lu cela il n'est plus nécessaire de  perdre 

du temps à réfuter cette autre assertion, d'après laquelle : "Dans ce cas l'homme, sans aucun doute [dans l'esprit de Hæckel et de ses pareils], descend lui aussi, par des transformations progressives, des Mammifères Inférieurs, des singes, des premières créatures simiesques, des Marsupiaux, des Amphibies, des Poissons, plus anciens encore" (p. 36) – transformations produites toutes par "une série de forces naturelles agissant aveuglément... sans but et sans dessein".

Le passage que nous venons de citer contient sa propre critique. On y fait enseigner par la Science ce qui, jusqu'à présent, "n'a jamais été en fait observé". On lui fait nier le phénomène d'une nature intelligente et d'une force vitale indépendante de la forme et de la matière et on lui fait considérer comme plus scientifique d'enseigner l'action miraculeuse de "forces naturelles  agissant aveuglément sans but et sans dessein". S'il en est ainsi, nous sommes amenés à penser que les forces physico-mécaniques du cerveau de certains Savants éminents les conduisent tout aussi aveuglément à sacrifier la logique et le sens commun sur l'autel de l'admiration mutuelle. Pourquoi considérerait-on la Monère protoplasmique produisant la première créature vivante, par auto- division, comme constituant une hypothèse très scientifique, tandis que celle d'une race éthérée pré- humaine générant les hommes primordiaux de la même façon est mise à l'index comme constituant une superstition anti-scientifique ? Le Matérialisme aurait-il obtenu le monopole exclusif de la Science ?

 408 Les Rakshasas, que la théologie populaire Indienne considère comme des Démons sont appelés les "Conservateurs" au-delà des Himalayas. Cette double signification a son origine dans une allégorie philosophique, qui est exposée de diverses façons dans les Pourânas. Il est dit que lorsque Brahma créa les Démons, Yakshas (de yaksh, manger) et les Rakshasas, ces deux sortes de Démons voulurent, aussitôt nés, dévorer leur Créateur et que "ceux d'entre eux qui s'écrièrent : Non : Oh ! qu'il soit sauvé [conservé] ! furent appelés les Râkshasas" (Vishnou Pourâna, I, V ; Wilson, I, 82). La Bhagavata Pourâna(III, 20, 19-21 ; Ibid., loc. cit.) expose l'allégorie d'une façon différente. "Brahmâ se transforma en nuit [ou ignorance] douée d'un corps." Les Yakshas et les Râkshasas s'en saisirent en s'écriant : "Ne l'épargnez pas, dévorez-le." Brahmâ s'écria : "Ne me dévorez pas ; épargnez-moi." Cela a, bien entendu, un sens intérieur. Le "Corps de Nuit" ce sont les ténèbres de l'ignorance et ce sont aussi les ténèbres du silence et du secret. Or, on nous dépeint, dans presque tous les cas, les Râkshasas, comme des Yogis, des pieux Sadhous et des Initiés, ce qui constitue une occupation assez inusitée pour des Démons. Le sens est donc que tout en ayant le pouvoir de dissiper les ténèbres de l'ignorance – "de les dévorer" – nous devons mettre la vérité sacrée à l'abri de la profanation. "Brahmâ est pour les Brahmanes seuls", dit la fière caste. La morale de la fable est évidente.

409 L'évolution graduelle de l'homme dans la DOCTRINE SECRÈTE, démontre que toutes les dernières Races (les premières pour le profane) tirent leur origine physique du début de  la Quatrième Race. Mais c'est la sous-race qui précéda celle qui se sépara sexuellement, qui doit être considérée comme l'ancêtre spirituel de nos générations actuelles et spécialement des Races Aryennes Orientale. L'idée de Weber que la Race Indo-Germanique a précédé la Race Aryenne Védique est grotesque au plus haut point aux yeux de l'occultiste.

 

Cela doit sembler au lecteur risiblement absurde. Néanmoins, c'est strictement conforme aux règles de l'analogie dans l'évolution, que la Science constate dans le développement des espèces animales vivantes. D'abord la procréation par "auto-division" à la façon des monères ; ensuite, après quelques phases, les ovipares, comme dans le cas des reptiles, qui sont suivis par les oiseaux ; puis, finalement, les mammifères avec leurs modes ovovivipares de produire leurs petits.

Si l'on emploie le terme de "ovovivipares" pour certains poissons et reptiles qui couvent leurs œufs dans leurs propres corps pourquoi ne l'emploierait-on pas pour les mammifères femelles, y compris la femme ? L'ovule dans lequel, après la fécondation, a lieu le développement du fœtus, est un œuf.

En tout cas, cette conception est plus philosophique que celle d'Eve, soudainement pourvue d'un placenta et donnant naissance à Caïn, à cause de la "pomme" alors que les marsupiaux, les premiers mammifères, ne sont pas encore des placentaires.

De plus, la succession progressive des méthodes de reproduction, telle que  nous  les  dévoile  la  Science,  est  une  brillante  confirmation de l'Ethnologie Esotérique. Il suffit de mettre ces données en ordre pour prouver ce que nous affirmons 410.

I.             Scissiparité.

    1. Comme on le constate dans la division en deux du fragment homogène de Protoplasme connu sous le nom de Monère ou d'Amibe.
    2. Comme on le constate dans la division de la cellule modérée, cellule dans laquelle ce noyau central se sépare en deux sous- centres qui, tantôt se développent dans l'intérieur de l'enveloppe cellulaire originale, et tantôt se rompent, et se multiplient à l'extérieur comme des entités indépendantes (Cf. la Première Race-Racine). [III 209]
    3. II.          Bourgeonnement.

Une petite portion du tissu paternel se gonfle à la surface et finalement se sépare et grossit jusqu'à atteindre la taille de l'organisme original ; par exemple, de nombreux végétaux, les anémones de mer, etc. (Cf. la Seconde Race-Racine) 411.

  1. III.      Spores.

Une cellule unique est expulsée par l'organisme producteur et se développe en un organisme multicellulaire qui en reproduit les traits ; par exemple, les Bactéries et les mousses.

  1. IV.       Hermaphrodisme Intermédiaire.

Organes mâle et femelle faisant partie du même individu ; par exemple, la majorité des plantes, les vers, les escargots, etc., alliés au bourgeonnement (Cf. Seconde Race-Racine et commencement de la Troisième).

