MAITRE M

Les Enseignements du Maitre MORYA

LA DOCTRINE SECRETE VOL 3

CONCLUSION VOL III

CONCLUSION VOL III

 

L'espace nous interdit d'en dire davantage et nous  devons clôturer cette partie de la DOCTRINE SECRETE. Les quarante-neuf STANCES et les quelques fragments tirés des Commentaires qui ont été donnés, représentent tout ce qui peut être publié dans ces Volumes. Ceux-ci, avec quelques Archives plus anciennes encore – qui ne sont accessibles qu'aux plus hauts Initiés – et avec toute une bibliothèque de commentaires, de glossaires et d'explications, forment la vue d'ensemble de la Genèse de l'Homme. [III 545]

Ce sont ces Commentaires que nous avons cités jusqu'à présent et nous avons cherché à expliquer le sens caché de quelques-unes des allégories et à exposer ainsi la véritable manière de voir de l'Antiquité Esotérique au sujet de la Géologie, de l'Anthropologie et même de l'Ethnologie. Dans la partie qui suit, nous chercherons à établir un rapport métaphysique plus étroit encore entre les premières Races et leurs Créateurs, les Hommes Divins venus d'autres Mondes, en accompagnant les exposés de leurs plus importantes démonstrations en Astronomie et en Symbolisme Esotérique.

La "durée" des "périodes" qui séparent, dans l'espace et le temps, la Quatrième Race de la Cinquième – dans les débuts historiques 1059 1060 ou même légendaires de cette dernière est trop colossale pour que nous puissions en donner, même à un théosophe, un exposé plus détaillé. Durant le cours des Epoques Post-diluviennes, qui furent marquées, à certains moments périodiques, par les plus terribles cataclysmes, trop de races et de nations naquirent et disparurent presque sans laisser de traces, pour que quelqu'un puisse donner à leur sujet une description ayant la moindre valeur. Les Maîtres de Sagesse possèdent-ils une histoire complète et suivie de notre Race, depuis sa phase de début jusqu'à l'époque actuelle ; possèdent-ils des archives ininterrompues au sujet de l'homme depuis qu'il se développa en un être physique complet et devint par cela même le roi des animaux et le maître sur cette Terre – il n'appartient pas à l'auteur de le dire. Il est très probable qu'ils possèdent tout cela : c'est, du moins, notre conviction personnelle, mais s'il en est ainsi, ce savoir est réservé aux plus hauts Initiés, qui ne le confient pas à leurs élèves. L'auteur ne peut donc communiquer que ce qui lui a été enseigné, rien de plus et cela même ressemblera, pour le lecteur profane, à un rêve étrange  et fantastique, plutôt qu'à une réalité possible.

1059 Dans l'édition de 1888 figurait le paragraphe suivant : "Dans le volume III de cet ouvrage (celui-ci et le IV étant presque prêts), une brève histoire de tous les grands adeptes connus des anciens et des modernes dans leur ordre chronologique, sera donnée, ainsi qu'un coup d'œil sur les Mystères, leur naissance, leur croissance, leur déclin et leur mort en Europe. Cela ne pouvait prendre place dans le présent ouvrage. Le volume IV sera presqu'entièrement consacré aux enseignements occultes". Le lecteur est prié de se reporter à "Comment la Doctrine Secrète" fut écrite, Volume 1 de l' "Adyar Edition", p. 18 seqq. (Note de l'Editeur).

1060 On emploie le mot "historique", parce que, bien que les historiens aient amoindri, presque jusqu'à l'absurdité, les dates qui séparent certains événements de notre époque moderne, ceux-ci n'en appartiennent pas moins à l'histoire, dès l'instant qu'ils sont connus et acceptés. Ainsi, la guerre de Troie est un événement historique, qui, bien qu'on lui assigne une date inférieure même à 1.000 ans avant Jésus-Christ, s'est réellement passé plutôt 6.000 ans que 5.000 ans avant Jésus-Christ.