  

  1. V.          Véritable Union Sexuelle.

(Cf. fin de la Troisième Race-Racine)

Nous arrivons maintenant à un point important, en ce qui concerne la double évolution de la race humaine. Les Fils de la Sagesse, ou Dhyânîs Spirituels, étaient devenus "intellectuels" par suite de leur contact avec la Matière, parce qu'ils avaient déjà atteint durant de précédents cycles d'incarnation, le degré d'intellect qui leur permettait de devenir des entités indépendantes et soi-conscientes sur ce plan de Matière. Ils ne s'étaient réincarnés qu'en raison d'effets Karmiques. Ils entrèrent dans ceux qui étaient "prêts" et devinrent les Arhats ou Sages auxquels il a été fait allusion plus haut. Cela demande une explication.

Cela ne veut pas dire que des Monades entrèrent dans des Formes déjà occupées par d'autres Monades. C'étaient des "Essences", des "Intelligences" et des Esprits Conscients ; des Entités cherchant à devenir encore plus conscientes en s'unissant avec de la Matière plus développée. Leur essence [III 210] était trop pure pour être distincte de l'Essence Universelle, mais leurs "Egos" ou Manas (puisqu'on les appelle Mânasapoutra, nés de Mahat ou Brahmâ) devaient passer par des épreuves humaines terrestres, pour devenir complètement sages et être à même de se mettre en route sur le cycle ascendant du retour. Les Monades ne sont pas des Principes distincts, limités ou conditionnés, mais des rayons de cet unique Principe universel absolu. L'entrée d'un rayon de soleil, à la suite d'un autre, par la même ouverture, dans une chambre obscure, ne constituera pas deux rayons, mais un seul plus puissant. Suivant le cours de la loi naturelle, un homme ne devrait pas devenir un Etre Septénaire parfait avant la Septième Race de la Septième Ronde. Pourtant il possède en lui tous ces principes à l'état latent depuis sa naissance. Il n'est pas non plus conforme à la loi d'évolution que le Cinquième Principe (Manas) reçoive son complet développement avant la Cinquième Ronde. Tous les intellects ainsi développés prématurément (sur le plan spirituel) dans notre Race, sont anormaux ; ce sont ceux que nous avons appelés les "Hommes de Cinquième Ronde". Même au cours de la prochaine Septième Race, à la fin de cette Quatrième Ronde, alors que nos quatre principes inférieurs seront complètement développés, celui de Manas ne le sera que proportionnellement. Cette limitation ne se rapporte, toutefois, qu'au développement spirituel. L'intellectuel, sur le plan physique, fut atteint durant la Quatrième Race-Racine. Ainsi ceux qui étaient "à moitié   prêts", qui ne reçurent "qu'une étincelle" constituent l'humanité moyenne qui doit acquérir son intellectualité durant l'évolution Manvantarique  actuelle, après quoi elle sera prête, durant la suivante, à recevoir complètement les "Fils de la Sagesse". Tandis que ceux qui "n'étaient pas prêts" du tout, les Monades les plus récentes qui avaient à peine évolué hors de leurs dernières formes animales inférieures de transition à la fin de la Troisième Ronde, demeurèrent les "cerveaux étroits" de la STANCE. Cela explique les divers degrés d'intellectualité qui, sans cela, resteraient inexplicables et que l'on rencontre, même de nos jours, parmi les différentes races d'hommes – le sauvage Bushman et l'Européen. Les tribus de sauvages que leurs facultés de raisonnement placent très peu au-dessus du niveau des animaux, ne sont pas les injustement déshérités ou les défavorisés comme on pourrait le croire – il n'en est rien. Ils représentent simplement les derniers arrivés parmi les Monades humaines, qui "n'étaient pas prêtes" ; il leur faut évoluer durant la Ronde actuelle, comme aussi sur les trois autres Globes – par conséquent sur quatre différents plans d'être – de façon à avoir atteint le niveau de la  classe  moyenne  lorsqu'ils  arriveront  à  la [III 211] Cinquième Ronde. Une remarque peut être utile, pour alimenter les pensées des étudiants à ce sujet. Les Monades des spécimens les plus bas de l'humanité – les sauvages "cerveaux étroits" 412 habitant les îles des mers du Sud, les Africains, les Australiens – n'avaient pas de Karma à épuiser lorsqu'ils naquirent pour la première fois comme hommes, comme en avaient leurs frères mieux partagés du côté de l'intelligence. Ce n'est que maintenant que les premiers ont commencé à filer du Karma ; les seconds sont chargés de Karma passé, présent et futur. Sous ce rapport le pauvre sauvage est plus favorisé que le plus grand génie des contrées civilisées.

410 Cf. spécialement Darwinisme et descendance, par Oscar Schmidt, Paris, librairie Alcan, et A modern Zoroastrian, de Laing, pp. 102-111.

411 Tous les processus de guérison et de cicatrisation dans les groupes d'animaux supérieurs – même dans les cas de reproduction de membres mutilée chez les Amphibies – s'accomplissent par scissiparité et par bourgeonnement des éléments morphologiques élémentaires.

 412 Le terme employé ici ne signifie pas les dolichocéphales ou les brachycéphales, pas plus que des crânes d'un volume moindre, mais simplement des cerveaux dépourvus d'intellect, d'une façon générale. La théorie d'après laquelle on voudrait juger la capacité intellectuelle d'un homme d'après sa capacité crânienne, semble illogique jusqu'à l'absurde à celui qui a étudié la question. Les crânes de l'âge de pierre, tout comme ceux des races Africaines (y compris les Bushmen), prouvent que les premiers sont plutôt au-dessus qu'au-dessous de la capacité moyenne du cerveau de l'homme moderne et que les crânes des derniers sont, en général (comme c'est aussi le cas pour les Papous et les Polynésiens), d'une capacité supérieure de 16 centimètres cubes à celle de la moyenne des Français. En outre, la capacité crânienne du Parisien d'aujourd'hui représente une moyenne de 1.437 centimètres cubes, contre une capacité de 1.523 chez les Auvergnats.

 

Arrêtons-nous un peu avant de continuer à donner plus de ces étranges enseignements. Cherchons à nous rendre compte jusqu'à quel point les anciennes   Ecritures   et   même   la   Science,   permettent   d'admettre  la possibilité de notions aussi bizarres que celles que  l'on  rencontre dans notre Anthropogenèse, ou qui corroborent ces notions.

En récapitulant ce qui a été dit, nous constatons que la DOCTRINE SECRETE réclame pour l'homme : 1° une origine polygénétique ; 2° une variété de modes de procréation avant que l'humanité ne fût tombée dans la méthode ordinaire de génération ; 3° que l'évolution des animaux – tout au moins des mammifères – suit celle de l'homme au lieu de la précéder. Cela est diamétralement contraire aux théories qui sont généralement acceptées, de nos jours, sur l'évolution et la descente de l'homme d'un ancêtre animal.

Rendons à César ce qui est à César et étudions tout d'abord  les chances qu'a la théorie polygénétique d'être acceptée par les Savants.

Or, la majorité des Evolutionnistes Darwiniens penchent vers une explication polygénétique de l'origine des Races. Sur [III 212] ce point, du reste, comme sur beaucoup d'autres, les Savants sont en pleine confusion ; ils s'accordent pour être en désaccord.

L'homme descend-il d'un seul couple ou de plusieurs groupes – monogénisme ou polygénisme ? Autant que l'on peut se hasarder à se prononcer sur ce qui, par suite de l'absence de témoins [?], ne sera jamais connu [?], la seconde hypothèse est de beaucoup la plus probable. 413

413 A. Lefèvre, Philosophy, p. 498.

 

Abel Hovelaque, dans sa Science du Langage, arrive à une conclusion semblable, en se basant sur des arguments accessibles au Philologue.

Dans un discours prononcé devant la British Association, le professeur

W.H.    Flower fait, à ce sujet, les remarques suivantes :

La théorie qui semble s'accorder le mieux avec ce que l'on connaît maintenant des caractéristiques et de la distribution des races humaines... repose sur une modification de l'hypothèse [1] monogénétique. Sans aborder la question ardue de la méthode qui a présidé à la première apparition de l'homme dans le monde, nous devons lui assigner une antiquité reculée, en tant, du moins, qu'on la mesure avec des étalons historiques. Si nous possédions quelque chose qui ressemblât à des archives paléontologiques complètes, l'histoire de l'homme pourrait être reconstituée, mais rien de pareil ne vient.

Un tel aveu doit être considéré comme fatal au dogmatisme des Evolutionnistes Physiques et comme livrant une grande marge aux spéculations Occultes. Les adversaires de la théorie Darwinienne  étaient, et sont encore, polygénistes. Des "géants intellectuels" comme John Crawford et James Hunt, ont discuté le problème et se sont prononcés en faveur de la polygénèse et de leur temps l'opinion publique était bien plus en faveur de cette théorie que contre elle. Ce n'est qu'en 1864 que les Darwiniens commencèrent à s'associer à la théorie de l'unité, dont MM. Huxley et Lubbock devinrent les premiers coryphées.

En ce qui concerne l'autre question, celle de la priorité de l'homme sur les animaux dans l'ordre de l'évolution, la réponse est tout aussi rapide. Si l'homme est réellement le Microcosme du Macrocosme, l'enseignement ne renferme en lui-même rien d'impossible et n'est que logique car l'homme devient ce Macrocosme pour les trois règnes qui lui sont inférieurs. En se plaçant à un point de vue physique, tous les règnes inférieurs, sauf le minéral – qui est la lumière elle-même, [III 213] cristallisée et métallisée – depuis les plantes jusqu'aux créatures qui précédèrent les premiers mammifères, toutes ont été consolidées dans leur structure physique au moyen de la "poussière rejetée" par ces minéraux et des déchets de la matière humaine, provenant, tant de corps vivants que de corps morts, dont elles se nourrirent et qui leur ont fourni leurs corps extérieurs. A son tour aussi, l'homme devint plus physique en réabsorbant dans son système ce qu'il avait rejeté et qui avait subi des transformations, grâce aux transmutations alchimiques de la Nature dans les vivants creusets animaux que cela avait traversés. Il existait alors des animaux que les naturalistes modernes n'ont même pas entrevus en rêve et plus l'homme matériel physique devint fort – les géants de cette époque – plus ses émanations devinrent puissantes. Dès que l'Humanité Androgyne fut séparée en sexes et transformée par la Nature en machines gestatrices elle cessa de procréer ses semblables au moyen de gouttes d'énergie vitale émanant du corps. Mais tandis que l'homme ignorait encore les facultés de procréation qu'il possédait sur le plan humain – avant sa Chute, comme diraient ceux qui croient à Adam – toute cette énergie vitale, éparpillée loin de lui, fut employée  par  la  Nature  à  la  production  des  premières  formes  de mammifères animaux. L'évolution est un éternel cycle de devenir, nous enseigne-t-on, et la Nature ne laisse jamais un seul atome sans emploi. En outre, depuis le commencement de la Ronde, tout dans la Nature tend à devenir Homme. Toutes les impulsions que donne la double Force, centripète et centrifuge, sont orientées vers un même point – l'HOMME. Le progrès dans la succession des êtres, dit Agassiz :

Consiste en une similitude croissante de la faune vivante et, chez les vertébrés spécialement, en une ressemblance croissante vers l'homme. L'homme est la fin vers quoi a tendu toute la création animale, depuis la première apparition des premiers poissons paléozoïques. 414

Parfaitement ; seulement les "poissons paléozoïques" se trouvent  sur la courbe inférieure de l'arc de l'évolution des formes et cette Ronde a commencé avec l'Homme Astral, le reflet des Dhyân Chohans appelés les "Constructeurs", l'Homme est l'alpha et l'oméga de la création objective. Comme il est dit dans Isis Dévoilée :

toutes choses avaient leur origine dans l'Esprit – attendu que l'évolution a commencé en haut pour aller en descendant, au lieu de l'inverse qu'enseigne la théorie Darwinienne. 415  [III 214]

Aussi la tendance, dont parle l'éminent naturaliste que nous avons cité plus haut, est-elle inhérente à chaque atome. Seulement si on l'appliquait aux deux côtés de l'évolution, les observations que l'on ferait viendraient grandement à l'encontre de la théorie moderne, qui est presque devenue aujourd'hui une loi (Darwinienne).