 

Il est tout naturel qu'il en soit ainsi, puisque, pendant des années, ce fut l'impression produite sur l'humble auteur de ces pages. Née et élevée dans les pays d'Europe, positifs et [III 546] présumés civilisés, elle éprouva les plus grandes difficultés à s'assimiler ce qui précède. Toutefois, il existe des preuves d'un certain genre qui deviennent irréfutables et indéniables à la longue, pour tout esprit sincère et sans parti pris. Durant une série d'années ces preuves lui furent soumises et elle a maintenant la certitude complète que notre Globe actuel et ses Races humaines doivent avoir pris naissance, avoir grandi et s'être développés de cette façon et d'aucune autre.

Ce n'est, toutefois, que l'opinion personnelle de l'auteur et son orthodoxie ne saurait avoir plus de poids que tout autre "doxie" aux yeux de ceux pour qui une nouvelle théorie est toujours hétérodoxe jusqu'à preuve du contraire. Aussi sommes-nous préparés, nous autres Occultistes, à nous entendre poser des questions comme celle-ci : Comment savez-vous si l'auteur n'a pas inventé tout cela ? Et, en supposant qu'elle ne l'ait pas inventé, comment peut-on affirmer que tout ce qui précède, tel que c'est exposé dans les STANCES, n'est pas un produit de l'imagination des anciens ? Comment auraient-ils pu conserver des annales d'une quantité si immense, si incroyable ?

En répondant que l'histoire de ce monde, depuis sa formation  et jusqu'à sa fin, est "écrite dans les étoiles", c'est à dire enregistrée dans le Zodiaque et dans le Symbolisme Universel dont les clefs sont sous la garde des Initiés, on ne donnerait guère satisfaction à ceux qui doutent. On doute beaucoup de l'antiquité du Zodiaque d'Egypte et l'on nie absolument celle du Zodiaque de l'Inde. Un ami profane dit une fois à l'auteur : "Vos conclusions sont souvent excellentes, mais vos prémisses sont toujours douteuses." A cela il fut répondu que c'était au moins un point de gagné sur les syllogismes scientifiques, car, à l'exception de quelques problèmes du domaine de la Science purement Physique, les prémisses et les conclusions des Savants étaient à la fois aussi hypothétiques qu'elles sont presque invariablement erronées. Si les profanes ne les voient pas sous ce jour, en voici simplement la raison : ces profanes, qui acceptent leurs données scientifiques de confiance, ignorent que les prémisses comme les conclusions sont généralement les produits des mêmes cerveaux, qui, tout savants qu'ils soient, ne sont pas infaillibles – vérité qui est journellement démontrée par les constantes modifications des théories et des spéculations scientifiques. [III 547]

Quoi qu'il en soit, les archives des temples, tant zodiacales que traditionnelles, ainsi que les archives idéographiques de l'Orient, telles que les déchiffrent les Adeptes de la Science Sacrée ou Vidyâ, ne sont en aucune façon plus douteuses que la prétendue histoire ancienne des nations Européennes, aujourd'hui éditée, corrigée et amplifiée par un demi-siècle de découvertes archéologiques et par la très problématique interprétation des briques Assyriennes, des fragments cunéiformes et des hiéroglyphes Egyptiens. Nos données aussi sont basées sur les mêmes   "interprétations"