Toutefois, le fait d'avoir cité, en l'approuvant, un passage de l'ouvrage d'Agassiz, ne doit pas être interprété dans le sens d'une concession que feraient les Occultistes à la théorie qui fait descendre l'homme du règne animal. Le fait que, durant cette Ronde, l'homme a précédé les mammifères, n'est évidemment pas infirmé par la considération que ceux- ci suivent le sillage de l'homme.

 414 Principes de zoologie, p. 206.

415 I, 287.

 

 

Shloka 25. Ils ne veulent pas s'incarner dans les premiers Nés de l'œuf.

 

Comment agirent les Mânasa, les Fils de la Sagesse ? Ils repoussèrent les Auto-générés 416. Ils ne sont pas  prêts. Ils dédaignèrent les Nés-de-la-Sueur 417. Ils ne sont pas tout à fait prêts. Ils ne voulurent pas entrer dans les premiers Nés-de-l'Œuf 418.

416 Les sans os.

417 Les premiers Nés-de-la-Sueur. Cela est expliqué dans la Section qui suit cette série de Stances, dans l'allégorie tirée des Pourânas, qui concerne Kandou, le saint sage, et Pramlochâ, la nymphe, qui l'aurait, dit-on, hypnotisé ; allégorie scientifiquement suggestive, puisque les gouttes de transpiration qui émanaient d'elle, sont les symboles des spores de la Science.

418 Cela sera expliqué un peu plus loin. Ce mauvais vouloir pour façonner des hommes, pour créer, est symbolisé dans les Pourânas, par la conduite de Daksha envers son adversaire Nârada, "l'ascète qui provoque la lutte".

419 Trad. française. Paris, Reinwald.

 

Ce verset suggérerait à un Théiste ou à un Chrétien une idée plutôt théologique ; celle de la Chute des Anges, par Orgueil. Dans la DOCTRINE SECRETE, toutefois, les raisons de refus de s'incarner dans des corps physiques à moitié prêts semblent se rattacher plutôt à des motifs physiologiques qu'à des motifs métaphysiques. Tous les organismes n'étaient pas suffisamment prêts. Les Puissances qui s'incarnaient choisirent les fruits les plus mûrs et dédaignèrent le reste.

Par une curieuse coïncidence, lorsque l'auteur eut à choisir un nom pour le continent sur lequel les premiers Androgynes de la Troisième Race-Racine se séparèrent, son choix s'arrêta, pour des raisons géographiques, sur celui de "Lémurie", inventé par M. P.L. Sclater. Ce ne fut que plus tard, en lisant l'Origine de l'Homme de Hæckel 419, que l'auteur découvrit que [III 215] le "Zoologiste" Allemand avait choisi ce nom pour son continent disparu. Il fait remonter assez correctement jusqu'à la Lémurie le centre de l'évolution humaine, mais avec une légère variante scientifique. Parlant de la Lémurie comme du "berceau de l'humanité", il dépeint la transformation graduelle du mammifère anthropoïde en sauvage primordial !!! Vogt, de son côté, prétend qu'en Amérique l'homme descendit d'une branche des singes platyrrhiniens, indépendamment de l'origine  de  la  masse  primitive  des  Africains  et  des  Asiatiques qui descendent des catarrhiniens du vieux monde. Les Anthropologistes sont, comme d'habitude, en désaccord sur cette question, comme sur tant d'autres. Nous étudierons cette prétention à la lueur de la Philosophie Esotérique dans la STANCE VIII. En attendant, consacrons quelques minutes d'attention aux divers modes successifs de procréation suivant les lois de l'Evolution.

Commençons par le mode de reproduction des dernières sous-races de la Troisième Race Humaine, de ceux qui furent dotés du "Feu-Sacré" à l'aide de l'Etincelle émanant d'Etres supérieurs et alors indépendants, qui étaient les Parents psychiques et spirituels de l'Homme, de même que les Pitri Devatâs inférieurs (les Pitris) étaient les Progéniteurs de son corps physique. Cette Troisième et sainte Race était composée d'hommes qui, à leur zénith, étaient représentés comme "des géants grands comme des tours, possédant une force et une beauté divines et dépositaires de tous les mystères du Ciel et de la Terre". Sont-ils aussi tombés, si, à cette époque, l'incarnation était la "Chute" ?

Nous allons traiter cette question. La seule chose qu'il y ait à noter maintenant à ce sujet, c'est que les principaux Dieux et Héros des Quatrième et Cinquième Races, comme ceux dont l'antiquité est moins grande, sont les images déifiées de ces Hommes de la Troisième. L'époque de leur pureté physiologique et celle de leur prétendue Chute, ont survécu dans les cœurs et dans la mémoire de leurs descendants. De là vient la double nature attribuée à ces Dieux dans les biographies composées par la postérité ; double nature dans laquelle la vertu et le péché étaient exaltés au plus haut point. C'étaient les Races Pré-Adamiques et Divines dont la Théologie elle-même, aux yeux de qui elles sont toutes des "races Caïnites maudites", commence aujourd'hui à s'occuper.

Nous devons cependant en finir tout d'abord avec l'action des "Progéniteurs Spirituels" de cette Race. Il nous faut expliquer un point très difficile et très abstrait, en ce qui concerne les Shlokas 26 et 27. [III 216]

 

Shloka 26. Ils choisissent les Androgynes ultérieurs.

 

Lorsque les Nés-de-la-Sueur produisirent les Nés-de- l'Œuf, les doubles 420, les forts, les puissants  pourvus d'os, les Seigneurs de Sagesse dirent : "Maintenant nous créerons."

Pourquoi "maintenant" et pas plus tôt ? La Shloka suivante l'explique :

 

 

Shloka 27. Le premier homme doué d'un mental

 

La Troisième Race devient le Vahan 421 des Seigneurs de Sagesse. Elle créa des Fils de la Volonté et du Yoga ; elle les créa par Kriyâshakti, les Pères Saints, Ancêtres des Arhats.