– sans parler d'une quantité presque inépuisable d'ouvrages secrets dont l'Europe n'a aucune connaissance – plus la connaissance parfaite, par les Initiés, du symbolisme de chacun des mots ainsi conservés. Quelques-unes de ces archives sont d'une immense antiquité. Tous les Archéologues et les Paléontologistes connaissent les productions idéographiques de certaines tribus à demi-sauvages, qui ont cherché, de temps immémorial, à rendre leurs pensées sous une forme symbolique. C'est la plus ancienne méthode employée pour enregistrer des événements et des idées et l'on peut se rendre compte de l'antiquité de cette connaissance dans la race humaine, grâce à certains signes, évidemment idéographiques, découverts sur les hachettes du Paléolithique. Les tribus de Peaux-Rouges d'Amérique ont adressé, il y a relativement peu d'années, une pétition au Président des Etats-Unis pour obtenir de lui la possession de quatre petits lacs et la pétition était écrite sur la surface d'une douzaine  de dessins représentant des animaux et des oiseaux. Les sauvages Américains ont un certain nombre de manières différentes d'écrire, mais aucun de nos Savants n'est encore familiarisé avec le chiffre hiéroglyphique primitif, conservé jusqu'à présent dans quelques Fraternités et appelé, en Occultisme, le Senzar, ou n'en a même connaissance. De plus, tous ceux qui ont décidé de considérer ces manières d'écrire – par exemple, les idéogrammes des Peaux-Rouges et même les caractères Chinois – comme "des tentatives faites par les races primitives de l'humanité pour exprimer leurs pensées incultes" repousseraient catégoriquement notre affirmation que l'écriture  fut inventée par les Atlantes et pas du tout par les Phéniciens. En effet, l'affirmation que l'humanité connaissait l'écriture il y a bien des centaines de milliers d'années, alors que les Philologues ont décrété que l'écriture était inconnue aux Indes à l'époque de Pânini, de même qu'en Grèce à l'époque d'Homère, sera accueillie par une désapprobation générale, si ce n'est par un silence plein de mépris. En dépit du ridicule et  des dénégations, les Occultistes maintiendront leurs dires, simplement pour la raison suivante : depuis Bacon jusqu'à la Société Royale moderne, nous avons [III 548] une trop longue période pleine des plus risibles erreurs commises par la Science, pour justifier notre croyance aux assertions scientifiques modernes, plutôt qu'aux affirmations de nos Instructeurs. L'écriture, disent nos Savants, était inconnue de Pânini, et pourtant ce Sage a composé une grammaire qui contient 3.996 règles et qui est la plus parfaite de toutes les grammaires qui aient été faites ! Les plus généreux font vivre Pânini quelques siècles seulement avant Jésus-Christ et les rocs de l'Iran et de l'Asie Centrale – d'où, suivant les Philologues et les Historiens, les ancêtres du même Pânini, les Brahmanes, vinrent dans l'Inde – sont couverts d'inscriptions écrites, il y a deux et trois mille ans et même douze mille ans, suivant quelques courageux Paléontologistes.

D'après l'opinion de Grote, l'écriture était un ars incognita à l'époque d'Hésiode et d'Homère, et était inconnue des Grecs jusqu'en 770 avant    J.- C. et pourtant les Phéniciens qui l'auraient inventée et qui s'en servaient depuis l'an 1500 avant J.-C., au plus tôt 1061, vivaient au milieu des Grecs et les coudoyaient sans cesse ! Toutes ces conclusions scientifiques et contradictions disparurent pourtant comme fumée dans l'air, lorsque Schliemann découvrit (a) l'emplacement de l'ancienne ville de Troie, dont la réelle existence avait été considérée pendant si longtemps comme une fable et (b) mit à jour en cet endroit des poteries revêtues d'inscriptions en caractères inconnus des Paléontologistes et des Sanscritistes. Qui nierait maintenant la réalité de Troie et de ces inscriptions archaïques ? Le Professeur Virchow fournit le témoignage suivant :

Je fus moi-même le témoin oculaire de deux de ces découvertes et j'ai aidé à rassembler les morceaux. Les calomniateurs qui n'avaient pas honte d'accuser d'imposture l'auteur de la découverte, ont été réduits depuis longtemps au silence. 1062

Les femmes véridiques ne furent pas plus épargnées que les hommes véridiques. Du Chaillu, Gordon Cumming, Mme Mérian 1063, Bruce et une foule d'autres, furent accusés de mensonges.

Voici comment s'exprime l'auteur du Mythical Monsters, qui donne cette explication dans son Introduction 1064 :

Mme Mérian fut accusée de mentir de propos délibéré au sujet [III 549] de la description qu'elle donnait d'une araignée qui mangeait des oiseaux, il y a de cela près de deux cents ans, mais aujourd'hui... des observateurs dignes de foi ont confirmé ses dires, en ce qui concerne l'Amérique du Sud, les Indes et d'autres contrées.

Audubon fut de même accusé par les botanistes d'avoir inventé le nénuphar jaune, qui figurait dans son ouvrage intitulé Birds of the South sous le nom de Nymphœa Lutea, et après qu'il fut resté des années sous le coup de cette accusation, ses dires furent enfin confirmés, grâce à la découverte de la fleur perdue depuis si longtemps, en Floride... en... 1876. 1065

1061 Il est historique que Sanchoniathon a compilé l'enregistrement complet de la religion des Phéniciens dans des annales et des documents officiels qui se trouvaient dans les archives des anciennes villes Phéniciennes et les a écrites en caractères Phéniciens en l'an 1500 avant J.-C.