Comment "créèrent-ils", puisque les "Seigneurs de Sagesse" sont identiques aux Dévas Hindous, qui refusèrent de "créer" ? Ce sont clairement les Koumâras du Panthéon Hindou et des Pourânas, ces Fils Aînés de Brahma :

Sanandana et les autres fils de Vedhas [qui], primitivement créés par lui... sans désir ou passion [restèrent chastes], inspirés par la sagesse sainte... et ne désirant pas de progéniture. 422 

420 La Troisième Race Androgyne. Le Professeur Schmidt, l'Evolutionniste, fait allusion au "fait de la séparation des sexes, sur la dérivation de laquelle d'une espèce jadis hermaphrodite, tout le monde [sauf ceux qui croient à la création, bien entendu] est assurément d'accord". (Darwinisme et descendance.) Telle est vraiment la preuve incontestable que l'on tire de la présence d'organes rudimentaires. En dehors de traces aussi palpables d'un hermaphrodisme primordial, on peut, comme l'écrit Laing, noter "qu'une étude de l'embryologie... prouve que chez l'animal supérieur humain, la distinction du sexe n'est pas développée tant qu'un progrès considérable n'a pas été fait dans la croissance de l'embryon". (A Modern Zoroastrian, p. 106.) La Loi de Retard, qui agit également dans le cas de races humaines, d'espèces animales, etc., une fois qu'un type supérieur a été évolué – conserve encore l'hermaphrodisme comme méthode de reproduction de la majorité des plantes et de beaucoup d'animaux inférieurs.

421 Véhicule.

422 Vishnou Pourâna, I, VII ; Wilson I, 100-102.

 

Le pouvoir au moyen duquel ils créèrent tout d'abord, est celui qui les a amenés à déchoir de leur haute situation, jusqu'à celle d'Esprits du Mal, de Satan et de sa Légion – créés à leur tour par l'imagination impure des croyances exotériques. C'était le pouvoir de Kriyâshakti, ce mystérieux et divin pouvoir, qui existe à l'état latent dans la volonté de chaque homme, qui, lorsqu'il n'est pas vivifié, hâté et développé par l'entraînement du Yoga, demeure en sommeil dans [III 217] 999.999 hommes, sur un million et finit ainsi par s'atrophier. Ce pouvoir est décrit, comme suit, dans les "Douze Signes du Zodiaque" 423 :

Kriyâshakti. – Le mystérieux pouvoir de la pensée  qui lui permet de produire des résultats phénoménaux, externes et perceptibles, en vertu de l'énergie qui lui est inhérente. Les anciens croyaient que toute idée  pouvait se manifester extérieurement, si l'attention [et la volonté] était profondément concentrée sur elle. Similairement, une volonté intense serait suivie du résultat souhaité.

Un Yogi accomplit généralement ses merveilles au moyen de Ichchhâshakti (pouvoir de la Volonté) et de Kriyâshakti.

La Troisième Race avait ainsi créé ceux que l'on appelle les FILS DE LA VOLONTE ET DU YOGA ou les "Ancêtres" – les Aïeux Spirituels – de tous les Arhats, ou Mahâtmâs, subséquents et actuels, d'une manière vraiment immaculée. Ils furent en vérité créés et non engendrés, comme le furent leurs frères de la Quatrième Race, qui furent générés d'une manière sexuelle après la séparation des sexes, après la "Chute de l'Homme". En effet, la Création n'est que le résultat de la Volonté agissant sur la Matière phénoménale, le fait d'en faire jaillir la Divine LumièrePrimordiale et l'Eternelle Vie. C'était la "Sainte Semence" des futurs Sauveurs de l'Humanité.

Il nous faut encore ouvrir ici une parenthèse, afin d'expliquer certains points difficiles, comme il y en a tant. Il est presque impossible d'éviter les interruptions de ce genre 424.

 423 Voyez Five Years of Theosophy, p. 111. Kriyâ sakti, de kri, faire et Sakti, pouvoir d'agir.

424 Pour avoir des explications et un exposé philosophique de la nature de ces Etres que l'on considère aujourd'hui comme des Esprits "mauvais" et rebelles, les Créateurs par Kriyâshakti, le lecteur est prié de se reporter aux chapitres qui traitent du "Mythe des Anges Déchus sous Divers Aspects", dans le quatrième volume.

 

 L'ordre de l'évolution des Races Humaines est exposé comme suit dans le Cinquième Livre des Commentaires et a déjà été donné :

Les premiers hommes furent des Chhâyâs (1) ; les Seconds, les "Nés-de-la-Sueur" (2) ; les Troisièmes les "Nés-de-l'Œuf" et les Pères saints, nés du pouvoir de Kriyâshakti (3) ; les Quatrièmes furent les enfants du Padmapâni [Chenrési] (4).

Il va sans dire que de pareils modes primordiaux de procréation – par l'évolution de sa propre image ; au moyen de gouttes de transpiration ; ensuite par Yoga ; enfin par un [III 218] moyen que l'on considérera comme magique (Kriyâshakti) – sont condamnés d'avance à être regardés comme des contes de fée. Néanmoins, du premier jusqu'au dernier, ils ne renferment réellement rien de miraculeux, ni rien dont on ne puisse démontrer le caractère naturel. Cela doit être démontré.

  1. La naissance par Chhâya ou le mode primordial de procréation sans sexe – la Première Race ayant, pour ainsi dire, exsudé du corps des Pitris – est mentionnée à mots couverts dans une allégorie cosmique que l'on trouve dans les Pourânas 425. C'est la belle allégorie ou histoire de Sanjnâ, la fille de Vishvakarman – mariée au Soleil et qui "incapable de supporter les ferveurs de son Seigneur", lui donna son Chhâyâ (ombre, image ou corps astral), tandis qu'elle se réfugiait elle-même dans la jungle, pour accomplir ses dévotions, ou Tapas. Le Soleil, supposant que le Chhâyâ était sa femme, eut d'elle des enfants, comme Adam avec Lilith – une ombre éthérée aussi, comme dans la légende, bien que ce fût un réel monstre femelle vivant il y a des millions d'années.

Cet exemple ne prouve peut-être que peu de choses, si ce n'est l'imagination exubérante des auteurs Pourâniques. Nous  avons une autre preuve sous la main. Si les formes matérialisées que l'on voit quelquefois exsuder du corps de certains médiums, pouvaient, au lieu de s'évanouir, être fixées et rendues solides – la "création" de la Première Race deviendrait tout à fait compréhensible.  Ce  genre  de  procréation  ne  peut  manquer de paraître suggestif aux yeux de l'étudiant. Ni le mystère, ni l'impossibilité d'un tel mode ne sont assurément plus grands – tout en étant bien plus compréhensibles aux yeux du penseur métaphysicien – que le mystère de la conception du fœtus, de sa gestation et de sa naissance sous forme d'un enfant, telles que nous les constatons aujourd'hui.