 1062 Prof Virchow, dans l'App. 1 à l'Itios de Schliemann, Murray, 1880.

1063 Gosse écrit au sujet de cette dernière : "Elle est considérée comme une complète hérétique, qu'il ne faut nullement croire, comme ayant fabriqué une histoire naturelle fausse et inventé des faits scientifiques mensongers." (Romance of Natural History, 2ème série, p. 227.)

1064 pp. 9, 10.

1065 Popular Science Monthly, n° 60, avril 1877.

 

Et, de même qu'Audubon fut qualifié de menteur pour cela et pour son Haliætus Washingtonii 1066, Victor Hugo fut tourné en ridicule pour sa merveilleuse description du Diable de Mer, dont un homme devint la victime impuissante.

La chose fut tournée en dérision comme une  monstrueuse impossibilité ; on découvrit pourtant quelques années après, sur les côtes de Terre-Neuve, des poulpes armés de tentacules de 30 pieds de long, capables d'entraîner sous l'eau une barque de bonnes dimensions et leurs façons d'agir ont été reproduites depuis des siècles... par des artistes Japonais 1067.

1066 Le Docteur Cover écrit : "Ce fameux oiseau de Washington était un mythe ; ou bien Audubon s'est trompé, ou bien, comme d'autres n'hésitent pas à l'affirmer, il a menti à ce sujet." Mythical Monsters, p. 10.

1067 Ibid., pp. 10-11.

 

Et si l'on a nié la ville de Troie, en la considérant comme un mythe, si l'on a déclaré que l'existence d'Herculanum et de Pompéi était une fiction, si l'on s'est moqué des voyages de Marco Polo, en les qualifiant de fables aussi absurdes que les contes du baron de Munchausen, pourquoi l'auteur d'Isis Dévoilée et de la DOCTRINE SECRETE serait-il mieux traité ? M. Charles Gould, l'auteur du volume que nous venons de citer, reproduit, dans son excellent ouvrage, quelques lignes tirées de Macmillan (1860), qui sont aussi vraies que la vie et se rapportent trop bien à notre sujet pour que nous puissions omettre de les reproduire.

Lorsqu'un naturaliste, soit en visitant des parties écartées de la Terre, soit par un heureux hasard, découvre une plante ou un animal très curieux, il est aussitôt accusé d'avoir inventé ce qu'il décrit... Dès que l'on constate que la créature pèche contre les idées préconçues, le grand esprit dirigeant (trompeur ?) dont le [III 550] nom est a priori, qui fournit aux philosophes leur omniscience pro re nata ; ces idées insinuent qu'une telle chose ne peut pas exister et aussitôt on accuse de mystification. Les cieux eux-mêmes ont été accusés de mystification. Lorsque Leverrier et Adams prédirent la venue d'une planète, grâce à leurs calculs, on prétendit gravement, dans certains endroits, que la planète dont la venue avait été calculée n'était pas la planète, mais une autre qui s'était glissée clandestinement et malencontreusement dans le voisinage de la véritable. La tendance à croire à une mystification est plus forte que la tendance à mystifier. Qui donc a été le premier à annoncer que les ouvrages classiques de la Grèce et de Rome n'étaient qu'une colossale mystification perpétrée par les moines à une époque que l'auteur est aussi peu ou même moins disposé, que le Dr Maitland à qualifier de ténébreuse. 1068

Qu'il en soit ainsi. Aucun des incrédules qui considèrent la DOCTRINE SECRETE comme une "mystification", n'est forcé, ni même prié, d'accepter nos déclarations que certains journalistes américains très habiles avaient déjà proclamé être des mystifications, avant même que l'ouvrage ne fût mis sous presse 1069.