425 Vishnou Pourâna, III, II.

 

Passons maintenant à la corroboration curieuse et peu comprise que l'on trouve dans les Pourânas, au sujet des "Nés-de-la-Sueur".

  1. Kandou est un sage et un Yogî, éminent par sa sagesse sainte et ses pieuses austérités, qui, finalement, éveille la jalousie des Dieux que les Ecritures Hindoues nous représentent comme étant en luttes continuelles avec les Ascètes.  Indra,  le  "Roi  des Dieux" 426 finit par envoyer une de ses Apsaras femelles pour tenter le sage. Cela n'est pas plus mauvais que l'action de Jéhovah, qui envoie Sarah, l'épouse [III 219] d'Abraham, pour tenter Pharaon, mais, en toute sincérité, ce sont ces Dieux (et ce Dieu), cherchant sans cesse à troubler les Ascètes pour leur faire perdre le fruit de leurs austérités, qui devraient être considérés comme des "démons tentateurs", au lieu d'appliquer ce  terme aux Roudras, aux Koumâras et aux Asouras, dont la grande sainteté et la grande chasteté ressemblent à un permanent reproche à l'adresse des Dieux Don Juanesques du Panthéon. C'est pourtant l'inverse que nous trouvons dans toutes les allégories Pourâniques et cela non sans de bonnes raisons ésotériques.

Le Roi des Dieux, ou Indra, envoie une belle Apsaras (nymphe), appelée Pramlochâ, pour séduire Kandou et troubler ses pénitences. Elle réussit dans son mauvais dessein et "neuf cent sept ans, six mois et trois jours" 427 passés dans sa compagnie, semblent pour le Sage aussi courts qu'un seul jour. Lorsque cet état psychologique ou hypnotique prend fin, le Mouni maudit amèrement  la  créature  qui  l'a  séduit  et  a  ainsi  troublé ses dévotions. "Va-t'en, retire-toi ! s'écrie-t-il, vil amas d'illusions !" Et Pramlochâ, terrifiée, prend la fuite en essuyant la transpiration qui couvre son corps avec les feuilles des arbres,  tout en traversant les airs.

La nymphe alla d'arbre en arbre et, comme elle se servait des sombres rameaux qui en couronnaient les sommets, pour sécher ses membres... l'enfant qu'elle avait conçu des œuvres du Richi sortit des pores de  sa peau, sous forme de gouttes de transpiration. Les arbres reçurent la rosée vivante et les vents la rassemblèrent en une masse. "Celui-ci, dit Soma [la Lune], je l'ai fait mûrir sous mes rayons ; et sa taille s'accrut graduellement,  jusqu'au moment où l'exsudation qui avait reposé sur la cime des arbres devint la charmante  fille appelée Mârishâ." 428

426 Dans le plus ancien manuscrit de la Vishnou Pourâna, qui est entre les mains d'un Initié de l'Inde méridionale, le Dieu n'est pas Indra, mais Kâma, le Dieu de l'amour et du désir.

427 Ce sont les chiffres exotériques qui sont, intentionnellement, donnés à rebours et d'une manière embrouillée, attendu que c'est le chiffre qui représente la durée du cycle qui s'écoule entre la Première et la Seconde Race humaine. Quoi qu'en disent les Orientalistes, il n'y a pas un mot, dans aucun des Pourânas, qui n'ait une signification ésotérique spéciale.

 428 Vishnou Pourâna, I, XV ; Wilson, II, 5. Comparez aussi avec la tentation de Merlin, par Viviane (Tennyson) – version irlandaise de la même légende.

 

Or Kandou représente la Première Race. C'est un fils des Pitris, par suite, un dépourvu de mental, ce qu'indique son impuissance à discerner entre une période de près de mille ans et une seule journée ; c'est pour cela qu'on nous le montre si facilement trompé et aveuglé. C'est une variante de l'allégorie de la Genèseoù Adam naît comme une forme faite de [III 220] limon, dans laquelle le "Seigneur Dieu" insuffle le "souffle de vie", mais non  de l'intellect et du discernement, qui ne sont  développés qu'après qu'il a goûté au fruit de l'Arbre de la Science ; en d'autres termes, lorsqu'il a acquis le premier développement du Mental et qu'a été implanté en lui le Manas, dont l'aspect terrestre est de poussière, bien que ses facultés supérieures le rattachent à l'Esprit et à l'Ame Divine. Pramlochâ est la Lilith Hindoue de l'Adam Aryen ; et Mârishâ, la fille née de la sueur de ses pores, est la "Née-de-la- Sueur" et représente le symbole de la Seconde Race  de l'humanité.

Dans ce cas, ce n'est pas Indra qui figure dans les Pourânas, mais c'est   Kâma-déva,   le   Dieu   d'amour   et   de   désir, qui envoie Pramlochâ sur la Terre. La logique, aussi bien que la Doctrine Esotérique, prouvent qu'il doit en être ainsi. En effet, Kâma est le roi et le seigneur des Apsaras, dont Pramlochâ fait partie et, par suite, lorsque Kandou la maudit en s'écriant : "Tu as accompli la tâche qui t'avait été assignée par le monarque des Dieux, va-t'en !"

– il doit vouloir désigner par le mot monarque Kâma et non pas Indra, auquel les Apsaras ne sont pas soumises. Kâma est également, dans le Rig Véda 429, la personnification du sentiment qui conduit et qui pousse à la création. Il fut le Premier Mouvement qui poussa l'ETRE UNIQUE à créer, après sa manifestation hors du Principe purement Abstrait.

Le désir naquit d'abord en cela ; c'était le Germe Primordial du Mental ; et les Sages, étudiant à l'aide de leur intellect, ont découvert que c'était le lien qui rattachait l'Entité à la Non-Entité.

Un hymne de l'Atharva Véda exalte Kâma comme un Dieu et Créateur suprême et dit :

Kâma naquit le premier. Ni les Dieux, ni les Pères [Pitris], ni les Hommes, ne l'ont égalé.

L'Atharva Véda l'identifie avec Agni, mais le met au-dessus de ce Dieu. La Taittirîya Brâhmanaen fait allégoriquement, le fils de Dharma (devoir moral religieux, piété et justice) et de Shraddhâ (la foi). Ailleurs, Kâma est né du cœur de Brahmâ ; il est, en conséquence, Atmabhoû "Soi-Existant" et Aja, le "Non-Né". Son envoi de Pramlochâ a une profonde signification philosophique ; si l'envoi avait été [III 221] fait par Indra – le récit n'aurait aucun sens. De même qu'Eros se rattachait, dans la mythologie Grecque primitive, à la création du monde et ne devint que plus tard le Cupidon sexuel, il en est ainsi de Kâma, dans son caractère Védique original le Harivamsha en fait un fils de Lakshmi, qui est Vénus. L'allégorie, comme nous l'avons dit, nous montre le psychique développant le physiologique, avant la naissance de Daksha – le progéniteur des véritables hommes physiques – que l'on  fait  naître  de  Mârishâ  et  avant  la  venue  duquel  les êtres vivants et les hommes étaient procréés "par la volonté, la vue, le toucher et le yoga", ainsi que nous le montrerons.

429 X, 129.

 

Cela est donc l'allégorie du mode de procréation de la Seconde Race ou des "Nés-de-la-Sueur". C'est le même pour la Troisième Race dans son développement final.

Mârishâ, grâce aux efforts de Soma, la Lune, est prise  pour épouse par les Prachetas, le produit, eux aussi, des fils "Nés-du- Mental" de Brahmâ 430 qui engendrent par elle le  Patriarche Daksha – lui aussi un fils de Brahmâ dans un Kalpa précédent ou une vie précédente, ajoutent les Pourânas en guise d'explication, dans le but de dérouter, tout en disant la vérité.

  1. La première partie de la Troisième Race est donc formée par des gouttes de "Sueur", qui, après de nombreuses transformations, se développent sous forme de corps humains. Cela n'est pas plus difficile à imaginer et à comprendre, que la croissance du fœtus, d'un germe imperceptible et son développement ultérieur en un enfant, puis en un homme puissant et lourd. Mais la Troisième Race change pourtant encore son mode de procréation, suivant les Commentaires. On dit qu'elle a émané une vis formativa qui changea les gouttes de sueur en gouttes plus grandes qui se développèrent, [III 222] s'étendirent et devinrent des corps ovoïdes – d'énormes œufs. Dans ceux-ci, le fœtus humain restait en gestation durant plusieurs années. Dans les Pourânas, Mârishâ, la fille de Kandou, le Sage, devint l'épouse des Prachetas et la mère de Daksha. Or, Daksha est le père des premiers progéniteurs à l'aspect humain, étant nés de cette façon. Il est mentionné plus loin. L'évolution de l'homme, le microcosme, est analogue à celle de l'univers, le macrocosme. Son évolution tient le milieu entre celle de l'univers et celle de l'animal, pour lequel l'homme, à son tour, est un macrocosme.

430 Le texte dit : "De Brahmâ, qui continuait à méditer, naquit une progéniture engendrée par le Mental, pourvue de formes et de facultés dérivées de sa nature corporelle, esprits incorporés produits de la personne (membres-gâtra) de (Dhîmat) : la divinité parfaitement sage." Tous ces êtres étaient "le siège des trois qualités de Dévasarga, ou création divine qui, de même que la création quintuple, est dépourvue de la clarté de perception, sans réflexion, d'une nature bornée. "Mais comme ils ne multiplièrent pas, Brahmâ créa d'autres fils nés-du-mental, semblables à lui", savoir, les Brahmarshis ou les Prajâpatis, au nombre de dix et sept. "Sanandana et les autres fils de Vedhas (Brahmâ) furent créés au préalable", mais, comme nous l'avons déjà expliqué ailleurs, ils étaient "sans désirs ou passions, inspirés par la sagesse sainte, étrangers à l'univers et ne désirant pas de progéniture" (Vishnou Pourâna, X, VII ; trad. de Wilson, I, 100, 101). Ce Sanandana et les autres Koumâras sont donc les Dieux qui, après avoir refusé de "créer une progéniture", sont forcés de s'incarner dans des hommes dépourvus de sens. Le lecteur doit excuser des répétitions inévitables, en raison du grand nombre des faits qui sont exposés.

 

Ensuite la Troisième Race devient :

  1. L'Androgyne ou Hermaphrodite. Ce processus de gestation explique, peut-être, pourquoi Aristophane, dans le Banquet de Platon, décrit la nature de l'ancienne race comme ayant été une race "androgyne", dans laquelle la forme de chaque individu était arrondie, "avec le dos et les côtés comme dans un cercle", et où "la manière de courir était circulaire... terrible par sa force et sa puissance et dont l'ambition était prodigieuse". Aussi, pour les affaiblir, "Jupiter les divisa [pendant la Troisième Race-Racine] en deux et, sous sa direction, Apollon [le Soleil] referma la peau".

Les habitants de Madagascar – cette île faisait partie de la Lémurie – ont une tradition à propos du premier homme. Il vivait, au début, sans manger, puis, s'étant habitué à la nourriture, une enflure se manifesta sur sa jambe ; s'étant ouverte, il en émergea une femelle qui devint la mère de leur race.  En  vérité, "nous avons nos sciences de l'Hétérogenèse et de la Parthénogenèse, qui nous prouvent que le champ est encore ouvert... Les Polypes... produisent d'eux-mêmes leurs progénitures, comme les bourgeons et les ramifications d'un arbre...". Pourquoi pas le polype humain primitif ? Le très intéressant polype appelé Stauridium, passe alternativement de la gemmation à la méthode sexuelle de reproduction. Chose assez curieuse, bien qu'il se développe simplement, comme un polype, sur une tige, il produit des gemmules, qui se développent ensuite en ortie-de-mer ou Méduse. La Méduse est tout à fait différente de l'organisme d'où elle sort, du Stauridium. Elle se reproduit aussi différemment, par la méthode sexuelle et des œufs qui sont le résultat de  cette méthode, il sort de nouveau des Stauridia. Cet exemple frappant peut aider beaucoup de gens à comprendre qu'une forme peut être évoluée – comme chez des Lémuriens sexués, par des parents hermaphrodites – tout à fait différente de ses progéniteurs immédiats. Il est, de plus, hors de doute, qu'en ce qui concerne les incarnations  humaines,  la  loi  du  Karma,  racial  ou  [III 223] individuel, domine les tendances subordonnées de l'Hérédité, sa servante.