1068 Mythical Monsters, p. 13, note.

1069 Déjà en juillet 1888, à l'époque où le manuscrit de cet ouvrage n'avait pas encore quitté mon bureau et où la Doctrine Secrèteétait complètement inconnue, on la dénonçait comme étant simplement une production de mon cerveau. Voici dans quels termes flatteurs (Evening Telegraph d'Amérique) parlait de cet ouvrage, qui n'était pas encore publié, dans son numéro du 30 juin 1888 : "Parmi les ouvrages fascinateurs à lire en juillet se trouve le nouveau livre de Mme  Blavatsky sur la Théosophie... (!) La Doctrine Secrète... mais, qu'elle soit capable de se plonger à nouveau dans l'ignorance des Brahmines... (! ?) ne prouve pas que tout ce qu'elle dit soit vrai." Une fois que ce verdict plein de parti pris eut été prononcé, en inspirant la croyance erronée que mon livre avait paru et que le critique l'avait lu – ce qui n'était pas et ne pouvait pas être – ce critique se trouva dans la nécessité de défendre ses premières déclarations, qu'elles fussent correctes ou non, et il s'en tirera probablement en se livrant à une critique plus cinglante que jamais.

 

Après tout, il n'est pas nécessaire qu'on ajoute foi aux Sciences Occultes et aux Antiques Enseignements, avant de posséder quelques notions sur sa propre Ame, ou même avant d'y croire. Aucune grande vérité n'a jamais été acceptée à priori et généralement il s'est écoulé un ou deux siècles avant qu'elle ne commençât à briller d'un faible éclat dans la conscience humaine, en tant que vérité possible, sauf dans les cas où la chose, revendiquée comme un fait, faisait l'objet d'une découverte positive. Les  vérités  d'aujourd'hui  sont  les  faussetés  et  les  erreurs  d'hier  et vice versa. Ce n'est que durant le XXème siècle que certaines parties de cet ouvrage, sinon l'ouvrage tout entier, seront justifiées.

Nos affirmations ne sont nullement détruites, même si [III 551] Sir John Evans affirme que l'écriture était inconnue durant l'Age de Pierre.

 Elle peut en effet avoir été inconnue durant cette période de la Cinquième Race Aryenne et avoir cependant été parfaitement connue des Atlantes de la Quatrième Race à l'époque glorieuse de leur plus haute civilisation. Les cycles d'ascension et de déclin des nations et des races sont là pour l'expliquer.

Si on nous dit qu'il a existé déjà des apocryphes forgés de toutes pièces, qui ont été imposés aux gens crédules et que notre ouvrage peut être classé au même rang que la Bible dans l'Inde, de Jacolliot, – bien que, soit dit en passant, elle contienne plus de vérités mêlées à des erreurs, que l'on en trouve dans les ouvrages des Orientalistes orthodoxes et reconnus – cette accusation et cette comparaison nous effrayeront fort peu. Nous attendons notre heure. Le fameux Ezour Véda lui-même, au siècle dernier, considéré par Voltaire "comme le don le plus précieux de l'Orient à l'Occident" et par Max Müller "comme le livre le plus sot qui puisse être lu", ne laisse pas que de contenir quelques faits et quelques vérités. Les cas dans lesquels les négations à priori des spécialistes ont été justifiées par des corroborations ultérieures, ne forment qu'un insignifiant pourcentage de ceux où elles ont été mises à néant par des découvertes ultérieures à la grande confusion des savants auteurs des objections. L'Ezour Véda ne fut qu'une bien petite pomme de discorde, comparée au triomphe de Sir William Jones, d'Anquetil du Perron et d'autres, en ce qui concerne le Sanscrit et sa littérature. Des faits de ce genre sont signalés par le professeur Max Müller lui-même, qui, en parlant de la déconfiture à ce propos de Dugald Stewart et C° dit que :

Si les faits touchant le Sanscrit étaient vrais, Dugald Stewart était trop sage pour ne pas voir que les conclusions que l'on en tirait étaient inévitables. Aussi nia-t-il complètement la réalité de la langue Sanscrite et écrivit-il son fameux essai dans le but de prouver que le Sanscrit avait été fabriqué sur le modèle du Grec et du Latin, par les Brahmanes, ces archi-faussaires et menteurs, et que la littérature sanscrite tout entière n'était qu'une imposture. 1070

1070 Science of language, p. 168.

 

L'auteur est tout disposé à tenir compagnie à ces brahmanes et aux autres  "menteurs"  historiques,  selon  l'avis de nos modernes Dugald Stewart ; il en serait même fier. Il a trop vécu et son expérience personnelle est trop variée, pour qu'il ne connaisse pas au moins quelque chose de la nature humaine. "Dans le doute abstiens-toi", dit le sage Zoroastre, [III 552] dont le prudent aphorisme est corroboré dans tous les cas par l'expérience de la vie journalière. On constate pourtant que, tout comme saint Jean-Baptiste, ce Sage du temps jadis a prêché dans le désert, en compagnie d'un philosophe plus moderne, Bacon, qui nous offre le même inappréciable échantillon de sagesse pratique, en disant :

Dans la contemplation [dans tout ce qui a trait au Savoir, ajouterons-nous] si un homme commence avec des certitudes, il aboutira à des doutes, mais s'il se contente de commencer avec des doutes, il aboutira à des certitudes.