Le sens de la dernière phrase du Commentaire de la Shloka 27, que nous avons cité, plus haut, à savoir que les hommes de la Quatrième Race étaient les enfants de Padmapâni, peut être expliqué par un passage d'une lettre écrite par l'Inspirateur du Bouddhisme Esotérique 431 :

431 Op. cit.

 

La majorité de l'humanité appartient à la septième sous-race de la quatrième race-racine – les Chinois mentionnés plus haut et leurs rameaux et petites branches (les Malais, les Mongols, les Tibétains, les Hongrois, les Finlandais et Esquimaux sont tous des restes de ces derniers rameaux).

Padmapâni ou Avalokiteshvara, en Sanscrit, c'est, en Tibétain, Chenrési. Or, Avalokiteshvara, c'est le grand Logos dans son aspect supérieur et dans les régions divines. Mais, sur les plans manifestés, il est, comme Daksha, le Progéniteur des hommes (dans un sens spirituel). Padmâpani-Avalokiteshvara est appelé ésotériquement Bodhisattva (ou Dhyân Chohan) Chenrési Vanchoug, "le puissant qui voit tout". Il est considéré maintenant comme le plus grand protecteur de l'Asie, en général, et du Tibet, en particulier. Afin de guider les Tibétains et les Lamas dans la voie de la sainteté et de conserver les grands Arhats dans le monde, on dit que cet Etre céleste se manifeste à des époques successives sous une forme humaine. D'après une légende populaire, lorsque la foi commence à s'éteindre en ce monde, Padmapâni Chenrési, le "Porteur du Lotus", fait jaillir un brillant rayon de lumière, puis s'incarne en personne dans l'un des deux grands Lamas – le Dalaï Lama et le Teschou Lama ; finalement on croit qu'il s'incarnera en qualité de "Bouddha très parfait" au Tibet, au lieu de s'incarner aux Indes, où ses prédécesseurs les grands Richis et les Manous avaient apparu au commencement de notre Race, mais où ils n'apparaissent plus. Même l'aspect exotérique de Dhyânî   Chenrési est de nature à suggérer l'Enseignement Esotérique. Il est évidemment, comme Daksha, la synthèse de toutes les Races précédentes et le progéniteur de toutes les Races humaines après la Troisième – la première race complète – aussi le représente-t-on comme la culmination des quatre Races Primordiales, sous sa forme aux onze faces. C'est une colonne à quatre étages et où chaque série comporte trois faces ou têtes de teintes différentes ; les trois faces pour chaque Race représentent ses trois transformations physiologiques fondamentales. La première est blanche (couleur de lune) ; la seconde est jaune ; la troisième d'un brun rouge ; la quatrième, dans laquelle on [III 224] ne voit que deux faces, – la troisième n'étant pas indiquée ; allusion à la fin prématurée des Atlantéens – est d'un brun noir. Padmapâni (Daksha) est assis sur la colonne dont il forme le sommet. A ce propos, comparez avec la Shloka 39. Le Dhyân Chohan est représenté avec quatre bras, nouvelle allusion aux quatre Races. En effet, tandis que deux bras sont croisés, la troisième main tient un lotus – Padmapâni, le "porteur du Lotus", la fleur qui symbolise la génération – et la quatrième tient un serpent, emblème de la Sagesse qu'il possède. Sur son cou se voit un rosaire et sur sa tête le signe de l'eau VVV – matière, déluge – tandis qu'entre ses sourcils se voit le troisième œil, l'œil de Shiva, celui de la vision spirituelle. Il porte le nom de "Protecteur" (du Tibet), de "Sauveur de l'Humanité".  D'autres fois, lorsqu'il n'a que deux bras, il est Chenrési le Dhyânî et le Bodhisattva, Chakna Padma Karpo, "celui qui tient un lotus blanc". Son autre nom est Chantong, "celui qui a mille yeux", lorsqu'il est pourvu de mille bras et de mille mains, dans la paume de chacune est représenté un œil de Sagesse. Ces bras rayonnent autour de son corps, comme une forêt de rayons. Un autre de ses noms, en Sanscrit, c'est Lokapati ou Lokanâtha, "Seigneur du Monde" et, en Tibétain, Jigten Gonpo, "Protecteur et Sauveur" contre toutes sortes de maux 432.

432 Comparez avec Buddhism in Tibet, de Schlagintweit, pp. 88-90.

 

Padmapâni, néanmoins, n'est le symbolique "porteur du Lotus" que pour le profane ; ésotériquement il signifie celui qui soutient les Kalpas, dont le dernier est appelé Pâdma et représente une moitié de la vie de Brahmâ. Bien que ce soit en réalité un Kalpa mineur, il est appelé Mahâ, "grand", parce qu'il  comprend l'époque durant laquelle Brahmâ jaillit d'un lotus. Théoriquement les Kalpas sont infinis, mais, pratiquement, ils sont divisés et subdivisés dans l'Espace et dans le Temps, chaque division – jusqu'à la plus petite – ayant ses propres Dhyânîs, comme patrons ou régents. Padmapâni (Avalokiteshvara) devient en Chine, sous son aspect femelle, Kwan-yin, "celle qui revêt toute forme à son gré, afin de sauver l'humanité". La connaissance de l'aspect astrologique des constellations au moment des "jours de naissance" respectifs de ces Dhyânîs – y compris Amitabha (le A- mi-to Fo, de Chine) : par exemple, le 19ème jour du second  mois, le 17ème jour du onzième mois et le 7ème jour du troisième mois 433, etc. – donne à l'Occultiste les plus grandes  facilités pour accomplir ce que l'on appelle des actes de "magie". L'avenir d'un individu  est  vu,  avec  tous  les  événements  qu'il  comprend, [III 225] défilant en ordre successif dans un miroir magique placé sous le rayon de certaines constellations. Mais – gare au revers de la médaille, la SORCELLERIE !

433 Voyez Chinese Buddhism, d'Edkins, p. 208.

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