Nous devrions clore le débat sur cet avis donné par le père de la Philosophie Anglaise aux représentants du Scepticisme Anglais, mais nos lecteurs Théosophes ont droit à un dernier renseignement Occulte.

Nous en avons dit assez pour établir que l'évolution en général, les événements, l'humanité et toutes choses dans la Nature, procèdent par cycles. Nous avons parlé de sept Races, dont cinq ont à peu près achevé leur carrière terrestre, et nous avons affirmé que chaque Race-Racine, avec ses sous-races et ses innombrables divisions en familles et en tribus, était absolument distincte de la Race précédente et de la Race suivante. On soulèvera des objections à ce propos, en se basant sur l'expérience uniforme acquise en Anthropologie et en Ethnologie. L'homme – sauf en ce qui touche à la couleur et au type et sauf, peut-être, une différence dans les caractéristiques faciales et dans la capacité crânienne – a toujours été le même sous tous les climats et dans toutes les parties du monde, disent les Naturalistes ; oui, même en stature – cela tout en soutenant que l'homme descend du même ancêtre inconnu que le singe, ce qui serait impossible sans admettre une variation infinie dans la stature et dans la forme, depuis l'époque de la première évolution de bipède. Les personnes très logiques qui soutiennent les deux propositions, sont libres de leurs opinions paradoxales. Encore une fois, nous ne nous adressons qu'à ceux qui, tout en doutant de la dérivation générale des mythes "de la contemplation des œuvres visibles de la nature extérieure", estiment Qu'il est moins difficile de croire que ces merveilleuses histoires de dieux et de demi-dieux, de géants et  de nains, de dragons et de monstres de toutes sortes, sont des transformations, que de supposer qu'elles soient des inventions.

La DOCTRINE SECRETE se borne à enseigner ces "transformations" dans la nature physique, tout comme dans la mémoire et dans les conceptions de notre humanité actuelle. [III 553] Elle compare les hypothèses purement spéculatives de la Science moderne, qui sont basées sur les expériences et sur les observations exactes de quelques siècles à peine, avec la tradition ininterrompue et avec les archives de ses Sanctuaires ; et balayant le tissu de théories qui ressemble à une toile d'araignée tissée au milieu des ténèbres qui couvrent une période d'à peine quelques milliers d'années et que les Européens appellent leur "histoire", la Science Antique nous dit : "Ecoutez maintenant ma version des mémoires de l'Humanité."

Les Races Humaines sont issues les unes des autres, grandissent, se développent, atteignent la vieillesse et meurent. Leurs sous-races et leurs nations suivent la même règle. Si votre Science Moderne négatrice et votre prétendue philosophie, ne contestent pas que la famille humaine soit composée d'une variété de races et de types bien définis, c'est uniquement parce que le fait est indéniable ; personne ne se hasarderait à prétendre qu'il n'y a pas de différence extérieure entre un Anglais, un nègre Africain et un Japonais ou un Chinois. D'autre part, la majeure partie des Naturalistes nie formellement que des races humaines mêlées, c'est-à-dire la graine de races entièrement nouvelles, continue à se former de nos jours, bien que ce soit soutenu, avec de bonnes raisons à l'appui, par de Quatrefages et par d'autres.

Néanmoins notre proposition générale ne sera pas acceptée. On nous dira que, quelles que soient les formes par lesquelles l'homme soit passé, durant les longues périodes préhistoriques, il n'y a plus de changements pour lui dans l'avenir – sauf certaines variations, comme actuellement – et, qu'en conséquence, nos Sixième et Septième Races-Racines sont des fictions.

Nous répondrons à cela, encore une fois : Qu'en savez-vous ? Votre expérience est limitée à quelques milliers d'années, à moins d'un jour dans l'âge entier de l'Humanité et aux types actuels des continents et des Iles de notre Cinquième Race. Comment pouvez-vous dire ce que sera ou ce qui ne sera pas ? En attendant, telle est la prophétie des Livres Secrets et telles sont leurs déclarations certaines.

De nombreux millions d'années se sont écoulées depuis le commencement de la Race Atlante et pourtant nous trouvons les derniers Atlantes encore mêlés à l'élément Aryen, il y a de cela 11.000 ans. Cela prouve l'énorme chevauchement d'une Race et de celle qui lui succède, bien qu'au point de vue de la condition et du type extérieur, la plus ancienne perde ses caractéristiques et revête celles de la plus jeune. C'est prouvé dans toutes les formations de races humaines [III 554] mêlées. Or, la Philosophie Occulte enseigne que, même maintenant, sous nos propres yeux, la nouvelle Race et les nouvelles races sont en voie de formation et que la transformation s'opérera en Amérique, où elle a déjà commencé silencieusement à s'opérer.

De purs Anglo-Saxons qu'ils étaient il y a trois cents ans à peine, les américains des Etats-Unis forment déjà une nation à part et, par suite d'un grand apport de différentes nationalités et par mariages mixtes, ils forment presque une race sui generis, non seulement mentalement, mais aussi physiquement. Citons les lignes suivantes tirées d'un ouvrage de de Quatrefages :

Chaque race mixte, lorsqu'elle est uniforme et bien établie, a pu jouer le rôle d'une race primaire dans ses croisements nouveaux. L'humanité, telle qu'elle existe actuellement, a donc été certainement formée,  en majeure partie, par les croisements successifs  d'un certain  nombre  de  races  indéterminées   jusqu'à présent. 1071

1071 L'Espèce humaine. Paris, Alcan.

 

Ainsi, dans l'espace de trois siècles seulement, les Américains sont devenus une "race primaire", avant de devenir une race à part, différant fortement de toutes les autres races qui existent actuellement. Bref, ils présentent les germes de la sixième sous-race et deviendront certainement, dans quelques centaines d'années, les pionniers de cette race qui doit, avec toutes  ses  nouvelles  caractéristiques,  succéder à la race Européenne actuelle, ou cinquième sous-race. Après cela, dans environ 25.000 ans, ils commenceront les préparatifs pour la septième sous-race, jusqu'au moment où la Sixième Race-Racine fera son apparition sur la scène de  notre Ronde, après des cataclysmes dont la première série doit un jour détruire l'Europe et plus tard la Race Aryenne tout entière (et, par conséquent, atteindre les deux Amériques), comme aussi la plupart des terres qui se rattachent directement aux confins de nos continents et de nos îles. Quand cela se passera-t-il ? Qui le sait, sauf peut-être les grands Maîtres de la Sagesse, et ils sont aussi silencieux sur ce sujet que les pics couverts de neige qui se dressent au-dessus d'eux. Tout ce que nous savons c'est que son existence commencera silencieusement, si silencieusement en vérité, que pendant des milliers d'années ses pionniers – les enfants d'un genre particulier – seront considérés comme d'anormaux lusus naturæ, comme d'anormales étrangetés, physiquement et mentalement. Ensuite, comme ils augmenteront, que leur nombre deviendra plus grand à chaque époque, ils se trouveront un [III 555] beau jour former la majorité. Les hommes actuels commenceront à être considérés comme d'exceptionnels métis, jusqu'au moment où ils disparaîtront des contrées civilisées, pour ne survivre que par petits groupes, sur des îles – les pics montagneux d'aujourd'hui – où ils végéteront, dégénéreront et finiront par s'éteindre, dans des millions d'années, peut-être, comme jadis pour les Aztèques et actuellement les Nyam-Nyam et la race naine des Moula Kouroumba des Monts Nilghiri. Tous ceux-ci représentent les vestiges de races jadis puissantes, dont les générations modernes ont complètement oublié l'existence, tout comme notre souvenir s'effacera de la mémoire de l'Humanité de la Sixième Race.La Cinquième Race empiétera sur la Sixième durant de nombreuses centaines de milliers d'années, changeant plus lentement qu'elle, mais changeant cependant au point de vue de la stature, du physique en général et de la mentalité, de même que la Quatrième Race a empiété sur notre Race Aryenne et que la Troisième a empiété sur celle des Atlantes.

Ce processus de préparation de la Sixième grande Race doit durer pendant tout le cours des sixième et septième sous-races 1072, mais les derniers vestiges du Cinquième Continent ne disparaîtront que quelque temps après la naissance de la nouvelle Race : lorsqu'une nouvelle demeure,  le  Sixième  Continent,  aura  fait  son  apparition  au-dessus des nouvelles eaux, sur la surface du Globe, afin de recevoir la nouvelle venue. Tous ceux qui seront assez fortunés pour échapper au désastre général, émigreront vers ce continent et s'y établiront. Comme nous venons de le dire, il n'est pas donné à l'auteur de savoir quand cela se passera. Seulement, comme la Nature ne procède pas plus par bonds que l'être humain ne passe soudain de l'état d'enfant à l'état d'homme mûr, le cataclysme final sera précédé de nombreuses submersions et destructions de moindre importance, par l'eau et par le feu des volcans. Le cœur de la race qui est maintenant dans la zone américaine battra triomphalement, mais il n'y aura plus d'Américains lorsque la Sixième Race commencera, pas plus que d'Européens, du reste, car ils seront alors devenus une nouvelle Race et beaucoup de nouvelles nations. Cependant la Cinquième Race ne s'éteindra pas, mais survivra pendant quelque temps ; empiétant sur la nouvelle Race pendant bien des centaines de milliers  d'années encore et elle se transformera, comme nous venons de le dire, plus lentement que la suivante, mais sera cependant entièrement modifiée comme mentalité, comme physique en général et comme stature. [III 556] L'Humanité ne se développera pas de nouveau, en corps géants, comme dans le cas des Lémuriens et des Atlantes, parce que l'évolution de la quatrième Race conduisit les Atlantes au fond même de la matérialité, en fait de développement physique, tandis que la Race actuelle est sur l'arc ascendant et que la Sixième se libérera rapidement des entraves de la matière et même de la chair.

1072 Voyez, plus haut, le diagramme de l'Arbre Généalogique de la Cinquième Race.

 

C'est donc l'humanité du Nouveau Monde, de beaucoup l'aîné de notre Ancien Monde – fait que les hommes avaient aussi oublié – c'est donc l'humanité de Pâtâla (les Antipodes ou Monde Inférieur, comme on appelle l'Amérique aux Indes) qui a pour mission et pour Karma de semer les germes d'une Race future, plus grande et beaucoup plus glorieuse que toutes celles que nous connaissons jusqu'à présent. Les Cycles de Matière seront suivis de Cycles de Spiritualité et de développement mental complet. Suivant la loi de parallélisme de l'histoire et des races, la majorité de l'humanité future sera composée de glorieux Adeptes. L'Humanité est la fille de la Destinée Cyclique et aucune de ses Unités ne peut échapper à sa mission inconsciente ou se décharger du fardeau de sa coopération dans l'œuvre de la Nature. Race après race, l'Humanité accomplira donc son Pèlerinage Cyclique. Les climats changeront et ont déjà commencé à changer ; chaque Année Tropicale laisse de côté une sous-race, mais seulement pour engendrer une race supérieure, sur l'arc ascendant, tandis qu'une série d'autres groupes moins favorisés – les échecs de la Nature – disparaîtront de la famille humaine, comme certains individus, sans même laisser une trace derrière eux.

Tel est, sous l'empire de la Loi Karmique le cours de la Nature, de la Nature toujours présente et toujours en devenir. En effet, suivant les paroles d'un Sage, qui ne sont connues que de quelques Occultistes :

Le présent est l'enfant du Passé ; l'Avenir, engendré du Présent. Et pourtant, ô moment présent, ne sais-tu pas que tu n'as pas de père et que tu ne peux avoir d'enfant ; que tu n'engendres sans cesse que toi-même ? Avant d'avoir commencé à dire : "Je suis la progéniture du moment écoulé, l'enfant du passé", tu es devenu ce passé lui-même. Avant d'avoir articulé la dernière  syllabe, vois ! tu n'es plus le Présent mais, en vérité, cet Avenir. Ainsi le Passé, le Présent et l'Avenir constituent l'à- jamais vivante Trinité en Un – la Mahâmâyâ de l'Absolu "qui Est".

 

FIN DU VOLUME III.

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